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Le Hadîth Instable (al-Hadîth al-Moudtarib)
الحديث المضطرب
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Le Hadîth Instable (al-Hadîth al-Moudtarib) :


Définition :

Le "Moudtarib" est un nom actif de "Idtirâb" qui signifie l'inconstance d'une chose. Mais étymologiquement, l'instabilité dans le Hadîth résulte de la divergence des transmetteurs au sujet d'un ajout introduit par un transmetteur dans l'Isnâd, ou de la suppression ou du changement d'un nom, ou à propos d'un supplément ou d'une suppression dans l'énoncé (Matn). L'instabilité peut rendre un Hadîth faible ; quand quelqu'un est dit : "Moudtarib al-Hadîth" cela veut dire que ces hadîth sont confus.

Néanmoins, l'instabilité n'est conçue que dans le cas d'une égalisation des transmetteurs opposés en terme de fiabilité et en nombre, de sorte qu'il serait impossible de faire prévaloir les uns sur les autres. Par contre, si la prépondérance d'une partie se confirme, la question de l'instabilité passe donc à la marginalité (Choudoûd) et à la réprobation (Nakâra) ; et le Hadîth de précellence qualifié de Thîqa est un hadith retenu (Mahfoûdh) et son opposé est un Hadîth marginal (Châdd) ; mais lorsque le transmetteur est connu de faiblesse, son Hadîth est connu (Ma'rouf) et son opposé est un Hadîth réprouvé (Mounkar).


Par ailleurs, un Hadîth n'est instable qu'au cas où on pourrait réunir entre des transmissions dans une chaîne, ou entre les termes dans un énoncé (Matn). L'instabilité implique donc la faiblesse du Hadîth en raison du défaut de fiabilité de ses rapporteurs, et exige en conséquence son rejet, excepté si l'instabilité du transmetteur est légère (dans le cas d'une divergence au sujet du nom d'un seul transmetteur ou ou en ce qui concerne le nom de son père ou son patronyme) et s'il est fiable. En conséquence, on e prononce pour la validité d'un tel Hadîth sans tenir compte de la divergence, tout en soulignant son instabilité. Les deux Sahîhs renferment un nombre assez important de ce genre. Aussi, l'instabilité peut se ramener à un seul, à deux ou à un groupe de transmetteurs. Et au fur et à mesure de cette multiplication le Hadîth s'éloigne davantage de l'acceptation. L'instabilité peut se noter dans l'Isnâd, le Matn ou dans les deux ensembles.



Exemple de l'instabilité dans l'Isnâd :

Le Hadîth d'Abî Bakr [radhia Allâhu 'anhu] dans lequel il dit au Prophète [sallalâhu 'alayhi wassalam] :




"Ô Envoyé de Dieu ! je constate que tu vieillis !
L'Envoyé répondit : "Certes, la sourate de Hoûd et ses congénères m'ont fait vieillir."

Ad-Dâraqoutnî dit :

"C'est un Hadîth instable (Moubtarib) même s'il n'est rapporté que par la voie d'Ibn Abî Ishâq, car on a divergé avec lui à son sujet au niveau de dix aspects. Certains, l'ont rapporté relié (mousnad) ; d'autres l'ont attribué au Mousnad d'Abî Bakr ; d'autres au Mousnad de Sa'd ; d'autres au Mousnad de 'Aicha...et ainsi de suite. Ses transmetteurs sont dignes de confiance et on ne peut faire prévaloir les uns sur les autres, et la réunion est impossible."



Exemple de l'instabilité dans le Matn :

Cet exemple nous est présenté par la version d'al-Wâlîd Ibn Mouslim par laquelle s'est singularisé Mouslim :

Al-Awzâ'i nous a communiqué, d'après Qatâda qui lui a écrit d'après Anas Ibn Mâlik qui lui a annoncé : "J'ai prié derrière le Prophète [sallalâhu 'alayhi wassalam], Abî Bakr, 'Omar et 'Outhmân ; ils ouvraient la prière par "al-Hamdou lillâhi rabi al-'âlamin" sans réciter "Bismi Allâhi ar-Rahman ar-Rahîm" ni au début ni à sa fin."


Ibn 'Abd al-Barr dit : "Les avis sont trop partagés au sujet de ce hadîth instable. Un groupe a dit : "j'ai prié derrière l'Envoyé de Dieu [sallalâhu 'alayhi wassalam], Abî Bakr,et 'Omar, certains citaient Outhmân ; d'autres se limitaient aux noms d'Abî Bakr, 'Omar et Outhmân ; d'autres encore ne mentionnaient guère le nom de Outhmân. Ils lisaient "Bismi Allâhi ar-Rahman ar-Rahîm" ; d'autres avançaient qu'ils ne la récitaient pas à haute voie ; d'autres disaient qu'ils ouvraient la récitation par "al hamdou lillâhi rabi al-'âlamin", d'autres encore disaient, ils ouvraient la récitation par "Bismi Allâhi ar-Rahman ar-Rahîm".



Ibn 'Abd al-Barr dit ailleurs : "Cette divergence traduit une instabilité qui n'accorde à aucun d'eux une prépondérance."


L'instabilité peut se trouver tantôt dans l'Isnâd, tantôt dans le Matn, parfois dans les deux ensembles.


L'érudit Ibn Hajar écrit dans l'introduction du Fath al-Bârî Tome II p.83 : "La disparité entre les érudits au sujet du hadîth n'implique son instabilité qu'à deux conditions : la première réside dans la conformité des aspects de la dissemblance, car dès qu'on accorde la primauté à l'un des propos, il acquiert une prééminence sans que le sahîh ne soit entaché par l'excellent (al-Marjoûh). La deuxième subsiste dans le fait que lorsqu'il y a une concordance, il est impossible de se conformer aux règles des traditionalistes, puisqu'il revient à l'esprit que cet érudit n'a point expertisé ce hadîth en lui-même. Cependant on juge cette version en soi comme étant instable."


Il dit ailleurs dans son ouvrage "al-Jawhar an-Naqi" : Lorsqu'un transmetteur digne de confiance présente un Isnâd, il doit être suivi, sans prêter attention à la divergence. Et plusieurs hadîths des deux recueils de Sahîh n'ont guère échappé à une telle divergence. Al-Bayhâqi a procédé ainsi au début de son ouvrage au sujet du hadîth "Son eau est purificatrice" en expliquant le désaccord qu'il renferme, puis ajouta : Celui qui établit son isnâd n'est autre que l'Imâm Mâlik, un transmetteur digne de confiance, qui l'a inclus dans son Mouwattâ'.



L'auteur du "Tadrib" écrit : Il ressort du propos de Shaykh al-Islam que l'instabilité peut rallier la validité, lorsque le désaccord se trouve dans le nom d'un seul transmetteur ou de son père ou de son affiliation ou autre, mais il peut être digne de confiance, ainsi on statue sur la validité du hadîth, sans que le désaccord n'ait eu d'emprise sur ce qui précède malgré sa dénomination d'instabilité. Zarkachi confirme cette assertion dans son ouvrage "al-Moukhtaçar" en disant : "On inclut dans le sahîh et le hasan : le renversé (al-Maqloûb), le marginal (ach-Choudoûd) et l'instable (al-Moudtarib)".

Pour quelque chose de plus complet sur la matière : L'érudit Ibn Hajar a composé une oeuvre intitulée "al-Mouqtarib min Bayân al-Moudtarib" dont le manuscrit se trouve à la Bibliothèque de Berlin.
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