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La femme peut-elle enseigner aux hommes les sciences Islamiques (ou autre)
Par le Chaykh ‘Alî Gomaa Muhammad (mufti d'Egypte)
dar-alifta.org




Question : Est-il permis à la femme d’enseigner aux hommes les sciences du Coran : récitation, calligraphie, etc. faute de professeurs-hommes dans la région ?




Réponse du Chaykh ‘Alî Gomaa Muhammad (mufti d'Egypte) :


Les savants ont précisé que l’union interdite entre homme et femme est celle où les corps se touchent et non pas leur simple présence dans un certain endroit.


Dans les deux Sahih, d’après Sahl Ibn Sa’d as-Sa’idi :


« Abu Ousayd as-Sa’édi invita le Prophète et ses Compagnons à ses noces. Seulement sa femme Oum Ousayd qui s’occupait de leur préparer le repas et les invitait à en manger. »



Dans son Sahih, al-Boukhari a placé ce Hadith sous le titre de «Chapitre de la femme qui, la nuit de noces, servit, elle-même, les hommes. »


Le grand Mufassir Al-Qurtubi dit : « Nos Ulémas disent : « Ce Hadith autorise à la mariée de servir son mari et ses compagnons. »


Dans son commentaire sur l’ouvrage d’al-Boukhari, Ibn Battal dit :

« Cela indique que le fait de se cacher aux regards (c’est-à-dire le fait de séparer des femmes des hommes que ce soit en lieu ou en contact direct) n’est pas obligatoire pour les Musulmanes. Il s’applique exclusivement aux épouses du Prophète comme le souligne évidemment la Parole Divine :

Et si vous leur demandez (aux femmes du Prophète) quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau1 .



Dans Fath al-Bari, al-Hafidh Ibn Hajar al 'Asqalânî estime que le Hadith autorise à la femme de servir son mari et ses invités.



Il est à noter que cette autorisation est conditionnée par l’absence de tentation ainsi que par le respect de la tenue vestimentaire islamique.



Ce Hadith permet également au mari de charger son épouse de servir ses invités.


Dans les deux Sahihs, d’après la version d’Abu Horayra, à propos l’hospitalité offerte à son hôte par Abu Talha al-Ansari et son épouse :

« Ils faisaient semblants de partager le repas avec lui et sont passés leur nuit affamés. »


D’après la version d’Ibn Abi ad-Donia au sujet de l’hospitalité offerte à l’hôte rapportée par Anas selon la quelle : « Abu Talha a dit à sa femme : « Trempe le pain dans la soupe et mettez un peu de beurre fondue puis servis-le ! Ordonne au domestique d’éteindre la lanterne ! ». Ensuite, ils faisaient semblants de manger pour faire croire à leur hôte qu’ils partagent avec lui le repas. » Ceci fait entendre qu’ils, les trois, partageaient un seul plat.


Leur adressant la parole, le Prophète a dit : « Ce que vous avez fait à l’égard de votre hôte, cette nuit, a beaucoup plu au Seigneur. »



A leur sujet, fut révélé le verset suivant :

…allant même jusqu’à se priver en leur faveur, malgré leur propre indigence2 .



Dans le Sahih al-Boukhari, d’après Abi Johayfah qui dit :

« Le Prophète a uni Salman et Abi ad-Dardaa par le lien de fraternité. Un jour, Salman a rendu visite à Abi ad-Dardaa et vu la femme de son frère en habit dépourvu de parures.

- Qu’as-tu ? Lui dit-il.

- Ton frère renonce aux plaisirs de la vie d’ici-bas. Répondit-elle.


De retour chez lui, Abu ad-Dardaa lui a préparé un repas
…. », le Hadith.



Dans Fath al-Bari, al-Hafidh Ibn Hajar al 'Asqalânî dit :

« Ce Hadith renferme de multiples leçons dont la permission de s’adresser à la femme étrangère (permise en mariage) et de l’interroger sur ce qui pourrait réaliser un intérêt. »


Rien d’étonnant à ce que les sciences et les exhortations soient données aux hommes par une femme savante ; car les épouses du Prophète diffusait le savoir et propageaient la religion.


