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Sur les prodiges et les dons des saints
Par l'Imâm an Nawawî

souboul-assakina.bbfr
Extrait de son livre "Le jardin des connaissants" (بستان العارفين)









Sur les prodiges et les dons des saints

Allah a dit :





أَلا إِنَّ أَوْلِيَاء اللّهِ لاَ خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلاَ هُمْ يَحْزَنُونَ الَّذِينَ آمَنُواْ وَكَانُواْ يَتَّقُونَ لَهُمُ الْبُشْرَى فِي الْحَياةِ الدُّنْيَا وَفِي الآخِرَةِ لاَ تَبْدِيلَ لِكَلِمَاتِ اللّهِ ذَلِكَ هُوَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ

En vérité, les protégés de Dieu ne connaîtront ni crainte ni peine ? Car ceux qui ont la foi et qui craignent le Seigneur recevront la bonne nouvelle en ce monde et dans la vie future, et la Parole de Dieu est immuable. Ce sera pour eux la félicité suprême !


[Sourate 10, versets 62-63-64]


Sache que la doctrine des adeptes de la vérité stipule l’affirmation de l’existence des prodiges (karamât) des saints et soutiennent qu’ils existent et qu’ils sont réels et qu’ils continuent à toutes les époques. Ceci est attesté par les preuves de la raison et les Textes Scripturaires tout à fait clairs sur ce sujet. S’agissant des preuves de la raison c’est quelque chose qui peut exister et dont l’existence ne contredit aucun des fondements de la religion.

Il convient donc de demander à Allah de pouvoir le réaliser. Or ce qui est en puissance peut se réaliser et s’accomplir. Quant aux Textes Scripturaires, il existe plusieurs versets et hadiths qui l’attestent.


S’agissant des versets coraniques il y à la Parole divine dans le récit relatif à Marie :



وَهُزِّي إِلَيْكِ بِجِذْعِ النَّخْلَةِ تُسَاقِطْ عَلَيْكِ رُطَباً جَنِيّاً

Secoue (en attirant) vers toi le tronc du palmier afin d’en faire tomber sur toi les dattes mûres

[Sourate 19, verset 25].



A ce sujet l’Imâm Abu al Ma’âlî al Juwaynî, surnommé Imâm al Haramayn (l’Imâm des 2 sanctuaires : Mekka et Medina) a dit comme l’affirme unanimement les savants que Marie n’était pas une prophétesse mais qu’elle était une sainte et une juste comme Allah l’a indiqué.



Il y a aussi la Parole divine qui dit :


فَتَقَبَّلَهَا رَبُّهَا بِقَبُولٍ حَسَنٍ وَأَنبَتَهَا نَبَاتاً حَسَناً وَكَفَّلَهَا زَكَرِيَّا كُلَّمَا دَخَلَ عَلَيْهَا زَكَرِيَّا الْمِحْرَابَ وَجَدَ عِندَهَا رِزْقاً قَالَ يَا مَرْيَمُ أَنَّى لَكِ هَـذَا قَالَتْ هُوَ مِنْ عِندِ اللّهِ إنَّ اللّهَ يَرْزُقُ مَن يَشَاءُ بِغَيْرِ حِسَابٍ

Chaque fois que Zakariya (Zacharie) pénétrait chez elle dans l’oratoire il y trouvait des vivres : Ô Marie, d’où cela te vient-il ? Lui demandait-il. Elle répondait : Cela (me) vient d’Allah

[Sourate 3, versets 37]


Il y a également l’histoire du compagnon de Soulaymane (Salomon) qui a dit :


قَالَ الَّذِي عِندَهُ عِلْمٌ مِّنَ الْكِتَابِ أَنَا آتِيكَ بِهِ قَبْلَ أَن يَرْتَدَّ إِلَيْكَ طَرْفُكَ

C’est moi qi te l’apporterai avant même que tu n’aies cligné de l’œil

[Sourate 27, verset 40]



Pourtant les savants disent qu’il n’était pas un prophète.


