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Rompre son jeune par oubli
Manger, boire etc... involontairement
Selon l'école Mâlikite

doctrine-malikite & aslama.com



Contrairement aux 3 écoles de fiqh (Hanafite, Chafi'ite et Hanbalite), chez les Mâlikites, durant un jeune obligatoire, si le jeuneur fait quelque chose qui invalide son jeune, même involontairement (comme manger, boire, fumer) il doit continuer son jeune mais également rattraper ce jour plus tard.

Nous allons détailler ici cet avis ainsi que les preuves sur lesquelles il s’appuie.

______________


Doctrine-Mâlikite.fr :

[...]

Dans les cas de rupture involontaire du jeûne, on répare seulement par le fait de jeûner le ou les jours (où il y a eu cette rupture involontaire du jeûne) après la fête de la fin du mois de Ramadan et avant le Ramadan prochain.


[...]

Celui qui croyant l'heure du Maghreb arrivée, mange alors que ce n'est pas le moment, devra cesser immédiatement de manger et poursuivre jusqu'au Maghreb son jeûne (Siyâm). Par contre, il sera tenu de rattraper plus tard cette journée (après la fête et avant le Ramadan prochain).

Ceci dans le cas : de « ta’wwul qarîb » - c'est-à-dire une interprétation proche de la logique et qui se justifie – dans ce cas, celui qui s’est trompé et a mangé, jeûnera plus tard cette journée sans faire l'expiation.


Celui qui boit ou mange involontairement doit cesser immédiatement dès qu'il se rappelle et continuer le jeûne le reste de la journée : et il fera le rattrapage plus tard.

Pour celui qui mange ou boit involontairement et par oubli, puis se rappelle mais croit qu'il peut continuer à manger car son jeûne est devenu invalide : doit seulement rattrapage.

S'il savait qu'il ne devait pas continuer à manger et qu'il mange quand même : dans ce cas il doit faire le rattrapage et l'expiation.

Celle qui a eu une fin de règle avant Fajr, puis elle se lave après fajr et elle croit (à tord et par ignorance) que son jeûne n'est pas valide et mange : devra seulement rattraper.


Idem pour celui qui croit à tord et par ignorance que sa janâba (pollution nocturne) de la nuit invalide son jeûne puis mange la journée: il rattrapera seulement ce jour sans faire l'expiation.

Ce sont donc des cas d'ignorance et de mauvaises interprétations (possibles et non liées à des mauvaises intentions) (taawwul qarîb).


[...]





Argumentaire des savants Mâlikites pour cet avis
Compilé par le frère Razes

C'est une question à divergence à propos de laquelle la majorité des savants (NdA : Hanafites, Chafi'ites & Hanbalites) sont d'avis que celui qui mange par oubli durant le Ramadan ne rattrape pas, parmi ces savants nous avons :

Al Thawri, Ibn Abi Dhi'eb, Al Awza'î, Al Chafi'î, Abou Thawr, Is'haq, Ahemd, Abou Hanifa et ses compagnons et Daoud etc...

Tandis que l'Imam Rabi'â et l'Imam Malik , qu'Allah les agrée ont dit qu'il faut qu'il rattrape.


Donc cette question de divergence les adeptes de la non conformité aux quatre écoles peuvent nous dire que les Malikites n'ont aucune preuve ou argument pour leur position, et que ce n'est que l'imitation aveugle de l'Imam Malik même s'il se trompe et va à l'encontre de la majorité !!

