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Nous allons essayer ici de rassembler le plus d'avis possible sur la question de la barbe afin d'éclairer les gens et d'amener à la tolérance.

En effet parmi les choses détestable de notre époque figure le fait que les gens de la masse blâment leurs semblables sur des questions surjettes à divergences.

Ne pas se blâmer mutuellement sur des sujets à divergence est une règle établie en Islâm que trop de gens oublient ou ignorent de nos jours, ceux qui les amènent à se critiquer, se rabaisser et s'insulter (voir se sortir de l'Islam) sur des bases infondées.

N'oublions pas que critiquer ou rabaisser un avis c'est également critiquer et rabaisser l'effort de réflexion des savants ayant émis et tenu cet avis...

Au fil des lectures de ce qui suit, il apparaitra clairement que l'avis le plus répandu au sein des 4 écoles est l'obligation, cependant l'avis de la sunnah est très loin d'être isolé ou marginal, il est également bien étayé et fondé par des savants réputés et dont le rang imminent est reconnu par tous les musulmans depuis des siècles.

Ces divergences proviennent des différentes interprétations des mêmes preuves comme vous le verrez, la prise en compte du contexte, la réconciliations de plusieurs ahâdith expriment les choses différemment etc... Il n'y a donc pas de source prouvant plus l'obligation que la sunnah, il y a des textes et ensuite différentes compréhension et interprétations de ces mêmes textes.

On a donc le choix de suivre un avis, d'être convaincu du fondement de cet avis, mais pas de blâmer celui qui applique l'autre avis.

Bonne lecture














La barbe dans l'école Chafi'ite
Sidi Hamza Karamali & Sidi Mostafa Azzam

aslama.com

Question : Pourriez vous me dire quelle est l'opinion la plus fiable l'école Chafi'ite sur la barbe ?

1) Est il haram de se raser la barbe? Certaines personnes disent que le rasage de la barbe est haram dans toutes les écoles. J'ai entendu que c'était seulement Makruh (déconseillé) selon l'opinion de l'imam Shafi'i et de l'imam Nawawi? Est ce là l'opinion la plus fiable? Quels savants ont dit cela? Quelle est la position Malikite?

2) Est il permit de se tailler la barbe? Quelle en est la longueur sunnah?

3) Qu'est ce que la barbe selon l'école Shafi'ite? J'ai entendu que si l'on laissait pousser les poils du menton (le "bouc"), c'était considéré une barbe dans l'école également. Est-ce là suivre la sunnah? Est ce permis? J'ai entendu que nombre de savants Shafi'ites avaient des boucs et que c'était également une opinion authentique, mais celà implique de raser les cotés, ce qui est haram je pense?



Réponse :

Au Nom d'Allah, le Clément le Miséricordieux.


Est il haram de se raser la barbe?

Il a été rapporté que l'Imam Shafi'i avait dit que le rasage de la barbe était interdit (haram). Ce n'est pas là, toutefois, l'opinion retenue par l'école Shafi'ite [1].

L'opinion la plus authentique dans l'école Shafi'ite est que le rasage de la barbe est déconseillé (makruh) et non interdit (haram). C'est la position de toutes les figures importante de l'école Shafi'ite récente, tels que Ibn Hajar al-Haytami, Muhammad al-Ramli, al-Khatib al-Shirbini, et Shaykh al-Islam Zakariyya al-Ansari (qu'Allah soit satisfait d'eux tous). (I‘anatu’l-Talibin, 2.341).

Ibn Hajar a mentionné que c'était là la position à la fois de l'Imam Nawawi et de l'Imam Rafi'i (Hashiyat Shirwani, 9.376).

L'Imam Nawawi mentionne explicitement que ce qu'il est déconseillé de raser la barbe dans son commentaire du Sahih Muslim ainsi que dans Rawdat al-Talibin. Toute personne familière avec les travaux de l'école prendra conscience que l'accord de tous ces savants scèle la question de la position de ladite école.



Quel est le statut du taillage de la barbe?

