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Délaisser la prière ne fait pas sortir de l'Islam
selon la grande majorité des savants

souboul-assakina.bbfr.net






Le sujet de celui qui arrête la prière est soumis à une petite divergence.

Nous avons d'un coté :

Quelques sahaba et une minorité de Hanbalites qui disent que l'arrêt de la prière fait sortir de l'Islâm, et ce basé sur une compréhension littérale de quelques hadiths que nous allons voir.

Des sahaba également, tous les savants Hanafites (du 1er au dernier), tous les savants Mâlikites (du 1er au dernier), tous les savants Chafi'ites (du 1er au dernier) et une grande partie des Hanbalites restants, qui sont d'avis que celui qui délaisse la prière ne sort pas de l'Islâm, qu'il reste seulement pêcheur.

Le madhhab hambalite a toujours été très minoritaire depuis les débuts de l'Islâm, et cet avis, du fait qu'il soit un avis minoritaire dans cette même école, l'est d'autant plus.

Il faut certes respecter la divergence, tant qu'elle provient de savants mujtahid respectables, mais veillons à ne pas donner trop d'importance à un avis très minoritaire surtout lorsqu'on parle de takfir (sortir les gens de l'Islam)

Ce qui est surtout regrettable aujourd'hui c'est de voir des personnes, qui à la lecture d'une simple fatwa se permettent de sortir les gens de l'Islâm à la pèle.

Ceci à généré une grande fitna, car il n'est pas rare de voir ce genre de dialogues sur les réseaux sociaux ou forums :

Soeur A : Mon mari à arrêté la prière
Soeur B : Oh mais quitte le, part de chez toi, il est KAFIR tu n'as plus le droit de vivre avec lui !!
Sœur A : Ah oui c'est vrai ?? D'accord c'est ce que je vais faire, je fais mes valises et je m'en vais!!

=> Résultat : La sœur qui fugue, sous la pression qu'on lui a mise, en s'auto déclarant divorcée pour cause d'apostasie de son conjoint, laissant dernière elle un homme, des enfants, brisant une famille, pour aller se remarier ailleurs 3 mois après

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Ou encore :

Sœur : Chaykh je veux marier avec un frère mon père ne veut pas, mais il ne prie pas...
Le Chaykh : Hé ben si tu es d'avis que celui qui ne prie pas est musulman il doit être ton tuteur et tu dois avoir l'accord si tu es de l'avis qu'il est kâfir (mécréant) alors cherche toi un tuteur ailleurs pour le mariage
Sœur : Barakallahufik Chaykh je vais voir ça alors...

=> Résultat : Soit la sœur elle garde son père en Islam, hésitant à le mettre dehors vu ce que ça à comme conséquences, et elle se débrouille pour le convaincre, soit elle le sort de l'Islam ni vu ni connu en 2 temps 3 mouvements, pour se marier avec cette personne !!

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Ce genre de problématique peut faire sourire certains mais dans la réalité ces cas sont malheureusement très fréquents... Et quelle fitna que ces avis minoritaires mal compris et appliqués à tord par des gens sans science...

Le vrai problème, mes chers frères et sœurs, c'est que certains littéralistes takfiristes contemporains à l'image de leurs ancêtres les khawarij, font tout ce qu'ils peuvent pour excommunier un maximum de musulman et se sentir bien à l'aise dans leur égo pour pouvoir se flatter, se congratuler les uns les autres d'être les élus, et se croire les meilleurs.

Ce n'est pas à "Mr Tout le Monde" de faire LE TAKFIR (jeter l'anathème) d'un frère ou d'une sœur, il y a des règles bien précises à cela, et le devoir du musulman est de se ranger du côté de la majorité.

L’abandon de la prière par abjuration ou reniement [de son caractère obligatoire] est considéré comme une apostasie et un déni de la religion musulmane, et ce, de l’avis unanime des musulmans.

Quant a celui qui croit en la prière et est convaincu de son caractère obligatoire, mais s’abstient de l’accomplir, soit par paresse, soit par distraction, ce qui est inacceptable du point de vue religieux, c'est là qu'intervient la divergence.

Nous allons donc examiner les arguments des deux parties, et nous verrons que ce n'est pas question de hadith, mais de l'interprétation de ces mêmes ahâdiths, mis en opposition avec d'autres qui laisse entendre le contraire :








I- Arguments de ceux qui considèrent mécréant celui qui arrête la prière



Selon Jabir, le Prophète a dit : بين الرجل و بين الكفر ترك الصلاة - « Entre l’homme et l’incroyance [kufr], il y l’abandon de la prière » [ Hadith rapporté par Ahmad, Muslim, Abû Dawûd, at-Thirmidhi et Ibn Maja ]

Selon Burayda, le Prophète a dit : العهد الذي بيننا و بينهم الصلاة فمن تركها فقد كفر : « Le pacte qu’il y a entre eux et nous, c’est la prière, celui qui l’abandonne a mécru » [ Hadith rapporté par Ahmad et d’autres traditionalistes ]

