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Les divergences dans le domaine de la Croyance
Muhammed al Ghazalî

Extrait de son livre مشكلات فى طريق الحياة الإسلامية
Traduit par le frère Razes pour le site www.aslama.com


Dans l'excellent livre مشكلات فى طريق الحياة الإسلامية (mouchkilates fi tariq el hayat el islamiya = Des problèmes sur la voie de la vie islamique), le Cheikh Mohamed Al Ghazali traite dans le 6éme chapitre de ce livre des divergences concernant la "Âqida".

Il considère que ceux qui font des divergences leur fond de commerce, commettent une grande trahison vis-à-vis de la Oumma.

Le Cheikh considère qu'il existe des divergences relevant de la jurisprudence et de la langue dont il ne faut guère s'inquiéter ; bien au contraire, il considère que cela fait partie de la nature humaine, de son intellect et de sa psychologie.

Cependant, ce qu'il considère comme blâmable, ce sont les divergences qui naissent de l'oisiveté et des discussions futiles et autres débats sans fin.

Ceci constitue un péché et un affaiblissement de la Oumma.

Le Cheikh [début de la traduction] :


Quand j'étais au Caire, quelqu'un est venu m'informer qu'une discorde "fitna" avait eu lieu à "Halwan" entre les fidèles d'une mosquée !

Je demandai pourquoi ?

On me répondit que le prédicateur de la mosquée avait posé une question alors qu'il était en chaire (sur le minbar) : Où est Allah ?!

Les fidèles s'étonnèrent de la question qui leur était posée ! Puis l'Imam se chargea de la réponse en disant : "Au ciel !"

Ensuite il cita un hadith connu s'y rapportant.

Certains fidèles se mirent en colère en entendant la réponse, ce qui étonna les autres fidèles, il s'en suivit un brouhaha et des voix s'élevèrent.

Les poils se dressèrent sur ma peau et une grande colère s'empara de moi.

Cette histoire du prédicateur et des opposants a été reprise et diffusée, et voilà que les débats et les discordes naissent à nouveau entre ceux qui se revendiquent des « salafs = les premières générations » et ceux qui se revendiquent des « khalafs = les générations suivantes ».

Je me suis dit alors que ceci était une bénédiction pour les Juifs et les Chrétiens, et une nouvelle calamité pour les pauvres Musulmans !

Je me suis vu dès lors contraint de courir ça et là pour apaiser le feu et occuper la Oumma par ce dont elle doit s'occuper.

Je dus également parler des divergences anciennes et contemporaines de façon à ressouder les rangs et repousser la discorde.


Le clair et l'équivoque - al Mouhkam wa al moutachabih

J'ai dit que dans le saint Coran il existe des versets clairs et d'autres ambigus. Cependant, quel est le pourcentage de l'ambigu par rapport au clair ?

Le clair (que l'on appelle mouhkam) constitue le noyau de la révélation et la base du livre, il est le fondement des obligations, ceci signifie que c'est vers lui que s'oriente la volonté des hommes de sciences, alors que l'ambigu a un espace limité : s'en occuper ou se baser sur lui constitue une déviance de la pensée et du coeur.

Il nous suffit de le prendre tel quel sans nous étendre sur le sujet ni chercher des complications, s'éterniser ne sert à rien car cela sera au dépend de ce qui est clair. On négligera alors ce qui est prioritaire car l'on aura gaspillé à autre chose le temps qui lui était réservé.

Une personne me dit : mais nos ancêtres ont divergé après avoir réfléchi, on ne peut nier cela. Dans le pays il y a des personnes qui s'attachent de façon fanatique au Salafs qui ont pris les versets selon leur sens apparent et il y en a d'autres qui s'attachent aux Khalafs qui ont interprété ces versets et leur ont trouvé des sens raisonnables. Que devons nous faire ?

Je répondis : Le fanatisme aveugle est refusé ! Quand on réfléchit bien, on trouve des éléments qu'il faut affirmer.

Les Salafs comme les Khalafs glorifient et louent leur Seigneur aussi bien les uns que les autres. Ils Le sanctifient, espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment. Tous croient en Son existence, qu'Il est l'Omnipotent et que rien n'est tel que Lui. Ce que Lui attribuent les Juifs et les Chrétiens comme corps, nombre ou tout autre phénomène humain est une grave erreur !!