Tailler la barbe est également déconseillé. Ce n'est pas interdit, comme on peut le déduire à fortiori du statut du rasage complet de la barbe (si ce n'est pas interdit de la raser, comment dont serait-il interdit de la tailler?).
Ibn Hajar dis dans son Tuhfa : "Le sens explicite (dhahir) de ce qu'en disent nos imams est qu'il est inconditionnellement déconseillé de tailler la barbe." (Tuhfat al-Muhtaj, 9.376)



Quelle est la longueur sunnah de la barbe?

La longueur optimale de la barbe est de la laisser intacte, et de ne pas la toucher du tout, comme le mentionne Ibn Hajar ci dessus. Tout ce qui est au dessous de cette longueur optimale est déconseillé.

Ibn Hajar anticipe l'objection qui consisterait à dire que cela enlaidit l'apparence de l'homme en disant que cela ne peut arriver que si l'on néglige de prendre soin de sa barbe en ne la lavant pas et en ne l'oignant pas d'huile. (Tuhfat al-Muhtaj, 9.376).



Qu'est ce qui constitue le minimum de la barbe?

J'ai entendu de Shaykh Amjad Rashid de Amman (qui a étudié à Hadramawt) que les Shafi'is de Hadramawt disent que le fait de laisser ses poils pousser sur le menton est légalement considéré comme le port d'une barbe.

Ainsi, un bouc remplirait le minimum de la sunna du port de la barbe, même s'il est de toute évidence supérieur en valeur de porter une barbe complète. Le degré auquel cela est déconseillé (karahah) est proportionnel à la différence d'avec la barbe optimale (non coupée).



La voie de la prudence

D'autres écoles ne sont pas aussi souples concernant la barbe. Les Hanafis et les Hanbalis soutiennent tous deux par exemple que le fait de porter la barbe est obligatoire (je ne connais pas l'opinion des Malikites, peut être qu'un des Californiens parmi nous pourrait demander une réponse argumentée à l'institut Zaytuna à ce sujet.[2])

En dépit du fait que la position officielle de l'école Shafi'ite est qu'il est déconseillé de raser sa barbe, beaucoup de Shafi'ites de renom (al-Halimi parmi les anciens Shafi‘is et al-Adhra‘i, Ibn al-Rif‘ah, Zayn al-Din al-Malibari, et Ibn Ziyad parmi les récents) ont suivi l'avis que c'était interdit.

Aussi, la voie de la prudence religieuse pour chacun serait de porter une véritable barbe. Sidi Omar a cité Habib 'Ali qui a dit qu'il ne convenait pas à un étudiant en sciences religieuses de se raser la barbe.

Et Allah est le Plus Savant.

Hamza Karamali and Mostafa Azzam


_________________________

Notes

[1] Ceux qui sont peu familiers avec le concept de "madhhab" ont souvent l'impression que de suivre l'école d'un imam donné signifiait de suivre tous ses avis "quoi qu'il arrive". Ceci est faux. Chacune des quatre écoles de fiqh est constituée de centaine de savants d'excellence qui sont experts dans un vaste panel de sciences islamiques. Au cours des générations, ces savants ont vérifié et raffiné les avis de l'Imam de leur école, et les avis des savants qui les y ont précédé. Les livres les plus récents de chaque école représentent l'effort collectif d'une école toute entière, et il n'est pas rare de constater que l'avis adopté par l'école est contraire à l'avis de l'Imam même à qui cette école est attribuée. Celui qui a bien compris ceci se rendra compte à quel point il est absurde pour quelqu'un de venir au vingt et unième siècle et de prétendre qu'une chose qui est consignée dans les livres récents d'une école ne se base sur aucune preuve. Faire une telle accusation reviens à accuser un millénaire de génies de l'Islam de n'être que de vulgaires "imitateurs aveugles qui se détournent du Qur'an et de la Sunna" (voir même pire...)

