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Le Sadl [السدل]
Le relâchement des bras le long du corps durant la prière







Ce sujet à pour but d'éclairer les musulmans qui se font fait avoir par la propagande obscurantiste des "anti-madhhab" (gens apparus le siècles dernier) qui ont tenté, et tentent toujours mais en vain, de casser l’héritage sunnite des 4 écoles de jurisprudence musulmane, au profit de leur secte marginale et basée sur des ambiguïtés.

Un site web pour la défense de cette Sounna (tradition) vieille de 1400 ans a même vu le jour tellement la situation d'ignorance et de calomnie est grave, vous pouvez le visiter à cette adresse :



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http://toutsurlesadl.wordpress.com
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Cette secte (toujours dans le but de discréditer le suivit obligatoire d'une des 4 écoles de fiqh, établi par les savants depuis des siècles) a commencé à répandre le bruit que le Sadl (prier les bras tendus le long du corps) viendrait du fait que l'Imâm Mâlik se serait fait fouetté et, ne pouvant plus plier ses bras pour attraper ses mains, aurait prié ainsi, et ses élèves auraient tous suivit du jour au lendemain (comme des moutons) sans lui demander aucune information ni justification sur ce brutal changement...

Nous faisons, sur ce postulat mensonger, appel à la raison des lecteurs... Si demain l'un d'entre vous voit son Imâm prier avec une canne ou un mouchoir, allez vous pour autant prier ainsi vous aussi sans rien lui demander ?

C'est la même aberration ici, sachant de surcroit que de nos jours dans nos pays, la science, la piété s'est perdue pour laisser la place à l'ignorance et la débauche.

Mais replacez vous une seconde à l'époque de l'Imâm Mâlik , époque du Salaf bénie, où savants et étudiants en science formait la majeure partie de la population...

Cette histoire, en plus de n'avoir aucun fondement, ne tient même pas la route et pourtant elle est propagée par des prêcheurs (pas forcément légitimes...) très en vogue à notre époque et même dans certains livres sensés apprendre la prière aux débutants !

Certes l'Imâm Mâlik s'est fait injustement fouetté à un moment de sa vie, mais ça n'est sûrement pas la cause de l’apparition de cette pratique !

Nous allons donc tenter dans ce sujet de détailler toutes les preuves appuyant cette pratique et nous laissons les lecteurs juger sur cette affaire.





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Épître du grand savant al Tanwajiwi al Chanqity al Mâliki
Intitulé فتح ذي المنة برجحان السدل من السنة

Traduit par le frère Al Farouq pour aslama.com



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Note préalable de l'équipe du site concernant les termes :

Qabd : empoignement / saisie. C'est donc le fait d'empoigner ces mains (dans ce sujet afin de les placer au niveau nombril / poitrine)

Sadl : relâchement. C'est donc le fait de relâcher ses mains (dans ce sujet, afin qu'elles soient le long du corps)
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Au nom d’Allah le Miséricordieux le tout Miséricordieux

Les louanges sont à Allah Seigneur des mondes, que la paix soit sur le plus grand des envoyés sur sa famille et l’ensemble de ses compagnons.

Certains frères attachés à la sunna et qui suivent la voie des pieux prédécesseurs, me questionnèrent sur l’empoignement « al Qabd » lors de la prière dont le caractère détestable fut rapporté par l’imam Malik.

Certaines personnes de l’école malikite ont prétendu son caractère conseillé ce qui est en opposition avec l’avis de l’ensemble des savants de l’école contemporains et passés. J’avais certes répondu par une réponse ancienne qui démontrait son caractère détestable et ceci de façon résumée.

Par la suite, je découvris plusieurs ouvrages de savants malikites érudits dans la science du hadith qui ont rassemblé les preuves utilisés par ceux qui le qualifie de conseiller parmi les savants de l’école, ils démontrèrent donc la faiblesse de toutes ces preuves, et prouvèrent de ce fait l’abrogation de l’empoignement qui était à l’origine une pratique prophétique, et de ce fait ils prouvèrent la prédominance du « sadl » s’appuyant sur des hadiths et des traces (athar) transmis par les compagnons et ceux qui les suivirent qu’Allah les agrées.

Je vais essayer dans cet épître de résumer ce qu’ils ont écrit à ce sujet, je le simplifierai en le divisant en chapitre afin de permettre aux débutants en jurisprudence dans les pays du Maghreb car la majorité des peuples dans ces pays suivent l’école de l’imam Malik, de le comprendre aisément, ceci afin que comprennent les faibles parmi les gens de ces pays qui furent influencés par l’idée que l’extraction des réglementations divine à partir du coran et de la sunna peut être pratiquée par le commun des gens malgré leur ignorance, dont ils ne pourront s’affranchir seulement par l’apprentissage des sciences religieuses pour qu’ils puissent comprendre et assimiler la vraie science des anciens.

Nous allons par l’aide d’Allah, répartir cette épître en une introduction, suivie de deux chapitres puis d’une conclusion. L’introduction sera consacrée aux raisons qui ont conduit le Prophète à pratiquer l’empoignement –si nous le considérons- qui est principalement l’imitation des gens du livre et les preuves concernant ce point là. Le premier chapitre sera consacré aux preuves du « sadl » tirées des hadiths et des traces. Le second chapitre sera consacré aux preuves concernant l’empoignement, et tous ce qui fut dit sur leur faiblesse chez les savants du « salaf ». La conclusion sera consacrée à l’avis général retenu sur l’ensemble de la question, qu’Allah nous aide pour la vérité.

Les savants du hadith disent que le Prophète aimait imiter les gens du livre sur les choses pour lesquelles aucune révélation ne lui était parvenue, et ceci avant l’expansion de l’islam, par la suite il abolit cette pratique.

Le grand savant Muhammad el Khidr ibn Yamaba a rapporté dans son livre « Ibram al Naqd », que al Boukhari , Muslim , Abou Dawoud , al Tirmidi , al Nasa-i , et Ibn Maja ont rapporté que le Prophète aimait imiter les gens du livre sur les choses pour lesquelles aucune révélation ne lui était parvenue, puis après l’expansion de l’islam il abandonna cette pratique, et ceci car les gens du livre était sur une voie révélée ce qui n’était pas le cas des perses, ou alors peut être que cette pratique prenait ses fondements dans une sagesse que seul lui connaissait.


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L'équipe du site Souboul as-Sakîna ouvre ici une parenthèse qui ne se trouve pas dans cet épitre du Chaykh al Tanwajiwi, pour vous montrer une vidéo d'une prière juive, afin de prouver en images ce que mentionnent les hadiths : que les juifs prient bien en "qabd" (en se tenant les mains au niveau de la poitrine)



Nous refermons ici cette petite parenthèse et nous reprenons la traduction de l'épitre :


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Parmi les pratiques rapportées, notre question concernant « al Sadl ».

Ibn Abi Chayba un grand savant du salaf connu pour ses nombreux ouvrages, prit en considération cette question, il rapporta que Ibn Sirine le suivant des compagnons très connu, fut questionné sur le fait de tenir sa main gauche par sa main droite durant la prière il dit : « ceci concerne les romains ».

Il rapporta aussi de Hassan al Basri qui a dit : « le Prophète a dit : « c’est comme si je voyais les rabbins de beni israil poser leur mains droite sur leur main gauche lors de la prière. »

Abou Majliz, Abou Othman el Nahdi et Abou Jouza-i s’accordèrent avec Hassan al Basri sur ce hadith, ils étaient tous des grands savants parmi les suivants des compagnons.

Puisque l’empoignement était une pratique des juifs et des romains chrétiens comme nous le confirme le rapport précédent, et que le hadith suivant vient confirmer : « ce qui a atteint les gens des premières paroles prophétiques, si tu n’es pas pudique alors fais ce qu’il te plait, et l’empoignement lors de la prière. »


Dans le même sens ce qui fut rapporté par al Bayhaqi et al Daraqoutni d’après Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) le Prophète a dit : « Trois pratiques font partie de la prophétie : rompre rapidement le jeûne, retarder le petit déjeuner (sohour), et tenir sa main gauche avec sa main droite ».

Il est connu que le Prophète a interdit par la suite d’imiter les gens du livre, il se fâcha même contre Omar lorsqu’il se présenta à lui avec des feuilles contenant certains textes des gens du livre et il dit « si Moussa était vivant aujourd’hui il me suivrait ».

Si il est rapporté dans dix livres authentiques que le Prophète aimait imiter les gens du livre ce sur quoi aucune révélation ne lui était parvenue, et qu’il est confirmé que l’empoignement fait partie des pratiques des gens du livre, ceci explique donc pourquoi il le pratiquait puis il l’abandonna comme je vais l’expliquer.









Première partie
Les preuves tirées de la Sunna concernant « al sadl », et celle-ci sont nombreuses :


Le hadith rapporté par al Tabarani dans « al Kebir », « lors de sa prière le Prophète levait les mains au niveau de ses oreilles après avoir prononcé le « takbir » (Allahou akbar), il les lâchait le long de son corps », voir « Ibram al Naqd » de Ibn Mayaba page 32.