Les expressions des Salafs et des Khalafs vont toutes vers ces objectifs.

La façon et le style peuvent différer, mais si la divergence entre eux ne relève pas du domaine du langage, elle en est très proche en tout cas.

Le Coran est un livre qui forge la certitude dans les coeurs, propage le bien dans la société, il parle aux serviteurs d'Allah pour leur faire connaitre Sa puissance et Sa grandeur, et les élever dans la piété.

Le Coran, qui a été révélé en langue Arabe, a donc suivi ses règles, ses styles imagés et ses métaphores.

Quand nous méditons de façon correcte sur le Livre Saint, nous suivons la voie droite.

Néanmoins, le cerveau humain a des errances qui lui suggèrent parfois de se poser des questions qui n'ont pas de réponses.

Si je mémorise le Coran, où est la place de ce qui est mémorisé ? Est-ce dans le coeur ou la tête ? Je ne sais pas ?

La mémoire est un dépôt étonnant, comment disparait dans ses abysses ce qu'on oublie, et flotte à sa surface ce dont on se souvient ? Je ne sais pas ! Et puis quelle est l'utilité d'insister sur ces interrogations si la réponse est au-dessus de ma capacité ?!

Est-ce que la fourmi sait comment le poète crée sa rime ou comment le professeur résoud une équation algébrique ? Elle ne le sait pas et ne le saura jamais !!

Alors pourquoi l'un d'entre nous essaye t'-il de connaitre les secrets et les mystères de l'essence divine alors qu'il ne se connait pas lui-même?




Les Salafs et les Khalafs

Et je suis revenu avec ma mémoire à la période de mes études à l'université d'Al Azhar, il y a de cela quelques cinquante ans.

Nous assistions au cours de la science du "Tawhid" et écoutions l'enseignant nous exposer des exemples de versets ambigus.

La parole d'Allah :

Le Tout Miséricordieux S'est établi "Istawa" sur le Trône.
Sourate Taha. V5

Et sa parole :

La main d'Allah est au-dessus de leurs mains.
Sourate al fath. V10

Après un long exposé, le Cheikh qui nous enseignait a dit :

"Et la méthode des Salafs est plus saine, alors que la méthode des Khalafs est plus sûre ! "

J'ai demandé pourquoi ?

Il me répondit : La méthode des Salafs est plus saine car moins sujette à l'erreur dans la définition du sens et elle tend mieux à espérer la récompense divine. En effet, elle s'éloigne du "Ta'awil" (interprétation) et accepte le "Tafwid" (délaissement du sens) comme il nous a été ordonné.

Cependant, la méthode des Khalafs est plus sûre, car elle est plus apte à répondre aux accusations des dénigreurs, et plus à même de repousser et de confondre les adversaires.

Et nous avions nous les étudiants accepté cela.

En analysant et en réfléchissant bien au problème, j'ai constaté que tous, les Salafs comme les Khalafs ont eu recours au "Ta'awil" de certains versets.

La parole d'Allah :

C'est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours puis Il S'est établi sur le Trône; Il sait ce qui pénètre dans la terre et ce qui en sort, et ce qui descend du ciel et ce qui y monte, et Il est avec vous où que vous soyez. Et Allah observe parfaitement ce que vous faites.
Sourate al Hadid. V4


Dans ce verset, il ne s'agit pas d'une présence d'essence mais de science.

Et sa parole :

Nous avons effectivement créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire
Sourate Qaf. V16

Ou sa parole :

Et que Nous sommes plus proche de lui que vous
Sourate al Waqi'â. V86

Il s'agit des anges et non de l'essence divine, c'est ce que disent les Salafs

Et à propos des interprétations des Khalafs, elles sont nombreuses :

Comme pour Sa parole :

Le Tout Miséricordieux S'est établi "Istawa" sur le Trône.
Sourate Taha. V5

L'établissement n'est pas l'installation et le contact, mais il s'agit de domination, etc.


