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A propos du Monothéisme et de l'intercession
Muhammed al Ghazalî
Extrait de son livre « La Foi du Musulman »

isesco.org.ma






J'ai reçu d'un étudiant une belle lettre au style châtié et bien structuré où il m'exposait les arguments des partisans de l'intercession.

Voici les points saillants de sa lettre :

1. Beaucoup de gens sont désobéissants. Or, Dieu n'écoute que ceux qui le craignent. S'il arrive qu'un individu ayant commis beaucoup de péchés dans sa vie, s'adresse directement à Dieu pour implorer Sa grâce, il ne sera pas écouté et ses vœux ne seront point exaucés. Dans ces conditions, il est tout à fait normal que cet individu cherche à atteindre Dieu par l'intermédiaire d'un Saint.


2. Il est inadmissible de considérer l'acte de cet individu comme une forme de polythéisme, car son intention est bonne, et c'est à partir d'elle qu'on doit le juger. Ceux qui recourent à l'intercession n'ont pas l'intention d'associer à Dieu quelque autre divinité. D'ailleurs, ils le refusent eux-mêmes.


3. Les Compagnons du Prophète , les jurisconsultes et les imams s'adressaient à Dieu par le biais de Ses Messagers et de Ses amis. Ainsi fit Omar avec Abbas, oncle du Prophète - que la Bénédiction et la Paix de Dieu soient sur Lui.


4. Il y a dans le Coran des versets qui prouvent que l'intercession n'est pas réprouvée :

"Si, après s'être fait tort à eux-mêmes, ils étaient venus à toi, implorant le pardon de Dieu, et que le Prophète l'eut demandé pour eux, sans doute eussent-ils trouvé Dieu toute Indulgence et prêt à les absoudre" (Sourate 4, Verset 64).
L'auteur cite le verset "Leur père était un homme de bien" (Sourate 18, Verset 82) et se demande s'il n'est pas exact que la bénédiction des morts se répercute sur les vivants.


J'ai également reçu une lettre d’un lauréat de l’Université Al Azhar, dont la teneur est la suivante : Un grand érudit avance qu'invoquer Dieu par l'entremise des Saints est un devoir sacré. Le Saint a une influence très grande et il n'y a aucun inconvénient à faire appel à ses offices, car l'on sait pertinemment que c'est Dieu qui commande tout. Les versets que nous avons cités pour réfuter cette pratique, prétend cet érudit, ont été révélés au sujet des seuls "associateurs" de Dieu. Il cite aussi l'exemple de cet aveugle qui, après avoir invoqué Dieu par l'intermédiaire du Prophète sur le conseil de celui-ci, s'est vu recouvrer la vue, etc.


C'était là très grossièrement exposées certaines des idées ambiguës auxquelles croient encore beaucoup de gens. Ces idées portent atteinte à la solidité du principe de l'unicité divine, et plongent les musulmans dans l'obscurantisme le plus néfaste.


C'est, pour nous, un sujet fastidieux qui ne mérite pas d'être discuté davantage, tellement il a été l'objet de polémiques byzantines. Il faudra que les gens comprennent définitivement que l'intercession est condamnable.


Tranchons la question :

Dire qu'un impie n'a pas le droit de s'adresser directement au Maître de l'Univers et qu'il lui faut trouver, pour ce faire, un intermédiaire est irrecevable en islam.


Satan a invoqué son Dieu et il fut écouté !




"Seigneur, dit Satan, veuille m'accorder un répit jusqu'au jour où seront ressuscités les morts". "Ce délai te sera accordé, dit le Seigneur. Jusqu'au jour du terme irrévocable"
(Sourate 15, Versets 36/37/28).
Ce fut le cas également des polythéistes :



"Mus alors par une foi sincère, ils élèvent des voies suppliantes : Si Tu nous sauves de ce péril, nous T'en rendrons grâce, Seigneur !
Or Dieu les ayant sauvés, les voici qui se montrent de nouveau arrogants sur la terre et se remettent à commettre l'injustice"
(Sourate 10, Versets 22/29)


Serait-il possible que les rebelles parmi les musulmans puissent être privés d'un droit dont Satan lui-même et ses disciples ont pu bénéficier ?


Tout Musulman qui commet un péché doit implorer Dieu sur-le-champ, et ne doit en aucun cas faire intervenir qui que ce soit.



"A ceux qui, ayant commis une infamie ou s'étant fait tort à eux-mêmes, invoquent aussitôt Dieu, implorant humblement Son Pardon, car qui peut absoudre un pécheur sinon Dieu ?"