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Parmi les preuves du « sadl » aussi le hadith d’Abou Hamid al Saa’idi, rapporté par al Boukhari et Abou Daoud , d’après une voie de Ahmad ibn Hanbal :

« Abou Hamid était en compagnie de dix compagnons du Prophète , parmi eux il y avait Sahl Ibn Saad, ils discutèrent de la prière du Prophète , Abou Hamid dit alors :

- « Je suis le plus savant parmi vous sur la prière du Prophète »

- Ils dirent « Et pourquoi ? Par Allah tu n’étais pas plus attaché à sa tradition que nous, et tu n’es pas le plus ancien de ses compagnons nous ! »

- Il dit : « bien sur »

- Ils dirent : « montre nous donc alors ! »

- Il dit : « Quand le Prophète se levait pour la prière, il levait ses mains jusqu’à se qu’il atteignait ses épaules puis il disait « Allahou akbar », puis il lâchait ses membres jusqu’à ce que chacun d’entre eux retrouve sa place tout en étant droit, puis il lisait puis il disait une nouvelle fois « Allahou akbar » et levait ses mains au niveau de ses épaules en étant droit, puis il s’inclinait et posait ses mains sur ses genoux, son dos en position horizontale aligné avec sa tête, puis il levait sa tête et disait : qu’Allah entende celui qui le glorifie, puis il levait ses mains au niveau de ses épaules tout en étant debout et droit, puis il disait une nouvelle fois « Allahou Akbar », puis il descendait en position de prosternation les mains sur les cotés, puis il levait sa tête et s’asseyait sur sa jambe gauche et écartait ses doigts de pied lors de la prosternation, puis il se prosternait une nouvelle fois et disait « Allahou akbar » et se relevait en s’asseyant de nouveau sur sa jambe gauche jusqu’à ce que chaque membre retrouve sa place, puis il faisait la même chose pour la seconde unité de prière, puis il se levait de la seconde unité et disait « Allahou akbar » tout en levant ses mains au niveau de ses épaules tel qu’il l’a fait lors de son entrée en prière, et ainsi il procédait pour l’ensemble de sa prière, jusqu’à la position assis à la fin de sa prière ou il devait prononcer le salut final il écartait sa jambe gauche afin de poser sa partie droite sur le sol ».

- Une fois sa description terminée, ils lui dirent : « tu as raison ainsi il priait. »

Il est donc connu que la place naturelle des bras de l’être humain sont sur le coté et non pas sur le torse
.

Sahl ibn Saad le rapporteur du hadith « il avait été ordonné aux gens de poser leur main droite sur leur main gauche lors de la prière » était présent parmi eux, et si il ne connaissait pas le hadith qui a abrogeait cette pratique, et si il considérait l’empoignement faisant partie intégrante de la prière il lui aurait dit « tu as oublié de tenir ta main gauche avec ta main droite », mais au contraire il lui dit : tu as raison ! »Voir sunnan Abou Daoud tome 1 page 194 et Sahih el Boukhari, Sunnan An-Nasa-i et « Ibram al Naqd » de ibn Mabaya.


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Abou Hamid rapporte aussi une autre version sur la description de la prière du Prophète , dans lequel il cite le lâchage des bras sur le coté jusqu’à ce qu’ils reprennent leur place naturelle, ceci est rapporté par el Tahawi, ibn Haban, ainsi que ibn Mayaba dans « ibram el naqd » page 27.


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Parmi les preuves du « sadl », ce que rapporta le Hafid Ibn ‘AbdelBarr al Mâlikî dans son livre « el ‘Ilm » (la science), il dit : « Malik a certes rapporté le hadith du « sadl » d’après AbdAllah Ibn El Hassan » voir « Ibram al Naqd » page 39.


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Parmi les preuves aussi, ce que les savants rapportèrent et ont certifié à savoir que AbdAllah ibn Zoubeïr ne pratiquait pas l’empoignement, et toutes les fois qu’il voyait quelqu’un le pratiquer il défaisait ses mains.

El Khatib dans « l’histoire de Bagdad » a rapporté que AbdAllah ibn Zoubeïr a apprit la description de la prière de son grand père Abou Bakrr as-Siddiq, et ceci démontre qu’il ne pratiquait pas l’empoignement, voir « ibram el naqd » page 38 et le livre « al Qawl al Fasl » page 24.

Ceci concerne sa dernière pratique mais il fut rapporté qu’il pratiquait l’empoignement auparavant, mais le lâchage des bras était sa dernière pratique.

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Parmi les preuves, ce que rapporta Ibn Abi Chayba de Hassan al Basri, de Ibrahim el Nakh’i, de Saïd ibn el Mousayib, de ibn Saïd, et Saïd ibn Jabir, tous ces grands Tabi’i (génération suivant les compagnons) ne pratiquaient pas l’empoignement, ces derniers prirent leur science directement des compagnons connus pour leur science, voir « ibram el naqd » page 33, comme eux Abou Majliz, Othman el Nahdi et Abou Al Jouza, rapportèrent tous que l’empoignement concerne les rabbins juifs et les chrétiens.

Ibn Sirine fut questionné sur l’empoignement lors de la prière il dit : « Ceci concerne les romains », Hassan al Basri dit : « Le Prophète a dit : « C’est comme si je voyais les rabbins juifs poser leurs mains droite sur leurs mains gauche dans la prière. » Voir « Ibram al Naqd » page 34, rapporté directement par Ibnou Abi Chayba.*

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Parmi les preuves également, le fait que les savants considérèrent le « sadl » conseillé ou alors autorisé, lorsqu’un des savants chafi’ite tenta de décrire son caractère répréhensible [makroûh], d’autres lui répondirent que l’imam Ach-Chafi’i dans « el Oum » a dit que ceci était autorisé pourvu que celui le pratiquant ne se distrait pas avec ses mains lors de la prière.

L’empoignement (Qabd = tenir ses mains en prière) par contre a été considéré soit conseillé, soit répréhensible ou bien interdit, donc il fait partie des actions douteuses dont nous devons nous écarter, et ceci conformément au hadith unanimement reconnu authentique « le licite est connu et l’illicite est connu et entre eux se trouvent des choses douteuses… », son interdiction fut rapporté par el Sanoussi dans son livre « Chifa al Sadr bi Ray al Masa-il al ‘Achr ».

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Parmi les preuves aussi le hadith concernant celui qui n’accomplissait pas sa prière correctement, rapporté par al Hakim selon les conditions des deux cheikhs (Boukhari et Mouslim), qui décrit les obligations de la prière et ses actes conseillés, et l’empoignement n’y est pas cité.

Après que l’homme demanda au Prophète de lui enseigner, le Prophète lui dit qu’il devait accomplir correctement les purifications rituelles, puis de prononcer « Allahou akbar », qu’il doit lire ce que Allah lui a permis de lire du coran, puis il doit dire « Allahou akbar » et s’incliner, puis de poser les paumes de ses mains sur ses genoux, jusqu’à ce que chaque membre se positionne en restant droit, puis qu’il dise « qu’Allah entende celui qui le glorifie », puis il se positionne debout jusqu’à ce que chaque membre retrouve sa place naturelle, puis il dit une nouvelle fois « Allahou akbar » et se prosterne, et positionne son front sur le sol jusqu’à ce que tout les membres soit en place, puis il se lève en disant « Allahou akbar » et lève sa tête droit, le Prophète lui décrit la prière ainsi puis une fois la description terminée il dit : « la prière de l’un d’entre vous ne sera complète jusqu’à ce qu’il l’accomplisse de cette façon. »

Lors de cette description des obligations et des actes recommandés, l’empoignement ne fut pas cité.

Ibn al Qasar et d’autres ont dit que ceci est la plus claire des preuves qui démontre que l’empoignement ne fait pas partie de la prière, voir « al Qawl el Fasl » du Cheikh ‘Abid el Makki page 9, celui-ci était le Moufti Malikite de Makka - Edition Abou Dhabi.


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Parmi les hadiths qui démontrent que l’empoignement ne fait pas partie des actes recommandés dans la prière, ce qui fut rapporté et authentifié par Abou Daoud d’après Salim el Barad celui-ci a dit : « Nous sommes allés voir ‘Oqba ibn ‘Amr et nous lui dîmes : parle nous de la prière du Prophète , il se leva dans la mosquée et prononça la formule de sacralisation « Allahou akbar », puis quand il s’inclina il plaça ses mains sur ses genoux et ses doigts sous ses genoux, il écarta ses chevilles jusqu’à ce que chaque membres se positionne, puis il dit « qu’Allah entende celui qui le glorifie », il se leva jusqu’à ce que tout ses membres prennent leur place, puis il glorifia Allah et se prosterna, il positionna ses mains à terre puis il écarta ses chevilles jusqu’à ce que chaque membre pris sa place, puis il glorifia Allah et leva sa tête et s’assit jusqu’à ce que chaque membre se positionne, puis il pria 4 unités de prière telle que celle-ci puis il dit : « c’est ainsi que nous avons vu le prophète prier ».

Ceci est suffisant il ne reste rien qui démontre la pratique le l’empoignement de façon surérogatoire, car les actes conseillés sont cités clairement. Ceci démontre que la dernière pratique du Prophète était l’abandon de l’empoignement si cela faisait réellement partie de sa pratique.


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Parmi les preuves aussi le hadith qui interdit le croisement des mains lors de la prière, et ceci correspond chez eux à l’empoignement comme ceci est rapporté dans le livre « el Qawl el Fasl » page 35.