[2] Les posts présentés ici (ndt: la section shafeite de sunnipath) sont fait principalement pour les adeptes de l'école Shafi'ite. Il est interdit (haram) de constamment chercher les facilités des écoles, aussi j'omets de citer les avis des autres écoles quand ils sont plus souples que ceux de l'école Shafi'ite. Quand ces positions sont plus strictes toutefois, il est bon de les mentionner, car la voie de la taqwa implique d'être précautionneux dans sa religion et d'éviter ce que même une seule des quatre écoles a jugé comme interdit. En suivant l'avis le plus stricte d'une autre école, on suis forcement de fait l'avis le plus souple de l'école Shafi'ite.










Au Sujet de la Barbe
Par Sidi Omar Mahmood - Ecole Chaf'ite
doctrine-malikite.fr



Bismillah ar-rahman ar-rahim,

Ce qui suit nous a été fourni par une conversation récente dans laquelle un frère a demandé à al-Habib Ali al-Jifrî (Savant de Hadramawt, Yemen) l’opinion du madhab [Chafe'ite] sur la barbe :

<< Faire pousser sa barbe est un commandement du Prophète Muhammad (salla Allahu alayhi wa sallam) aux hommes de sa Ummah.

Plus spécifiquement, il s'agit de l’interdiction du rasage de la barbe (ainsi un homme qui ne peut tout simplement pas avoir de barbe du tout ne désobéit pas à ce commandement).

Même si l’Imam Chafi’i a formulé une opinion selon laquelle se raser la barbe est haram... L’opinion mu’tamid ou plus fiable dans notre madhdhab est que se raser la barbe est makruh.

Laisser pousser sa barbe est une sunnah fortement recommandée par nos fuqaha, qu’Allah leur fasse miséricorde.

Quiconque aime le Messager d’Allah (salla Allahu alayhi wa sallam) doit savoir que suivre sa sunnah est un signe d’amour sincère. Quiconque néglige la barbe ou s'en moque devrait savoir que minimiser ou se moquer de la sunnah est interdit.

Maintenant, nous devons être au point sur ce qu’est la définition de « la barbe ». Le terme arabe est « lihîa. » Les savants des madhabs Chafi’i, Hanbali, et Maliki prennent la définition linguistique du mot « lihîa» comme étant : les poils qui poussent en dessous du menton. En fait, ont peut lire dans le shahr du texte « Safinat an-Najâ » que l’autheur, as-Sayyid Ahmad b. Umar as-Shatiri dresse la liste de 20 zones de pilosité sur le visage qui ont été définies par les fuqaha. En voici certaines (avec ma propre traduction) :

Lihîa (barbe) : les poils qui poussent sous le menton (section du bouc)
‘Âridaîn (les pattes) : les deux bandes de poils qui descendent depuis le niveau de l’oreille jusqu'au niveau du menton, le long de l’os de la mâchoire.
Chârib (moustache) : les poils qui poussent au dessus de la lèvre supérieure.
Sibâlaîn (liaisons) : les deux lignes de poils qui s’étendent depuis la fin de la moustache et rejoignent le bouc (tout les hommes ne les ont pas)
‘Anfaqah (« soul patch ») : la touffe de poil qui pousse sous la lèvre inférieure.
Nafakataîn (pas d'équivalent) : les deux carrés de poils de chaque coté de la ‘anfaqah (certains hommes n’en ont pas)
Khaddaîn (poils du milieu au haut des joues) : les deux touffes de poils qui poussent sur les joues… Elles ont été nommées d’après l’endroit où elles se trouvent.

Souvenez vous, de toutes ces zones pileuses, c’est la lihîa qu’il a été commandé aux hommes de laisser pousser. Laisser pousser les pattes et la moustache est considéré comme un acte sunnah. Le Prophète (salla Allahu alayhi wa sallam) l’a fait, mais n’a pas commandé aux hommes Musulmans de la faire. Habib Ali al Jifrî a dit qu’à une époque, certains ‘ulama de la Péninsule Arabique laissaient pousser leur bouc et rasaient leurs pattes pour montrer qu’ils avaient compris lequel des hukm était l’obligation et lequel était une sunnah.

Pour l’écrasante majorité des savants compétents, la plus stricte opinion, qui est que le port de la lihîa est wajib, a été choisie. Habib Ali a dit qu’il serait méprisable qu’un étudiant en science sacrée rase sa lihîa de même que quiconque souhaite sincèrement suivre les traces de notre Prophète bien aimé (salla Allahu alayhi wa sallam).

