AccueilRechercherS'enregistrerConnexion



Partagez | 






Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 




La musique en Islam
Compilation d'avis







Nous allons ici compiler le plus d'avis possible sur la musique et le chant tout en sachant par avance que :




« L'interdiction de la musique instrumentale est également la position retenue de toutes les quatre écoles de jurisprudence sunnite :

L'école Hanafite (Ibn ‘Abidin, Radd al-muhtar ‘ala al-durr al-mukhtar. 5 vols. Bulaq 1272/1855. Réimpression. Beyrouth: Dar Ihya’ al-Turath al-‘Arabi, 1407/1987, 5.253),

L'école Malékite (al-Dardir, al-Sharh al-saghir ‘ala Aqrab al-masalik ila madhhab al-Imam Malik. 4 vols. Le Caire: Dar al-Ma‘arif, 1394/1974, 2.502),

L'école Chafi'ite (al-Nawawi, Minhaj al-talibin, 152),

L'école Hanbalite (al-Bahuti, Kashshaf al-qina‘ ‘an matn al-Iqna‘. 6 vols. Beyrouth: Dar al-Fikr, 1402/1982, 5.170).

Les lecteurs qui connaissent la littérature du fiqh remarqueront que chacun de ces ouvrages est la référence pour la fatwa dans son école. »



[Chaykh Nuh Ha Mim Keller]












Voici pour commencer une conférence audio du Docteur Hassan Amdouni (auteur de pas mal de livres, informations ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_Amdouni)

La conférence est longue, en 13 parties d'environ 10mn chacune, mais bénéfique in châ Allah

Le Docteur ne prend aucune position, il se contente simplement de citer les avis de tout le monde, et les preuves qui vont avec (les avis les plus restrictifs qui vont jusqu'a l'interdiction du chant brut, en passant par ceux qui condamnent les instruments a vent, jusqu'a ceux qui autorisent la musique en certaines circonstances etc...)

Mais avant d'être un exposé de tous ces avis c'est un réel appel à respecter la divergeance et les avis des savants que nous soyons d'accord ou non avec eux

En effet comme le précise le docteur, chacun a ses preuves, chacun a sa façon de les aborder (fiabilité des hadiths, des rapporteurs), ainsi que d'aborder les Usul al Fiqh (, hadith rapporté par une seule personne, ou l'attitude et actes des sahabi sont une source pour certains, pour d'autres non) et les débats a polémique qui font fureur de nos jours dans la Oumma (niqab, musique etc...) ont des siècles et des siècles, ils ne sont pas nouveaux les divergeances datent des premières années de l'Islam!

Donc dire tel groupe est égaré car ceci, tel groupe est ceci car cela c'est d'un coté ou de l'autre accuser de grands savants du passé d'être "égaré" ou ceci ou cela...

La Partie 1 et un morceau de la partie 2 sont une introduction au sujet un appel a respecter la divergeance et éviter les polémiques etc....

C'est dans les partie suivantes qu'il rentre dans le vif du sujet.






Partie 1





Partie 2








Partie 3








Partie 4







Partie 5







Partie 6








Partie 7







Partie 8







Partie 9







Partie 10








Partie 11










Partie 12










Partie 13



Revenir en haut Aller en bas




La Musique
Selon l'école Hanafite
Muhammad ibn Adam al-Kawthari
Traduit par le frère Salah Ad dîn de sunnipath.com



Au nom d'Allâh, le Clément, le Miséricordieux,

Le pire des scénarios est celui dans lequel une personne est infecté par une maladie mais que cette personne refuse d'y croire [qu'il est infecté par cette maladie].

Ce phénomène est accepté et reconnu concernant les maladies et les maux qui affectent le corps physique, cependant, il est également vrai quant aux maladies et aux maux spirituels.

Quand une personne commet un péché, (puisse Allâh nous en préserver) croyant qu'un péché est commis et qui ressent des regrets et des remords au coeur, alors ceci est bien meilleur qu'une personne qui commet un péché, en pensant que celui-ci est licite (hallâl).

Dans le premier cas, seul un péché est commis et il est fort probable que l'individu se repente à cause des remords qu'il a ressenti. Dans le dernier cas, cependant, en plus du péché commis, il y'a un péché plus grand du fait qu'on essaye de le justifier. Normalement, un tel individu ne reçoit pas la guidée pour se repentir de son péché (puisse Allâh nous en sauver, amîne).



Sommaire :

La musique et les chants
Les nuisances et les effets de la musique
Effet physique de la musique
Devenir insouciant d'Allah
Valeurs nons Islamiques
La différence entre la sagesse légale et les raisons légales
Regles concernants les instruments de musiques et les chants illégaux
La guidance du Messager d'Allâh
Rapport des Oulâma
Conclusion





La musique et les chants


Le cas de la musique et du chant non légiféré est identique. Il a été décisivement interdit par la Législation Islamique (sharîah), comme les preuves le montreront tout au long [de cette fatâwa].

Pourtant il y a des individus qui ne sont pas prêts à croire que cela est interdit (harâm).

De nos jours, la musique est répandue à tel point que personne n'est exempte d'elle. Des individus sont confrontés à des situations où ils sont forcés d'écouter la musique.

Elle est présente dans presque tous les grands magasins et supermarchés. Si vous vous asseyez dans un taxi, passez un coup de fil, ou même descendez dans la rue, vous ne serez pas sauvés de ce mal. Les jeunes musulmans conduisent leurs voitures avec de la musique à fond.

La popularité croissante de la musique, qui est répandue dans notre société, constitue une grande menace pour les musulmans.

La musique est un stratagème direct des nons-Musulmans. Une des causes principales du déclin des musulmans est leur participation au divertissement inutile. Aujourd'hui nous voyons que les musulmans sont impliqués, au premier rang peut être, dans beaucoup d'immoralités et de maux.

La puissance spirituelle qui était par le passé le trait d'un musulman n'est plus visible... Une des raisons principales de ceci est la musique et le divertissement futile.





Les nuisances et les effets de la musique


Nous devrions nous rendre compte que rien n'a été interdit par le Créateur Tout-Puissant sauf ce qui est nocif aux musulmans et à la société dans son ensemble.

Il y'a de grands inconvénients et de mauvais effets dans la musique. L'Islam interdit totalement la fornication et également les choses qui mènent à ceci.


Allâh le Très Haut a dit :

﴾ Et n'approchez point la fornication. En vérité, c'est une turpitude et quel mauvais chemin ! ﴿
(Sourate 17:32)


L'Islam interdit non seulement l'adultère et la fornication, mais également les choses qui peuvent mener à elles. C'est la raison pour laqulle le Qû`rân ordonne aux musulmans hommes et femmes de baisser le regard.

Il interdit à quelqu'un de rester seul avec quelqu'un du sexe opposé (khalwa). Les relations informelles [sans mariage] avec une personne du sexe opposé sont également interdites.