Le hadith est rapporté par l’imam Mouslim : AbdAllah ibn ‘Abass disait à celui qu’il voyait prier les cheveux attachés : « ne fais pas cela, j’ai entendu l’envoyé d’Allah dire : « celui-ci est comme celui qui prie les mains croisées. » Tiré de « Tayssir al Oussoul al Jami’ al Oussoul » tome 2 page 243.


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Parmi les preuves aussi est le fait que le « sadl » est la nature originelle de l’homme, et la conformité à l’origine est une règle suivie par les savants jusqu’à ce qu’une preuve vienne apporter le contraire.


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Parmi les preuves aussi le fait que l’imam Ahmed a rapporté dans son Mousnad que le Prophète ordonna en dernier lieu de nous différencier des gens du livre, ceci après qu’il aimait être en accord avec eux sur les points ou aucune révélation ne lui était parvenue, et l’empoignement est une tradition des gens du livre, comme cela fut rapporté par ibn Abi Chayba d’après Hassan el Baçri et ibn Sirine qui sont parmi les plus grands imams comme nous l’avons précisé, voir « ibram el naqd » du cheikh Muhammad khidr ibn Mayaba el Chanqity page 33 et suivante.

Ces preuves sont suffisantes afin de démontrer le caractère répréhensible de l’empoignement dans la prière.







Seconde partie
Les hadiths de l’empoignement (qabd) et leur faiblesse



Parmi ces hadiths celui rapporté par Malik dans le Muwatta d’après AbdelKarim ibn Abi el Moukharaq el Basri, le Prophète a dit : « parmi les paroles prophétiques si tu n’es pas pudique alors fais ce qu’il te plait et mettre ses mains les unes sur les autres lors de la prière. »

Abdelkarim le rapporteur du hadith est délaissé (matrouk), al Nasa-i a dit : « Malik rapporta d’aucun faible si ce n’est de ibn abi el Moukharaq, il est détestable dans le hadith (mounkar) ».

Ibn Hajar al 'Asqalânî a dit dans « tahdib el tahdib » édition Dar al Ma’rifa -Beyrouth- page 516 tome 1 : « il est faible il n’est pas crédible ».


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Le hadith rapporté par el Boukhari , et el Qa’nabi d’après Malik d’après Ibn Hazim d’après Sahl ibn Sa’d celui-ci a dit : « il fut ordonné aux gens que l’homme doit poser sa main droite sur sa main gauche dans la prière. » A Boukhari a dit que ce hadith contient dans sa chaine un maillon inconnu il est donc coupé et non pas discontinu, ceci est également rapporté par ibn AbdelBarr.


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Le hadith rapporté par al Bayhaqi d’après ibn Abi Chayba d’après AbdalRahman ibn Ishaq el Wasity d’après ‘Ali celui-ci a dit : « Fait partie de la sunna de la prière de poser sa main droite sur sa main gauche sous le nombril. » An-Nawawi a dit dans l’explication du sahih Mouslim : « AbdRahman el Wasity est faible d’après la majorité des savants du hadith » voir « ibram el naqd » par 13.

Mahmoud el ‘Ayni a dit : « Sa chaine jusqu’au Prophète n’est pas authentique » voir « qawl el fasl » du cheikh Muhammad ‘Abid el Maki page 7.

AbdRahman el Wasity rapporta de Ziyad el Siwa-i, qui est inconnu voir « el taqrib » tome 1 page 267.

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Parmi les hadiths celui rapporté par Abou Daoud d’après el Hajaj ibn Abi Zaynab, celui-ci a dit : « j’ai entendu abou Othman qui parlait de AbdAllah ibn Mas’oud qui a dit « le Prophète m’a vu la main gauche sur la main droite, il saisit ma main droite et la posa sur la main gauche. »

Al Chawkani bien qu’il fasse partie de ceux qui défendent l’empoignement (qabd) qualifie ce hadith de faible, car dans sa chaine se trouve el Hajaj ibn abi Zaynab qui n’a pas de suiveur dans la chaine, ibn el Madani le compte parmi les faibles, el Nasa-i a dit de lui qu’il n’est pas fort, ibn Hajar al Asqalani a dit dans « tahdib el tahdib » tome 1 page 153 qu’il commet des erreurs. Dans sa chaine se trouve aussi AbdRahman ibn Ishaq el Koufi, Annawawi rapporte qu’il est unanimement reconnu faible, voir « el qawl el fasl » de ibn ‘Abid page 8.


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Parmi ces hadiths : « nous autres envoyés il nous a été ordonné de précipiter la rupture du jeûne, et de retarder le début du jeûne, et de poser nos mains droites sur nos mains gauches dans la prière », il est rapporté dans le livre « ibram el naqd » que selon el Bayhaqi que Abdelhamid connu sous le nom Talha ibn Omrou l’a rapporté d’après ‘Ata et ibn ‘Abass.

Ibn Hajar a dit dans « tahdib el tahdib » tome 1 page 339, que l’on ne doit pas rapporter de lui, Yahya ibn Ma’in et el Boukhari ont dit de lui qu’il n’est rien, voir « ibram el naqd » page 14.


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Parmi les preuves de l’empoignement ce qui fut rapporté par al Bayhaqi à propos des paroles d’Allah accompli la salat pour ton Seigneur et sacrifie (Sourate al Kawthar - Verset 2).

D’après Rouh ibn Mousayib, d’après Omar ibn Malik el Nakri, d’après Abi al Jouza, d’après ibn ‘Abass celui-ci a dit : « poser sa main droite sur sa main gauche lors de la prière. » Concernant Rouh, ibn Haban a dit sur lui qu’il rapporte des inventions et qu’il n’est pas autorisé de rapporter de lui, concernant le second rapporteur Omrou ibn Malik, ibn Hajar al Asqalani a dit à son sujet dans le tome 1 page 77 de « tahdib el tahdib » qu’il a des illusions, il est rapporté dans « ibram el naqd » d’après ‘Ouday qu’il est un mauvais rapporteur et qu’il ment sur les hadiths, Abou Ya’la el Moussily le compte parmi les faibles, ce hadith est au donc au summum de la faiblesse voir « ibram el naqd » page 15.



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Parmi les preuves également ce qui fut rapporté d’après Zahir ibn Harb, d’après ‘Affan ibn Himam, d’après Muhammad ibn Jahada, d’après AbdelJabar ibn Wa-il, d’après ‘Ilqima ibn Wa-il, d’après son père Wa-il : « celui-ci a vu le Prophète lever ses mains quand il entra en prière au niveau de ses oreilles, puis il s’enveloppa dans son habit, puis il posa sa main droite sur sa main gauche. »

L’auteur de « ibram el naqd » rapporte que se hadith à trois types de faiblesse :

1) ‘Ilqima ibn Wa-il le rapporteur du hadith d’après son père n’avait pas atteint l’âge pour rapporter de son père, ibn Hajartahdib el tahdib » tome 2 page 35 : « ‘Ilqima ibn Wa-il n’a rien entendu de son père ». dit dans «

2) Dans la version de Abou Daoud, la chaine de transmission du hadith est très troublée, voir « ibram el naqd » page 6.

3) Le hadith détient aussi un autre problème au niveau du texte, Abou Daoud rapporta deux versions, dans la seconde il ne cita pas l’empoignement, puis il rapporta de lui par la voie de Kalib avec les mots suscités, il le compléta par un ajout : « puis je revins après cela, lors d’une période de grand froid j’ai vu les mains des gens bouger sous leurs habits. »

Ibn Mayaba a dit : « ce rajout même démontre que la fin du hadith abroge le début, car les mains empoignées ne bougent pas et si elles bougent ceci n’est pas appelé dans la langue arabe « mouvement » » ‘Assim ibn Kalib le rapporteur de ce rajout était « mourji », et ibn el Madini dit à son sujet qu’il n’est pas crédible lorsqu’il rapporte seul, voir « qawl et fasl » du cheikh Muhammad ‘Abid el Mekki page 4.


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Parmi les preuves utilisées pour justifier l’empoignement ce que rapporta al Bayhaqi, d’après Yahya ibn Abi Talib, d’après ibn Zoubayr qui a dit : « ‘Ata m’a ordonné de questionner Saïd ibn Jabir ou doivent être positionnées les mains lors de la prière, il dit : au dessus du nombril. »

Al Bayhaqi a dit : « ceci est la plus juste preuve rapporté sur ce point là. »

Ibn Mayaba a dit : « ceci est étonnant, car Moussa ibn Harun témoigne au sujet de Yahya ibn abi Talib le rapporteur de ces propos, qu’il est menteur, il est rapporté que Abou Daoud effaça tout ce qu’il a pu rapporter de lui ». Voir « qawl el fasl » d’el Makki page 7.


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Parmi les hadiths de l’empoignement aussi ce que rapporte al Bayhaqi d’après Chouja’ ibn Makhloud, d’après Hachim d’après Muhammad ibn Ibane, d’après Aïcha qui a dit : « Trois traditions font partie de la prophétie : rompre rapidement le jeûne, retarder le petit déjeuner, et poser sa main droite sur sa main gauche. » Concernant Muhammad ibn Ibane, l’imam el Dahabi rapporte dans « el mizane » d’après el Boukhari que celui-ci n’a jamais entendu de Aïcha, il est également compté par ibn Hajar dans « tahdib el tahdib » (tome 1 page 347) parmi les faibles, de cette façon la faiblesse de ce hadith et ainsi prouvée.