J'avais penché pour l'avis des Salafs et ceci s'est vu dans mon livre "La foi du Musulman", cependant en creusant plus avant et après davantage de recherches, j'ai vu que le "Tafwid" est sollicité tant qu'il ne prête pas à un quelconque équivoque sur la ressemblance d'Allah avec ses créatures.

Et le "Ta'awil" est requis tant qu'il ne conclut pas à une négation des attributs divins.

Sur la base de ce qui précède, j'ai refusé la méthode des "moua'âtazilites" car influencés par la philosophie grecque, ils ont donné une image corrompue de la divinité !

J'ai refusé également le comportement de quelques extrémistes chez les Hanbalites car ils tendaient à favoriser la notion d'anthropomorphisme.


J'ai alors revu les paroles des savants à travers les siècles, et j'ai ainsi constaté que les paroles des uns confirmaient les paroles des autres ou presque. J'ai remarqué que l'espace qui sépare les uns des autres est ténu et que des combats acharnés entre eux n'ont pas leur place.

Abou Hamid al Ghazali (qui est un Imam des Khalafs = successeurs) déclare dans son livre "al Iqtissad fil i'âtiqad = la modération dans la croyance" :

Si on demande, quel est le sens de ce verset :

Le Tout Miséricordieux S'est établi "Istawa" sur le Trône."
Sourate Taha. V5

Quel est le sens de la parole du messager : "Allah descend chaque nuit dans le ciel terrestre" ?


Nous répondrons : il serait interminable de parler des sens apparents provenant des textes cités.

Nous allons donc fournir deux positions à adopter avec ces deux textes, cette méthodologie servira de repère pour les énoncés analogues.

La méthodologie est celle-ci : Les gens se divisent en deux catégories à propos de ce genre de textes, gens du commun et gens de science.

Ce que nous trouvons adapté et convenable pour les gens du commun est de ne pas les entraîner dans ces interprétations, mais plutôt enlever de leurs croyances tout ce qui tend à une quelconque ressemblance entre le Créateur et Ses créatures, et confirmer chez eux qu'Il est existant :


Il n'y a rien qui Lui ressemble; et c'est Lui l'Audient, le Clairvoyant.
Sourate al Choura. V12

Et s'ils posent des questions sur le sens de ces textes ambigus, il faut les réprimander et leur dire que ceci n'est pas de leur ressort, et que chaque science a ses hommes.

Il leur sera également répondu de la même manière qu'a répondu l'Imam "Malik" : "L'établissement est connu, le comment est ignoré, y croire est obligatoire et le questionnement à ce sujet est une innovation"

Ceci parce que l'esprit des masses ne peut accepter tous les phénomènes relevant du domaine du possible et du raisonnable, il n'a pas la maîtrise des langues et des secrets de la langue Arabe dans ses différents styles et métaphores.

Toutefois, en ce qui concerne les savants, ce qui convient le mieux pour eux est de connaître tout cela, de le comprendre et le maîtriser !

Je ne suis pas en train de dire qu'il s'agit d'une obligation individuelle, car nous n'avons reçu aucun commandement pour cela.

L'obligation est de L'exalter -gloire à Lui- de toute ressemblance à autrui.

De son côté, l'Imam an Nawawi mentionne dans son charh (commentaire) de "Sahih Mouslim" au sujet du hadith de la servante, dont le prédicateur de la mosquée de Halwan en avait fait son sujet, et ce dernier avait mal agi, très mal agi.

Il dit : Ce hadith fait partie des Hadiths d'attributs, il existe à son sujet deux méthodologies.

La 1ére : Croire en Lui sans entrer dans son comment, en ayant la croyance qu'Allah n'est semblable à rien et en Le distinguant et l'élevant des caractéristiques des créatures.


La 2éme : L'interpréter de manière convenable : celui qui énonce cela, affirme que le but était de tester la servante afin de savoir si elle était croyante monothéiste, admettant qu'Allah est le Créateur et qu'Il est Celui que l'invocateur argue en s'orientant vers le ciel, tel le fidèle qui s'oriente vers la Kaaba lorsqu'il fait sa prière, car le ciel est la Qibla des invocateurs tout comme la Kaaba est la Qibla des prieurs, ou bien si elle était idolâtre.

Quand elle a dit : au ciel, il a été acquis qu'elle était croyante et non adoratrice d'idoles.