C'est également l'une des raisons principales de la prohibition de la musique, en tant donné que celle-ci a un effet émotif, crée l'éveil, la passion et l'excitation, et mène également à de divers changements psychologiquesy chez une personne.

C'est un fait prouvé psychologique que deux choses jouent un rôle dans l'éveil du désir humain, l'un étant la voix d'une femelle (pour les hommes) et l'autre étant la musique.


Ceci est la raison pour laquelle Allâh le Très Haut a dit :

﴾ Ô femmes du Prophète ! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le coeur est malade [l'hypocrite] ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent ﴿
(Sourate 33:32)



Ainsi, l'Islam interdit d'écouter la voix d'une femme avec la convoitise et désir. Le grand savant Hanafite, Ibn Abidin (rahmatoullâh aleyhi) a dit :

« Il est permis pour les femmes de converser avec des hommes qui ne sont pas leur mahram en cas de besoin (et vice versa). Cependant, ce qui n'est pas permis est qu'elles s'étendent, se ramollit (changent le ton de leur voix) et élève leur voix d'une manière mélodieuse » (Radd al-Muhtar, V.1, P. 406)


De même, il est également interdit que les femmes écoutent la voix des hommes qui ne sont pas leur Mahram avec la convoitise et le désir.
Un des grands penseurs de l'occident a dit : « La voix est l'une des manières les plus rapides qui incitent une femme à tomber amoureuse d'un homme. C'est la raison pour laquelle beaucoup de femmes adorent des chanteurs »


Le Messager d'Allâh (sallallâhou aleyhi wa sallâm) étais également circonspect de ce fait quand il dit au compagnon Bara Ibn Malik :
« O Bara! Fais en sorte que les femmes n'entendent pas ta voix. »
(Kanz al-Ummal, 7:322))

La même (chose) a été également rapporté du compagnon Anjasha (radhia Allâhou anhou).





Effet physique de la musique


Les expériences effectuées par des médecins et des chercheurs confirment que la musique est telle qu'elle affecte non seulement le cerveau, mais chaque organe du corps. Il y a un rapport étroit entre la musique et les mouvements corporels.

Il est également prouvé que la musique affecte les émotions, augmente l'éveil en termes de vigilance et d'excitation et mène également à de divers changements psychologiques de la personne.

Dans une expérience, on a pu constaté qu'écouter un type modéré de musique a augmenté le battement normal du coeur, cependant, en écoutant le rock les battements de coeur a augmenté encore, pourtant les gens réclament que la musique n'a aucun effet.

En conclusion, la musique et les instruments utilisés pour chanter sont une cause pour réveiller le désir sexuel d'un individu. Elle pourrait même mener une personne à l'adultère et à la fornication. Par conséquent, l'Islam préfère prévenir que guérir. C'est également l'un des principes de la jurisprudence Islamique, à savoir "bloquer les moyens" (sadd al-dhara'i).

Ceci est basé sur l'idée d'empêcher un mal avant qu'il ne se matérialise réellement, et préserver son coeur dans la guidance du Qû`rân et de la Sounnâ. L'empêchement du mal est la priorité même si le réaliser comporte des avantages possibles.




Devenir insouciant d'Allah



Une des nuisances de la musique est qu'elle provoque la distraction de Notre Créateur. Elle sert de moyens provisoires pour procurer du plaisir et de la satisfaction, ce qui a pour conséquence que quelqu'un oublie qui il est réellement et pourquoi il a eté crée.

C'est la raison pour laquelle des instruments musicaux sont connus dans la langue arabe comme "malaahi" ce qui a pour signification les instruments qui empêchent les gens de se souvenir de la puissance d'Allâh.

L'homme a été créé pour un but noble. Allâh le Très Haut dit :


﴾ Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour M'adorer ﴿
(Sourate 51:56)

La musique et les divertissements futiles abaissent l'homme à des plaisirs physiques et lui empêche d'acceder aux véritables gains spirituels. En conclusion, la musique a un grand rôle à jouer en empêchant l'homme de réaliser le but de la création.




Valeurs nons Islamiques


Un autre mal de la musique est qu'elle installe les idéologies des nons-musulmans dans le coeur et l'esprit. Les messages de la musique d'aujourd'hui ont pour thèmes généraux l'amour, la fornication, les drogues et de la liberté. Nous constatons que le monde entier est hanté par l'idée du koufr, de la liberté non restreinte, [c.-à-d. liberté de la parole et de mouvement] etc…

Cette idée de la liberté, « c'est ma vie, je fais ce que je veux » est un thème prédominant de la musique aujourd'hui. Ceci est employé comme des moyens de forger des idéologies occidentales dans les coeurs et les esprits, qui sont totalement contraires aux valeurs et aux enseignements Islamiques.







La différence entre la sagesse légale et les raisons légales


Ce qui précède est juste une partie de maux et des effets néfastes de la musique. On se doit rappeler ici la sagesse derrière cette prohibition de la musique et laisser [quelques instants] la raison [de coté] (illah). Les règles de la Shari`a sont basées sur la raison et non la sagesse. En d'autres termes si la nuisance pour la prohibition de la musique est pris en compte, il ne rend pas la musique permise.

Un exemple qui illustre bien ce fait est que la sagesse derrière la prohibition du vin et de l'alcool est qu'elle crée l'hostilité et la haine entre les personnes et empêche le souvenir d'Allâh. La raison, cependant, est que c'est une substance intoxiquante.

Maintenant [si je me fie uniquement à la sagesse derrière cette Prohibition], j'affirmerais que le vin sera hallâl pour moi, car je m'enfermerais à clef après avoir bu du vin, ainsi aucune discorde ne serait causée.

N'importe quelle personne raisonnable conclura que cette personne qui tient ce raisonnement a tort, car le vin est harâm, que vous causiez n'importe quelle discorde ou causiez du tord aux autres ou non.

La raison de cette interdiction étant que le vin est intoxicant, indépendamment du fait, que la sagesse soit présente ou pas.

C'est la même chose avec la musique. Si quelqu'un est sauvé des maux mentionnés, alors la musique restera quand même harâm. Il ne peut pas la juger permise, même s'il juge être sauvé de ses nuisances. C'est un principe bien établi en science d'Oussoul Al Fiqh.





Regles concernants les instruments de musiques et les chants illégaux




À la lumière des preuves qui seront mentionnées ulterieurement, ce qui suit est interdit dans la shâri`â :

Les instruments musicaux qui sont exclusivement conçus pour le divertissement et la danse, qui créent le charme, le plaisir et un sentiment agréable vis à vis de son égo (même sans chant), comme le tambour, le violon, la guitare, le violon, la cannelure, le luth, la mandoline, l'harmonica, le piano, la corde etc tout cela est interdit à l'usage dans n'importe quelle circonstance.