Tailler sa barbe est permis, et la plus recommandée des longueurs est celle du poing. Soyez attentifs à ne pas raser vos barbes au point qu’elles ne conviennent plus à la définition : les poils qui « jaillissent » (nabit) du menton.

Pour finir, (et ceci est très important), Habib Ali a déclaré que nous devons nous souvenir que la barbe en soi n’est pas un critère de taqwa. Les gens des autres religions sont connus pour s’être laissé pousser de très longues barbes, mais cela ne témoigne en rien de leur position auprès d’Allah. Regarder un autre Musulman et juger de sa proximité avec Allah à la longueur de sa barbe (ou si il en a une ou non d’ailleurs) serait une grave erreur.

Omar Mahmood









La barbe dans l'école Hanafite
Chaykh Nouh Ha Mim Keller

Traduit du site masud.co.uk par l'équipe souboul-assakina.bbfr.net



Dans l'école Hanafite il n'y a pas de mal à tailler les bords de la barbe, bien que la Sunnah soit d'une poignée (de longueur). La tailler quand elle mesure déjà moins qu'une poignée n'est pas permis dans l'école Hanafite. (Ibn 'Abidin: Radd al-muhtar 'ala al-durr al-mukhtar. 5 vols. Bulaq 1272/1855. / Beirut: Dar Ihya' al-Turath al-'Arabi, 1407/1987, 2.113).

Muhammed Ibn Hassan al Shaybani rapporte dans le Kitab al Athar que l'Imâm Abu Hanifa est d'avis que "la Sunnah concernant la barbe est la poignée, l'homme saisi sa barbe dans la main, et coupe tout ce qui dépasse." (Ibn 'Abidin: Radd al-muhtar 'ala al-durr al-mukhtar. 5 vols. Bulaq 1272/1855. / Beirut: Dar Ihya' al-Turath al-'Arabi, 1407/1987, 2.113).

Un Chaykh Hanafite auprès duquel j'ai [NdT : Le Chaykh Nuh Ha Mim Keller] étudié avec ma femme nous a dit (sans mentionner de référence) qu'il y a un désaccord sur l'endroit d'où commence "la poignée". Certains disent que l'index doit être placé juste en dessous de la lèvre inférieure, d'autres qu'il doit être placé au bas du menton ce qui donnera donc une petite différence sur la longueur d'une poignée









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La barbe
Sheikh Jâd Al-Haqq `Alî Jâd Al-Haqq

islamophile.org




Question : Je suis étudiant et je vis à la charge de mes parents, lesquels m’ordonnent de me raser et de ne pas laisser pousser ma barbe. Je souhaiterais avoir le point de vue de l’Islam sur le fait de se raser par obéissance à ses parents, alors que je souhaiterais moi-même la laisser pousser pour suivre l’exemple du Prophète — paix et bénédictions sur lui.






Réponse de Sheikh Jâd Al-Haqq `Alî Jâd Al-Haqq :

La tradition du Prophète — paix et bénédictions sur lui — consiste à laisser pousser sa barbe et à ne pas la raser ; il la taillait, la réduisait à ses extrémités et en sa partie supérieure, de façon à lui donner une apparence harmonieuse avec les traits du visage et l’allure générale.



Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — soignait sa barbe en la lavant à l’eau et en la peignant, tradition que les Compagnons — qu’Allâh les agrée — perpétuèrent après lui.

Plusieurs hadîths incitent à laisser pousser sa barbe et à en prendre soin, à l’instar des hadîths qui incitent à l’usage du bâton d’arak, à couper ses ongles et sa moustache. Certains juristes opinent que ces hadîths font état d’un commandement.



De nombreux autres affirment qu’il s’agit seulement d’une recommandation dont l’accomplissement appelle une rétribution mais dont l’abandon n’a pas valeur de péché. Il n’existe aucune preuve à l’appui de ceux qui soutiennent le caractère illicite ou détestable du rasage de la barbe, si ce n’est les hadîths ordonnant de laisser pousser la barbe afin de se distinguer des zoroastriens et des polythéistes. L’usage de l’impératif dans les hadîths liés à cette question peut aussi bien signifier l’obligation que la simple recommandation de ce qui est meilleur [1].