Et combien sont les recueils de Hadiths rapportés par elles et par les femmes aux époques tardives d’après lesquelles les hommes ont rapporté et transmis la science.



Dans son ouvrage al-Issaba Fi Tamyyz as-Sahaba, Ibn Hajar al-‘Asqalânî a fait la biographie de plus 1543 femmes dont jurisconsultes, rapporteuses des Hadiths et femmes de lettres.


Sur le plan social, la femme participait avec l’homme à toutes les activités publiques tout en respectant la tenue recommandée par la Chari’a et les principes moraux de l’Islam.



Plus encore, certaines parmi les Compagnons assumaient le contrôle d’appliquer les règles de la Chari’a (la Hisba).



A ce propos, at-Tabarani dans al-Mo’jam al-Kabir, rapporte, d’après une chaîne de transmetteurs dignes de foi, d’après Abi Balj Yahya Ibn Abi Salim qui dit :

« J’ai vu Samraa, fille de Nohayk, qui était contemporaine du Prophète , porter un habit et un foulard épais, le fouet à la main, corriger les gens et recommander le convenable et interdire le blâmable. »


Par conséquent, personne n’a le droit de récuser cette réalité prouvée par la Sunna et l’Histoire islamique.



Les traditions et les coutumes héritées à une certaine époque ou en certain lieu ne doivent pas avoir le dessus sur la religion ; car les règles de la Chari’a doivent l’emporter sur toutes autres lois mondaines.



Donc, personne n'a le droit, en matière de piété, d'imposer aux gens le procédé qu'il suit ou de s'y montrer intransigeant en restreignant ce à quoi Allah a accordé beaucoup de choix et de facilités.




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NOTES :


1- Coran, al-Ahzab. V. 52.

2- Coran : sourate al-Hachr. V. 9.
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VI- La contribution scientifique de la femme


