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Un hadith "ahad" (isolé) ne garantit pas certitude
Par Shaykh al Azhar Mahmud Shaltût
Extrait du livre : Le dogme & la législation
aslama.com





Telle est la transmission qui garantit la certitude de l'information provenant du Prophète . Par contre, lorsque un hadith est transmis par voie isolée ou par un petit nombre de personnes, même à certains niveaux de sa transmission, il ne pourrait être considéré comme transmis par succession continue et certain de provenir du Prophète , mais aurait le caractère de hadith "isolé" et dont subsiste un doute quant à sa provenance de la part du Prophète. Il ne peut, de ce fait , garantir la certitude.

C'est à cet avis que se sont rangés les gens du savoir et, parmi eux, les quatre imams : Mâlik, Abou Hanîfa, Châfi'i et Ahmed ibnou Hanbal dans une des deux versions, qui lui sont attribuées.

En effet, dans l'autres version, l'imam Ahmed aurait pensé le contraire.



C'est à son sujet que le commentateur de "Moslem Et-Thouboût" : "Ceci ne peut émaner de quelqu'un comme lui car elle constitue une erreur évidente".

Al-Bazdaoui, écrit, de son côté : " Quant à dire que les ahadith isolés garantissent la certitude, cela est une prétention infondée car le témoignage oculaire la rejette parce que l'information rapportée par une seule personne ne pourrait être que probable, nulle certitude ne pourrait être établie ou garantie par une probabilité. Quiconque nie cela est un insensé et un irresponsable".

Al-Ghazâli écrit pour sa part : "L'informatin isolé ne sert pas le savoir. Elle est du moment qu'elle ne sert pas le savoir connue par necessité. Quant à ce qui a été rapporté au sujet des traditionnistes comme quoi elle est en mesure de servire le savoir, il pourrait être dû au fait que ceux-ci voulaient dire qu'elle servait le savoir sur l'obligation de s'y conformer dans les actes, dans le cas ou l'incertitude pourrait être qualifiée de savoir. C'est pour cela, d'ailleurs, que certains d'entre eux dirent :

"L'information isolée donne le savoir apparent, mais ce savoir n'a ni sens apparent ni sens caché, c'est tout simplement une probabilité".

Al-Asnaoui écrit de son côté : "Quant aux ahadiths isolés faisant partie de la Sunna, ils ne servent que la présomption". Dans ses arguments montrant l'incapacité d'une information isolée à servir de base au savoir,

Al-Bezdaoui ajoute : "Lorsque l'information isolée ne peut garantir la certitude, elle ne peut être considérée comme une preuve pour corroborer un dogme car ce denier est bâti sur la certitude. Elle pourrait, toutefois, lui servir de preuve là où il y a une stimulation à l'action".

Al-Asnaoui ajoute encore : " La transmission des ahadith isolés ne peut servir qu'à des probabilités. Or, le législateur à autorisé les probabilités dans les questions qui relèvent des actes cultuels secondaires et non pas dans les questions qui relèvent des fondements de la religion".

Ainsi, l'opinion des savants qu'ils soient théologiens ou spécialistes des fondements de la jurisprudence, est unanime quand au fait que les ahadith isolés ne servent pas à garantir la certitude et, de ce fait, à prouver un dogme de la foi. Bien plus, les savants parmi les plus érudits estiment que cela est une necessité que personne ne peut discuter.

En outre, ils ont interprété la parole d'Ibn Hazm dans son ouvrage " Al-Ahkâm" : " L'information isolée sert le savoir " comme ayant trait au savoir en tant que présomption comme cela a été rapporté, ou au savoir en ce qu'il impose de s'y conformer par l'acte. Il reste que le discours sur le savoir concerne sa possibilité de servir de preuve pour de confirmer un dogme et non sa possibilité en tant que tel d'être utile à l'homme. Il y a, en effet, certaines personnes qui peuvent apporter un savoir dont la source est moins sûres qu'un information isolée dont nous sommes en train de parler, mais ce genre ne pourrait constituer un argument irréfutable et ne saurait par conséquent , servir de preuve pour établir un dogme dont serait considéré mécréant tout négateur.

Certes, Allah n'a pas imposé à ses serviteurs un dogme qui émanerait d'une source ne servant qu'à établir une présomption. A partir de là, se confirme ce qu'on a affirmé sur la non validité des ahadith isolé à corroborer un dogme et à constituer une preuve sur laquelle on peut s'appuyer pour établir une vérité métaphysique.

