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Les Arabes avant l’Islâm
Religion, superstitions, cultes et traditions
Par Chaykh Safiyyu ar-Rahmân al Mubârakfûrî
Extrait du livre « Muhamed l’Ultime Joyau de la Prophétie »

الرحيق المختوم للشيخ صفي الرحمن المباركفوري
Source : Recopié du livre par l’équipe souboul-assakina.bbfr.net






La plupart des arabes avaient suivi la religion d’Ismâ`îl adoptant ainsi la religion de son père Ibrâhîm . Ils adorèrent Allah , proclamèrent son Unicité et suivirent Sa religion longtemps durant, avant d’oublier tout une part du rappel qui leur avait été signifié.

Cependant ils préservèrent le monothéisme ainsi que divers aspects culturels de la religion d’Ibrâhîm , jusqu’au jour où émergea Amr ibn Luhay, son dernier était réputé pour sa droiture, ses aumônes, son respect de la religion, c’est pourquoi il était aimé et obéi, les gens voyant en lui un savant et un être remarquable parmi les alliés d’Allah

Partant pour la Syrie, il avait vu des gens adorer des idoles, phénomène auquel il apporta adhésion pleine et entière, la Syrie étant le lieu où émergèrent les Messagers et les Ecrits Divins. De retour à la Mecque il apporta avec lui une idole [Hubal], qu’il placa au milieu de la Ka`ba, et exhorta les siens à l’adorer.

Le polythéisme se propagea alors assez facilement dans toute la Mecque, et de la, dans l’ensemble du Hidjaz, les mecquois étant les gardiens de la Maison Sacrée et de l’ensemble des territoires sacrés [Harâm].

De nombreuses idoles portant des noms différents furent introduites dans cette région. Une idole appelée « Manât » par exemple était adorée en un lieu appelé al-muchallal près de Qadîd au bord de la Mer Rouge. Une autre « al-Lât » à Taïf, une troisième « al-‘Uzza » dans la vallée de Nakhla, et ainsi de suite. Le polythéisme prévalu et le nombre d’idoles augmenta partout dans le Hidjaz. Qui plus est, on rapporte que ‘Amr ibn Luhay, aidé par un génie ensorceleur, put déterrer des idoles du peuple de Nûh : « Wudd » ; « Suwâ » ; « Yaghûth » ; « Ya`ûq » et « Nasr » et qu’il les porta à Tihâma.

La saison du pèlerinage venue, il confia à chaque tribu une idole, ainsi toutes les tribus arabes eurent désormais chacune une idole qu’elles vénèrent en dehors d’Allah. Dans la Maison Sacrée furent disposées de nombreuses statues, qui y demeurèrent jusqu’au jour où le Prophète les firent sortir de la Mosquée Sacrée et ordonna de les brûler. Il y en avait en tout trois cent soixante (360).

Le polythéisme et l’adoration des idoles devinrent la principale caractéristique de la religion des arabes de la période préislamique, en dépit de leur prétendue allégeance à la religion d’Ibrâhîm

Les arabes se conformaient dans le culte rendu aux idoles à des traditions et des cérémonies spécifiques forgés par ‘Amr ibn Luhay mais qu’ils considéraient comme étant de bonnes innovations qui n’avaient pas changé la religion d’Ibrâhîm.

Voici quelques traits marquant de leur adoration des idoles :


1) Ils étaient assidus au culte des statues, recherchaient leur protection, mes appelaient, imploraient leur secours dans ma difficulté et le besoin, croyant qu’elles pouvaient intercéder en leur faveur auprès d’Allah et qu’elles avaient le pouvoir de réaliser leur volonté.


2) Ils leur vouaient le pèlerinage, procédaient à des circumambulations autour d’elles, s’humiliaient et se prosternaient devant elles.


3) Ils recherchaient leurs faveurs en leur consacrant des offrandes qu’ils immolaient en leurs noms


4) Ils assignaient aux idoles une partie de leur nourriture, de leur boisson, de leur bétail et de leur récolte. Ils agissaient de même à l’égard d’Allah mais le plus souvent ils trouvaient des motifs pour réorienter vers les idoles des dons dédiés à Allah, sans jamais faire le contraire. A ce propos le Qur’ân déclare : Ils destinent à Dieu une part de la récolte et des troupeaux qu'Il a Lui-même créés, et ils disent : «Ceci est à Dieu – par pure présomption –, et ceci est à nos divinités.» Or, ce qui est destiné à leurs divinités ne parvient jamais à Dieu, tandis que ce qui est destiné à Dieu parvient toujours à leurs divinités. Quel ignoble jugement ! [Sourate 6, Verset 136]