A travers son histoire, la femme musulmane a apporté une grande contribution au mouvement scientifique, intellectuel et littéraire.
Ainsi, des milliers de femmes ont brillé dans plusieurs disciplines scientifiques et culturelles.
Si bien qu'Al Hafid Ibn Hajar a retracé dans son livre Al Isâba fi Tamyiz Assahaba (l'avis pertinent dans la distinction entre les compagnons du Prophète ) la biographie de mille cinq cent quarante trois femmes, dont des docteurs de la loi, des oratrices et des femmes de lettres.
Al imam al-Nawawi, dans son livre intitulé Tahdîb al asmâe wa loughât, Al Khatîb Al-Baghdâdi dans son livre Târîkh Baghdâd (l'histoire de Baghdad) et Al Sakhaoui dans son ourvrage Ad- daw'e allami' li ahli al qarn attasi' (les lumières du 9ème siècle) et Omar Réda Kahala dans son Mou'ajam a'alâm annisa'e, (dictionnaire des femmes célèbres) et bien d'autres biographes ont consacré des ouvrages aux femmes ayant brillé dans le domaine du fiqh, de l'exégèse, des lettres et de la poésie.
Depuis l'époque du prophète , la femme a toujours fait montre d'un désir de s'instruire, d'aller à la quête du savoir et d'exceller dans les disciplines qu'elles pratiquait.
Aïcha, mère des croyants, était connue pour son érudition en matière de Coran, de sciences de la religion, de poésie et d'histoire. Hicham Ibn Urua raconte, d'après son père, l'épisode suivant : « Jamais je n'ai vu personne de plus instruit en matière de fiqh, de médecine ou de poésie que Aïcha ».
D'autres femmes comme Fatima fille de Hussein, fils de Ali, était l'une des femmes les plus savantes, les plus intelligentes et les plus pieuses de son temps, si bien que Ibn Ishâq et Ibn Hicham l'ont prise comme référence pour rédiger la biographie autorisée du Prophète .
Citons également Noufissa fille d'Al Hassan, fils de Zayd fils de Ali, qui assistait aux conférences de l'imam Malik à Médine.
Elle était connue pour son grand savoir et sa rectitude.
Lors de son séjour en Egypte, elle a créé une espèce de cercle académique qui attirait les plus grands savants de l'époque, notamment l'imam Al Châfi'i qui se concertait avec elle en matière de fiqh et de sciences de la religion.
Ces consultations se sont poursuivies jusqu'à la mort de ce grand maître.
Citons aussi parmi ces femmes savantes, Zaynab fille de Abass, originaire de Bagdad, qui faisait partie de l'aréopage des ulémas de l'époque ; c’était une habituée des cercles de savoir tenus par Ibn Taymia.
Chahda fille d'Al Abari, elle, était une agrégée des sciences du hadith ; plusieurs ulémas de la stature d'Ibn Al Jaouzi et d'Ibn Qudama l'ont eue comme professeur.
Oum Habiba Al Isbahaniya avait pour disciple le cheikh Al Moundiri qui a obtenu le titre de «alem» après avoir suivi ses cours. Fatima fille de Mohammad Al Samarkandi a tenu son savoir de plusieurs grandes sommités du fiqh, comme elle a, à son tour, transmis son savoir à plusieurs étudiants. Elle a exercé le métier d'enseignante et écrit de nombreux ouvrages sur le fiqh et le hadith. Il lui arrivait même de signaler à son époux Cheikh Ala'e Al Kassani, l'auteur d'Al Bada'i, ses erreurs en matière de fiqh.
Quant à Fatima fille d'Ahmed Ibn Yahiya, c’était une savante qui élaborait des règles de fiqh et était souvent consultée par son mari Al Imam Al Moutahar lorsque celui-ci préparait les cours qu’il dispensait à ses étudiants.
Au Maghreb, Fatima Al Fihriya Oum Al Banîn construisit la mosquée Al Qarawiyine à Fès au IIIème siècle de l'hégire. Cette moquée a aussitôt fait office d'université, la première du genre dans le monde islamique, voire dans le monde entier.
Fatima Al Fihriya était une savante mais aussi une bienfaitrice, tout comme sa sœur Mariam qui, elle, a construit la mosquée Al Andalous à Fès.
L'Andalousie a également connu plusieurs femmes savantes, notamment Oum Al Hassan, fille de Souleïman. Elle aurait tenu sa science d'un rapporteur de hadith originaire d'Andalousie répondant au nom de Baqi Ibn Moukhlid qui lui a transmis sa science aussi bien oralement qu'à travers ses écrits.
Elle a accompli son pèlerinage à la Mecque et fit la rencontre de savants du Hijaz qui lui ont transmis fiqh et hadith avant de retourner en Andalousie. Elle a fait un deuxième pèlerinage et mourut à la Mecque.
Le Maghreb comptait également parmi ses femmes savantes, Asmaa fille d'Assad fils d'Al Furat, qui a tenu son savoir de son père, ami des deux grands imams Abu Hanîfa et Malik Ibn Anass. Elle s'est rendue célèbre par le rapport des hadiths et du fiqh selon l'école hanafite.
Citons aussi Khadija fille de l'imam Sahnoun. Le grand imam Al Qadi 'Iyyad dit d'elle dans son ouvrage intitulé : Tartîb al madârik wa takrîb al masâlik li maarifati a'alâmi madhabi mâlik (les grands noms du rite malékite) : «Khadija fut connue pour sa sagesse, sa science et sa piété. Les femmes la consultaient sur les questions de la religion et elle leur servait d'exemple».