Il y a un consensus dans la communautée entière à ce sujet. Depuis le premier siècle, les compagnons (sahâba), leurs disciples (tabi`în), juristes (foûqâhâ) et les savants ont été généralement unanimes sur cette règle.
Le chant qui cause un péché est également interdit selon le consensus des savants, tels que les chansons qui distrayent des choses obligatoires (fârd & wadjîb)

Chaque chant qui est accompagné d'autre péché, tels que les chansons qui se composent de thèmes illicites, immoraux, et sexuels, ou qui sont chantés par des femmes nons mahram, etc. sont considérés comme interdits. Cette règle fais l'unanimité chez les savants.
Preuves

Il y a des nombreuses preuves dans le Qû`rân et la Sounnâ qui soutiennent ce point de vue. Nous essayerons d'en examiner quelques uns :


Allâh le Très Haut a dit :


﴾ Et, parmi les hommes, il est [quelqu'un] qui, dénué de science, achète de plaisants discours pour égarer hors du chemin d'Allah et pour le prendre en raillerie. Ceux-là subiront un châtiment avilissant ﴿
(Sourate 31:6)

Le grand compagnon, Abd'Allâh Ibn Ma'soûd (radhia Allâhou anhou) a dit à propos de l'expression "plaisants discours" : « Par Allâh, il s'agit de la musique! » (Sunan al-Bayhaqi, 1:223 & authentifié par al-Hakim dans son Mustadrak, 2:411)

L'Imam Ibn Abi Shayba a relaté qu'Ibn Masoud (radhia Allâhou anhou) a dit : « Je jure par Celui en dehors de Qui il n'y a point de Dieu que cela se réfère à la musique » (132:5)

Le Grand compagnon et exègete du Coran, Abd'Allâh Ibn Abbâs (radhia Allâhou anhou) a dit : « La signification de ce mot est la musique, les chants et tout ce qui s'y rapporte » (Sunan al-Bayhaqi, 1:221 & Musannaf Ibn abi Shayba, 132:5)

Il a aussi affirmé : « La musique et l'écoute des chanteuses » (Musannaf Ibn Abi Shayba, 132:5)

Hasan Al Basri (qu'Allâh lui fasse Miséricorde) a dit : « Ce verset a été révélé par rapport aux chants et aux instruments de musique »
(Tafsir ibn Kathir 3:442)

La même explication a egalement été rapportée par Moujahid, Ikrima, Ibrahim Nakha'i, Makhul et d'autres (radhia Allâhou anhoum).

Le verset ci-dessus du Qû`rân additionné aux Exégèses concernant sa signification sont clairs quant à l'interdiction de la musique.
Il sert également d'avertissement grave pour ceux qui sont impliqués dans le commerce de la musique de quelconque façon, sur le fond et sur la forme dont Allah les a avertis « de la punition humiliante ».

Quant à ceux qui disent que le verset se rapporte aux choses qui empêchent le souvenir d'Allâh et non pas de musique, ils ne contredisent en rien l'explication mentionnée ci-dessus.

L'interprétation du verset avec les « choses qui empêchent le souvenir d'Allah » est une interprétation plus générale. Celle-ci inclut la musique et la chanson, en tant qu'un des premiers maux qui empechent le souvenir d'Allâh. C'est la raison pour laquelle la majorité des exegetes du Qû`rân ont interprété ce verset avec la musique seulement, ou avec tous ces actes qui empêchent d'acceder à la Verité avec la musique au premier rang.

Allah Le Très Haut dit tout en décrivant les attributs des serviteurs du Misericordieux :

﴾ Ceux qui ne donnent pas de faux témoignages; et qui, lorsqu'ils passent auprès d'une frivolité, s'en écartent noblement ﴿
(Sourate 25:72)




L'Imam Abu Bakr al-Jassas rapporte de Sayyidina Abou Hanifa (rahmatoullâh aleyhi) que la signification de "frivolité" (zur) est la musique et les chants (Ahkam al-Qur’an 3:428).



Allâh le Très Haut a dit à Shaytan :

﴾ Excite, par ta voix, ceux d'entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants et fais-leur des promesses. Or, le Diable ne leur fait des promesses qu'en tromperie ﴿
(Sourate 17:64)

Le grand exégète Moudjahid (rahmatoullah aleyhi) a interpretéle mot "voix (sawt)" à la musique et à la danse et aux choses futiles de ce genre. (Ruh al-Ma’ani, 15:111)

L'Imam Souyouti (rahmatoullah aleyhi) a cité Moudjahid en disant : « La voix dans ce verset correspond à la flute et aux chants. » (al-Iklil fi istinbat al-tanzil, 1444)

Un autre exégète, Dahhak (rahmatoullah aleyhi) a également interprété le mot "sawt" par la flute. (Qurtubi, al-Jami` li Ahkam al-Qur’an 10:288)
Ici également, une interprétation générale peut être donnée, comme effectivement quelques exégètes du Coran ont procédé, mais cela, comme on l'a expliqué précédemment, ne contredit pas les explications fournies par Moudjahid et Dahhak, étant donnés que celles-ci sont incluses dans la signification la plus large et la plus générale.



La guidance du Messager d'Allâh


Il y'a de nombreux ahâdith dans lesquels le Prophète Bien-Aimé () interdit la musique et l'usage d'instruments de musique, à tel point que les Oulâma ont en recueilli près dequarante, dont la chaine de transmission de certains est saine (sahîh), certains bons (hasân) et d'autres faibles (dhaîf). Nous allons en mentionner ici quelques uns :

Sayyidina Abou Malik Al Asha'ri (radhia Allâhou anhou) rapporte que le Prophète a dit : « Il y aura parmi ma oummah (communauté) des gens qui considéreront le vin, le porc, la soie (pour les hommes) et les instruments de musique (ma'âzif) comme étant licites. » (Boukhâry)


Sayyidina Abou Malik Al Asha'ri (radhia Allâhou anhou) raconte un hadith similaire mais avec des paroles différentes. Il rapporte que le Messager d'Allâh a dit : « Apparaîtront des gens de ma Communauté qui boiront l’alcool en lui donnant un autre nom. On jouera pour eux des instruments de musique et des chanteuses chanteront pour eux. Dieu les engloutira alors dans la Terre et il fera d’eux des singes et des porcs » (Sahih Ibn Hibban & Sunan Ibn Majah, avec une chaine de narration authentique)


Dans ces deux narrations, le mot ma`azif est mentionné. Les savants de la langue arabe sont unanimes pour dire qu'il se réfère aux instruments de musique. (Ibn Manzur, Lisan al-Arab, V.9, P.189).

L'interdiction de la musique est clair dans ces deux ahâdith.

Le premier hadîth (présent dans le Sahih Boukhâry) précise que certaines personnes issus de la communautée du Messager d'Allâh essayeront de justifier la permission d'utiliser des instruments de musique, avec l'adultère, la soie et l'alcool, en dépit du fait que ces choses sont strictements interdites (harâm) dans la Législation Islamique.

