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Le traitement des questions religieuses de façon émotive
Page Facebook "Pacte des sunnites francophones"

Nous constatons au sein des musulmans de plus en plus de personnes qui portent leurs jugements sur les questions religieuses de façon à ce qu'aucun avis ne soit rejeté, il n'y a ni vrai ni faux, il n'y a pas d'acceptable et de rejetable, au contraire, tous les avis sont relativement acceptables ou relativement rejetables, ce n'est pas binaire, tout est nuancé, personne n'a raison à 100% et personne n'a tord à 100%, ces personnes là n'arrivent -par conséquent- pas à avoir de positions claires sur ce qu'ils jugent vrai, et n'arrivent pas non plus à avoir de positions claires sur ce qu'ils jugent faux.

Cette façon de voir les choses repose sur le fait que les divergences que connaissent les musulmans dans le domaine du dogme ou dans celui du fiqh doivent être acceptées par tout le monde, et que l'on ne doit condamner aucun avis, ni même mettre en garde contre telle ou telle personne qui prônerait des avis marginaux, puisque tous les avis se valent, et que nous sommes tous musulmans.

Les personnes qui réfléchissent de cette façon, se reposent sur un certain nombre de considérations (erronées comme on va le voir par la suite), ils disent :



Premièrement :

Citation :
Le bon comportement du musulman et la grande moralité et éthique islamiques : comme la fraternité en Allah, le bon comportement à avoir à l'égard des opposants parmi les non musulmans alors que penser du comportement à avoir envers les opposants parmi les musulmans. C'est pour ça que vous trouverez que ces personnes mettent toujours en avant cette fraternité pour « dédramatiser » même les pires des égarements, face des avis sortant même du consensus de la oumma, vous entendrez souvent des phrases comme : ce sont nos frères quand même!

Est ce que fraternité rime avec le fait de se traire face à l'erreur ? C'est là où ces gens se trompent complètement, car c'est justement au nom de cette fraternité que l'on se doit de condamner l'erreur et l'injustice, n'ont ils pas écouté la parole du prophète (çalla llahou 3alayhi wa sallam) « soutiens ton frère qu'il soit injuste ou victime d'injustice » face à cette contradiction apparente les compagnons se sont interrogés sur la façon de soutenir son frère lorsque ce dernier était injuste, il (çalla llahou 3alayhi wa sallam) leur répondit : « empêche le de commettre l'injustice, tel est le soutien que tu peux lui apporter »

Il est des domaines où la divergence n'est pas acceptée (lorsque cela sort du cadre des 4 écoles), dans de telles situations, la mise en garde, le devoir de condamnation deviennent obligatoires au nom notre responsabilité envers Allah mais aussi au nom de la fraternité qui nous unit.

Si ces gens ont compris la fraternité comme étant la faculté à fermer l’œil sur les écartements et les erreurs de nos frères quand bien même ils seraient contraires au consensus de la oumma, et bien qu'ils nous excusent, pour nous ceci n'a rien de fraternel, c'est du faire semblant.

Bien sûr condamner, montrer du doigt les erreurs de croyance ou de fiqh, mettre en garde contre les personnes prônant ce genre de choses doit se faire dans les règles de bienséance musulmane, aucun doute et aucune divergence la dessus, et si des personnes le font avec mépris et dénigrement, c'est leur comportement qui est à remettre en cause et non le devoir de condamnation et de mise en garde.







Deuxièmement :

Citation :
L'état de la communauté : depuis plus d'un siècle, la oumma vit dans la décadence, elle vit un état de faiblesse sur plusieurs plans, un peu partout dans le monde la oumma souffre des conséquences de la colonisation, les musulmans sont éparpillés en mille et un pays depuis la chute de l'empire ottoman, dans ce contexte, revivifier les divergences entre les différentes écoles juridiques ou de croyance ne fait qu'accentuer la décadence de la oumma et ne fait que retarder sa renaissance.

La croyance est quelque chose de stable qui ne cède pas à l'influence du temps, de l'espace ou des circonstances, que la oumma soit dans son apogée, ou au contraire, dans le pire de ses états, la croyance vraie est une, et l'on se doit de combattre et de condamner tout ce qui la touche, ce n'est pas parce que les situations économique, sociale, scientifique, politique etc. des musulmans laissent à désirer que l'on va se taire face aux fausses croyances, aux faux avis juridiques qui sont injectés au sein de la oumma.

Le contexte n'influence en rien le devoir de condamner le faux, il influence certainement la manière de le faire, l'ordre des priorités, mais jamais la condamnation en elle même, soyons inchaAllah attentifs à cela.







Troisièmement :

Citation :
Chaque partie parmi celles qui divergent a un peu raison puisque tout le monde se base sur le Coran et la Sounna, ainsi personne ne peut prétendre détenir la vérité, au contraire tout le monde doit reconnaître les arguments d'autrui, et personne ne doit se voir comme exempt d'erreurs et les autres comme des égarés.