Selon 'AbdAllah ibn ‘Amr al-Âs, le Prophète a dit au sujet de la prière : « Celui qui persévère dans la prière, elle sera pour lui une lumière, une preuve et une planche de salut le Jour de la Résurrection. Celui qui la néglige, elle ne lui sera d’aucun secours, et il sera, le Jour de la Résurrection avec Qârun, Pharaon, Hamân et Ubayy ibn Khalaf. » [ Hadith rapporté par Ahmad, at-Tabarani & Ibn Hibban ]

Ibn al Qayyim a dit : « Celui qui s’abstient d’accomplir sa prière le fait parce qu’il est occupé, soit par son argent, soit par son royaume, soit par une haute responsabilité, soit par son commerce. Celui qui la délaisse pour l’argent sera le compagnon de Qârun ; celui qui la délaisse pour un royaume sera le compagnon de Pharaon ; celui qui la délaisse pour une haute responsabilité sera le compagnon de Hamân ; et celui qui la délaisse pour son commerce, sera le compagnon de Ubayy ibn Khalaf. »

Aujourd'hui même chez les hanbalites il n'est pas mécréant, car les fouqahas hanbalites ont mis une condition à ce "takfir" [excommunication] qui est : دعاء الإمام (Dou'a ul Imam) c'est à dire il faut que l'Imam (le gouverneur, ou le juge ou celui qui représente l'autorité pénale religieuse) convoque la personne et l'invite à accomplir la prière, si la personne refuse de la faire, alors oui il lui appartient de prononcer le koufr [mécréance] car à ce moment là la personne n'a plus le statut de celui qui ne la fait pas par paresse mais plutôt le statut de celui qui refuse catégoriquement de la faire.

L'avis Hanbalite déclarant "kâfir" (bi kufr akbar) celui qui n'accomplit pas ses prières concerne donc non pas le musulman qui n'accomplit pas ses prières mais "le musulman qui n'accomplissait pas ses prières et que l'autorité musulmane – conformément à l'avis hanbalite en la matière – a intimé d'accomplir ses prières et qui refuse malgré tout" ; c'est suite à ce refus que Ahmad ibn Hanbal le déclare kâfir (Hukmu târik is-salât, p. 15).

Or, cette condition, n'est plus vérifiable de nos jours dans la majorité des pays vu qu'il n'y a plus de chari'a appliqué sous état Islamique ni de juges Islamique.

Al Imam Al Mour'i qui est Hanbalite dit dans son livre "Tawdih Al Bayan" :

الإيمان مجموع ثلاثة أمور: اعتقاد الحق، والإقرار به، والعمل بمقتضاه. فمن أخل بالاعتقاد وحده فهو منافق، ومن أخلَّ بالإقرار فهو كافر، ومن أخل بالعمل فهو فاسق إجماعاً

Al Imane (la Foi) est la somme de trois choses :
Croire en la vérité,
verbaliser cette croyance
et agir en fonction d'elle.

Celui qui fait défaut à la croyance seule est hypocrite, celui qui fait défaut à la verbalisation seule est mécréant, et celui qui fait défaut aux actes est un pervers (fasiq) par consensus (ijma'an).

Donc ici le manquement des actes relève de la perversion, non de la mécréance.








II- Arguments de ceux qui considèrent toujours musulman celui qui arrête la prière


Parmi les savants qui sont de cet avis, figurent donc tous ceux précédemment cités :

L'Imâm Abu Hanîfa et tous les savants Hanafites (du 1er au dernier),
l'Imâm Mâlik et tous les savants Mâlikites (du 1er au dernier),
l'Imâm Chafi'î et tous les savants Chafi'ites (du 1er au dernier)
et le reste des Hanbalite

Selon Ubada Ibn Samit , le Prophète a dit : "Cinq prières sont prescrites par Allâh au fidèle au cours du jour et de la nuit. Quiconque les accomplit sans rien omettre par mépris, Allâh s'engage à le faire entrer au paradis. Quiconque ne les observe pas ne bénéficie d' aucun engagement auprès d'Allah, il peut le châtier s'Il veut ou le faire entrer au paradis". (Ad-Darami n°1531, Malik n°248, Ahmad n°21690)


Ceux qui disent que celui qui a abandonné la prière reste musulman argumentent par le fait que le mot mécréance [koufr] présent dans les hadiths du point I désigne une chose moindre que la mécréance qui correspond en fait à l'ingratitude envers un bienfait, comme le prouve ce qui suit :

Allâh a dit


وَضَرَبَ اللّهُ مَثَلاً قَرْيَةً كَانَتْ آمِنَةً مُّطْمَئِنَّةً يَأْتِيهَا رِزْقُهَا رَغَداً مِّن كُلِّ مَكَانٍ فَكَفَرَتْ بِأَنْعُم اللّهِ فَأَذَاقَهَا اللّهُ لِبَاسَ الْجُوعِ وَالْخَوْفِ بِمَا كَانُواْ يَصْنَعُونَ
Et Allâh propose en parabole une ville: elle était en sécurité, tranquille; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate [kafarate] aux bienfaits d'Allah. (16/112)




Allah dit encore :


وَمَن شَكَرَ فَإِنَّمَا يَشْكُرُ لِنَفْسِهِ وَمَن كَفَرَ فَإِنَّ رَبِّي غَنِيٌّ كَرِيمٌ

Quelqu'un qui avait une connaissance du Livre dit : “Je te l'apporterai avant que tu n'aies cligné de l'oeil”. Quand ensuite, Salomon a vu le trône installé auprès de lui, il dit : “Cela est de la grâce de mon Seigneur, pour m'éprouver si je suis reconnaissant ou si je suis ingrat. Quiconque est reconnaissant. c'est dans son propre intérêt qu'il le fait, et quiconque est ingrat [kafara]... alors mon Seigneur Se suffit à Lui-même et il est Généreux”.