L’opinion correcte indiquée par la Pure Sunnah et les règles de bienséance islamique dans leur ensemble stipule que les questions liées à l’habillement, à la nourriture, et à l’apparence des individus ne rentrent pas dans le domaine des actes cultuels (al-`ibâdât) vis-à-vis desquels le musulman doit s’en tenir à ce que la tradition rapporte de la part du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — et de ses Compagnons.



Au contraire, le musulman doit suivre dans ces affaires-là ce qui est bien reçu dans son milieu et fait partie des coutumes en vigueur, dès lors que cela ne contredit pas un texte ni un jugement légal ne faisant l’objet d’aucune divergence.

Comme précisé ci-dessus, la question de laisser pousser sa barbe ou la raser connaît des divergences sur le sens à donner à l’usage de l’impératif employé dans le hadith.

Vu que l’auteur de la question dit que ses parents lui ordonnent de se raser et de ne pas laisser pousser sa barbe, et qu’il s’interroge sur le caractère illicite de la raser, alors qu’il souhaite lui-même la laisser pousser pour se conformer à la tradition du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — ;

vu que l’auteur de la question doit choisir entre deux maux, désobéir à ses parents et leur faire de la peine en laissant pousser sa barbe, ou raser sa barbe en contradiction avec la Sunnah ;

vu que la bonne compagnie des parents est clairement établie par la lettre du Coran dans le verset suivant :


Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais accompagne-les ici-bas de manière convenable [2]




ainsi que par d’autres versets coraniques et traditions prophétiques et que cela fait indiscutablement partie des prescriptions à observer — c’est la raison pour laquelle c’est un péché majeur que de faire de la peine aux parents en leur désobéissant, sauf au cas où ils incitent au paganisme ou à tout autre péché majeur du même ordre, et le rasage de la barbe n’est pas un péché majeur — ;

vu que laisser pousser sa barbe ou la raser fait l’objet de divergences entre les savants au plan de la signification de l’impératif rapporté à ce sujet dans la Sunnah, entre ceux qui y voient une obligation et ceux qui y voient une simple recommandation ;

vu tous ces éléments, l’auteur de la question doit s’attacher au commandement univoque figurant dans le Noble Coran, dont la violation équivaut au péché majeur qui consiste à mettre ses parents en colère et leur causer de la peine. Le rasage de la barbe, quant à lui, ne constitue pas un péché certain, vu que laisser pousser sa barbe est une tradition prophétique qui peut être interprétée comme un commandement ou comme une pratique dont l’exécution vaut une rétribution mais dont l’abandon ne vaut pas un péché.

Il ne fait aucun doute que la priorité va à la bonne compagnie des parents, jusqu’à ce que l’auteur de la question puisse les convaincre de sa volonté de porter la barbe pour mieux se conformer à la tradition prophétique afférente, quel que soit le sens qu’on lui donne. D’autre part, à supposer que la bonne compagnie des parents et le port de la barbe aient la même importance au plan de la signification et du statut, l’auteur de la question se trouve confronté à deux maux, à savoir encourir la colère de ses parents et leur causer de la peine en laissant pousser sa barbe — sachant que peiner ses parents est un péché majeur — ou se raser la barbe, ce qui est contraire à la Sunnah.



Dans ce cas, les juristes sont d’avis que lorsque deux maux s’opposent, on opte pour le moindre. Az-Zaylâ`î dit dans le chapitre des prérequis de la prière : « Il est dans l’ordre des choses que lorsqu’un individu est éprouvé par deux maux équivalents, il choisisse comme bon lui semble, mais, s’il est face à deux maux de gravité différente, il doit choisir le moindre mal car la perpétration de l’illicite est conditionnée par l’absolue nécessité. » [3]



Il ne fait point de doute que le rasage de la barbe est un mal bien moindre que d’encourir la colère des parents et de les peiner en la portant, car on ne peut contrarier les parents en leur désobéissant que dans le cas où ils enjoignent le paganisme ou un péché du même ordre, ce qui n’est pas le cas du rasage de la barbe, tant au plan de la signification que du statut.