D'ailleurs, mentionner la musique à coté de péchés comme l'adultère et l'alcool prouve à quel point écouter de la musique est un grave péché. Celui qui essaye de rendre licite la musique est semblable à celui qui permet l'alcool ou l'adultère.

Le second hadîth décrit le destin de telles personnes. La Terre aura ordre de les engloutir et ils seront transformés en singes et en porcs (Puisse Allâh nous en préserver). L'avertissement est spécifique pour ceux qui tiendront la musique, l'alcool, la soie ainsi que l'adultère pour licites.
Ceci devrait faire prendre conscience à ceux qui essayent de justifier ces choses. En outre, dire que la musique sera seulement illicite si elle est combinée avec la consommation d'alcool, la pratique de l'adultère et le port de la soie est inexact.

Si tel étais le cas, pourquoi alors l'exception porterait uniquement sur la musique parmi ces quatre choses ? Les mêmes choses auraient également pu être déduites à propos de l'adultère, de l'alcool et de la soie.
On pourrait, dans ce cas là, justifier que l'alcool et l'adultère soient également permis à moins qu'ils ne soient consommé et pratiqué en combinaisant avec d'autres choses !

Ainsi, les deux récits ci-dessus de l'Ami d'Allâh sont des preuves claires de l'interdiction formelle de la musique et des chants.

Imrân Ibné Houssayn (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad a dit : « Il y aura dans cette communauté des ensevelissements, des défigurations et des lapidations (autre traduction possible : bombardements) »

Un musulman demanda: "O Envoyé d'Allah ! Quand aura lieu cela ?" Il dit:

« Lorsque proliféreront les chanteuses, les instruments de musique et lorsque sera bu le vin » (Tirmidhiy ; Ibn Madjah ; cette version est celle rapportée dans le sunan thirmidhiy)


Sayyidinna Ali Ibn Abi Talib (radhia Allâhou anhou) relate que le Messager d'Allâh a dit : « Quand ma communautée commencera à faire quinze choses, il lui sera infligé des tribulations [...] - et parmi les quinze choses qu'il a cité - : « Quand les chanteuses et les instruments de musique prolifereront » (Tirmidhiy)


Nâfi' (rahmatoullah aleyhi) raconte que Abdoullah Ibné Oumar (radhia allâhou anhou) entendit (lors d'un voyage) la flûte d'un berger. Il plaça alors ses doigts dans ses oreilles et écarta sa monture de la route en disant : « Nâfi' ! Nâfi' ! Entends-tu encore (le son de la flûte)? » Je répondis: "Oui." Il continua à avancer jusqu'à ce que je lui répondis: "Non." Il leva alors ses mains et ramena sa monture vers la route et dit : « J'étais en présence du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) lorsqu'il entendit la flûte d'un berger. Il fit alors exactement la même chose (que je viens de faire) » (Ahmad, Abou Dâwoûd, Ibné Mâja)


Abdoullah Ibné Oumar (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : « En vérité, Allah a interdit le vin, les jeux de hasard, le tambour et le Ghoubayrâ (instrument à six cordes, luth ou autre instrument de musique) » (Ahmad et Abou Dâwoûd)


Abou Oumamah (radhia allâhou anhou) rapporte du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) : « Allah m'a envoyé comme miséricorde et guidée pour les mondes. Et Il m'a ordonné de faire disparaître les mazâmîr, les barâbit et les ma'âzif (différents instruments de musique), ainsi que les idoles qui étaient adorées durant l'Ignorance (Al Djâhiyliyah) » (Ahmad)


Ibné Mas'oud (radhia allâhou anhou) rapporte : « La musique fait pousser l'hypocrisie (Nifâq) dans le cœur » (Abou Dâwoûd et Bayhaqui)

Anas (radhia allâhou anhou) rapporte du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam): « Celui qui s'assoit pour écouter une chanteuse aura du plomb fondu coulé dans les oreilles le Jour Final » (rapporté par Ibn Asakir & Ibn al-Misri)


Abou Hourayra (radhia Allâhou anhou) rapporte que le Messager d'Allâh (sallallâhou aleyhi wa sallâm) a dit : « Bell (un des instrument de musique en anglais) est la flute du Diable » (Sahih Mouslim ; Sunnan Abou Dawoud)


Il y a beaucoup plus de récits du Messager d'Allâh (sallallâhou aleyhi wa sallâm) concernant la prohibition des instruments de musique et des chants illicites.

Nous nous sommes simplement contentés d'en mentionner quelques uns.

L'Imam de l'école Chafi'ite, Imam Ibn Hajar al-Haytami (rahmatoullâh aleyhi) a recueilli tous ces ahâdith qui s'élèvent à quarante dans son excellent ouvrage "‘ Kaff al-Ra’a an Muharramat al-Lahw wa al-Sama’ et a dit : « Tout ceci prouve et explicite que tous les instruments de musique sont interdits » (2:270)







Rapport des Oulâma


Le grand savant Hanafite, al-Kasani stipule : « Si un chanteur recueille des personnes autour de lui pour les amuser seulement avec sa voix, alors il ne sera pas considéré une personne droite (a’dil), même s'il ne consomme pas d'alcool, et s'il en consomme, il sera considéré comme le chef des pécheurs. Si cependant, il chante seulement à lui-même afin de supporter la solitude, alors il n'y a rien mal à faire ceci. Tout comme celui qui utilise les instruments de musique est concerné par cette interdiction, en revanche si les instruments eux-mêmes ne sont pas interdits, comme le bambou et le tambourin, alors, il n'y a aucun mal avec ceci et il sera considéré comme dans son bon droit. Cependant, si l'instrument est interdit, comme le luth entre autres, alors il ne sera pas considéré comme une personne droite (pour être un témoin dans la cour), aussi bien que ces instruments ne pourront jamais être permis » (Bada’i al-Sana’i 6:269)

Il est énoncé dans Khulasat Al fatwa : Écouter la mélodie des instruments musicaux est illicité (haram), étant donné que le Messager d'Allah (sallallâhou aleyhi wa sallâm) a dit : « Écouter des chansons est un péché. » (4:345)


Ibn Humam, le grand Moujtahid Hanafite emet un rapport décisif dans son fameux livre Fath Al Qadir : « Le chant illicite, c'est quand le thème de la chanson se compose de choses illicite, telles que la description de la beautée d'une personne vivante, les vertues du vin qui provoque sa consommation, les détails des vies privées des gens, ou des chansons qui pronent la moquerie, le ridicule et autres. Cependant, les chants qui sont exempts de telles choses et qui se composent de descriptions des choses normales, telles que des fleurs et des jets, etc… sont permis. Oui, si ces chants sont accompagnés des instruments musicaux, alors celui-ci sera considéré comme interdits même si la chanson est pleine du conseil et de la sagesse, non pas du fait de quoi ce chant se compose, plutôt en raison des instruments musicaux qui sont joués avec ce chant »


Il est également ecris dans Al Mughni d'Ibn Qoudama (rahmatoullâh aleyhi), un savant Hanbalite, que les instruments de musique sont de deux types : Illicites comme ceux qui étaient particulièrement conçus pour divertir et chanter. C'est le cas par exemple de la flûte.
Licites comme le tambourin (daff) aux mariages et en l'occasion d'autres evenements heureux.
(Ibn Humam, Fath al-Qadir 6:36)

Ceci a eté plus ou moins mentionnés dans d'autres travaux de savants hanafites comme al-Ikhtiyar, al-Bahr al-Ra’iq, al-Fatawa al-Hindiyya entre autres.