L'Imam rapporte également du Qadi Îyad : "Il n'y a point de divergences entre tous les Musulmans, leurs Juristes (Faqihs), leurs Mouhadiths, leurs savants du Kalame, etc. en ce qui concerne les sens apparents que l'on trouve dans certains versets, tels que" :

"Etes-vous à l'abri que Celui qui est au ciel vous enfouisse en la terre ? Et voici qu'elle tremble !" Sourate 67. V16

Et les versets analogues, ne se commentent pas selon leurs sens apparent et littéral, mais sont plutôt interprétables chez tous."

Fin de citation de Nawawi



L'excès dans le "Ta'awil", comme c'est le cas des "Moua'âtazilites", a fait disparaître des coeurs la crainte d'Allah, tout comme il fait choir ceux qui le pratiquent dans des contradictions étonnantes, car comment peut-on dire d'Allah qu'il est savant sans science ou puissant sans puissance ?!

Cette façon de raisonner est une mauvaise imitation d'Aristote qui a dénué son Dieu de tout attribut, un Dieu qui se contemple sans plus.

Les "Moua'âtazilites" avaient plus d'audace à interpréter les textes qu'a critiquer les philosophes.

C'est vraiment un comportement blâmable.




Les dangers de l'Anthropomorphisme


On trouve par ailleurs un autre genre qui prétend le "Tafwid" et la "Salafiya", qui pourchasse des textes obscurs dont l'authenticité est douteuse et en tire d'eux les croyances !

Il pourchasse des textes ça et là, fait des raccourcis entre eux, pour aboutir finalement à une forme dAnthropomorphisme (tajssim) que les Musulmans ne connaissent pas, ni les Salafs ni les Khalafs.


Il ne faut pas être impressionné par les titres et les noms, certains ont prétendu qu'Ibn Khouzeyma et le fils de l'Imam Ahmed sont de ceux qui ont adopté ces positions et ont formé un groupe de vauriens.

Ce groupe a causé quelques troubles à Bagdad puis est tombé dans l'oubli.

Il est mentionné dans "al Kamil" d'Ibn El Athir que le Calife Abbasside "al Radi Billah" a promulgué un édit à leur encontre, lequel contient ce qui suit : "...vous prétendez que la laideur de vos visages est à l'image du Seigneur des mondes, et que votre forme hideuse est identique à Sa forme ! Vous citez les mains, les doigts et les pieds, l'ascension dans le ciel et la descente sur terre, Que S'élève Allah et qu'Il soit soustrait de ce que disent les injustes et les négateurs, comme il se doit à Sa gloire, etc."

Cela se passa au 4éme siècle de l'hégire, année 323h.


Ibn Assakir mentionne également dans son livre "Démonstration du mensonge de celui qui ment à propos d'Abou El Hassan El Asha'âri" : "Ces adeptes de l'anthropomorphisme n'ont rien voulu savoir et ont déclaré que l'Adoré (Allah) a un pied, des dents, des angles et qu'Il descend sur terre en personne sous la forme d'un jeune homme !" etc.


Les savants Shaféites qui ont prévenu le gouverneur à leur sujet, les ont décrits comme étant un groupe de racailles, de vauriens qui se revendiquent Hanbalites !

Ils ont demandé au gouverneur de prendre des sanctions à leur encontre.

L'Imam "Ahmed" est bien entendu innocent quant à cette attribution.

Il n'a jamais été un adepte de l'anthropomorphisme (mouchabih), ni un déviant de la voie.

Nous allons lire, au sujet du comportement de ces idiots, un commentaire issu du livre de "Ibn al Jawzi" livre intitulé "Sayd al Khatir" : "Je suis étonné du comportement de certaines personnes qui prétendent posséder la science puis glissent vers le "Tachbih" (énoncer ce qui suppose qu'il existe une ressemblance d'Allah avec Ses créatures) en comprenant les textes de manière littérale.

S'ils avaient fait passer ces textes tels qu'ils nous sont parvenus, cela aurait été plus salutaire pour eux, car celui qui fait passer sans s'impliquer, n'a rien affirmé, ni pour lui ni contre lui !"