(Sourate 3, Verset 135).


Si l'appel que fait un pécheur à Dieu est rejeté, comment serait-il possible qu'il puisse être entendu par le simple fait qu'il va être transmis par un intermédiaire ? Non, l'invocation à Dieu ne sera pas acceptée si elle est transmise par le biais d'un intermédiaire, même si celui-ci est le meilleur des Prophètes.

L'invocation à Dieu d'Abdellah Ibn Abi Talib transmise par le Prophète ne fut-elle pas rejetée ?


Le Musulman pratiquant doit prier Dieu et n'a, en aucun cas, à se confier à un quelconque intercesseur.



L'appel à Dieu, si on veut qu'il soit entendu, suppose dévouement, intégrité et foi de celui qui le fait. Si ces vertus venaient à Lui manquer, penseriez-vous qu'un intercesseur, vivant ou mort, puisse les Lui restituer ?



Cela n'est pas possible et il n'existe pas en islam un signe qui permet de tolérer ce genre de démarche. Mieux encore, la religion islamique n'admet pas de clergé.


Dire également que l'acte lui-même n'a pas de valeur, mais que ce qui compte surtout c'est l'intention qui l'accompagne, est complètement faux. Certes, toute action, acceptable d'un point de vue strictement religieux, devrait d'abord avoir pour fondement de bonnes intentions. Elle devrait ensuite être exécutée selon une démarche légale. Autrement, cette action n'est pas valable.


Une action, même bonne, n'a aucune valeur si elle est accomplie en dehors des prescriptions religieuses.



Les législations positivistes de par le monde, ne se soucient guère de la bonne intention lors d'une infraction. Pour elles, nul n'est censé ignorer la loi, et ce n'est pas parce qu'un individu ignore un règlement que la loi ne sera pas appliquée. C'est là un barrage qu'elle dresse contre toute forme de fraude et de duperie.


La religion révélée, avec toutes ses prescriptions, sera-t-elle en deça des législations confectionnées par les hommes ?


Pourquoi ne serions-nous pas en droit de traiter les adorateurs des tombeaux de polythéistes ? Le Prophète n'a-t-il pas comparé l'hypocrisie au polythéisme ?


Il est du devoir des savants musulmans de condamner sévèrement ces intercessions ignobles et d'aider ceux qui les pratiquent à s'en détourner. Cela fait partie de leurs prérogatives, et ils n'ont pas à s'y soustraire.



Je ne suis pas de ceux qui cherchent par tous les moyens à accuser les gens d'impiété, mais il me semble que c'est un grand péché de regarder en spectateurs les croyances dépérir.


N'est-ce pas un crime odieux que commet un médecin quand il prive un tuberculeux de médicaments sous prétexte qu'il ne souffre de rien ? Cela est inadmissible.


C'est aussi une grande bêtise que de dire que les Compagnons du Prophète imploraient Dieu par le biais d'intermédiaires connus pour leur ascétisme.



La poésie qu'on impute à l'Imam Chafi`î a été forgée de toutes pièces.


Nous avons, quant à nous, avancé que l'homme peut prier pour lui-même et pour autrui. D'ailleurs, le Coran l'admet sans ambages. Voici la prière d'Ibrahim :



"Seigneur, pardonne-moi ainsi qu'à mon père et aux croyants, au Jour du Jugement Dernier !"

(Sourate 14, Verset 41).



Des nombreuses prières de Noé, citons celles-ci :


"Seigneur, pardonne-moi ainsi qu’à mes père et mère, à ceux qui, croyants, franchissent mon seuil, aux croyants et aux croyantes"
(Sourate 71, Verset 28)



"Seigneur, pardonne-nous ainsi qu'à nos frères qui nous ont devancés dans la foi !"
(Sourate 59, Verset 10).

Le Prophète recommandait aux croyants de prier les uns pour les autres.


C'est dans ce sens qu'Omar a demandé à Abbas de prier pour les musulmans. Abbas, entouré d'une foule de croyants acquiesça et fit, selon Zoubeïr Ibn Baccar, la prière suivante :

"Seigneur ! Il n'y a de catastrophes que parce que des péchés sont commis et il faut s'en repentir. Les gens m'ont demandé de m'adresser à Vous, vu la place que j'occupe à leurs yeux, auprès du Prophète . Nous nous tournons à Vous et nous Vous demandons Vôtre grâce. Faites qu'il pleuve abondamment".