L'Imam Nawawi (rahmatoullah aleyhi) le grand savant et juriste Chafi'ite indique : « Il est interdit d'utiliser ou d'écouter les instruments de musique, comme ceux qu'on joue auprès des alcooliques, comme la mandoline, le luth, les cymbales, et la flute. Il est permis de jouer du tambourin (daff) lors des mariages, des circoncisions et en d'autres occasions, même s'il a des cloches sur son côté. Tapper du Kuba, long tambour avec un creux étroit, est également interdit » (Mugni al-muhtaj, 4/429, & Confiance du Voyageur, 775)

Il y a beaucoup d'autres rapports de juristes et des savant tel qu'Al Qourtoubi, ainsi que de chaque madhab, mais par soucis de concision je me limiterais à ce qui a eté précedemment mentionné.

Généralement, ceux qui tiennent la musique pour licite se basent sur un hadith présent dans le Sahih Al Boukhâry dans lequel deux filles chantaient en présence du Messager d'Allâh (sallallâhou aleyhi wa sallâm) ainsi que de Sayyida Aisha (radhia Allâhou anha).

Cependant, la permission d'écouter de la musique ne peut pas être justifiée par ce hadith. L'expert du hadith, Ibn Hajar Al Asqalani a réfuté cette théorie dans son livre Fath al-Bari, 2:345.

Premièrement, ces jeunes filles ne chantaient sans aucun instrument de musique interdit, et deuxièmement, la teneur de la chanson concernais la guerre, ce qui est un thème parfaitement légal. En outre, elles n'étaient pas des chanteuses professionnels dont les ahâdith parlent.

Certains essayent de justifier la musique avec le hadîth dans lequel est mentionné la permission de jouer le tambourin (daff).

Cependant, comme indiqué dans les travaux des savants, il est permis de jouer le tambourin lors des mariages, car il n'est pas conçu pour le divertissement et le plaisir unique, plutôt pour l'annonce, etc…





Conclusion


À la lumière des évidences ci-dessus du Coran, les sentences du Messager bien-aimé d'Allâh (sallallâhou aleyhi wa sallâm) et les textes de divers savants, ce qui va suivre sera consideré comme decisif concernant la musique :

Les instruments de musique qui sont seulement conçus pour le divertissement sont interdits, avec ou sans chants. Cependant, il sera permis de jouer le tambourin (daff) lors des mariages (et en d'autres circonstances selon certains savants).

En ce qui concerne les chants, si elles se composent d'une chose interdite ou qu'elles empêchent l'exercice de nos devoirs, alors ils seront considérés comme interdits. Cependant, s'ils sont exempts des choses mentionnées ci-dessus (et s'ils ne sont pas accompagnés d'instruments de musique), alors il sera permis de chanter.





Et Allâh sait mieux
Revenir en haut Aller en bas




La musique spirituelle à base d'instruments?
Cheykh Faraz Rabbani

sunnisme.com








Question :

À vrai dire, j'ai arrêté d'écouter de la musique, mais j'ai ensuite recommencé à en écouter, en partie en raison de certains Cd spirituels islamiques qui contiennent des instruments de musique comme des violons et différents types de percussions.


Réponse :

Walaikum assalam wa Rahmatullâh,

Siddi, je ne sais pas sur quelle argumentation se basait le CD. Allâh est plus savant. Il y a divergence d'opinion sur cette question, mais la position transmise par le Mufti Muhammad ibn Adam al-Kawthari est exactement la même que celle mentionnée dans les travaux de référence à travers les écoles Sunnites de fiqh, et tenue par les savants Sunnites les plus traditionnels, actuellement comme dans le passé. [1]

Quelques savants avaient, en effet, permis les instruments s'ils n'étaient pas utilisés dans des visées futiles, incluant en cela l'utilisation d'instruments par quelques soufis et d'autres, dans le but d'une élévation spirituelle, tant que cela ne comportait pas d'autres choses illicites (comme des chants interdits, des femmes qui chantent pour autre que des femmes, la libre-mixité lors de telles réunions, etc.)

Cela reste toutefois un avis minoritaire, et les précautions religieuses indiqueraient de s'en abstenir, pour les nombreuses raisons expliquées par le Mufti Muhammad ibn Adam dans sa réponse.

En même temps, Ibn Abidin explique dans son Radd al-Muhtar [2], qu'il ne faut pas condamner ceux (comme les Soufis vertueux), qui ont de nobles intentions dans leur écoute de ce genre de chants et sont loin d'entretenir des objectifs futiles, tant que rien d'autre d'illicite n'est joint à l'écoute.

Ainsi, la prudence religieuse et le suivi de l'avis juridique le plus solide (et le sens manifeste de l'interdiction du Qour'an et de la Sunnah) indiquerait d'éviter scrupuleusement la musique et le chant contenant des instruments autres que le duff [3].

Toutefois, il ne faudrait pas condamner autrui à propos de cela, en raison de la différence d'opinion concernant ce sujet.

Et Allâh est plus savant.

Wassalam,

Faraz Rabbani





Notes du traducteur :

[1] Voir l'ouvrage "Reliance of the Traveller" de Mufti Muhammad ibn Adam al-Kawthari.

[2] Ibn Abidin dans Radd al-Muhtar, 6.349, Ilmiyya ed.