Et Allâh — Exalté soit-Il — est le plus Savant.




P.-S. : Traduit de l’arabe de la Banque de Fatwâ d’Al-Azhar, alazhr.org.


Notes :

[1] Conférer Zâd Al-Muslim fîmâ Ittafaqa `alayh Al-Bukhârî wa Muslim et son commentaire Fath Al-Mun`im, volume I, page 178 et 179, à propos du hadîth n°423, éditions Al-Halabî, deuxième édition.

[2] Sourate 31, Luqmân, verset 15.

[3] Al-Ashbâh Wan-Nadhâ'ir d’Ibn Nujaym, règle n° 5 intitulée "le préjudice doit être levé" et ses corollaires.














islamophile.org



Question : Est-il licite ou illicite de se raser la barbe ? Veuillez nous répondre preuve à l’appui. Que Dieu vous bénisse.



Réponse de Sheikh Jâd Al-Haqq `Alî Jâd Al-Haqq

Parmi les questions juridiques secondaires, figure la question de la barbe.

De nombreuses divergences existent concernant son port et son rasage, au point que certaines personnes font du port de la barbe un signe distinctif du croyant.

En réalité, les juristes considèrent, de manière unanime, que laisser pousser sa barbe et ne pas la raser correspond à la tradition du Prophète — paix et bénédictions sur lui — qui avait une barbe dont il prenait soin en la lavant, en la peignant et en la taillant afin qu’elle épouse harmonieusement les formes du visage et l’allure générale. Les Compagnons — qu’Allâh les agrée — ont immité le Messager — paix et bénédictions sur lui — dans ses gestes et ses choix.

Divers hadiths prophétiques incitent à porter la barbe, à en prendre soin et à ne pas la raser, à l’instar des hadiths qui incitent à l’usage du bâton d’arak, à se couper les ongles et à se rincer le nez à l’eau.

Les juristes considèrent de manière unanime également qu’il est requis de laisser pousser sa barbe, mais ils divergent sur le caractère obligatoire ou recommandé de cette pratique [1] :

Certains juristes optent pour l’obligation. La preuve la plus probante qu’ils avancent pour soutenir leur opinion est le hadith rapporté par Al-Bukhârî dans son Sahîh selon Ibn `Umar relatant que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : « Différenciez-vous des polythéistes : laissez pousser vos barbes et coupez vos moustaches. » Ils se fondent aussi sur le hadith rapporté par Muslim dans son Sahîh selon Ibn `Umar relatant que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : « Coupez vos moustaches et laissez pousser vos barbes. » Ces juristes y voient un commandement de laisser pousser sa barbe, rappelant qu’à l’origine l’impératif signifie l’obligation, sauf si un indice lui confère un autre sens, et qu’en l’espèce un tel indice n’existe pas. Ils rappellent également qu’il est obligatoire de se différencier des polythéistes. Ils concluent donc que laisser pousser sa barbe est obligatoire. L’Imâm An-Nawawî dit dans son commentaire du hadîth « Coupez vos moustaches et laissez pousser vos barbes. » que cinq narrations traitent du fait de laisser pousser sa barbe et que, malgré les variations de leurs énoncés, elles indiquent toutes qu’il faut laisser sa barbe intacte.

L’une des conséquences de la sentence affirmant l’obligation de laisser pousser sa barbe, telle que rapportée par Ibn Qudâmah le hanbalite dans Al-Mughnî, consiste à exiger le prix du sang (ad-diyah) pour tout attentat aux poils de la barbe selon Ahmad, Abû Hanîfah et Ath-Thawrî. Ash-Shâfi`î et Mâlik penchent, quant à eux, pour une compensation décidée par un tribunal. Ceci indique que porter atteinte aux poils de la barbe de sorte qu’elle ne pousse plus était considéré par les juristes comme un crime exigeant une compensation : soit l’intégralité du prix du sang, selon l’avis des Imâms Abû Hanîfah, Ahmad et Ath-Thawrî, soit une compensation dont l’estimation est laissée à l’appréciation des spécialistes, selon les vues des Imâms Mâlik et Ash-Shâfi`î.