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Parmi les preuves de l’empoignement ce qui fut rapporté par el Daraqoutni par la voie de AbdalRahman ibn Ishaq d’après el Hajaj ibn abi Zaynab d’après Sofyan d’après Jabar celui-ci a dit : « Le Prophète passa près d’un homme en prière qui avait posé sa main gauche sur sa main droite, il saisi sa main droite et la déposa sur sa main gauche. »

Dans sa chaine de transmission se trouve AbdalRahman ibn Ishaq nous avons parlé de sa faiblesse en ce qui concerne le quatrième hadith.
An-Nawawi a rapporté dans l’explication du sahih Mouslim sa faiblesse unanimement reconnue par les savants du hadith.

Dans sa chaine se trouve également el Hajaj ibn abi Zaynab sa faiblesse aussi fut rapportée en ce qui concerne le quatrième hadith, el Madini a dit qu’il était faible, el Nasa-i a dit qu’il n’était pas fort, ibn Hajar a rapporté dans « tahdib el tahdib » (tome 1 page 159) qu’il commettait des erreurs.

Sa chaine contient également Abou Sofyan qui n’est autre que Talha ibn Nafa’ el wasity, el Madini rapporte que les savants du hadith le reconnaissent comme étant faible, voir « ibram el naqd » page 14 ainsi que « taqrib el tahdib » tome 1 page 339.


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Parmi ces hadiths également le hadith de Halab el Ta-i rapporté par el Daroqotni, d’après Samak ibn Harb d’après Qoubissa ibn Halab d’après son père : « le Prophète dirigeait la prière et il posait sa main droite sur sa main gauche. » Ahmad ibn Hanbal a dit au sujet de Samak ibn Harb présent dans la chaine, que ce dernier mélange les hadiths, Chou’ba et Sofyane l’ont considéré comme faible, el Nasa-i a dit de lui que si il rapporte individuellement il n’est pas une preuve et cheikh el ‘Abid précise qu’il a rapporté se hadith individuellement.

La chaine contient aussi Qoubayssa ibn Halab, il est rapporté dans « el tahdib » qu’il est inconnu, avec tout cela el Tirmidi a dit que ce hadith est interrompu, voir « el qawl el fasl » page 6.


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Nous avons terminé ce que nous voulions démontrer en ce qui concerne la faiblesse des hadiths sur l’empoignement, il ne reste plus rien sur quoi s’appuyer pour prouver la légitimé de l’empoignement, notre objectif est de montrer aux étudiants, de s’étendre dans la science du hadith afin d’approfondir leur connaissance en utilisant aussi les paroles des savants du hadith, avant de s’appuyer uniquement sur le hadith et d’en extraire une réglementation souvent tronquée.








Conclusion


Après avoir démontré que le « sadl » fait partie de la tradition prophétique, et qu’il est largement pratiqué au sein de l’école malikite, et reconnu par l’ensemble des savants des autres écoles, et qu’aucun d’entre eux ne rapporte son caractère déconseillé, car il est soit autorisé ou conseillé au contraire de l’empoignement dont un avis précise son caractère détestable et un autre qui l’interdit, tout en considérant celui qui l’autorise et le conseille.

Le hadith suivant unanimement reconnu pour son authenticité : « le licite est connu et l’illicite et connu et entre eux se trouvent des choses douteuses… »

Dénote que l’empoignement fait partie de ces choses douteuse dont nous sommes appelé à abandonner afin de préserver notre honneur et notre religion car il est touché par la suspicion de l’interdiction et du conseillé
[*]


Le grand savant al Sannoussy a très bien décrit cela dans son livre « Chifa as Sadr ». Et si nous ajoutons à cela le fait que l’imam Ach-Chafi’i a dit que l’objectif visé par l’empoignement est d’éviter de se distraire avec ses mains, donc le prieur qui ne se distrait pas avec ses mains en les laissant le long du corps n’est pas concerné par l’empoignement (qabd). Donc ceci démontre qu’il ne le considère pas faisant partie de la sunna pour celui qui maintient ses mains le long de son corps sans se distraire avec.

Nous rapportons aussi que Ibn Rajab al Hanbalî a rapporté dans son explication du Sahih al Boukhari que ibn Moubarak a rapporté dans son livre « el Zouhd », que l’empoignement fut cité auprès de lui il dit : « Quelle plus belle façon de s’humilier devant le Puissant. »

Il fut rapporté la même chose de Ahmed ibn Hanbal , cela démontre que Ahmed ne le pratiquait pas tel que Ach-Chafi’i , il le considère comme un signe de dévotion et de concentration pour celui qui le pratique, et la concentration provoquée par une action est une des raisons de son interdiction dans l’école Malikite, pour cela il suffit de consulter la conclusion du livre « el Qawl el Fasl » du cheikh Muhammad ‘Abid el Makki.

Nous avons terminé avec ce que nous avons voulu rassembler comme preuve démontrant la prédominance du « sadl » dans la sunna, louange à Allah que la paix et les prières d’Allah soient sur son messager, sur sa famille, et ses compagnons. L’auteur le serviteur de son Seigneur prisonnier de ses péchés Muhammad el Mahfoud ibn Muhammad el Amine el Tanwajiyou el Chanqity qu’Allah lui pardonne ainsi qu’à ses parents et à l’ensemble des musulmans.


_________________________



[*]
A titre d'information, ce jugement est celui du Chaykh représentant la majorité de l'école Mâlikite, car il y a divergence et d'autres savants d'autres écoles et même chez les Mâlikite, sont d'avis que le Qabd (empoignement) est une Sunna aussi.
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La Pratique des Gens de Médine
concernant le Sadl





Parmi les preuves du Sadl également pour l'école Mâlikite, c'est la Pratique des gens de Médine, dont vous pouvez lire l'explication détaillée en cliquant ici.

L'Imâm Abou Hanifa étant de la région de l'actuelle Iran / Irâq

L'Imâm Ach-Châfi'î ayant été plutôt vers l'Egypte, le Yémen et l'Irâq mais ayant étudié aussi auprès de l'Imâm Mâlik

L'Imâm Ahmed ibn Hanbal ayant été du coté de Baghdâd


L'Imâm Mâlik a été l'Imâm de Médine, on trouve donc dans les fondements de son école une source de plus qui ne figure pas chez les 3 autres fondateurs précités puisque Médine est la ville de la Hijra (émigration) et la ville où à vécu le Prophète jusqu'à sa mort, donc la ville ou se trouve la majeure partie des compagnons et des compagnons des compagnons.

Donc dans l'école de l'Imâm Mâlik nous trouvons comme argument "La Pratique des Gens de Médine" qui consiste en prendre en compte dans les verdicts de jurisprudence, les actes unanimes des grands savants et compagnons vivant à Médine à son époque.

Donc si l'Imâm Mâlik rapporte un hadith Sahîh et compagnons et savants de sa ville d"un coté, et d'un autre il privilégie une autre pratique, c'est qu'il y a une bonne raison de le faire.

En l’occurrence ici, c'est le fait qu'à son époque, à Médine, aucun savant parmi les compagnons restants et les compagnons des compagnons ne pratiquaient le Qabd, ils priaient tous en Sadl.

La sunnah se divise en 3 branche :

- As-sunna al-Qawliyya (la Sunnag orale)
- As-sunna al-Fi'liyya (la Sunnah par les actes)
- As-sunna at-Taqririyha (la Sunnah par approbation)

Et sur cette question comme pas mal d'autres dans son fiqh, l'Imâm Mâlik a privilégié la Sunnah Fi'liyya (des actes) sur la Sunnah Qawliyya (orale) rapportée pourtant de façon authentique mais singulière (ahad).

Chez l'Imam Malik , si le hadith est ahad (c'est-à-dire rapporté par un ou deux compagnons seulement), il passe après
la pratique unanime des savants de Médine (c'est cela "La Pratique des Gens de Médine" appellée en arabe أعمال أهل المدينة.

Le hadith du "qabd" l'imam Malik l'a bien rapporté des savants de Médine en disant qu'il est Sahih... Ce qui prouve qu'il connait également cette pratique, contrairement à ceux qui essayent de faire croire le contraire, qu'il était ignorant de cela.

Donc il n'est pas étonnant de voir l'Imâm Mâlik rapporter des actes / hadith dans son célèbre ouvrage Al Muwatta puis de commenter en disant : "Je ne connais pas cela".

Ça ne veut pas dire qu'il l'ignore puisqu'il le rapporte, comment peut-il l'ignorer en plus avec son niveau de science ? Mais ça signifie comme l'ont expliqué ses élèves Ashab , Ibn Wahb et Ibn al-Qasim : "Je ne le considère pas comme faisant partie de la sunna car pour moi il y a un autre argument plus fort que lui".

On trouve également dans son Muwatta en commentaire de hadiths / récits la phrase : "C'est comme ça que les savants font ici a Médine"

Et qui mieux que les savants de Médine pouvaient savoir ce que Rassul Allah a fait dans les deniers moments de sa vie puisqu'ils l'ont cottoyé lui et ses compagnons ?