[3] Dans un de ces articles, Sheykh Nuh Ha Mim Keller explique que l'interdiction de la musique instrumentale est également la position retenue de toutes les quatre écoles de jurisprudence sunnite, l'école Hanafite (Ibn ‘Abidin, Radd al-muhtar ‘ala al-durr al-mukhtar. 5 vols. Bulaq 1272/1855. Réimpression. Beyrouth: Dar Ihya’ al-Turath al-‘Arabi, 1407/1987, 5.253), l'école Malékite (al-Dardir, al-Sharh al-saghir ‘ala Aqrab al-masalik ila madhhab al-Imam Malik. 4 vols. Le Caire: Dar al-Ma‘arif, 1394/1974, 2.502), l'école Shaféite (al-Nawawi, Minhaj al-talibin, 152), et l'école Hanbalite (al-Bahuti, Kashshaf al-qina‘ ‘an matn al-Iqna‘. 6 vols. Beyrouth: Dar al-Fikr, 1402/1982, 5.170). Les lecteurs qui connaissent la littérature du fiqh remarqueront que chacun de ces ouvrages est la référence pour la fatwa dans son école.
Revenir en haut Aller en bas




La musique est-elle permise en Islam... ?
Chaykh Muhammed Patel
muslimfr.com





En ce qui concerne la position de l'Islam par rapport à la musique et les chants, une excellente étude a été rédigée en arabe par l'un des plus grands savants pakistanais de l'école hanafite de ces dernières années, en l'occurrence Moufti Chafi' r.a. (père du non moins illustre savant contemporain, Moufti Taqi Ousmâni). Cette étude, intitulée "Kachfoul Anâ 'an wasfil Ghinâ" et qui est en fait un chapitre de l'ouvrage "Ahkâmoul Qour'aane lit Thânwi" (Pages 203 à 260 / Volume 3), a le mérite de regrouper plusieurs dizaines de Hadiths portant sur la question, ainsi que de nombreux avis émis par les Compagnons (radhia allâhou anhou) et les savants des différentes écoles de jurisprudence. Comme il ne m'est malheureusement pas possible de traduire ce texte dans son intégralité, je me contenterai d'en faire une petite synthèse et surtout, de citer les conclusions de Moufti Chafi' r.a.




Dans son introduction, l'auteur reconnaît lui-même que certains aspects de cette question a fait (et fait encore) l'objet de nombreuses controverses. Ces divergences entre les savants tiennent surtout du fait que les références religieuses présentent des contradictions apparentes à ce sujet: Tandis que certains textes interdisent clairement la musique et les chants, d'autres, au contraire, laissent supposer que cette interdiction est seulement partielle.



Dans un premier temps, on va donc voir quelques passages du Qour'aane ainsi qu'un certain nombre de Hadiths portant sur la musique et les chants. On débutera par les textes faisant allusion à leur interdiction.






Versets du Qour'aane interdisant la musique.


  • Selon les commentateurs du Qour'aane, le verset suivant constitue une mise en garde à l'égard de ceux qui s'adonnent à la musique:

"Et, parmi les hommes, il est [quelqu'un] qui, dénué de science, achète de plaisants discours pour égarer hors du chemin d'Allah et pour le prendre en raillerie. Ceux-là subiront un châtiment avilissant." (Sourate 31 / Verset 6)

Selon de nombreux Compagnons (radhia allâhou anhoum), le terme "plaisant discours" employé par Allah concerne la musique et les chants. Tel est notamment le commentaire rapporté de Ibné Mas'oud (radhia allâhou anhou) (Moussannaf Ibné Aby Chaybah, Hâkim, Bayhaqi) et de Ibné Abbâs (radhia allâhou anhou) (Bayhaqi)



  • Dans un autre verset du Qour'aane, Allah fait allusion à la voix de Satan:

Et lorsque Nous avons dit aux Anges : "Prosternez-vous devant Adam", ils se prosternèrent, à l'exception d'Iblis, qui dit : "Me prosternerai-je devant quelqu'un que tu as créé d'argile ? "
Il dit encore : "Vois-Tu ? Celui que Tu as honoré au-dessus de moi, si Tu me donnais du répit jusqu'au Jour de la Résurrection; j'éprouverai, certes sa descendance, excepté un petit nombre [parmi eux]".
Et [Allah] dit : "Va-t-en ! Quiconque d'entre eux te suivra ... votre sanction sera l'Enfer, une ample rétribution.
Excite, par ta voix, ceux d'entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants et fais-leur des promesses". Or, le Diable ne leur fait des promesses qu'en tromperie.
Quant à Mes serviteurs, tu n'as aucun pouvoir sur eux". Et ton Seigneur suffit pour les protéger ! (Qour'aane)

Le célèbre commentateur du Qour'aane, Moudjâhid r.a. (disciple de Ibné Abbas (radhia allâhou anhou) ) affirme que la voix de Satan n'est rien d'autre que la musique et les chants.



Hadiths interdisant la musique.
(Il est à noter que parmi les Hadiths qui vont être cités, l'authenticité de certains a fait l'objet de débats entre les savants. Cependant, dans l'ensemble, le sens de ces différentes Traditions est plus ou moins confirmé. C'est la raison pour laquelle les juristes ne les ont pas complètement rejetés.)


Hadiths en arabe:























Traduction des Hadiths:

Abou Mâlik Al Ach'ari (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: "Il y aura parmi ma "oummah" (communauté) des gens qui considéreront le vin, le porc, la soie (pour les hommes) et les instruments de musique ("ma'âzif") comme étant licites." (Boukhâri)

Dans une autre version, il est dit: "Des gens de ma communauté consommeront du vin en lui donnant une autre appellation. Des instruments de musique seront joués devant eux, et des chanteuses (seront également présentes). Allah les ensevelira dans le sol et transformera certains d'entre eux en singes et en porcs." (Ibné Mâjah)

Nâfi' r.a. raconte que Abdoullah Ibné Oumar (radhia allâhou anhou) entendit (lors d'un voyage) la flûte d'un berger. Il plaça alors ses doigts dans ses oreilles et écarta sa monture de la route en disant: "Nâfi' ! Nâfi' ! Entends-tu encore (le son de la flûte)?" Je répondis: "Oui." Il continua à avancer jusqu'à ce que je lui répondis: "Non." Il leva alors ses mains et ramena sa monture vers la route et dit: "J'étais en présence du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) lorsqu'il entendit la flûte d'un berger. Il fit alors exactement la même chose (que je viens de faire)." (Ahmad, Abou Dâoûd, Ibné Mâja).

Abdoullah Ibné Oumar (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: "En vérité, Allah a interdit le vin, les jeux de hasard, le tambour et le "Ghoubayrâ" (instrument à six cordes, luth ou autre instrument de musique.)" (Ahmad et Abou Dâoûd).

Un autre Hadith similaire est rapporté par Ibné Abbas (radhia allâhou anhou). (Ahmad)

Imrân Ibné Houssayn (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: "Il y aura dans cette communauté des ensevelissements, des défigurations et des lapidations (autre traduction possible: bombardements)." Un musulman demanda: "O Envoyé d'Allah ! Quand aura lieu cela ?" Il dit: "Lorsque proliféreront les chanteuses, les instruments de musique et lorsque sera bu le vin." (Tirmidhi: Hadith Gharîb)

Abou Houraïra (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: "Lorsque (…) les voix s'élèveront dans les mosquées, le dirigeant d'un peuple sera le plus grand pécheur parmi eux, les gens de confiance seront les plus vils, on respectera un homme par crainte de ses méfaits (et non pas pour ses qualités), les chanteuses et les instruments de musique apparaîtront, le vin sera bu et (lorsque) la dernière partie de cette communauté maudira la première partie (c'est à dire les premiers musulmans, comme les Compagnons (radhia allâhou anhoum) et les Tâbéïnes r.a.) : alors attendez-vous à ce moment à ce qu'un vent rougeâtre, des tremblements de terre, des ensevelissements, des défigurations, des lapidations voient le jour, ainsi que signes qui se suivront successivement, à l'instar des grains d'un chapelet qui s'est brisé tombent, les uns après les autres." (Tirmidhi)

Abou Oumamah (radhia allâhou anhou) rapporte du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam): "Allah m'a envoyé comme miséricorde et guidée pour les mondes. Et Il m'a ordonné de faire disparaître les "mazâmîr", les "barâbit" et les "ma'âzif" (différents instruments de musique), ainsi que les idoles qui étaient adorées durant l'Ignorance ("Al Djâhiyliyah") ." (Ahmad)

Ibné Mas'oud (radhia allâhou anhou) rapporte: "La musique fait pousser l'hypocrisie ("Nifâq") dans le cœur." (Abou Dâoûd et Bayhaqui). Des propos semblables sont rapportés de Abou Houraïra (radhia allâhou anhou).