Ibn Hazm, dans son célèbre ouvrage traduit en plusieurs langues : Tawq al-hamâma fi al ulfati wa al alâf (connu en français sous le titre le collier de la colombe) rapporte que les femmes d'Andalousie exerçaient des professions aussi diverses que la médecine, l'enseignement, le tissage et la confection. Ce grand auteur n'a pas manqué de signaler qu'enfant, il a eu des femmes comme professeurs.
Tamîma, fille du sultan almoravide Youssef Ibn Tachafine, comptait parmi les femmes les plus brillantes en sciences, tout comme Oum Amr Ibn Zohr, sœur du célèbre médecin Abu Bakr Ibn Zohr, qui était, elle, excellente en médecine théorique et pratique.
Le Maghreb comptait aussi Bayram, fille de Ahmed Al Diroutiya qui était une grande spécialiste des lectures du Coran ; elle a eu le privilège de lire le Coran à Bayt Al Maqdis devant les grands cheikhs et était connue pour avoir mémorisé plusieurs textes de référence.
Jusqu'au début du XIXème siècle, la ville de Fès a connu Al Aliya fille du savant At-tayib Ibn Kirân. Elle enseignait la logique à la mosquée Al andalous en consacrant des séances aux femmes et d'autres aux hommes. Le même phénomène existait aussi en Egypte, en Syrie, en Mésopotamie, en Perse, en Turquie, en Tranxianie et en Inde. Ainsi, le savant Abu Al Hassan Ali Al Hassani An-nadawi raconte que des femmes brillantes de sa famille lui avaient enseigné les sciences juridiques musulmanes et la littérature. Ses sœurs aussi ont eu une importante contribution à la littérature de leur époque.
A l'époque moderne, plusieurs femmes musulmanes se sont distinguées par leur excellence dans les domaines des sciences, de la littérature, du droit, de la médecine, de l'administration et bien d'autres champs du savoir. Certaines ont même atteint un très haut niveau dans leur domaine de spécialité.
A cet égard, les universités du monde islamique reçoivent toujours des enseignantes brillantes dans les différentes disciplines dont certaines ont eu des contributions notoires dans le domaine de la recherche scientifique.
L'histoire islamique est témoin des brillantes contributions de la femme aux différents champs de la science et du savoir alors que dans les autres sociétés, à la même époque, la contribution de la femme à l'activité intellectuelle n’a pas été aussi remarquable.
Ces vérités historiques nous rendent fiers de l'immense apport de la femme musulmane à la civilisation arabo-islamique et nous incite à favoriser davantage l'accès de la femme aux domaines des sciences et du savoir.
Cela lui permettra de tirer parti de ses atouts et de ses compétences afin de soutenir le développement global dans nos sociétés islamiques, en s'appuyant sur les valeurs de l'islam et en s'adaptant aux exigences du développement socio-culturel du monde moderne. La femme musulmane sera ainsi en mesure de renouer avec le grand rôle qu'elle a remarquablement joué, à travers l'histoire de la civilisation arabo-islamique.
C'est assurément l'un des grands défis auquel nous devons faire face car le monde islamique entend réaliser un développement scientifique global qui met à contribution ses hommes tout autant que ses femmes. Pour ce faire, on doit rester attaché aux constantes islamiques pérennes tout en s'ouvrant sur l'époque actuelle et en s'adaptant à ses changements. Les sociétés islamiques auront ainsi devant elles un avenir plus radieux et plus prospère.
C'était là un aperçu général sur la place de la femme en islam. Les situations peuvent différer d'un pays musulman à un autre, voire d'une ville à une autre. Mais cette différence s'explique par la réalité dictée par les us et coutumes, les circonstances de telle ou telle société. Le plus important c'est de comprendre le point de vue de l'islam sur la femme et la place qu'elle occupe dans la société islamique, à travers les textes de droit musulman, l'interprétation de ces textes et les exemples puisés dans l'histoire des musulmans.
Il est de notoriété publique que l'islam a, à travers l'histoire, assimilé des peuples et des nations qui avaient des coutumes différentes. Il est tout aussi vrai que plusieurs régions du monde islamique ont fait l'objet d'agressions externes, de colonisation, d'invasion culturelle et d'occupation.
D'autres régions ont subi les affres du sous-développement et de la régression.
C'est pour cela que plusieurs pratiques musulmanes d'aujourd'hui, dont celles liées à la situation de la femme, sont imprégnées de cet héritage aux différents aspects et aux différentes couleurs.
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