Donc aux personnes désireuses de "suivre les Salafs" la pratique du Sadl est autant basée sur les actes et la compréhension des "Pieux Prédécesseurs" que la pratique du Qabd adoptée généralement par les autres écoles.

Et tout Musulman se doit de respecter les divergences établies par les savants sunnites reconnus et ayant fait l'unanimité dans la communauté !







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Al Hâfiz Ibn 'Abd Il Barr sur le Sadl dans la prière
(Rapporté par Al Hâjj Mâlik Sih)

sunnisme.over-blog.fr


Les ignorants de notre temps aiment à dénigrer la position du Sadl [1] dans la prière et même à la qualifier d'étrangère à la prière. Mais voici ce qu'à rapporté l'Imâm Al Hâjj Mâlik Sih (rahimahu Llâh) du Hâfiz Ibn 'Abd Il Barr (rahimahu Llâh) sur le Sadl dans la prière selon l'école malikite et sur les quelques Sunan de la prière :


« Ibn Sûdah (qu'Allâh L'Exalté les agrée) a dit dans sa Hâshiyah 'Alâ Al Bukhârî au chapitre sur la pose de la main droite sur la main gauche dans la prière : « Ibn 'Abd Il Barr a dit : « Aucune divergence n'en a été rapporté du Prophète (salla Llâhu 'alayhi wa sallam) même. C'est ce que soutiennent la plupart des Sahâbâ et des Tâbi'în. Mâlik l'a évoqué dans Al Muwattâ°. Ibn Al Mundhir et d'autres n'ont pas rapporté autre chose de Mâlik. Ibn Al Qâsim a quant à lui rapporté la position du Sadl de la part de Mâlik. C'est cette pratique qui fut adoptée par ses disciples et d'autres. Cette pratique est également la voie tracée par la Mudawwanah [2]. ». ». » [3]


Et Al Hâfiz Ibn 'Abd Il Barr (rahimahu Llâh) a dit également dans son livre Al Kâfî, au chapitre intitulé « La position à adopter pour une prière parfaite » : « Une prière correctement accomplie consiste, après avoir exécuté parfaitement ses ablutions, à se tenir debout face à la Qiblah, à prononcer le takbîr tout en formulant l'intention en levant en même temps les bras jusqu'à la hauteur des épaules, et à mettre ensuite la main droite sur la gauche ou en les laissant baissés. Tout cela constitue la Sunnah dans la prière. »

On voit donc bien que pour le Hâfiz Ibn 'Abd Il Barr, le Sadl à toute sa place pour une prière parfaitement accomplie et constitue même une Sunnah.

Serait-il lui aussi un égaré ignorant comme nous autres malikites adoptant la position du Sadl dans la prière ?


Comme le dit Allâh (ta 'âlâ) :



Et dis : « La vérité est venue et l'erreur a disparu, car l'erreur est destinée à disparaître ! [4]



_________________________

Notes :

[1] Il s'agit du fait de laisser ses bras le long du corps. C'est la position adoptée très majoritairement par les Mâlikites ainsi que par les Imâms 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr, Al Hasan Al Basrî, Al Layth Ibn Sa'd, Ibrâhîm An Nakhâ°î, Abû 'Amr Al Awzâ'î et Ibn Sirîn (rahimahumu Llâh).

[2] Al Mudawwanah est l'ouvrage de l'Imâm Sahnûn Ibn Sa'îd recueillant le fiqh de l'Imâm Ibn Al Qâsim, disciple le plus proche de l'Imâm Mâlik (radiya Llâhu 'anhumâ).

[3] Cité par l'Imâm Al Hâjj Mâlik Sih dans son ouvrage intitulé Kifâyat Ur Râghibîn.

[4] Sourate 17 - Verset 81.
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Texte de Cheikh Hajj Makki Abdallah Al Maliki sur le Sadl
toutsurlesadl.wordpress.com



Question-Réponse 29 :

Pourriez-vous me renseigner au sujet de la posture des bras croisées (qabdh) ou allongées (Sadl) au cours de la prière ? Est-ce vrai que la posture allongée n’a aucun fondement dans la Sunna ?



Réponse :

Le savant et Cheikh Hajj Makki Abdallah Tidjani a dit : « Certains étudiants en science d’obédience Wahhabites disent et prétendent que les Malikites allongent les bras le long du corps pendant la prière sans avoir aucune preuve, alors que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) croisait les bras pendant la prière et il y a des hadiths authentiques qui confirment le Qabdh. Les compagnons (qu’Allah les agrée) et les suivants croisaient eux aussi les bras pendant la prière et nulle part il n’est mentionné qu’ils allongeaient les bras pendant la prière, jusqu’à l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) qui est à l’origine de cette école. Il croisait lui aussi les bras pendant la prière jusqu’au jour où il fut frappé et alors il n’arrivait plus à les croiser, il allongeait donc les bras et c’est à cause de cela que ses compagnons, par la suite, l’ont suivi et ont allongé les bras déclarants comme détestable (Makrouh) dans leurs écoles le fait de croiser les bras sans aucune preuve pour cela ».


Nous répondons :

Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) dit :





Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier d’Allah, ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges
(Sourate 06 Les bestiaux, verset 116).

Nous disons que leur propos n’est qu’inventions de leur part, un mensonge et une injustice contre le maître des Imams, l’Imam Malok (qu’Allah l’agrée).
[…] si c’est en raison du fait qu’ils n’ont pas consulté les preuves argumentant en faveur de l’allongement des bras, ils doivent alors se référer aux livres de la Sunna et leurs commentaires et ceux des juristes qui suivent l’école des Imams.

Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) dit :





[…] ils ont traité de mensonge ce qu’ils ne peuvent embrasser de leur savoir et dont l’interprétation ne leur est pas encore parvenue…

(Sourate 10 Jonas, verset 39).
Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) dit :





Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance […]
(Sourate 17 Le voyage nocturne, verset 36).
Nous voulons demander à ceux qui lancent cette critique et nous espérons une réponse :

Premièrement : Que pensez-vous de l’allongement des bras de ce noble compagnon Abdallah ibn Zoubeïr (qu’Allah l’agrée), un des quatre célèbres Abdallah qui pouvaient donner des décrets juridiques (Fatwa) au temps des compagnons (qu’Allah les agrée). À la même époque, on disait : « C’est la parole de l’un des Abdallah » et cela désignait Abdallah ibn Zoubeïr, Abdallah ibn ‘Abbas, Abdallah ibn Omar et Abdallah ibn ‘Amr ibn El ‘As (qu’Allah les agrée). Et Abdallah ibn ‘Abbas a attesté que la prière d’Ibn Zoubeïr (qu’Allah les agrée) est exactement la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Il est dit dans Ibram Naqadh : « Il est établi auprès des savants qu’Ibn Zoubeïr (qu’Allah l’agrée) allongeait les bras pendant la prière -sadl- et il faut savoir que par l’attestation d’Ibn ‘Abbas sur lui, sa prière est exactement la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), donc le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) allongeait les bras pendant la prière et cela prouve que le fait de croiser les bras a été abrogé.


Deuxièmement : Que pensez-vous de l’allongement des bras de Hassan Basri, Nakha’i et Ibn Sirrin (qu’Allah les agrée) ?

Layth ibn Sa’d a dit : « Il faut allonger les bras (sadl) et si la prière se prolonge trop pour lui alors il met sa main droite sur sa main gauche (qabd) afin de se reposer ».

El Aouza’i a dit : « C’est la raison du choix qui existe entre tenir les bras ou les allonger ».


Troisièmement : Que pensez-vous de l’allongement des bras de Sa’id ibn el Moussayeb (qu’Allah l’agrée) durant la prière, alors qu’il est considéré par les gens de Médine comme le meilleur parmi les suivants (Tabi’ine).

Il était l’un des sept juristes et les savants sont unanimes sur son honneur, sa loyauté et sa prééminence par rapport aux gens de son époque dans la science, dans les mérites et les divers aspects du bien. Il était à la tête des gens de Médine de son siècle, prioritaire dans les Fatwas et il fut nommé le maître des juristes faisant partie des suivants dont Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) a dit : Les tout premiers parmi les Émigrés et les Auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans l’excellence (Sourate 09 Le repentir, verset 100).

Et la Sunna témoigne en leur faveur en disant : « Les meilleurs siècles sont le mien ensuite celui qui le suit […] » (Unanimement reconnu authentique) et la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) où il dit : « Bienheureux ceux qui m’ont vu et ont cru en moi et bienheureux ceux qui ont vu ceux qui m’ont vu » (rapporté par Ahmed et autres).

Nous disons donc : est-ce que l’allongement des bras de ces savants Imams parmi les suivants et avec avant eux le compagnon Abdallah ibn Zoubeïr (qu’Allah l’agrée) est en raison de leur ignorance de la Sunna ou suivaient-ils alors leurs passions ou encore étaient-ils tous atteints de paralysie comme cela a été inventé au sujet de l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) ou bien existe-t-il un autre prétexte ?
Faites-nous donc profiter et donnez-nous vos arguments si vous êtes véridiques.