Il en va de même des preuves tirées par l’Imâm al Haramayn (al Juwaynî) de l’histoire de la mère de Moûsâ (Moïse) . Il en est ainsi également des preuves tirées par Abu al Qasim al Qushayrî de l’histoire de Dhu l-Qarnayn.


De même al Qushayrî et d’autres savants ont invoqué comme preuve en ce sens l’histoire d’al Khadhr avec Moûsâ en disant qu’al Khadhr n’était pas un prophète mais un saint. Mais cela contredit la position de la majorité des savants qui estiment qu’il était un prophète. On a dit, d’ailleurs, qu’al Khadhr était un prophète envoyé mais on dit aussi qu’il était un saint et même un roi.



Du reste j’ai longuement expliqué ces divergences dans mes deux ouvrages intitulés : Tahdhib al Asmâ’ wal Lughât (تهذيب الأسماء واللغات) et Charh al Muhadhab (شرح المهذب)


C’est le cas aussi de l’histoire des gens de la caverne avec ses faits extraordinaires et ses prodiges. Or l’Imâm al Haramayn et d’autres savants disent que ces gens sont considérés unanimement comme des non-prophètes.


S’agissant des Hadiths sur les prodiges, ils sont bien nombreux.



Ainsi il y a le hadith que rapporte Anas ibn Mâlik sur les deux hommes parmi les compagnons du Prophète qui sont sortis de chez le Prophète au cours d’une nuit sombre en ayant deux lumières semblables à deux lampes qui leur éclairaient le chemin. Lorsqu’ils se sont quittées pour se rendre chacun à sa maison ils furent, chacun d’eux, suivis par l’une de ces deux lumières jusqu’à chez lui. Ce hadith est recensé par al Bukhârî dans la partie sur la prière de son recueil (sahîh). Dans le livre intitulé « A’lam an-Nubuwwa » ces deux hommes s’appellent ‘Abbâd ibn al Bishr et Usayd ibn Hudhayr.


Il y a aussi le hadith sur les trois gommes qui se sont réfugiés dans une grotte qui s’est refermée sur eux grave à une grosse pierre qui a bouché l’entrée. Chacun de ces trois hommes fit une invocation et la pierre finit par leur laisser le passage pour sortir. Ce hadith est recensé par Bukhârî et Muslim dans leurs deux recueils authentiques.


Il y a également le hadith que rapporte Abu Hurayra sur l’histoire de Jurayj qui a demandé à un nourrisson : « Qui est ton père ? », le nourrisson lui répondit : « C’est le berger ». Ce hadith est recensé dans les recueils du hadith authentique.


Il y a aussi le hadith que rapporte Abu Hurayra où le Prophète dit : « Il y a parmi les nations qui vous ont devancés des Muhaddithun (ceux qui annoncent des nouvelles réelles) et s’il y en a un dans ma communauté ce sera bien ‘Umar ». Il est dit dans une autre version : « Il y avait avant parmi les fils d’Israël des hommes qui annonçaient des choses sans qu’ils soient pourtant des Prophètes ». Ce hadith est recensé par al Bukhârî dans son Sahîh.


Il y a également le hadith célèbre dans le Sahîh de Bukhârî et dans d’autres recueils à propos de l’histoire de Khabib al Ansârî le compagnon du Prophète et ce que dit à son sujet Khawla bint al Harith qui affirme ceci : « Par Allah je n’ai jamais vu une homme meilleur que Khabib ! Par Allah, je l’ai trouvé un jour en train de manger une grappe de raisin dans sa main alors qu’il était enchainé dans le fer et qu’il n’y avait pas de fruits à cette époque-là à la Mecque, où il été emprisonné ! ». Elle disait aussi à son sujet : « C’était des subsistances de la part d’Allah qu’Il a accordé à Khabib ! ».


Cela dit, les hadiths ainsi que les traditions et les dires des pieux prédécesseurs et ceux des générations suivantes à ce sujet sont trop nombreux pour être recensés ici exhaustivement. Contentons-nous donc de ce que nous avons indiqué. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’y revenir dans ce chapitre et dans le livre si Allah le veut.