D’autres juristes affirment que laisser pousser sa barbe est une sunnah méritant une rétribution mais dont l’abandon n’appelle pas un châtiment. Pour eux, se raser la barbe est détestable [1], mais n’est pas illicite et ne compte pas parmi les péchés majeurs. Ils fondent leur avis sur le hadîth rapporté par Muslim dans son Sahîh, selon `Â’ishah, relatant que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : « Dix dispositions font partie de la nature saine (al-fitrah) : Se couper la moustache, laisser pousser sa barbe, user du bâton d’arak, se rincer le nez à l’eau, se couper les ongles, se laver les phalanges, s’épiler les aisselles, se raser l’aîne, faire sa toilette intime (al-istinjâ’). » Mus`ab — le narrateur — dit : « J’ai oublié la dixième disposition, à moins que ce soit le rinçage de la bouche. »

Ce hadith montre que se laisser pousser la barbe fait partie des actes sunnah recommandés étant donné que le hadith ne mentionne que des sunan [2] coutumières. Les tenants de l’obligation leur ont répliqué que le fait de laisser pousser sa barbe fait l’objet d’un hadith spécifique qui le sort du champ de la simple recommandation et en fait une obligation, à savoir le hadith susmentionné « Différenciez-vous des polythéistes... ». Les juristes affirmant le caractère sunnah de cette pratique ont répondu que l’ordre de se différencier des polythéistes n’exprime pas nécessairement une obligation car, si tout ce qui s’écarte de la pratique des polythéistes était obligatoire, il serait obligatoire de se teindre les cheveux, en vertu du hadith rapporté par Al-Bukhârî, Muslim, Abû Dâwûd, At-Tirmidhî et An-Nasâs’î : « Les Juifs et les Chrétiens ne se teignent pas les cheveux, différenciez-vous d’eux. » Or, le salaf [3] est unanime sur le caractère facultatif de la teinte des cheveux ; certains Compagnons se teignaient les cheveux, d’autres ne le faisaient pas, comme le rappelle Ibn Hajar dans Fath Al-Bârî. Ils ont aussi appuyé leur opinion par le récit mentionné dans Nahj Al-Balâghah : « On interrogea `Alî — qu’Allâh honore sa face — au sujet de la parole du Messager — paix et bénédictions sur lui — : “Changez vos cheveux grisonnants, et n’imitez pas les Juifs.” Il répondit : “Le Prophète a dit cela alors que la religion était minoritaire, mais maintenant qu’elle s’est répandue, chacun peut faire comme bon lui semble.” »

C’est pourquoi certains savants affirment que le plus juste consisterait à recommander en matière de barbe, à l’instar de la teinte des cheveux, de respecter les us et coutumes du lieu où l’on se trouve, voire si l’on laissait ces questions à l’appréciation de chacun selon les circonstances qu’il traverse, il n’y aurait aucun mal à cela. Voyant Abû Yûsuf — le compagnon d’Abû Hanîfah — porter des sandales à clous, on lui dit que tel ou tel savant trouvaient cela détestable car cela ressemble à ce que font les moines. Il répondit que le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — portait des sandales à crin et que cela ressemble aussi à ce que font les moines...

Les savants disent fréquemment que, d’une part, l’impératif figurant dans une grande partie des narrations rapportées de la part du Messager — paix et bénédictions sur lui — concernant ce genre de questions peut aussi bien signifier l’obligation que la recommandation de ce qui est meilleur, et, d’autre part, la ressemblance avec les adeptes des autres religions n’est illicite que lorsqu’il s’agit d’imiter l’une des caractéristiques de leurs religions, mais le fait de leur ressembler dans les us et coutumes générales, cela n’est ni mauvais, ni détestable, ni illicite.

Eu égard à tous ces éléments, on conclut qu’il est tout à fait acceptable d’affirmer que laisser pousser sa barbe est souhaitable, et que cela fait partie des traditions islamiques qu’il faut préserver.