Il faut savoir que l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) a connu 300 personnes de la génération des Suivants (Tabi’ine) à Médine avec parmi eux les juristes. Il a pris d’eux en donnant la prééminence à leurs œuvres face aux hadiths authentiques du fait qu’il est certifié, comme rapporté dans le Mouwatta et le Sahih Boukhari, que les compagnons (qu’Allah les agrée) ont pris les derniers actes accomplis par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et c’est ce qui était validé et pratiqué par les juristes de Médine. Cela est une Sunna héritée de l’action du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) « Sunna ‘Amaliya » et c’est plus fort qu’une Sunna héritée par la parole « Sunna Qaouliya ».


Il est certifié par les savants que l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) a rapporté des hadiths dans le Mouwatta alors qu’il ne les prenait pas en compte et cela parce que ce qui était validé et pratiqué par les juristes de Médine allait à leur encontre. Or eux-mêmes n’ont fait que suivre les compagnons du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui étaient justement les plus informés sur ce que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a laissé.


Cheikh Mohamed Habiboullah a relaté dans Ida-at El Halik : « […] et comme le dit Ibn Hazm dans le livre Maratib Dayana : « L’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) a délaissé la pratique de soixante-dix hadiths qu’il rapporte pourtant dans son Mouawatta ».


Sidi Mohamed El Hafidh a dit dans la revue Tariq El Haqq : « Dans le commentaire du collecteur de l'Imâm an-Nawawi , après avoir mentionné l’école Chafi’i et le mérite qu’elle accorde au fait d’empoigner les bras, il a dit : « Il est rapporté par Ibn Moundher que Abdallah ibn Zoubeïr, Hassan Basri et Nakha’i (qu’Allah les agrée) allongeaient leur bras au cours de la prière et ne posaient pas la main l’une sur l’autre. Le Qadi Abou Taïeb a rapporté la même chose concernant Ibn Sirin. Et Layth ibn Sa’d a dit : « Il faut allonger les bras (sadl) et si la prière se prolonge trop pour lui alors il met sa main droite sur sa main gauche (qabd) afin de se reposer ».


Al Khatib a rapporté dans Tarikh Baghdad selon l’Imam Ahmed qu’il a dit : « Abdrazzaq m’a informé que les gens de la Mecque disent qu’Ibn Joureyj a recueilli la manière de prier de ‘Ata, et ‘Ata l’a recueilli de Abdallah ibn Zoubeïr (qu’Allah l’agrée) et Ibn Zoubeïr l’a recueilli de Abou Bakr Siddiq (qu’Allah l’agrée) et Abou Bakr l’a recueilli du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). »


Al Hafidh Mohamed ibn Souleïman Raoudani rapporte dans Fawaid Zawaid qui rassemble les hadiths rapportés dans le Mouawatta, dans les deux Sahih et les Sunan, dans le Mousnad de l’Imam Ahmed, Darami, Abou Ya’la, El Moussouli, El Bazzar et le Mou’jam de Tabarani… qu’une personne a interrogé Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée), il lui dit : « J’ai vu Ibn Zoubeïr faire une prière que je n’ai vu personne avant lui faire ». Il lui répondit : « Si tu veux voir la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) alors conforme-toi à la prière d’Ibn Zoubeïr ».


L’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) a bien rapporté le hadith sur le Qabd dans son Mouwatta mais il ne le prenait pas en compte et ce, du fait que la majorité des agissements accomplis par les juristes de Médine sont les derniers agissements du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) puisqu’il est certifié que ses compagnons (qu’Allah les agrée) agissaient en conséquence des derniers actes accomplis par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Or c’est ce fondement qui est pris en compte dans les agissements des juristes de Médine. Cela est donc une Sunna héritée par les actes que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a laissés à ses compagnons (qu’Allah les agrée) et c’est plus solide qu’une Sunna héritée par la parole.


Les savants sont unanimes pour dire que l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) a rapporté des hadiths dans son Mouwatta qu’il ne prenait pas en considération compte tenu du fait que les agissements des juristes de Médine les contredisaient. Or ils n’ont fait que reproduire ce qu’ont fait les compagnons (qu’Allah les agrée) et ils étaient les mieux informés de ce que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a laissé à ses compagnons.

De plus, leur époque n’était point éloignée par une longue période de celle des compagnons (qu’Allah les agrée), car il n’y avait entre l’Imam Malek (qu’Allah l’agrée) et les compagnons qu’un seul intermédiaire qui est Nafi’ qui lui a connu Ibn ‘Omar (qu’Allah l’agrée) et de lui au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).


Cheikh Mohamed El Hafidh a dit : « Concernant la levée des mains lorsqu’on relève sa tête, la proclamation à haute voix du « AMIN » ainsi que le croisement des bras pendant la prière, c’est ce qui est fait dans l’école Chafi’ite et il est permis au Malikite d’imiter les Chafi’ite en cela, car il est rapporté à ce sujet des hadiths authentiques. Or l’école Chafi’ite prend comme règle la conformité aux hadiths authentiques.


Concernant l’école Malikite, parmi ses fondements, il y a la conformité aux œuvres accomplies par les juristes de Médine, car ils étaient ceux qui étaient les mieux informés au sujet des dernières œuvres héritées du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par les compagnons (qu’Allah les agrée).


Il est certes authentifié par Boukhari dans son Sahih et rapporté par Malik dans son Mouwatta que les compagnons (qu’Allah les agrée) prenaient en compte les dernières œuvres accomplies par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Or les œuvres des juristes de Médine sont ce qui était présumé être les dernières œuvres accomplies par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et chez l’Imam Malik la Sunna héritée par les œuvres est plus forte que celle héritée par la parole.


Il n’y avait entre l’Imam Malik et les compagnons (qu’Allah les agrée) qu’un seul intermédiaire et ce sont les savants parmi les suivants qui ont été témoins des œuvres des compagnons (qu’Allah les agrée) et qui l’ont transmis à ceux qui les précédaient et parmi ceux-là se trouvaient l’Imam Malik ibn Anas.


Dans le Majmou’ Charh al Mouhadhab de l’Imam Nawawi après qu’il ait évoqué dans l’école des savants que le croisement des mains est une Sunna dans l’école Chafi’ite, que Ibn Moundher a évoqué que Abdallah ibn Zoubeïr, Hassan Basri et Nakha’i (qu’Allah les agrée) allongeaient leur bras le long du corps et ils ne posaient point la main droite sur la gauche (posture du Qabd) et qu’il est rapporté par le Qadi Abou Tayyeb la même chose à propos d’Ibn Sirrin, il a dit aussi que l’imam Layth ibn Sa’d allongeait ses bras (sadl) et lorsqu’il était fatigué il croisait ses bras (qabd) pour se reposer. L’allongement des bras est ce qui est le plus connu et c’est à quoi se sont conformés les gens du Maghreb parmi les plus célèbres.


Dans l’école Malikite le croisement s’effectue dans les prières surérogatoires comme il est prouvé par le hadith de Wa-il ibn Hajr : « […] vous montrerais-je comment j’ai vu que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) priait ? » et dans le hadith il posa sa main droite sur la main gauche et il est clair à travers ce hadith que ce n’était pas au cours d’une prière obligatoire, sinon ils seraient rentré dans la prière avec lui.


C’est pour cela que l’imam Malik (qu’Allah l’agrée) a dit dans le Moudawwana : « Je ne connais pas cela concernant la prière obligatoire » et il n’est pas sensé que l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) ait pu voir ses maîtres prier en croisant leurs bras, posant la main droite sur la gauche au cours de la prière obligatoire et qu’il aurait pourtant dit qu’il ne connaît pas cet agissement chez ses maîtres. Il ne fait pas de doute que s’ils avaient croisé leurs bras, il les aurait certainement suivis.


Cette affaire fait l’unanimité chez les savants des écoles parmi les suivants, que chacun est dans la guidée et que concernant les règles secondaires (Fourou’) la forte présomption constitue un argument.


Dans le Mousannaf d’Ibn Abi Chaïba, il a rapporté d’Abou Bakr qui a dit qu’il a rapporté de Haschim selon Younus selon Hassan et Moughira selon Ibrahim que tous deux allongeaient leur bras au cours de la prière (sadl)


Il est rapporté de ‘Afan qui a dit qu’il est rapporté de Yazid ibn Ibrahim, il a dit : « J’ai entendu ‘Omar ibn Dinar dire : « Ibn Zoubeïr lorsqu’il priait il allongeait les bras. » Leurs chaînes de transmission proviennent toutes d’hommes sûrs.


Il est rapporté par Yahiya ibn Sa’id ibn Abdallah ibn ‘Izar qui a dit : « Je faisais le Tawwaf en compagnie de Sa’id ibn Joubeyr lorsqu’il a vu une personne priant avec une main posée sur l’autre, il alla vers lui et sépara ses mains. » »

Fin de citation de Cheikh Hajj Makki Abdallah Tidjani.




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Explications du Docteur en hadith Abderrahmane Taleb
Membre du haut conseil islamique d’Algérie

Extrait de son épître intitulé : « le Qabd et le Sadl sont tout deux des caractères traditionnels de la prière »




Première question : « Est-il rapporté des hadiths sur le fait de poser la main droite sur la gauche durant la prière ? »

Réponse : « Oui, Sidi Mohamed El Mekki ibn ‘Azzouz Tounsi à dit dans son épître : « Il y a environ 20 hadiths à ce sujet (Qabdh) qui proviennent d’environ 18 compagnons (qu’Allah les agrée), la plupart sont valides (Sahih) et bon (Hassan) et ceux qui n’atteignent pas ce degré sont élevés par le soutien de leur conformité ».