Il ne faut pas croire, cependant, que seules certaines personnes, les meilleures d'entre nous, sont capables de prier pour les autres. Ceci est une erreur, car tout le monde est habilité à le faire.


Aussi, le Prophète a-t-il demandé à Omar de prier pour lui, comme il a demandé à toute l'Oumma de prier aussi pour lui. Ne prions-nous pas tous les jours pour lui, comme Dieu nous l'a demandé ?


Quel rapport alors entre cette prière et la supplication démentielle que font les ignorants auprès des tombeaux des morts, imités en cela par les cancres, les mendiants, les handicapés et les faux intellectuels ?



Je ne sais pas quel rapport il peut bien exister entre l'intercession et le verset coranique suivant :



"Pour le mur, enfin, il appartient à deux orphelins de la ville. Un trésor leur appartenant se trouve en dessous. Leur père était un homme de bien. Le Seigneur, dans sa sollicitude, a décrété que parvenus à l'âge d'hommes, ils puissent eux-mêmes retrouver leur bien"
(Sourate 18, Verset 82).


Le verset veut tout simplement dire que les actions exemplaires des parents profitent à leur procréation, de même que leurs mauvaises actions ont des répercussions désastreuses sur leurs enfants.



"Que ceux qui sont tuteurs d'orphelins se représentent eux-mêmes, pour un instant, à l'article de la mort et appréhendent de laisser des enfants en bas-âge ! Qu'ils craignent Dieu et disent des paroles pondérées!"
(Sourate 4, Verset 9).



Il se pourrait qu'à la suite de la mort des saints personnages, apparaissent les manifestations de leur bonne conduite.

Nous employons le conditionnel parce que l'hérédité a des lois que seul le Très-Haut commande et dont on ignore les secrets.


Ainsi Abraham est né d'un père incroyant et le fils de Noé fut d'une irrévérence des plus choquantes. A propos de la progéniture d'Abraham et de Noé, Dieu dit :



"Parmi leur descendance, il s'en trouva des vertueux et d'autres qui furent loin de l'être"
(Sourate 37, Verset 113).


Certains parents du Prophète font aujourd'hui beaucoup de mal à l'islam et à l'arabisme. Si c'est à travers eux que les gens doivent implorer Dieu, nous disons qu'il faut les rejeter et nous ne devons croire qu'en Dieu l'Unique.


Hussein n'a pas opposé de résistance à ses ennemis alors qu'il était vivant, comment donc pourrait-il défendre les autres, alors qu'il est mort ?


Quant au verset coranique :


"Si, après s'être fait tort à eux-mêmes, ils étaient venus à toi, implorant le pardon de Dieu"

(Sourate 4, Verset 63),



Il n'autorise en aucun cas l'intercession. Cela n'y est dit ni expressément, ni elliptiquement. En tout cas, il est clair qu'on ne fait appel ici à l'intercession du Prophète que pendant son vivant et non après sa mort.

Les soufis ont, à ce sujet, des idées dont ils peuvent se mêler à bon droit. Cela les regarde et ne regarde aucunement la religion divine.



Les sources de la législation sont bien connues en islam. Elles n'ont jamais relaté l'histoire d'un saint personnage qui a fait tel ou tel rêve ou celle d'un homme possédé qui, lors de sa visite au tombeau du Prophète , s'est vu charger de tel ou tel message auprès des hommes.


Le fils d'Omar , par exemple, qui avait un attachement passionné pour le Prophète , se comportait dans la vie d'une manière tout à fait particulière. Ainsi, lors de ses voyages, il se plaisait à séjourner dans les endroits que fréquentait le Messager de Dieu , sans qu'il y ait parfois de raisons sérieuses qui nécessitaient de tels séjours. Les érudits musulmans ont considéré cela comme un comportement qui ne regardait que le fils d'Omar et qui n'avait pas à être imité ou à faire partie des obligations religieuses.


Certaines personnes débitent des sornettes à propos du Prophète . Elles prétendent l'avoir entendu répondre à leurs salutations du fond de son tombeau. Elles affirment lui avoir baisé la main ! De deux choses l'une : ou bien ces personnes sont des menteurs, auquel cas on ne doit pas tenir compte de leurs propos, ou bien ce sont des malades mentaux assaillis par des hallucinations.


Nous avons la lourde responsabilité de préserver le Livre Sacré et la Tradition de ces balivernes.


Quant à ceux parmi les érudits musulmans qui vont jusqu'à considérer l'intercession comme un devoir, et qui pensent que l'influence des morts est plus grande que celle des vivants, ils ont l'esprit complètement dérangé.