Anas (radhia allâhou anhou) rapporte du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam): "Celui qui s'assoit pour écouter une chanteuse aura du plomb fondu coulé dans les oreilles le Jour Final." (Abou Ishâq An naïsâboûri r.a.)

Ibné Mas'oud (radhia allâhou anhou) raconte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) entendit un homme chanter la nuit. Il dit: "Pas de prière pour lui ! Pas de prière pour lui ! Pas de prière pour lui ! (C'est à dire que ses prières ne sont pas acceptées.) " (Abou Ishâq)

Abou Houraïra (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: "Ecouter (individuellement) les instruments de musique est un péché. Se rassembler pour le faire est un péché plus grave ("Fisq"). Y prendre du plaisir est du "Koufr" (Les savants ont traduit ici le terme "Koufr" par manque de reconnaissance envers les bienfaits de Dieu)." (Abou Ishâq)

Ali (radhia allâhou anhou) cite ceci du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam): "J'ai été envoyé pour briser les instruments de musique." (Ibné Ghaylân)

Oumar (radhia allâhou anhou) rapporte du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam): "Le salaire du chanteur et de la chanteuse est illicite." (Tabrâni)



Il s'agissait donc là de certains textes qui interdisent, de façon plus ou moins claire, la musique. Dans son étude, Moufti Chafi' r.a. mentionne par la suite beaucoup d'autres Hadiths, qui, contrairement à ceux cités ci-dessus, laissent supposer que certains types de musique sont permis. On trouve par exemple les deux Hadiths suivants :






Hadiths autorisant certains types de musique.



Hadiths en arabe:







Traduction des Hadiths:


Bouraïdah (radhia allâhou anhou) dit: Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) partit une fois pour une campagne militaire. A son retour, une jeune fille noire vint le voir et dit: "O Envoyé d'Allah ! J'avais formulé le vœu que si Allah vous ramenait sain et sauf, je jouerai du "Douff" (il s'agit d'une sorte de tambourin, qui existait déjà à l'époque du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) et qui était employé aussi bien pour la musique que lors des proclamations et annonces publiques) en votre présence et je chanterai." Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) lui dit: "Si tu as réellement fait ce vœu, alors tu peux jouer… Au cas contraire, non." Elle commença alors à le faire. Abou Bakr (radhia allâhou anhou) entra et elle continua à jouer. Puis Ali (radhia allâhou anhou) entra et elle continua encore. Ce fut ensuite au tour de Ousmân (radhia allâhou anhou) d'arriver et elle ne s'arrêta pas. Enfin, Oumar (radhia allâhou anhou) entra: Elle cacha alors son "Douff" sous elle et s'assit dessus. Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) fit alors la réflexion suivante: "Satan a peur de toi, O Oumar ! J'étais assis et elle était en train de jouer du "douff". Abou Bakr (radhia allâhou anhou) est entré et elle a continué à jouer. Puis Ali (radhia allâhou anhou) est arrivé et elle a continué encore. Ce fut ensuite au tour de Ousmân (radhia allâhou anhou) d'arriver et elle ne s'est pas arrêtée. Enfin, lorsque tu es entré, O Oumar, elle a caché le "Douff" ! " (Ahmad et Tirmidhi)

Aïcha (radhia allâhou anhou) raconte que Abou Bakr (radhia allâhou anhou) est entré chez moi une fois, alors que deux fillettes parmi les "Ansârs" étaient présentes. Elles étaient en train de chanter les actes (de courage et de bravoure) des "Ansârs" lors de la bataille de "Bou'ath". Mais elles n'étaient pas dé véritables chanteuses. Abou Bakr (radhia allâhou anhou) dit alors: "Quoi ? Des instruments (de musique) de Satan dans la maison de l'Envoyé d'Allah ?" C'était le jour de Ide. Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) dit: "O Abou Bakr ! Chaque peuple a sa fête et c'est aujourd'hui la notre." (Boukhâri)






Tentative de conciliation entre ces différents textes.

Après avoir cité ces nombreuses Traditions qui sont en apparente contradiction, Moufti Chafi' présente l'explication suivante pour tenter de les concilier.

Tout d'abord, il rappelle qu'Allah a crée la terre, ainsi que tout ce qu'elle contient, au profit de l'être humain, comme Il le proclame Lui-même dans le Qour'aane:


"C'est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre…" (Sourate 2 / Verset 29)

Il a donc autorisé à l'homme de jouir et de tirer profit de la création dans son ensemble, exception faite des choses qui lui sont nuisibles et mauvaises. A l'égard de ces dernières, Allah a mis en garde l'être humain et l'a interdit de s'en approcher. C'est ceci qui explique que dans toute chose, la permission prime, tant qu'il n'y a pas d'interdiction formelle ou de prohibition qui soient exprimées par le Créateur. C'est ce concept qui est connu dans le vocabulaire religieux sous l'appellation de "Al Ibâhatoul Asliyah", "la permission originelle". Cette permission originelle ne s'applique pas seulement aux objets, mais aussi aux actes, aux comportements etc… En d'autres mots, tout ce qui est interdit par Allah est forcément mauvais. Mais ce n'est pas tout. Allah étant le Sage par excellence, il a non seulement interdit à l'homme les mauvaises choses, mais Il lui a aussi interdit de s'approcher de tout ce qui pourrait le conduire progressivement vers celles-ci.