Ceci n'est pas du tout acceptable, car même les juifs et les chrétiens ont leurs propres arguments, même les groupes égarés que l'Islam a connus argumentent leurs positions par le Coran et la Sounna, pire encore, certains comme les zaydites et mou3tazilites ont dans leurs rangs de grands savants érudits, est ce que cela fait de leurs avis forcément des avis acceptables? Ou alors est ce que le simple fait d'avoir des arguments (même faux) nous oblige à excuser les fautifs et accepter leur divergence?







Quatrièmement :

Citation :
L'unité de la oumma : les musulmans sont est assez divisés pour mille et une raisons, ethniques, géographiques, linguistiques etc. L'islam est venu unir et rassembler les musulmans et non les diviser davantage. Rajouter des divergences supplémentaires ne sert pas l'intérêt de la oumma, au contraire cela sert les intérêts de nos ennemis, pourquoi alors sombrer dans des discussions juridiques sans fin, unissons nous autour du Coran et de la Sounna plutôt que de se perdre dans les divergences entre écoles.


Là encore ce sont les émotions qui l'emportent, il n'y a rien de scientifique ici, car les musulmans ont toujours vécu sous différents pays, différentes langues, différentes ethnies etc. tout en adhérant à une des 4 écoles sunnites sans que ceci n'engendre de divisions, les divisions sont très souvent d'origine politique, économique ou militaire, les divergences entre écoles juridiques n'a rien à voir la dedans, même dans un même pays entièrement malikite, entièrement ach3ari, où tout le monde récite le Coran selon la méthode warch, où tout le monde parle la même langue, mange la même chose et s'habille de la même manière, des divisions peuvent y exister, ramener la question de la division de la oumma et les divergences d'écoles juridiques sur la même table est une fausse induction.







Cinquièmement :

Citation :
Le musulman doit chercher le bien là où il est : à partir de là, et partir du fait que personne ne détient la vérité, le musulman se doit de prendre la partie « bien » que chacun a, ainsi nous n'en serons que meilleurs.

Là c'est une porte ouverte au Ijtihad à tous les musulmans, car cela sous entend que tous les musulmans sont capables de savoir ce qu'est « le bien », et au lieu de rassembler les musulmans autour de 4 avis de fiqh, et deux de 3aquida, on a fini par donner naissance à une multitude d'avis.

Du temps du suivi des 4 écoles, nous avions une unité exemplaire des musulmans d'une même région, par exemple, vous posez une question au Maroc à un imam à oujda et un autre à marrakech, tous les deux vous donneront la même réponse, pareil pour un imam à bejaia et un autre à tlemcen.






Sixièmement :

Citation :
Même les opposants apportent énormément à la communauté de par leurs prêches, leurs efforts dans la da3wa, beaucoup de gens se sont repentis et ont renoué avec Allah grâce à ces efforts là, mettre en garde contre ces personnes (même si elles se sont écartées du consens de la oumma) serait négatif pour la da3wa car on priverait les musulmans de leurs apports.

D'abord nous sommes ici dans de l'émotif pure et simple, car personne n'a jamais dit le contraire quant aux efforts de ces gens dans le champ de la da3wa (de l'appel), mais c'est une da3wa à quoi? Vers quoi? Un appel à l'Ijtihad accessible à tous? Un appel à l'abandon du patrimoine juridique de la oumma? Un appel aux fatwas qui servent les intérêts des ennemis d'Allah?

Oui dans ce que ces personnes prêchent il y a des choses véridiques et utiles à la oumma, mais ces choses bénéfiques sont souvent accompagnées d'autres nuisibles et catastrophiques, le musulman commun ne s'en rendra même pas compte, les gens versés dans la science pourront y regarder de plus près et nous dire ce qu'il y a de bon à prendre et ce qu'il y a à rejeter chez eux, mais ce n'est surtout pas à monsieur tout le monde parmi les musulmans de s'aventurer dans cet exercice, comment saura-t-il le vrai du faux? Le bien du mal? C'est pour cette raison que nous mettons en garde contre toute personne sortie du consensus de Ahlou sounna (les 4 écoles).

Que se passera-t-il si nous disions aux musulmans qu'un tel a des avis marginaux erronés sur telle question, mais ses avis sur tel autre sujet sont bons à prendre? Nous savons que les musulmans de sens commun ne sauront rien différencier, ils comprendront la non mise en garde contre ces personnes comme un certain crédit, et là nous aurons ouvert une grande porte vers le mixage d'avis juridiques.









Septièmement :

Citation :
Ceci est votre communauté, UNE SEULE communauté comme nous dit Allah, alors pourquoi tant d'appartenances groupales? Nous adorons le même Dieu, avons le même prophète, lisons le même livre, nous dirigeons vers la même qibla etc etc, nous sommes avant tout liés par les liens de l'Islam et afficher ses appartenances ne fait que diviser davantage la oumma, peu importe qu'on soit wahhabi, soufi, chiite, etc l'essentiel est qu'on est tous unis autour de ce que nous avons de plus important en commun : notre Islam.