5) Ils recherchaient également les faveurs des idoles en leur consacrant une partie des récoltes et des troupeaux, le Qur’ân dit à propos de cela : Et ils déclarent encore : «Ces bestiaux et cette récolte sont frappés d'interdit. N'en mangera, prétendent-ils, que celui à qui nous l'aurons permis. Il y a aussi des bêtes sur le dos desquelles on ne doit pas porter de fardeaux, et d'autres sur lesquelles on ne doit pas prononcer le Nom de Dieu !» Tout cela n'est que pure invention contre Dieu, qui les rétribuera à la mesure de leurs fabulations. [Sourate 6, Verset 138]


6) Ils marquaient d’un tabou certains animaux tels que la chamelle qui avait mis bas cinq femelles [bahîra], la chamelle mise en liberté au nom d’une idole [sâ`iba], la brebis qui avait mis bas à 5 reprises des jumelles [wasîla], le chameau étalon qui avait été très fécond [hâmi]. Ibn Ishâq a dit « La bahîra est la femelle engendrée par la sâ`iba, qui était une chamelle ayant donné successivement et exclusivement naissance à 10 femelles qui n’était pas utilisée comme monture, on ne la tondait pas, et seul un invité pouvait boire de son lait. Toute femelle à laquelle elle donnait naissance subissait une entaille sur les oreilles puis était laissée librement à paître aux cotés de sa mère et avait le même statut qu’elle. « Wasîla » désignait la brebis qui avait donné naissance à dix femelles jumelles de façon consécutives. Ce qu’elles mettaient bas après cela était réservé aux hommes. Les femmes pouvaient manger de la chair de ces bêtes une fois qu’elles étaient mortes. « Hâmi » désignait un chameau qui avait sailli dix fois des femelles qui donnèrent naissance à dix chamelles, se préservant ainsi de porter des charges ou d’être abattu. Nous lisons dans le Qur’ân : « Dieu n'a jamais prescrit de consacrer aux idoles ni chamelle ayant donné cinq petits dont le dernier est un mâle, ni une autre qu'on a fait vœu de laisser en liberté, ni brebis ayant donné naissance cinq fois consécutives à des jumeaux, ni chameau étalon ayant fécondé dix chamelles. Ce sont les idolâtres qui forgent de pareils mensonges qu'ils prêtent à Dieu, car la plupart d'entre eux sont dénués de tout bon sens. » [Sourate 5, Verset 103] et «Et ils ajoutent : Ce qui est dans le ventre de ces bêtes est réservé à nos hommes et interdit à nos femmes. Mais si c'est un mort-né, ils y participeront tous.» Dieu les rétribuera pour de telles élucubrations ! Il est Sage et Omniscient. [Sourate 6, Verset 139]

Il a été rapporté d’après Sa`îd ibn al Musayyib, que ces bêtes étaient consacrées aux idoles vénérées par les associateurs. Un hadîth élevé, rapporté dans le Sahîh (Boukhârî), affirmant qu’`Amr ibn Luhay a été le premier homme à avoir laissé paître librement une chamelle pour en faire une Sâ`iba .

Les Arabes étaient persuadés que ces idoles les rapprochaient d’Allah et qu’elles intercédaient auprès de Lui en leur faveur. Le Qur’ân dit : En dehors de Dieu, ils adorent des idoles qui ne peuvent ni les servir ni leur nuire, en disant : «Voilà nos intercesseurs auprès de Dieu !» Dis-leur : «Auriez-vous donc la prétention d'apprendre à Dieu ce qu'Il ne connaîtrait pas dans les Cieux et sur la Terre?» Gloire à Lui ! Il est très au-dessus de ce qu'ils Lui associent ! [Sourate 10, Verset 18]

Une autre pratique païenne consistait dans la consultation du sort au moyen de flèches divinatoires [azlâm]. De façon analogue, les Arabes tiraient au hasard [maysir] les flèches d’un sac afin de savoir à qui ira telle ou telle partie du chameau égorgé. De plus, ils se fiaient sans réserve aux élucubrations des devins, des voyants et des astrologues. La crédulité face aux dires des astrologues conduisait les gens à attacher une importance particulière aux mouvements des étoiles qui se dirigeaient vers leurs couché [naw`] au point de dire : « Nous avons de la pluie par telle ou telle étoile ».