"Mais certains dont la part de science est infime, ont considéré qu'interpréter les textes d'une manière différente que le sens apparent est une forme de négation (ta'atil), or s'ils avaient saisi l'étendue de la langue, ils n'auraient pas dit cela.

Ils sont à l'exemple de ce qu'a dit "El Hajaj", quand "El Khansa'a" lui a fait un poème d'éloges.

Il avait dit à son secrétaire après qu'elle ai terminé son poème :

"Coupe lui la langue !" Alors le secrétaire "simplet" a saisi un couteau !

"El Khansa'a" lui dit : "Malheur à toi, il voulait (al hajaj) dire donne lui une récompense généreuse !!"

Puis elle a été voir "al Hajaj" en lui disant : "Par Allah, il a failli me couper la langue !"


[Note : Par l'expression arabe (Iqta'â lissanaha), il voulait dire que la récompense doit être à la hauteur des éloges prononcés par sa langue.]


Pareil pour les Dhahirites qui ne se sont pas arrêtés au "Tafwid", car celui qui lit les versets et les hadiths et n'ajoute rien, point de reproches à lui faire, et ceci est la méthode des Salafs.

Mais celui qui dit que le hadith implique ceci, se comprend ainsi, par exemple : "Qu'Il S'est établit sur le Trône réellement en personne (bidatihi), et qu'Il descend au ciel terrestre bidatihi !", ceci est un ajout compris par celui l'a dit, de sa perception personnelle et non du texte !!

Et je suis étonné qu'un homme d'Andalousie nommé "Ibn Abdilbar"
(ici une intervention du Cheikh El Ghazali pour dire qu'Ibn Abdilbar était un grand savant, et qu'il n'appréciait pas la façon dont Ibn El Jawzi parlait de lui comme de n'importe qui) qui a écrit le livre "al Tamhid = L'introduction", dans lequel il a mentionné le hadith de la descente d'Allah au ciel terrestre, a dit : "Ceci prouve qu'Il est sur le Trône, sinon la parole du prophète "Il descend" n'aurait aucun sens" !

Il s'agit là des paroles d'un ignorant, qui méconnaît la compréhension d'Allah, car celui-là a déduit de sa perception, de ce qu'il connait de la descente des corps, alors il en a fait l'analogie avec Allah ! Qu'en est il du suivi des textes pour ces gens là ?

Ils ont prononcé les pires paroles que peuvent énoncer ceux qui interprètent, puis ils ont critiqué les "moutakalimines" ?

Sache, ô toi qui cherche la bonne guidée, qu'il s'est établi chez nous deux principes tirés des textes et de la raison, les textes se comprennent à la lumière de ces deux principes.

Concernant le texte : nous avons Sa parole -qu'Il soit exalté-

"Il n'y a rien qui Lui ressemble; et c'est Lui l'Audient, le Clairvoyant." Sourate El Choura. V12

Celui qui comprend cela, ne fera jamais dire aux textes d'attributs ce qui implique le physique.

Concernant la raison : il est de notoriété que le Créateur est différent des choses créées, et il a été prouvé l'apparition de ces choses à l'existence, à cause de leurs changements et parce qu'elles acceptent la métamorphose et l'interaction. De ce fait cela prouve le "Qidam" (l'éternité) du Créateur, qui Lui existe depuis toujours."



Puis Ibn al Jawzi a poursuivi la démonstration de son point de vue et a répondu aux "mouchabiha" (= ceux qui affirment qu'Allah possède des attributs impliquant une ressemblance avec les créatures) et il a interprété les textes qui peuvent laisser croire en leurs apparences de telles choses.

N'est il pas mentionné dans le Hadith Sahih que la mort sera égorgée entre le paradis et l'enfer ?

Puis il s'interroge : comment peut-on imaginer raisonnablement l'égorgement de la mort ? Et comment interpréter ce Hadith ?

La réponse est que ces paroles sont citées à titre de parabole, et l'image rapportée est une façon de rapprocher l'idée de la propre mort de la mort et de l'éternité des gens rétribués dans ce qu'ils auront obtenu. (Paradis ou enfer)

Pareil pour le Hadith Sahih, que les Sourates "al Baqara et al Imran" viendront tels deux nuages = Les paroles ne sauraient être un nuage ! Ce qui est voulu est la venue de la récompense de la récitation.