La segmentation des musulmans en fonction de nombre de considérations n'a jamais été quelque chose de condamnable en soi, Allah jalla wa 3alaa a lui même segmenté les compagnons en « Mouhajirines », « Ansars » et « A3rabes », et même les Ansars étaient segmentés en fonction de leur tribu d'origine « Aws » ou « Khazraj », lors de la bataille de Ou7oud, l'armée des musulmans était formée d'une section de Mouhajirines, une deuxième des Awsis puis une troisième de Khazrajis, et chaque section avait son propre étendard. Même dans l'esprit des compagnons eux mêmes, il y avait différentes appartenances : les gens de la grande allégeance, les gens de Badr, les gens de l'allégeance de ridwane etc etc les exemples dans la sounna sont vraiment abondants.

Ici des questions s'imposent : ça a dérangé qui parmi les compagnons que ces segmentations et appartenances existent ? Ne connaissent ils pas le sens de Unité de la Oumma mieux que quiconque ? Malgré ces différentes appartenances, n'ont ils pas combattu ensemble côte à côte pour défendre
la religion d'Allah ?

Nous appelons au sunnisme, la voie de la majorité écrasante des musulmans dans le monde et à travers tous les siècles, nous appelons à ce à quoi ont appelé et prôné les savants de la oumma depuis le deuxième de l'hégire, nous appelons au consensus de la oumma, nous appelons au suivi des savants qui ont fait l'unanimité à travers tous les siècles tant en terme de fiqh, de 3aquida ou de soufisme, nous appelons au rattachement au prophète (çalla llahou 3alayhi wa sallam) en fiqh via un des 4 Imams, nous appelons au rattachement au prophète (çalla llahou 3alayhi wa sallam) en 3aquida via les 2 Imams d'Ahl sounna, nous appelons au rattachement au prophète (çalla llahou 3alayhi wa sallam) en spiritualité via ses héritiers parmi les saints de sa oumma








Cette façon de concevoir la divergence, et la manière d'y faire face s'est énormément propagée au sein des musulmans pour plusieurs raisons, d'abord l'aspect « souci de rassembler les musulmans » est très attirant, c'est sûr, qui ne voudrait pas voir les musulmans unis?, ensuite -et c'est le plus important à mon sens-, le mouvement des frères musulmans y a contribué de façon extrêmement significative, l'abandon de l'appartenance doctrinale, on ne suit pas un madhab particulier mais on présente aux musulmans un fiqh « universel » qui puiserait dans notre patrimoine scientifique et qui présenterait aux musulmans un fiqh non « fanatique » appliqué par tous (L'exemple du livre Fiqh As-sunna de Sayyid Sabiq rahimahoullah en est un excellent exemple), là encore qui ne voudrait pas voir les musulmans dans le monde entier prier de la même manière?

Ainsi, on a fini par donner aux musulmans un faux choix :

Rester dans un fiqh classique (les 4 écoles) et accepter donc la division qui fait rage au sein de la oumma

Accepter un nouveau fiqh qui se veut rassembleur mais à condition d'abandonner l'appartenance doctrinale à une des 4 écoles juridiques sunnites

Plusieurs raisons font et on fait que beaucoup de musulmans n'ont pas eu de difficultés à adhérer à la deuxième option.

Malheureusement on a manqué de présenter aux musulmans une troisième option : rester dans le cadre du fiqh des 4 écoles tout en œuvrant pour l'unité de la oumma, car la façon dont les choses sont présentées laisse sous-entendre que l'appartenance aux 4 écoles est l'une des raisons de division de la oumma, ce qui est grave, au lieu de mettre le doigt sur les vraies raisons de division, on a accusé à tord les 4 écoles d'en être une des causes.


Ensuite, est ce que les efforts de ces gens (ceux qui sont sortis du cadre des 4 écoles) pour la oumma justifient que l'on se taise sur leurs erreurs et que l'on ne dise rien aux musulmans à leur sujet ? Hizboullah apporte beaucoup aux musulmans dans leur lutte contre Israël, est ce que pour autant nous allons nous taire sur leurs erreurs en dogme ?

Toutes ces personnes qui sous le couvert d'un appel à l'unité de la oumma, appellent à une révision du fiqh (et le plus grave, à une révision de la 3aquida) mènent la oumma vers une catastrophe sans précédent.

Il y a en effet 2 cas de figures :

Soit les avis de ces gens sont conformes aux avis sunnites : et à ce moment là, ils ont apporté quoi de nouveau? Pourquoi ne pas aller les puiser directement auprès des Imams de la guidée des écoles de Malik, Abou Hanifa, Chafi3i et Ahmad en fiqh, et Al ach3ari et Al matouridi en 3aquida?

Soit leurs avis sortent du consensus des gens de la sounna : et dans ce cas leurs avis sont purement et simplement rejetés.

Mais dans un cas comme dans l'autre, il est où l'intérêt de suivre ces gens et continuer à leur donner du crédit?
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