Ils croyaient aux mauvais augures. Ils effarouchaient un oiseau ou une gazelle et observaient la direction qu’ils prenaient. Si l’animal partait à droite c’était bon présage, s’il partait à gauche il s’agissait d’un mauvais augure, et ils s’abstenaient d’exécuter leurs projets. Croiser un volatile ou quelque autre animal sur leur chemin était un mauvais présage. Certains jours, mois, animaux, demeures ou femmes étaient considérés comme porteurs de mauvais présages. Ils croyaient également à la contagion [`adwa] et que la chouette [hâma] représentait l’âme d’un individu assassiné. Et qu’elle errait sans jamais connaître le repos jusqu’à ce qu’elle soit vengée.


Malgré cela les Arabes d’avant l’Islam veillaient à préserver certaines traditions d’Ibrâhîm. Ils tenaient en haute estime la Maison Sacrée, tournaient autour d’elle, accomplissaient le grand et le petit pèlerinage [hajj et `umra], le rite de la station a `Arafa et à Muzdalifa et offraient des bêtes de sacrifices [budn] ; ces traditions étaient suivies fidèlement en dépit des innovations venant les altérer.

Ainsi les Quraych disaient : « Nous sommes les descendants d’Ibrâhîm, les gens de l’enceinte Sacrée [harâm], les gardiens de la Maison d’Allah et les habitants de la Mecque. Nul parmi les Arabes n’a le droit et le rang qui sont les nôtres [ils se faisaient appeler les gens de l’enceinte sacrée -hums-]. Il ne nous sied pas de sortir de l’enceinte Sacrée pour nous rendre à `Arafat où les autres effectuent la station ». Ils ne s’arrêtaient pas à `Arafat et refluaient de Muzdalifa au lieu de `Arafat comme le faisaient tous les autres pèlerins. C’est pourquoi Allah a révélé ce verset : Puis déferlez du point où les gens ont déferlé ! [Sourate2, Verset 199]


Ils disaient aussi qu’il ne convenait pas aux gens de l’Enceinte Sacrée, aussi longtemps qu’ils étaient en état de sacralisation, de consommer du fromage, du beurre fondu et salé, d’entrer dans une tente faite de poils de chameaux, ou de rechercher de l’ombre si ce n’est à l’intérieur d’une maison faite de cuir.

Ils prétendaient que les pèlerins originaires de l’Enceinte Sacrée, ne pouvaient, une fois dans le Haram, manger la nourriture qu’ils avaient emportée avec eux.

Ils leur ordonnaient également d’effectuer le premier circuit autour de la Ka’ba vêtus de vêtements appartenant aux gens de l’Enceinte Sacrée. S’ils n’en trouvaient pas, ils tournaient autour de la Ka’ba nus. Les femmes, elles n’avaient le droit qu’à une pièce de vêtement cachant leur bas-ventre. Dieu a dit à ce propos : Ô fils d’Adam ! Mettez vos meilleurs vêtements pour chaque lieu de prière et pour la circumambulation (tawâf) autour de la Ka’ba [Sourate 7, Verset 31]

Lorsque le pèlerin étranger à la Mecque gardait ses propres habits lors du premier circuit autour de la Ka’ba, ils avaient l’obligation de les abandonner pour toujours une fois la circumambulation terminée.

Lorsque les mecquois étaient dans un état de sacralisation en vue du pèlerinage, ils n’entraient chez eux que par une ouverture percée à l’arrière de leur maison. Ils considéraient un tel comportement comme un acte de piété. Cette pratique fut interdite par le Coran : La dévotion de consiste pas à entrer dans les maisons par derrière, mais la piété est la qualité de celui qui craint Dieu. Entrez dans les maisons par leur portes, et craignez Dieu, peut-être récolterez-vous le succès ! [Sourate 2, verset 189]

Telle est la vie religieuse dans la péninsule Arabique : polythéisme, idolâtrie, et superstitions.

Le Judaïsme, le Christianisme, le Mazdéisme et la religion des Sabéens, cependant s’installèrent aisément chez les Arabes.

L’immigration juive en Arabie, depuis la Palestine, s’est déroulée en deux phases : D’abord, elle fit suite aux persécutions de Nabuchodonosor qui détruisit le temple de Jérusalem et déporta la plupart des juifs à Babylone, en 587 avant Jésus-Christ : quelques juifs quittèrent la Palestine pour le Hedjaz où ils s’établirent dans ses contrées Nord.