Mais en fait Cheikh Mohamed ‘Abid ibn Cheikh Housseïni, le Mufti malékite de La Mecque a répliqué par son écrit intitulé « La parole tranchante sur la consolidation de la tradition de l’allongement des bras » dans lequel tous les arguments et les références ont été méticuleusement décortiqués, et en conclusion concernant le caractère valide de la plupart des hadiths sur le fait d’empoigner les bras (Qabdh), il dit :

« En réalité le Qabdh n’a pas été rapporté selon des voies valides, il n’y a pas ce qu’il prétend, la seule voie valide est celle de Sahl ibn Sa’d (qu’Allah l’agrée) qui est rapporté dans le Mouawatta (de l’Imam Malik), ainsi que Boukhari et Mouslim et l’énoncé du hadith avec sa chaîne est la suivante : Il est rapporté par Abdallah ibn Maslama selon Malik selon Abou Hazm selon Sahl ibn Sa’d (qu’Allah les agrée) qui a dit : « Les gens ordonnaient que la personne pose la main droite sur le poignet gauche pendant la prière ». Ibn Hazm a dit : « Je ne sais pas s’ils rattachent cela au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ».

Le Mufti Malikite a dit : « En résumé les hadiths traitant du Qabdh ne sont donc ni en majorité valides, ni même de la catégorie des bons (Hassan) ni ne sont exempts de faiblesse, mais ils varient entre les hadiths fixés à un compagnon (Maouqouf), entre l’instable (Moudtarib) et le faible (Da’if) comme vous avez pu le constater ».

_____________________________________

Deuxième question : L’aspect traditionnel du Qabdh est établi par des hadiths divergeant quant à leur degré, mais existe-t-il des hadiths qui montrent l’aspect traditionnel (Sunna) de l’allongement des bras (Sadl) ?

Réponse : « Oui, il y a des hadiths valides qui ne sont pas touchés par le caractère instable et faible que l’on retrouve dans les voies de transmission des hadiths sur le Qabdh. Le premier hadith est celui sur la personne qui a mal fait sa prière : Ibn Battal a dit dans son commentaire de Boukhari :

« L’argument de ceux qui réprouvent (Makrouh) le Qabdh est que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a enseigné la prière à quelqu’un qui l’avait mal faîte et il n’a pas mentionné la posture du Qabdh, le hadith est le suivant :

« El Hakem a rapporté dans El Moustadrak selon une chaîne valide selon le compagnon Rabi’a ibn Rafi’ (qu’Allah l’agrée) qui était assis auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lorsqu’un homme entra dans la mosquée et pria. Quand il a fini sa prière, il vint saluer le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et le groupe.

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui a dit : « Ainsi qu’à toi. Retourne, va prier, car tu n’as pas prié ». Il dit : « Il retourna donc et nous regardions sa prière sans savoir ce qui l’avait rendue défectueuse. Lorsqu’il a fini sa prière, il vint, salua le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et le groupe et alors le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui a dit : « Retourne, car tu n’as pas prié » et il a évoqué cela deux ou trois fois. L’homme lui demanda : « Je ne sais pas ce qui a rendu ma prière défectueuse ».

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit alors :

« L’un d’entre vous ne peut parfaire sa prière tant qu’il n’a pas accompli les ablutions tel que l’a ordonné Allah. Il lave son visage et ses mains jusqu’aux coudes, il essuie sa tête avec ses mains et ses pieds jusqu’aux chevilles.

Ensuite il prononce la formule de Takbir (dire : >Allahou Akbar) louange Allah et le glorifie et il récite du Qoran ce qu’Allah lui permet, ensuite il prononce le Takbir et s’incline en posant la paume de ses mains sur ses genoux jusqu’à ce qu’il immobilise tranquillement ses membres et se maintienne droit.

Ensuite il se relève en disant : « Dieu entend celui qui le loue » et il reste debout ainsi jusqu’à ce que ses articulations retrouvent leurs places. Ensuite il reste bien droit et il prononce le Takbir en se prosternant. Il laisse son front en prosternation jusqu’à immobiliser tranquillement chacun de ses membres en restant droit.

Ensuite il prononce le Takbir et relève sa tête prenant une position assise jusqu’à ce que ses membres s’immobilisent tranquillement et reste droit ». Il décrivit ainsi de suite la prière jusqu’à la finir ensuite il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « La prière d’une personne ne peut être complète que s’il l’accomplit ainsi ». El Hakem a dit que ce hadith est valide (Sahih) selon les critères de Boukhari et Mouslim en définissant sa voie de transmission.

C’est pour cela, et Allah est le plus savant, que l’Imam Ibn Qassar a argumenté au sujet du Sadl suivi par Ibn Battal, car le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a enseigné à celui qui a mal fat sa prière sans lui évoquer la posture du Qabdh alors que par là même il lui mentionna les actes traditionnels et méritoires. Comment se pourrait-il que le Qabdh soit un aspect traditionnel (Sunna) si le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne le lui enseigne point alors qu’il lui inculque pourtant les actes traditionnels de la prière.

Remarque : Il existe deux versions de ce hadith et deux aspects : La première est celle que nous venons de voir et la seconde selon la version d’Abou Houreyra (qu’Allah l’agrée) ne mentionne que les actes obligatoires sans évoquer les actes traditionnels, c’est d’ailleurs à cause de ce hadith que Zine El ‘Iraqi, le Cheikh d’Ibn El Hajj, avait dit dans le commentaire de Tirmidhi : « Il n’y a pas de preuve dans le hadith de celui qui a mal faîte sa prière qui permette de justifier le caractère non souhaitable (Makrouh) de la pose de la main droite sur la gauche durant la prière, car le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’a mentionné que les actes obligatoires pour que ce soit plus facile à retenir sans ne mentionner aucun acte traditionnel (Sunna). »

Cheikh Mohamed ‘Abid, le Mufti malikite de La Mecque, précisa : « Il ne fait pas de doute que si El Iraqi l’avait vu ou s’en était rappelé, il aurait alors reconnu qu’il y a effectivement une preuve, car dans cette version il y est bien mentionné les actes traditionnels (Sunna) comme méritoires et autres ». Fin de la remarque.

Parmi les actes traditionnels qui sont évoqués dans ce hadith il y a : poser les paumes des mains sur les genoux, les Takbir (autre que le premier), le Tasbih, la formule : « Dieu entend celui qui le loue » dans l’inclinaison, se relever de l’inclinaison…

Le deuxième hadith est celui du compagnon nommé Abou Houmeïd Sa’di (qu’Allah l’agrée) qu’à rapporté Boukhari dans le Sahih ainsi que Nassa-i, Abou Daoud et d’autres qu’eux. L’énoncé d’Abou Daoud est le suivant :

« Misded nous a rapporté selon Yahiya selon Mohamed ibn ‘Omar (qu’Allah l’agrée) selon ‘Ata-a qui a dit : « J’ai entendu Abou Houmeïd Sa’di (qu’Allah l’agrée) dire en présence des compagnons et parmi eux se trouvaient Abou Qatada (dans une autre version : ainsi qu’Abou Houreyra et Mohamed ibn Maslama et Sahl ibn Sa’d (qu’Allah les agrée) et d’autre qu’eux) : « Je suis mieux informé que vous sur la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ». Ils lui demandèrent : « Et pourquoi donc ? Tu ne le suivais pas mieux que nous et tu ne lui as pas tenu compagnie plus que nous, montre voir ».

Il leur montra en disant : « Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)> lorsqu’il se levait pour accomplir la prière il levait ses mains jusqu’à hauteur des épaules ensuite il prononçait le Takbir et il stabilisait chaque membre à sa place de façon pondérée, ensuite il récitait, puis il prononçait le Takbir et levait les mains jusqu’à hauteur des épaules de façon pondérée et il s’inclinait en posant ses paumes sur ses genoux et il restait un temps équivalent, ni il baissait ni il levait sa tête.

Ensuite il levait sa tête en disant : « Dieu entend celui qui le loue », ensuite il levait ses mains jusqu’à hauteur des épaules de façon pondéré ensuite il prononçait le Takbir et tombait à terre en posant ses mains de chaque côté, ensuite il relevait sa tête en pliant le pied gauche et en s’asseyant dessus et il relâchait les orteils lorsqu’il se prosternait, ensuite il prononçait le Takbir et se relevait en pliant le pied gauche et s’asseyant dessus et il stabilisait chaque membre à sa place ensuite il fait la même chose avec l’autre, ensuite il se relève de ses deux cycles de prière (Rak’a) puis prononce le Takbir et il lève ses mains à hauteur des épaules tout comme il l’avait fait au commencement de sa prière et il agit ainsi tout le restant de sa prière jusqu’au moment où il se retrouve assis dans la position de la salutation où il recule alors son pied gauche en s’appuyant sur son flanc gauche ». Tous lui dirent alors : « Tu as parfaitement raison, c’est ainsi qu’il priait ».