L’Imâm al Haramayn Abu al Ma’âlî al Juwaynî dit que les adeptes de la vérité admettent la possibilité des faits extraordinaires et des prodiges en faveur des saints, contrairement aux Mu’tazilites qui nient cela. Ensuite parmi les adeptes de la vérité il y a ceux qui considèrent que la condition du prodige c’est que le prodige (ou de ce qui sort de l’ordinaire) arrive sans qu’il n’y ait le choix ou préférence de la part du saint et ils soulignent que sous ce rapport, le prodige diffère du miracle. Mais pour l’Imâm Abu al Ma’âlî al Juwaynî cette position n’est pas fondée.


D’autres parmi eux, ajoute-t-il, admettent la possibilité de l’arrivée du prodige en vertu du choix mais ils interdisent son arrivée en vertu de la prétention et ils disent que lorsque le saint prétend avoir la sainteté du fait extraordinaire cela devient impossible. Et ces gens, dit-il, introduisent ce critère pour différencier le prodige du miracle. Mais pour lui cette attitude est également insatisfaisante. Il dit aussi : « Pour nous (les gens de son école) l’apparition des faits extraordinaires en compagnie de la prétention qui s’impose n’est pas impossible. ». Il ajoute : « Pour certains des gens de notre école ce qui est arrivé comme miracle au Prophète ne peut être envisagé comme possible en tant que prodige en faveur du saint. Ainsi il est impossible pour ces gens que la mer de scinde en deux ou que le bâton se transformer en serpent ou qu’on puisse ressusciter les morts comme prodige pour le saint. ».


Mais l’Imâm Abu al Ma’âlî estime que cette approche n’est pas non plus juste. " Ce qui est satisfaisant pour nous, dit-il, c’est la possibilité des faits extraordinaires dans la manifestation des prodiges. Car, ajoute-t-il, notre but c’est de fustiger ces doctrines et ces approches pour affirmer ce que nous considérons comme fondé. Quant à la différence entre le miracle et le prodige, dit-il, ils ne diffèrent, quant à la possibilité pour la raison, que par le fait que le miracle apparait selon la prétention d’assumer la prophétie et que le prodige arrive sans qu’on prétende à la prophétie."


L’imâm Abu al Ma’âlî ajoute qu’à l’occasion de la naissance de l’Envoyé d’Allah il y eut des signes qu’aucun homme appartenant à l’Islâm ne peut nier et ceci est arrivé avant l’avènement de la prophétie et de la mission. Or le miracle ne précède par la prétention de la prophétie donc c’était un prodige. Il dit aussi : Si un homme prétend arbitrairement que les signes dont nous avons parlé étaient des miracles pour tout prophète de chaque époque ceci constitue un abus d’ignorance de sa part, car si nous examinons les époques antérieures nous ne trouvons pas les signes auxquels nous tenons, liés à une prétention à la prophétie ou arrivés dans la compétition d’un compétiteur. Mais si ces gens arguent qu’ils sont arrivés en faveur des prophètes à l’exclusion du commun des mortels, nous dirons que la condition du miracle, c’est la prétention d’assumer la prophétie et si cette prétention fait défaut, le fait extraordinaire devient un prodige pour les prophètes avant leur avènement. Nous faisons de cette approche notre but pour affirmer l’existence des prodiges. Or au moment de la naissance de notre Prophète, il n’y avait pas de prophètes dot les signes soient confirmés. Et l’imâm Abu al Ma’âlî de conclure que les prodiges sont clairement établis scripturairement et rationnellement sur les plans de la possibilité et de l’effectivité.


Puis l’imâm Abu al Ma’âlî ajoute qu’avec d’autres savants en la matière sur la différence entre la magie et les prodiges c’est que la magie n’apparait que chez le libertin et que cela ne relève pas des exigences de la raison mais il est exclu du consensus de la communauté. Ensuite, dit-il, chez le libertin qui manifeste son libertinage n’atteste nullement la sainteté, car si le prodige conforme la sainteté ceux qui l’assument deviennent rassurés contre les mauvaises conséquences. Or cela est exclu pour celui qui prétend dans ces conditions incarner la sainteté.

Voilà ce que dit l’Imâm al Haramayn Abu al Ma’âlî al Juwaynî
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