Par ailleurs, celui qui laisse pousser sa barbe sera rétribué pour ce geste, tandis que celui qui la rase commet une chose détestable [1] ne constituant pas un péché, étant donné les preuves avancées par le second groupe de juristes.

Et Dieu est le plus savant.

P.-S. : Traduit de l’arabe du site islamonline.net.


Notes :

[1] Dans la terminologie juridique, les actes sont classés sur une échelle de valeur allant de l’obligation à la prohibition. On désigne par fard et wâjib les actes obligatoires, avec une petite nuance entre les deux : le fard exprime une obligation plus forte que le wâjib. Ensuite, on trouve les actes recommandés désignés par le qualificatif mustahabb ou marghûb fîh exprimant le caractère souhaitable ou recommandé de la chose. Puis, viennent les actes neutres qualifiés de mubâh et que l’on peut accomplir ou non indifféremment, chacun à sa guise. Les actes qualifiés de makrûh, que nous traduisons souvent par détestables, sont les actes considérés comme contrevenant au bon goût ou aux bonnes dispositions sans pour autant faire l’objet d’une interdiction dans les textes. Celui qui les accomplit ne commet donc pas de péché. Enfin, les actes illicites, faisant clairement l’objet d’une interdiction dans les sources de l’islam, sont qualifiés de harâm. NdT.

[2] Sunan, pluriel de sunnah, désigne les traditions prophétiques.

[3] Le salaf désigne les trois premières générations de musulmans. NdT.
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Le port de la barbe
Par le Mufti d'Egypte, Fâdilatu Chaykh Ali Goma'a

dar-alifta.org




En ce qui concerne le rasage de la barbe, il est bien établi dans la Chari’a que le fait de laisser pousser la barbe est une Sunna.


Le Prophète avait l'habitude de prendre soin de sa barbe : il en coupe un peu d'en haut et des extrémités pour la rendre parfaitement convenable à sa physionomie. Il la lavait, laissait couler l'eau à travers et la peignait, habitude également adoptée par les Compagnons qui suivaient son exemple.

Dans ce contexte, plusieurs Hadiths incitent à laisser pousser la barbe et à prendre soin de sa propreté tout comme ceux relatifs au fait de se frotter les dents par le Siwak et à tailler les ongles et la moustache.

Quelques jurisconsultes qualifient d'obligation l'ordre cité dans ces Hadiths, ce qui les a emmenés à interdire le rasage de la barbe.

D'autres, le qualifient de préférable ; puisqu’ils le considèrent comme une Sunna ; et par conséquent, celui qui s’y applique sera récompensé alors que celui qui ne s’y conforme pas ne sera pas puni.

Quant à ceux qui optent pour l'interdiction du rasage de la barbe, ils se basent sur le Hadith qui nous recommande de laisser pousser la barbe pour être une marque de distinction entre nous, les Musulmans, et les Mages et les Polythéistes : « Dix actes font partie de la saine nature : se tailler la moustache, laisser pousser la barbe, se frotter les dents par le Siwak, se rincer les narines, se couper les ongles, se laver les articulations des doigts, s'enlever la pilosité des aisselles, se raser la pilosité du pubis, utiliser l'eau après avoir fait ses besoins. Le narrateur ajouta : « J'en ai oublié le dixième, à moins qu'il ne s'agisse du rinçage de la bouche6 . »

Quant à ceux adoptant l’autre avis à savoir, les Chafi'ites, ils trouvent que les ordres relatifs aux habitudes, au savoir-faire et au savoir-vivre, sont émis à titre de recommandation et non pas à titre d’obligation, tout comme l’ordre de se teindre les cheveux avec le Henné et de prier en portant des souliers, comme l’a dit Ibn Hajar as-Asqalani dans son ouvrage Fath al-Bari.

Alors, on peut en conclure que les avis des jurisconsultes oscillent entre permission et interdiction, c’est pourquoi, il est préférable de ne pas d’en faire un sujet de controverse et de ne pas récuser celui qui suit l’avis qui y voit la permission.
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