Ce hadith a été rapporté par Ibn Hanbal et comme on peut le constater il s’agit d’une preuve probante concernant l’allongement des bras (Sadl) car Abou Houmeïd (qu’Allah l’agrée) l’a utilisé comme argument devant la contestation des compagnons (qu’Allah les agrée) lorsqu’il leur a affirmé : « Je suis mieux informé que vous de la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) » et qu’ils ne lui cédèrent point ce fait, lui objectant : « […] tu ne le suivais pas mieux que nous… »

Ainsi, ils ne s’inclinèrent que lorsqu’il leur décrivit avec précision la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avec les actes traditionnels (Sunna) et obligatoires (Fard) sans rien épargner de ce qu’il savait. C’est alors qu’ils lui déclarèrent : « Tu as parfaitement raison » et ils lui concédèrent sa prétention.

Par conséquent, si le Qabdh faisait partie des caractéristiques de la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) alors les compagnons (qu’Allah les agrée) n’auraient pas manqué d’objecter en lui disant : « Ô Abou Houmeïd, tu n’as pas accompli (ou tu as oublié) le fait de tenir ta gauche par ta droite », car cela leur aurait fourni un argument en leur faveur dans ce contentieux où ils n’auraient laissé passer aucune lacune.

Or du fait justement qu’ils n’ont rien contesté, c’est qu’ils furent unanimes sur le délaissement du Qabdh dans la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et qu’il priait donc avec les bras allongés (Sadl) car tel était le fondement et le fondement n’a pas besoin d’être évoqué et s’y conformer c’est se conformer à ce qui a été statué par l’unanimité.


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Troisième question : Existe t-il à ce sujet de quoi expliquer et consolider le Hadith de Rifa’at et de Abou Houmeïd ?

Réponse : Oui, en effet en ce qui concerne l’explication du hadith de Rifa’at et celui de Houmeïd et de ses compagnons, le savant Mohamed ‘Abid, Mufti malikite, a dit : « Il est rapporté de Tabarani dans son Mou’jam El Kabir selon Mahboub ibn El Hasan ainsi qu’El Khatib ibn Jahdar selon Mou’adh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée) qui a dit :

« Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se levait pour prier, il levait ses mains au niveau des oreilles et il prononçait le Takbir puis ils les allongeaient, ensuite il se taisait ». Dans une autre version : « […] et parfois il tenait l’une par l’autre ».

Comme on peut l’observer, ce hadith peut être utilisé afin d’expliquer et de soutenir les deux hadiths précédents et il permet aussi de dénouer le nœud du problème et de mettre fin aux ouï-dire. En effet, le hadith de Mou’adh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée) laisse parfaitement entrevoir que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a accompli les deux postures. De ce fait, au moment où il a fait le Qabdh certains l’ont vu et l’ont alors rapporté ainsi, et au moment où il a fait le Sadl certains l’ont vu et ils n’ont donc pas rapporté qu’il faisait le Qabdh. Par conséquent, chacun l’a rapporté selon une version et chaque Imam a ainsi sa preuve et chacun sait où s’abreuver.


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Quatrième question : Y a-t-il parmi les grands Imams ceux qui déclarent l’aspect traditionnel (Sunna) du Sadl ?

Réponse : Le Mufti malikite a dit ; « Constatons donc :

(1) L’Imam Ibn Qassar et, à sa suite, Ibn Battal qui ont soutenu le Sadl en considération du hadith de celui qui a mal fait sa prière rapporté par Rifa’at. De plus, l’Imam Ibn Battal a dit dans le commentaire de Boukhari que les savants ont divergé sur ce point, c’est à dire au sujet de tenir une main par une autre. Certains l’ayant considéré comme acte méritoire (Moustahab) alors que d’autres préfèrent l’allongement des bras (Sadl), cela a été rapporté par Abdallah ibn Zoubeïr (qu’Allah l’agrée).

(2) Il y a aussi ce qu’a rapporté Ibn El Qacim sur l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) dans El Moudawwana au sujet du fait de tenir sa gauche par sa main droite dans la prière, il dit : « Je ne connais pas cette pratique dans la prière obligatoire, mais dans la prière surérogatoire si elle se prolonge il n’y a pas de mal à le faire si c’est pour s’aider ».

La parole de l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) qui dit : « Je ne connais pas cette pratique […] » c’est-à-dire que le Qabdh n’était pas pratiqué dans la prière par ses maîtres parmi les générations des suivants (Tabi’in) et ceux qui leur ont succédé tel que le célèbre Saïd ibn El Moussayeb (qu’Allah l’agrée) qui fait partie des sept plus éminents juristes de Médine et de même concernant Hassan Basri (qu’Allah l’agrée), Ibn Sirrin et Ibn Joubeïr, qui eux, ont côtoyé les compagnons (qu’Allah les agrée).

L’ensemble des musulmans est unanime pour affirmer que ceux-là étaient particularisés par leur scrupule, leur ascétisme et leur crainte qui était telle qu’il leur était impossible de diverger avec les compagnons (qu’Allah les agrée) que ce soit dans la parole ou dans les actes.

(3) L’Imam Ibn Rouchd a dit : « Les savants ont divergé au sujet de la posture consistant à poser la main droite sur la gauche pendant la prière. L’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) a déclaré que cela est non souhaitable (Makrouh) dans les prières obligatoires, le permettant pour les surérogatoires. D’autres sont regroupés pour dire que cela fait partie des actes traditionnels de la prière.

La cause de cette divergence est qu’il y a des actes attribués aux compagnons (Athar) qui sont établis et dans lesquels il est mentionné les caractéristiques de la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Or il n’est point mentionné justement qu’il posait sa main droite sur la gauche, mais d’autre part il est mentionné que les gens ordonnaient de la faire. Il est rapporté aussi que cela fait partie des caractéristiques de la prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

D’autres savants ont spécifié que les deux postures sont établies par la Loi, tel Ibn AbdelBarr El Maliki dans son livre El Kafi qui a dit que toutes deux, que ce soit le Qabdh ou le Sadl font partie de la Sunna.

El Amir a dit dans son épître Kaoukeb El Mounir : « L’affaire concernant le Qabdh des deux mains ou leur allongement est libre ».



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Cinquième question : Comment donc concilier le fait que l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) a retranscrit le hadith sur le Qabdh dans son Moua-ta alors qu’il déclare son caractère non souhaitable dans le Moudawwana ? C’est à dire entre ce hadith : « Les gens ordonnaient aux personnes de poser la main droite sur le poignet gauche pendant la prière » Ibn Hazm a dit : « Je ne sais pas s’ils rattachent cela au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) » et entre la parole dans El Moudawwana rapporté par Ibn El Qacem : « Je ne connais pas cette pratique dans la prière obligatoire ».

Réponse : Le Mufti malikite a dit, rapportant des savants en hadith (Mouhadithine), que celui d’entre eux qui rapporte un hadith, mais qui affirme pourtant le contraire de ce qu’il a rapporté cela est pour spécifier le caractère abrogé (Mansoukh) du hadith rapporté et c’est de cette démarche que résulte ce cas.

Le hadith sur le Qabdh, celui qui est rapporté selon Sahl (qu’Allah l’agrée), est retranscrit dans le Mouawatta par l’Imam Malik (qu’Allah l’agrée) et c’est de lui que ce hadith a été repris par Boukhari et Mouslim, et donc avec cela il a mentionné le fait de son caractère non souhaitable (Makrouh) dans El Moudawwana et du caractère recommandé (Moustahab) du Sadl.

Or le Moudawwana dans sa rédaction est postérieur au Mouawatta et il est établi pour traiter des règles de jurisprudence contrairement au Mouawatta qui traite seulement des hadiths. Quant à sa parole : « Je ne connais pas cette pratique […] » comme il est rapporté dans El Moudawwana : « L’Imam considère le Qabdh comme non souhaitable dans les prières obligatoires, il a dit : « Je ne connais pas cette pratique dans les prières obligatoires ».

Il est très clair que les gens de Médine ne le pratiquaient pas ainsi, donc sa parole « Je ne connais pas cette pratique […] » veut dire « Je ne connais pas cette pratique chez les actes des Imams parmi la génération des Suivants (Tabi’ine) qui ont pour leur part recueilli leurs sciences des compagnons (qu’Allah les agrée) ».

Or étant donné d’une part que le hadith sur le Qabdh est rapporté par lui et que c’est de lui qu’il a été rapporté par les deux Cheikh (Boukhari et Mouslim) et que d’autre part avec cela il a dit : « Je ne connais pas cette pratique […] », cela montre inéluctablement le caractère abrogé du Qabdh ». Fin de citation du Docteur Taleb Abdrahmane.

En conclusion, la posture du Qabdh et du Sadl entre dans le domaine des sciences dérivées (Fourou’) de la Loi et comme il est connu il n’est pas permis de critiquer l’une ou l’autre posture, car chacune a ses preuves et ses arguments. Ainsi, chacun choisit ce qui lui semble le plus convenable et toutes deux font bel et bien partie de la Sunna prophétique, mais en aucun cas il est permis de dire cela est la Sunna et cela ne l’est pas, car tel est la source de l’ignorance et de l’intolérance qui ne sied point à cette noble religion.
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