Quelle est la preuve qui permet de détourner ces textes ?

Nous savons que les paroles ne ressemblent pas aux corps, et que la mort ne s'égorge pas comme une autruche !!

Alors si nous repoussons de la mort et des paroles ce qui ne leur sied pas, ne devrions nous pas, à plus forte raison, repousser d'Allah ce qui le rend semblable à ses créatures alors que nous possédons en cela les preuves des textes et de la raison ?! »


Ensuite Ibn al Jawzi énonce des éléments qui rejoignent un peu ce que dit Abou Hamid al Ghazali tel que, ceci doit être réservé aux gens de science et que cette science d'interprétation et du Kalame est dangereuse pour les masses.

Il a même été plus loin qu'Abou Hamid al Ghazali sur ce point, considérant comme une trahison envers la mission des messagers le fait de troubler les masses par ce genre de questions.

Les messagers se sont efforcés de réaliser "l'Ithbate", ce qui signifie confirmer auprès des peuples l'existence d'Allah, qu'Il est le Créateur.

C'est ce qu'il faut s'efforcer de confirmer auprès d'eux.

La démonstration de ceci est qu'Allah a informé qu'Il S'est établi sur le Trône, alors l'esprit des gens s'est apaisé grâce à l'affirmation d'un Dieu et de Son existence.

Allah dit :

Seule subsistera La Face [Wajh] de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse.
Sourate al Rahman. V27.

Et il dit :

Et les Juifs disent : "La main d'Allah est fermée !" Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l'avoir dit. Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut.
Sourate El Ma'eda. V64.

Il dit :

N'as-tu pas vu ceux qui ont pris pour alliés des gens contre qui Allah S'est courroucé ?
Sourate al Moujadala. V14.

Et aussi :

Allah les a agréés et eux L'ont agréé. Voilà l'énorme succès.
Sourate El Ma'ida. V119.

Le Messager nous a par ailleurs informé qu'Allah descend au ciel terrestre, et il a aussi dit : "Les coeurs des hommes sont entre deux doigts du Miséricordieux."

Et ainsi de suite, mais il serait fastidieux de citer tous les textes.

Quand le coeur de la personne du commun et de l'enfant se remplit de l'affirmation "El Ithbate" il lui sera dit :


Il n'y a rien qui Lui ressemble; et c'est Lui l'Audient, le Clairvoyant.
Sourate al Choura. V12

Alors s'effacera de son coeur ce que l'imagination lui suggère.

La plupart des gens ne connaissent l'affirmation qu'à travers ce dont ils ont l'habitude de percevoir, alors le Créateur accepte et tolère, jusqu'à ce qu'ils comprennent le "Tanzih" (l'exaltation d'Allah de toutes imperfections)

Mais si nous commençons par dire à l'homme du commun qu'Allah n'est pas dans le ciel ni sur le Trône, et qu'il ne peut lui être attribué la main, etc, alors il ne se réalisera pas en lui la confirmation et ce sera un énorme crime à l'encontre des messagers.

Cela signifie que cette attitude, purement rationnelle, détruit ce que les prophètes se sont efforcé de bâtir.

L'affaire ne nécessite pas d'interpréter la main par la grâce ou la puissance, ni d'expliquer le Hadith des coeurs entre deux doigts, que les coeurs sont entre deux signes parmi les signes de la Seigneurialité (roboubia), signes qui sont le maintien sur la voie droite et l'égarement de cette voie, et ainsi de suite, de ce qu'ont mentionné les gens du "Ta'awil" à propos des textes ambigus.

La meilleure chose qu'il convient de faire est de dire :


"Faites passer ces choses telles qu'elles sont venues, et ne leur attachez pas de "Ta'awil".

Après cela Ibn al Jawzi dit : Celui qui a compris ce chapitre sera à l’abri du "Tachbih" des "Moujassimines" d’un côté et à l’abri de la négation "ta’atil" des négateurs "Moua’atilines".

Il se tiendra à la voie des Salafs…


Les critiques d’Ibn al Jawzi l’ont accusé de contradiction !

Ceci est une injustice vis-à-vis de l’homme, car Ibn al Jawzi tient beaucoup aux vérités de la religion et à exalter et purifier Allah et le glorifier.