Cet avis est celui de la majorité des savants et s'impose aussi par la nécessité rationelle qui ne saurait constituer une source de divergeance chez les gens censés.
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La valeur juridique des narrations isolées

Sheikh al Azhar `Atiyyah Saqr
islamophile.org





Question : Nous lisons dans certains ouvrages, lorsqu’il s’agit de prouver certains jugements juridiques à l’aide de hadîths prophétiques, que tel hadîth est isolé (hadîth âhâd) et qu’il ne permet pas d’établir une certitude. Pourriez-vous clarifier la notion de narration isolée ? De quelle valeur juridique ces narrations jouissent-elles dans la déduction des avis religieux ?





Réponse de Sheikh `Atiyyah Saqr :

Les narrations isolées (ahâdîth al-âhâd) sont les narrations dont les chaînes de transmission n’atteignent pas le niveau du tawâtur (concordance abondante) autorisant la certitude absolue. Un hadîth est dit mutawâtir (concordant) lorsqu’il est transmis par un grand nombre de narrateurs d’après un grand nombre d’autres narrateurs si bien qu’ils ne peuvent s’accorder sur un mensonge. Ahâdîth al-âhâd se subdivisent quant à eux en plusieurs catégories :



mashhûr (notoire) : Il s’agit des hadîths jouissant de trois chaînes de transmission, ou plus.



`azîz (rare) : Il s’agit des hadîths ayant deux chaînes de transmission.



gharîb (singulier) : Ce sont les hadîths ayant une unique chaîne de transmission.





Ces récits appartiennent à la catégorie des hadîths authentiques (sahîh), les autres catégories étant le hadîth hasan (hadîth bon), le hadîth da`îf (hadîth faible), et le hadîth mawdû` (hadîth controuvé). Il existe des subdivisions de ces catégories dans la science du Hadîth. Nous nous intéressons ici aux deux branches du hadîth authentique que sont les hadîths isolés et les hadîths concordants.


Les savants des fondements de la religion disent que les narrations isolées doivent être prises en compte dans les règlements pratiques, dans la mesure où il s’agit de branches secondaires de la religion, et elles sont délaissées en matière de croyances car il s’agit des fondements de la religion.



Telle est l’opinion rapportée de la part de la majorité des Compagnons et des Successeurs, et celle des savants de la jurisprudence et des fondements, exception faite de quelques savants parmi les Dhâhirites (littéralistes) et l’Imâm Ahmad, dans l’une des opinions qui lui sont attribuées.

Ainsi, les narrations isolées quel que soit le degré d’authenticité qu’elles atteignent, comme les narrations notoires, n’établissent pas une connaissance certaine sur laquelle on peut se fonder dans le domaine du credo. Elles permettent de former une présomption suffisante pour justifier leur application dans les branches secondaires. Cela est mentionné dans de nombreux ouvrages et a été énoncé par l’Imâm An-Nawawî dans son commentaire de Sahîh Muslim, volume 1, page 20, et il y a inclus les narrations rapportées par Al-Bukhârî et Muslim, en réponse à Ibn As-Salâh qui affirmait que leurs narrations établissent une connaissance théorique.


Il ressort de ce qui précède que les narrations isolées authentiques n’expriment qu’une présomption et doivent être prises en considération dans les œuvres et non dans les croyances. La présomption ou la certitude en matière de Hadîth se rapporte soit à la fiabilité de la narration - les récits concordants établissent en effet une certitude contrairement aux narrations isolées - soit à sa signification, c’est-à-dire à la signification des termes du hadith. Cette approche vaut aussi bien pour l’ensemble des hadîths que pour le Noble Coran. Lorsqu’un mot ne possède qu’un seul sens, alors sa signification est univoque. Mais s’il est polysémique, sa signification devient hypothétique. Par exemple, le terme `ayn désigne aussi bien l’œil - l’organe de vision -, que le puits d’eau, que l’or ou encore l’espion. De même, la fitnah désigne tour à tour l’épreuve, l’infidélité, la persécution et le fait de semer la zizanie entre les gens ; il en existe de nombreuses illustrations.


Corollairement, si un différend survient sur une question secondaire reposant sur une narration isolée, et qu’un individu refuse de considérer ladite narration comme un argument valide, il ne devient pas pour autant un mécréant, ni un pervers. Sinon, cela serait le lot des imâms de la jurisprudence qui divergent sur certaines questions, tenant compte du fait que leur refus possède un motif juridiquement recevable. Lorsque la narration en question ainsi que le sens qui en est voulu sont confirmés par le consensus (ijmâ`) alors elle est considérée comme forte, si bien que celui qui la rejette a tort, mais on ne l’accusera pas d’infidélité. [1]



Notes

[1] Cf. Fatâwâ Mu`âsirah (Avis juridiques contemporains), de Sheikh Jâd Al-Haqq `Alî Jâd Al-Haqq, pages 49 à 60.
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