La seconde phase commença au moment de l’occupation romaine de la Palestine en l’an 70 de notre ère. Il y eut alors une immense vague migratoire juive au Hedjaz, à Yathrib, à Khaybar et à Taymâ’ notamment. Là, ils bâtirent des forts et des châteaux et furent à l’origine de la conversion de plusieurs tribus. Le judaïsme joua un rôle important dans la vie politique de l’Arabie préislamique ainsi qu’à l’aube de l’Islam. Les tribus possédant une grande notoriété étaient au début de l’Islam : Khaybar, An-Nadïr , Al-Mustaliq , Qurayza et Qaynuqâ’. As-Samhudi dénombre, dans « Wafa’ Al-Wafa’ » plus de 20 tribus juives.

Le Judaïsme s’implanta par le biais de Tabân As’ad Abû Karb. Ce dernier, de retour de Yathrib, se fit accompagner par deux rabbins juifs des Beni Qurayza. Lorsque son fils , Yûsûf Dhû Nûwwâs lui succéda , il attaqua Najrân et invita la population chrétienne à embrasser le Judaïsme.

Lorsqu’elle refusa, il fut creuser un grand fossé qu’il transforma en un grand bûcher où il jeta hommes, femmes, enfants et vieillards. Le nombre de victime atteignit, selon certaines sources, vingt mille à quarante mille. Cela eut lieu au mois de d’Octobre de l’an 523 de notre ère. Le Coran rapporte une partie de cette histoire dans la sourate 85.

Le Christianisme fit sa première apparition dans la péninsule Arabique suite à la colonisation abyssine et plus tard romaine. Les Abyssins arrivèrent au Yémen pour la première fois en 340 de l’ère chrétienne et y demeurèrent jusqu’en 378. A la même époque, les gens de Najrân se convertirent au Christianisme.

Lorsque les Abyssin menèrent des représailles contre Dhû Nuwwâs, et qu’Ibrahim devint gouverneur du Yémen, il s’attela à la propagation de la religion chrétienne, allant jusqu’à bâtir un édifice à la forme carré et formant un cube dans le but d’en faire la nouvelle Ka’ba et d’obliger les Arabes à s’y rendre en pèlerinage. C’est dans ce dessein, qu’il décida de démolir la Maison Sacrée à la Mecque. Mais Dieu le saisit d’une peine exemplaire dans la vie dernière comme dans la première.

Les Arabes Ghassanides, les tribus de Taghlib et de Tay’ notamment, en raison de leur voisinage de l’empire romain embrassèrent le christianisme ; il en fut de même pour certains rois de Hîra.

Le Mazdéisme était une religion populaire parmi les Arabes vivant à proximité de la Perse : en Irak à Bahrayn - Al-Ahsa’- à Hajar , et dans certaines régions bordant le golfe Persique. Des Yéménites l’embrassèrent sous l’occupation perse.

Quant à la religion des Sabéens, l’exploration de grottes en Irak a révélé qu’elle fut, dans les époques les plus reculées, populaire parmi les Chaldéens –peuple d’Ibrâhîm – les Syriens et les Yéménites. Cependant, avec la venue du Judaïsme et du Christianisme, elle leur céda progressivement la place, bien qu’elle conserva des disciples en Irak et près du Golfe persique, vivant parfois mêlés aux disciples de Mazdéisme ou dans leur voisinage.


La situation religieuse

Ainsi se présentait donc la vie religieuse des Arabes avant la venue de l’Islam. Le rôle que jouaient principalement les religions était très marginal et insignifiant. Les polythéistes, qui dénaturèrent la religion d’Ibrâhîm , étaient très détachés de ses prescriptions et de la moralité prônée par elle. Ils sombrèrent dans la désobéissance et l’impiété, et développèrent certaines superstitions religieuses qui imprégnèrent profondément la vie socio-politique dans l’ensemble de l’Arabie.

Le Judaïsme devint pharisaïsme et volonté d’hégémonie. Les rabbins se posèrent en seigneurs en dehors d'Allah , exerçant un pouvoir dictatorial sur leur peuple, demandant des comptes sur les pensées et chuchotements. Leur seul objectif devint l’acquisition du pouvoir et des richesses, fut-ce au prix de la perte de leur religion, de l’émergence de l’athéisme et de l’incroyance.

Le Christianisme se teinta également de polythéisme, et devint très difficile à comprendre, confondant Allah avec l’Homme. Il n’avait pas d’influence véritable sur les Arabes qui l’adoptèrent, car il était étranger à leur style de vie dont ils ne pouvaient se détacher.

Quant aux tenants des autres religions parmi les Arabes, ils ne différaient en rien des associateurs. Leurs cœurs se ressemblaient, de même que leurs dogmes, leurs coutumes et leurs traditions.
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