Il s’est senti obligé de sauver l’Islam de deux sortes de mouvements de pensées dangereux :


Ceux qui ont une vision physique, candide et qui comprennent l’essence divine avec l’imagination des enfants.

Ceux, à la vision purement rationnelle, qui ont décrit la divinité comme un concept qui ne cesse de s’élever jusqu’à ce qu’il disparaisse carrément des regards…



Conclusion

Puisque le "Ta’awil" est une nécessité pour expliquer certains textes, et puisque les Salafs comme les Khalafs ont été obligés d'y avoir recours aussi bien les uns que les autres :

Alors nous sommes avec les Salafs, on fait le "Tafwid" en refusant l’anthropomorphisme (tajssim) et nous sommes avec les Khalafs, nous faisons le "Ta’awil" en refusant la négation des attributs (Ta’âtil)… !

La meilleure conduite est que l’on s’intéresse à ce qui est clair dans la révélation, lui consacrant notre attention, et que l’on dépasse ce qui est équivoque en s’abstenant de réfléchir, car le cerveau humain n’a pas la compétence de traiter de ce qui est au-delà de la matiére.

Ceci en affirmant que la différence est grande entre ce que la raison peut juger de son impossibilité et ce dont elle est incapable de comprendre.

En effet, que les trois ne font qu’un est impossible (allusion au crédo de la trinité), mais que Dieu soit éternel, qu’Il n’a ni début ni fin, est une vérité même si sa compréhension dépasse la raison.

Ai-je bien agi en arrivant à cette conclusion ?

J'ai fourni un effort (allusion à son ijtihad), j'ai soulagé ma conscience et servi la Oumma !

Mais des gens diront : non ! ce n'est pas la conclusion qu'on espérait !

A ces frères je soumettrai ces observations

De nouveaux ennemis ont pris la place d'autres, et de nouvelles armes en ont remplacé d'autres, alors que changent les moyens de défense !

J'écoutais le Cheikh (quand il était étudiant) en classe, alors qu'il déclarait la position de l'Islam vis-à-vis des Philosophes, il prononçait un poème dont voici le début :

"Par les trois ont mécru les philosophes transgresseurs !!"

Et il regardait un coin de la classe, comme si les philosophes étaient assis là-bas en train d'écouter les chefs d'accusations.

Les trois cités sont, leur parole sur la préeternité du monde (Qidam El âlame), la négation de la rétribution physique et la négation de la science d'Allah concernant les détails.

Ces accusés sont morts, d'autres mécréants ont surgi à leurs places et ils ont d'autres thèses

Sont terminées les errances des "Jahmiya", "Karamiya" et autres, leurs questions peuvent être étudiées avec tout l'héritage de pensée qui s'ensuit, mais l'attention doit-être orientée vers d'autres formes de déviances apparues dans le monde

Le jour où le cerveau humain croira en Allah tel que l'a décrit le Noble Coran, il n'aura alors cure des anciennes polémiques, il ne s'arrêtera pas longtemps devant les textes équivoques.

Il sera un cerveau qui refusera de chercher à comprendre et à percer les secrets et les mystères de la lumière, mais qui saura se servir de la lumière dans tous les domaines de sa vie.

Oui ce jour où le cerveau croira ainsi, il dépassera certainement les discussions futiles et autres polémiques que crée l'oisiveté !

L'essentiel est qu'on fasse qu'il croit !

Le combat des Musulmans avec leurs adversaires s'est déplacé vers des domaines que nous devons étudier.

Nous devons nous y préparer avec un cerveau qui comprend aussi bien la révélation que l'univers.

Il se trouve parmi les jeunes Musulmans des groupes bizarres, chez lesquels on trouve l'héritage de la pensée des "Khawarij", le Fiqh des "Dhahirites" et l'imagination des "Anthropomorphistes" (al moujassimines) !

Parmi eux, il en existe qui essaye d'élever sa bassesse en insultant les Imams (savants) sous la bannière de la Sunna, et d'autres qui ressuscitent les anciennes superstitions au nom de la religion pure, d'autres encore combattent l'évolution et la civilisation au nom de la piété et de la sauvegarde des principes de la religion..


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