Leur assertion qui veut que l'intercession n'est pas grave en soi, puisque ceux qui y ont recours croient en la puissance de Dieu, est totalement erronée.



Nous avons déjà démontré que les polythéistes de la période antéislamique croyaient, eux aussi, à l'omnipotence divine et que leur recours à des intermédiaires se faisait dans le but de se rapprocher davantage de Dieu.


"Nous les servons seulement afin d'être par leur voie plus rapprochés de Dieu"
(Sourate 39, Verset 3).



Ils le regretteront le jour du Jugement Dernier pour avoir mis sur le même pied d'égalité Dieu et Ses créatures.


"Par Dieu ! Nous étions certes dans une erreur évidente,
"Lorsque nous vous mettions de pair avec le Souverain des Mondes"

(Les Poètes, 97, 98).


Plusieurs dizaines de versets coraniques attestent le fait que les Anciens adoraient des intermédiaires. D'aucuns diront que cette adoration est plus grave que l'invocation que font les gens aujourd'hui et qu'entre ces deux formes de culte, il y a un grand fossé.


C'est là une erreur flagrante, car l'adjuration et l'invocation sont, comme le confirment le Coran et la Tradition, des pratiques cultuelles.



"Votre Seigneur a dit : "Invoquez-Moi : je vous exaucerai ! Ceux qui, par orgueil, refuseront de Me servir, entreront tête basse en enfer"
(Le Croyant, 60).

Dans la Tradition, il est dit : "L'invocation est l'âme de l'adoration"


Pourquoi donc invoquons-nous des êtres humains, quand il faut que nous nous adressions directement à Dieu ?


Quand des ignares se plaisent à adorer et à invoquer des intermédiaires, n'est-il pas de notre devoir de les en dissuader au lieu de forger de faux avis juridiques qui maquillent la vérité ?


Si l'on suppose que l'histoire de l'aveugle qui a recouvré sa vue est vraie, il faut relever le fait, bien significatif, qu'il s'est adressé à Dieu par le biais de Son Prophète. Or, les possédés dont on parle ici s'adressent à n'importe qui.


L'histoire de l'aveugle précitée n'est pas confirmée dans la Tradition, et il est très dangereux de tirer argument de choses non confirmées et non établies. Cette histoire a tout simplement valeur symbolique. On en use dans les sermons pour démontrer l'importance que Dieu accorde aux bonnes actions.


Par ailleurs, il est grave de dire que les versets coraniques ont été révélés seulement pour les gens de la période préislamique.


Nous refusons catégoriquement ce genre d'assertions. Le Coran est un Livre Sacré révélé pour l'ensemble de l'humanité. Son enseignement est valable en tous lieux et en tous temps. Si donc Dieu a interdit le polythéisme chez les Arabes, cette prohibition concerne les autres peuples.


Que Dieu nous guide dans la voie de l'unicité divine, et que notre vie et notre mort soient fondées sur elle.


On rapporte que le Prophète a dit : "Il n'y a rien de plus difficile que de vouloir discerner et percevoir le polythéisme. Cela ressemble à l'animation silencieuse des fourmis sur un rocher, par une nuit sombre. Le polythéisme atteint son degré le plus bas quand on approuve un acte injuste si minime soit-il et qu'on réprouve un tant soit peu un acte juste. Qu'est-ce que la religion sinon amour et haine ?".


Après quoi, il a récité ce verset :


"Dis leur : "Si vous aimez vraiment Dieu, suivez ma voie : Dieu vous aimera et effacera vos péchés. Il est Absoluteur et Miséricordieux"

(Sourate 3, Verset 31).


En termes plus clairs, l'unicité divine authentique implique l'amour de la justice et la répulsion de toute forme d'oppression. Aimer un tyran et haïr un homme juste relèvent du pur polythéisme...


Si l'islam est sensible à ce point, et s'il veille par tous les moyens à ce que les cœurs soient exempts de toute souillure, si minime soit-elle, comment peut-on alors tolérer les actions d'un homme qui, dans ses prières et dans ses invocations, ne s'adresse pas directement à Dieu ?


La position du savant musulman dans ce genre de questions n'est pas celle d'un avocat qui défend la cause d'un criminel et qui, pour ce faire, se voit dans l'obligation d'interpréter la loi au profit de l'accusé. Le savant musulman se doit de défendre les véritables préceptes de la religion musulmane.


Si on ne doit pas châtier l'accusé pour son ignorance, on doit cependant lui apprendre la véritable religion et lui éviter d'être la proie à des démons.
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