Ici Allah a opposé deux mots : (chakara) et (kafara), le sens du verset est :


"Celui qui se montre reconnaissant (chakara) il l'est pour sa propre personne, et celui qui se montre ingrat (kafara) sachez alors qu'Allah est riche et généreux".



Cette opposition entre le verbe (chakara) et (kafara) dans un même verset nous la retrouvons énormément dans le Coran, ce qui montre bien que (kafara) prend plusieurs fois le sens de (être ingrat) :



فَاذْكُرُونِي أَذْكُرْكُمْ وَاشْكُرُواْ لِي وَلاَ تَكْفُرُونِ
Souvenez-vous de Moi donc, Je vous récompenserai. Remerciez-Moi et ne soyez pas ingrats [takfouroûn] envers Moi.
[Sourate 2, Verset 152]



وَإِذْ تَأَذَّنَ رَبُّكُمْ لَئِن شَكَرْتُمْ لأَزِيدَنَّكُمْ وَلَئِن كَفَرْتُمْ إِنَّ عَذَابِي لَشَدِيدٌ
Et lorsque votre Seigneur proclama : “Si vous êtes reconnaissants, très certainement J'augmenterai [Mes bienfaits] pour vous. Mais si vous êtes ingrats [kafartum], Mon châtiment sera terrible”.



Sayyidouna Soulayman a carrément dit :


هَذَا مِن فَضْلِ رَبِّي لِيَبْلُوَنِي أَأَشْكُرُ أَمْ أَكْفُرُ
C'est là une faveur que mon Seigneur m'accorde pour m'éprouver si je suis reconnaissant ou ingrat [akfour]



Vous vous rendez compte si le sens de (akfour) dans le verset devait signifier "je deviens mécréant", cela voudrait dire qu'Allah a éprouvé Sidna Soulayman pour voir s'il va s'avérer croyant ou pas... Impossible !!

Le terme employé ici est le même terme que dans les ahâdiths précédemment cités [kafara], pourtant il s'agit bien d'une ingratitude et non d'une mécréance totale.

Parmi les ahâdiths qui emploient le terme mécréance [koufr] dans le sens d'ingratitude, nous pouvons citer :

Selon Ibn Mas'ùd , le Messager de Allâh a dit : "Le fait d'injurier le musulman est un acte de rébellion à Allâh, et le fait de le tuer est un acte de mécréance". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Abou Hourayra , le Prophète a dit : "N'ayez pas honte de vos pères car celui qui a honte de son père a fait acte de mécréance". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Abou Dharr rapporte qu'il a entendu le Messager d'Allâh dire : "Tout homme qui se prétend pour père un autre que le sien, commet automatiquement un acte de mécréance. Tout homme qui se prétend la propriété de ce qui n'est pas à lui, ne fait pas partie de notre communauté. Qu'il s'installe dès maintenant dans sa place au feu de l'Enfer. Celui qui accuse un autre d'être mécréant ou ennemi d'Allâh alors qu'il ne l'est pas, son accusation se retourne contre lui". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Abou Hourayra , le Messager d'Allâh a dit : "Deux actes commis par les gens sont des actes de mécréance: "Le doute jeté sur l'authenticité de la filiation de quelqu'un et les lamentations à voix haute sur le mort"". (Mouslim)

Il est clairement établit dans le crédo sunnite que les péchés (y compris ceux cités dans les hadiths ci dessus) ne font pas sortir de l'Islâm, mais ce sont des ingratitudes, des perversions.

On rapporte qu'Ibn 'Omar entendit quelqu'un dire : "Non, par la Kaaba!»

Ibn 'Omar lui dit: "Ne jure pas par autre que Allâh car j'ai entendu le Messager d'Allâh dire :
"Celui qui jure par autre que Allâh a fait acte de mécréance ou d'idolâtrie". (At-tirmidhi)

Ibn 'Abbas a dit du verset :

Et ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allâh a fait descendre, les voilà les mécréants. (5/44) : "Ce n'est pas la mécréance à laquelle vous pensez".


Tâwoûs a dit : "Ibn 'abbas a été interrogé sur ce verset et il répondu : "c'est une mécréance, mais moindre que la mécréance en Allâh, Ses anges, Ses livres, et Ses prophètes"".

Il a dit également : "Une mécréance qui ne fait pas sortir de la religion".


Selon Soufiân, selon Jourayj, selon 'Ata : "Il y a mécréance moindre que la mécréance, injustice moindre que l'injustice, et perversité moindre que la perversité".
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