En fait ces paroles n'émanent que d'un ignorant, les gens de science ne disent rien de tel car l'avis des Malikites ne démarre pas de néant, ils ont des preuves et arguments qui soutiennent leur position, dont nous allons voir quelques éléments ici Inchallah

Les Chafi'îtes et les Hanafites ont objecté sur cette question qu'il ne faut pas rattraper avec ce hadith :

" Il est pardonné à ma nation l'erreur, l'oubli et ce qu'ils font sous la contrainte "

En réponse à cela, le Cheikh Abdel Ghani Al Bajaqni, dans son livre "Al Wajiz al Mouyassar fi Ossoul al fiqh al Maliki" (Le condensé simplifié dans les fondements du fiqh Malikite), déclare en substance que cela n’est pas un argument définitif car ce qui est voulu est la levée de la culpabilité pour celui qui commet une erreur ou un oubli, et ça s’apparente fort à celui qui oubli la prière, qui malgré son oubli et la levée de la culpabilité, la prière reste quand même une dette dont il doit s’acquitter.

Puis il ajoute en commentaire que ce hadith est rapporté par l’Imam Al Tabarani d’après « Thawbane » et le hadith est faible, donc non valide pour constituer un argument de réfutation.

Plutôt l’argument dans cette affaire serait le hadith rapporté par l’Imam Ahmed, Al Boukhari, Mouslim, Abou daoud et Al Thirmidi d’après Abou Hourayra qui dit : « Le Messager a dit : celui qui oubli et mange alors qu’il jeûne, qu’il continue son jeûne, ce n’est qu’Allah qui l’a nourrit et abreuvé »

Mais ce hadith les Malikites expliquent qu’il concerne le jeûne surérogatoire à cause de la non mention du Ramadan dans le hadith.

Leur vis-à-vis ont répondu que « celui » exprime la généralité, voulant dire : qu’est-ce qui permet au Malikite de préciser la portée de la parole générale du messager vers un sens bien précis ? A savoir le jeûne surérogatoire et non l’obligatoire.

Ces paroles du Cheikh Al Bajaqni sont très pertinentes, quant à ses propos sur le hadith d’Abou Hourayra, et l’interprétation de ce hadith par les Malikites comme étant à propos du jeûne surérogatoire, et l’objection de leur vis-à-vis que le terme « celui » veut dire la généralité.


Je dis que parmi les arguments qui soutiennent l’interprétation des Malikites et leur spécificité qu’il s’agit du jeûne surérogatoire dans ce hadith et non du jeûne du Ramadan, il y’a le hadith d’Oum Hani’e rapporté dans les grandes sounanes d’Al Bayhaqi, les Sounanes d’Abou Doaoud, le grand recueil d’Al Tabarrani et Al Tamhid d’Ibn Abdil Barr ainsi que d’autres recueils de hadith.


Voici la version d’Ibn Abdilbar :

« Oum Hani’e a dit : Quand ce fut le jour de la conquête de la Mecque, Fatima est venue et s’est assise à gauche du Messager et Oum Hani’e a sa droite, puis Al Walida a apporté à boire, alors je l’ai tendu au messager qui en a bu, puis il l’a tendu à Oum Hani’e qui en a bu.

- Elle dit : Ô envoyé d’Allah, je viens de rompre mon jeûne alors que je jeûnais.

- Il lui demanda : Etais-tu entrain de rattraper quelque chose ?

- Elle dit : non.

- Il dit : alors ça ne te nuit pas si c’était du surérogatoire »




Et dans une autre version qui confirme encore plus l’interprétation des Malikites :

« Le Messager est venu me voir alors que je jeûnais, on lui apporta un récipient avec du lait (laben) il en but puis me le tendit, après avoir bu, j’ai dis :

- Ô envoyé d’Allah, je jeûnais, mais j’ai détesté repousser ton offre (ce qu’il a tendu à boire)

- Le Messager dit alors : s’il s’agit de jours de rattrapage de Ramadan alors rattrapes un autre jour à la place, et si ce n’est pas de Ramadan, alors dans ce cas, si tu veux rattrapes et si tu veux ne rattrapes pas »



Les avis juridiques ne partent pas de rien, et les savants transpirent lourdement durant la recherche, avant de sortir vers les gens avec des avis qu’ils croient que c’est la position de la Chari’â sur telle ou telle affaire, et dans tout cela ils s’appuient sur des preuves légales qui ne laissent aucune place aux passions.





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