En résumé donc, la "Chariah" n'a pas interdit à l'homme de profiter des bonnes choses et des plaisirs licites de la Création. Ce qu'il a interdit, ce sont les mauvaises, ou tout ce qui pourrait y conduire. A partir de là, on peut comprendre que les interdits en Islam peuvent être de deux types différents:


  1. Il y a les éléments qui sont mauvais en eux-mêmes ("Qabîh li Aynihi"), comme l'infidélité ("Koufr"), le polythéisme, l'adultère etc… Ce genre de choses n'a jamais été permis dans aucune religion et à aucun moment de l'Histoire.
  2. Il existe aussi cependant d'autres éléments qui ne sont pas mauvais en eux-mêmes, mais qui le deviennent parce qu'ils conduisent au mal et au péché ("Qabîh li ghayrih"). C'est le cas par exemple de l'interdiction qui frappe toutes formes de transaction commerciales lorsque l'appel de la prière du Vendredi a été lancée. En fait, les transactions en elles-mêmes à ce moment ne renferment pas de mal, mais comme elles représentent un obstacle empêchant au croyant de partir pour la prière du vendredi, c'est la raison pour laquelle elles ont été interdites. Ce deuxième catégorie de choses n'ont pas été (et ne sont pas) toujours interdites. Elles peuvent devenir permises dans certains cas…

Moufti Chafi' r.a. affirme que la musique fait, tout à fait logiquement, partie de la seconde catégorie ("Qabîh li ghayrih") . En effet, l'interdiction prononcée par le Qour'aane et le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) à son égard tient du fait qu'elle détourne progressivement de la pensée d'Allah et même des choses essentielles de la vie. Cette interdiction porte donc sur les instruments qui n'ont pas d'autres fonctions que de produire de la musique et des sons mélodieux (comme la flûte etc...) et qui ne sont donc que des objets de divertissement ("lahw wa laïb") , sans aucune utilité pratique au niveau matériel ou spirituel. De même, les chants qui ont pour effet de faire oublier à l'homme la vie future sont également concernés par l'interdiction, même s'ils ne sont pas accompagnés de musique. C'est en ce sens qu'il faut interpréter les Hadiths qui condamnent sévèrement la musique.

Par contre, en ce qui concerne les instruments qui ont aussi bien une fonction musicale qu'une autre fonction, comme c'est le cas du "douff" notamment, qui était employé également lors des proclamations et des annonces, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a autorisé leur emploi dans certaines situations et sous certaines conditions. Les Hadiths faisant allusion au caractère licite de certains instruments concerne donc ces cas spécifiques.

Cette classification lève ainsi toute contradiction entre les différents Hadiths et elle est tout à fait conforme à la logique islamique: Prendre le bon aspect de chaque chose, en délaissant ce qui pourrait nuire à l'être humain ou le détourner de l'essentiel.

Moufti Chafi' r.a. mentionne par la suite les avis de nombreux Compagnons (radhia allâhou anhoum) au sujet de la musique, ainsi que de très nombreux passages relatant les avis des savants des quatre écoles sur la question. Après quoi, il fait une synthèse de tous ces avis dans la conclusion de son étude. Voici, en quelque sorte, le résultat de ses recherches:


Conclusion et synthèse des avis juridiques sur la question de la musique et des chants.


  • Il y a certains types de musique et de chants au sujet desquels il y a unanimité entre les savants des quatre écoles de jurisprudence (mâlékite, hanafite, châféite et hambalite) * sur leur interdiction (Il est à noter que le mot employé par les juristes sur ce point pour désigner l'interdiction est bien "Harâm" et non pas "Makrouh"). Les voici:

    • Tout chant n'ayant pas d'autre cadre et objectif que la distraction et le divertissement, sans aucun but acceptable au niveau religieux ou mondain est interdit, qu'il soit accompagné de musique ou non.
    • L'emploi d'instruments crées uniquement dans un but musical et n'ayant pas d'autres fonctions est interdit, qu'il soit accompagné de chants ou non.
    • Tout chant ou musique conduisant à la négligence (à l'égard des devoirs religieux) ou au péché est interdit.
    • De faire carrière dans la musique et la chanson.





Il y a donc unanimité entre les savants musulmans sur l'interdiction de ces quatre formes de musique et de chants. Les Hadiths qui interdisent la musique s'applique donc à ces quatre éléments.




  • Il existe d'autres types de musique au sujet desquels il y a unanimité des savants sur leur caractère licite. Les voici:

    • Le chant de celui qui affine sa voix et l'embellit légèrement et de façon naturelle, sans s'efforcer de suivre les rythmes musicaux, et donc d'imiter les chanteurs, à condition que cela ne soit pas seulement par distraction et divertissement. Il faut que le chant soit motivé par une raison valable: comme le fait d'éloigner un sentiment de solitude, pour faciliter un long voyage, pour se donner du courage quand on fait un travail éprouvant, pour endormir un enfant, pour exciter sa monture, pour éloigner sa déprime, à condition également que les paroles prononcées ne contiennent rien d'interdit et à condition que l'on n'en fasse pas une habitude. Ce type de chants est tout à fait permis.
    • Il également permis d'accompagner ces chants par le "douff" (qui, rappelons-le, n'est pas un instrument purement musical), en certaines occasions spéciales, comme les mariages, les occasions joyeuses, les jours de fête etc…





Encore une fois, il y a unanimité entre les savants musulmans sur le caractère licite de ces deux choses, comme le rappelle également l'Imâm Ghazâli r.a. dans son ouvrage "Al Ihyâ" (Volume 2 / Pages 238 et suivantes). Les Hadiths qui autorisent les chants s'appliquent donc à ces deux éléments.





  • Enfin, il existe certains points sur lesquels les avis des savants divergent:

    • L'emploi du "douff" dans des occasions autres que celles mentionnées ci-dessus.
    • L'emploi du "douff" auquel sont attachées des clochettes.
    • L'emploi du "Qadhîb" (des baguettes de tambour) lors d'un mariage ou autre…
    • L'emploi des autres choses qui ne sont pas des instruments purement musicaux et qui ne produisent pas de sons mélodieux ("Moutribah") tant qu'ils ne sont pas accompagnés par des chants. Exemples: le frappement des mains, le battement sur une jarre etc… D'après certains savants de l'école châféite (comme Al Ghazâli r.a.), ces choses sont permises; la majorité des savants des quatre écoles cependant les considèrent comme "Makrouh" (déconseillé, blamâble).



Reste maintenant la question de savoir ce qu'on doit faire quand on se trouve à un endroit où il y a de la musique interdite… A ce sujet, selon mon humble opinion, la conduite à tenir est de ne pas prêter l'oreille volontairement et de détourner son attention de cette musique. On doit également essayer, dès que possible, de quitter cet environnement musical. En agissant ainsi, Incha Allah, on peut espérer que l'on n'aura pas de péchés.

Wa Allâhou A'lam !
Dieu est Plus Savant !




Note: Il est à noter cependant que les "Dhâhérites", avec à leur tête Ibnou Hazm r.a., le célèbre savant andalou, ont une opinion différente de celle de l'écrasante majorité des savants sur la question de la musique...
Revenir en haut Aller en bas





La musique et les chants
Mohamed Najah - Mosquée d'Evry Courcouronnes

mosquee-evry.fr





Ecoute et téléchargement de l'audio :



La musique et les chants
Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut Aller en bas
 
Page 1 sur 1

Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit