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L'Istiwa' d'Allah sur Son Trône
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Enumérons insha Allah les positions des savants de Ahl al-Sunna en établissant la compréhension saine et en réfutant la compréhension défectueuse des attributs mentionnés dans le Qur'an et le Sunna.

Umm Salama l'épouse du prophète Sallallahu ‘alayhi wa salam a dit ce qui suit au sujet de l'istiwa comme cité par Ibn Hajar dans Fath Al-Bari : « L'établissement n'est pas inconnu (ghayr majhul) et sa modalité est inconcevable pour l'esprit (ghayr ma`qul) ; on ne demande pas "comment" à Son sujet ; "comment" ne peut Lui être appliqué. » [1]

• Sufyan al-Thawri (m. 161) a avancé une interprétation de istiwa dans le verset 4 de la 20ème sourate comme signifiant « une commande concernant le trône » (amrun fi al-`arsh), selon l'imam al-haramayn al-Juwayni (m. 478) dans son al-Irshad ila qawati` al-adilla fi usul al-i`tiqad (la guidance vers les preuves décisives dans les fondements de la croyance), comme il est cité par al-Yafi`i dans son Kitab marham al-`ilal al-mu`dila fi daf` al-shubah wa al-radd `ala al-mu`tazila (livre de la résolution des problèmes difficiles pour la suppression des doutes et la réfutation des Mu`tazila) : « L'interprétation de l'istiwa comme signifant qu'Allah se tourne vers une commande particulière concernant le trône, n'est pas forcée, et c'est le ta'wil de l'Imam Sufyan al-Thawri, qui a pris comme preuve corroborante le verset : "Ensuite, Il s'est tourné (istawa) vers le ciel alors qu'il n'était que fumée" (41 :11). » [2]

L'imam Abu Hanifa (m. 150) indique dans sa Wasiyya : « S'il avait été dans un endroit et avait eu besoin de s'assoir et de se reposer avant de créer le trône, alors la question "Où était Allah ?" se serait appliquée à lui, ce qui est impossible… Nous affirmons qu'Allah est établi (istawa) sur le trône sans avoir besoin (haja) de celui-ci, et sans installation (istiqrar) au dessus de celui-ci, car Il est Celui qui préserve le Trône et les autres [créatures] sans avoir besoin d'aucune d'entre elles. » [3]

Il a dit dans son al-Fiqh al-akbar : « Allah n'a aucune limite, ni aucun rival… Celui qui dit : "Je ne sais pas si mon seigneur est dans les cieux ou sur la terre" est un mécréant, et celui qui dit : "Il est sur le trône, et je ne sais pas si le trône est dans le ciel ou sur la terre," est également un mécréant. » L'imam Abu Mansur al-Maturidi a commenté ceci comme signifiant : « La raison est que par de tels mots il suggère un endroit pour Allah et c'est de l'idolâtrie. » [4]

• Un homme a demandé à l'imam Malik (m. 179) : « Comment Allah a-t-Il fait l'istiwa sur le trône ? » L'imam Malik a incliné sa tête et est resté silencieux jusqu'à ce que la sueur de la fièvre ait couvert son front, puis il a levé les yeux et a dit : « L'istiwa' n'est pas inconnu (ghayru majhul), sa modalité est inconcevable pour l'esprit (al-kayfu minhu ghayru ma`qul) ; mais y croire est obligatoire, et l'investigation à son sujet est une innovation hérétique. Tu es un innovateur. » Et il a donné l'ordre que celui-ci soit mis dehors. [5]

L'imam al-Shafi`i (m. 204) a dit dans son petit traité nommé al-Fiqh al-akbar : « Quiconque dit : "al-Rahmanu `ala al-`arsh istawa", on lui répond : Ce verset est un des mutashabih (chose ambiguë) concernant lequel on est embarassé de donner une réponse, et on dit la même chose concernant les versets similaires. » [6]

• Parmi les autres qui comptent le verset de l'istiwa' parmi les mutashabihat, on trouve l'Imam Malik ibn Anas, les fuqaha de Médine, et al-Asma`i selon Abu Mansur `Abd al-Qahir al-Baghdadi dans Usul al-Din. [7]

• L'Imam de Ahl al-Sunna, Abu al-Hasan al-Ash`ari (m. 324), indique en son Al-ibana fi usul al-diyana : « Allah est au-dessus des cieux, au-dessus du Trône, au-dessus de tout, avec une élévation (fawqiyya) qui ne Le rend pas plus proche du Trône ou des cieux, tout comme elle ne Le rend pas plus eloigné de la terre. Il est proche de tout ce qui est en existence, Il est plus proche du serviteur que sa veine jugulaire, et Il est un témoin sur toute chose. »

Il dit également, comme rapporté par Abu Mansur al-Baghdadi dans Usul al-Din : « L'établissement d'Allah sur le trône est une action qu'Il a créé appelée l'istiwa et en rapport avec le Trône, tout comme Il a créé une action appelée ityan (venue) en rapport avec certaines personnes ; et ceci n'implique ni descente ni mouvement. » [8]

Al-hafiz Abu Hatim Ibn Hibban al-Busti (m. 354) a catégoriquement nié qu'Allah avait des limites et a été expulsé du Sijistan sous menace de mort par les anthropomorphistes, comme mentionné ci-dessus.

Ibn Jarir al-Tabari (m. 310) a dit dans son Tafsir : « Allah s'est exalté au-dessus du ciel avec l'exaltation de la souveraineté et de la puissance, pas celle du déplacement et du mouvement. » [9]

L'imam Abu Mansur `Abd al-Qahir al-Baghdadi (m. 429) dit dans Usul al-Din : « La position correcte selon nous est l'interprétation du Trône dans ce verset comme signifiant la souveraineté (al-mulk), comme si Il avait voulu dire que la souveraineté n'en a été établie pour nul autre que Lui. Cette interprétation est issue de la parole des Arabes : "Le trône de tel ou tel s'est renversé" s'il perd son pouvoir. » Il cite ensuite trois exemples de poésie illustrant ceci. [10] Il dit au sujet des caractéristiques de Ahl al-Sunna wa al-Jama`a dans son al-Farq bayn al-firaq (les différences entre les sectes) : « Ahl al-Sunna ont un consensus (ajma`u) qu'Allah, le Parfait, l'Exalté, n'est pas limité par l'endroit. » Il rapporte ensuite la parole de Sayidina `Ali : « Allah a créé le Trône comme indication de Sa puissance, non pas pour le prendre comme endroit pour Lui-même. » [11]

L'imam al-Haramayn al-Juwayni (m. 478) a dit dans son livre al-Irshad comme cité par al-Yafi`i dans son Kitab marham al-`ilal al-mu`dila : « On doit prendre le soin de montrer aux vulgaires anthropomorphistes (hashwiyya) les versets sur lesquels ils pratiquent le ta'wil. De sorte que lorsqu'ils invoquent comme preuve de leur croyance en l'installation (istiqrar) d'Allah, le sens apparent [du verset] "le Tout-Miséricordieux s'est établi sur le Trône" (20 :4), demandez-leur le sens de "et Il est avec vous où que vous soyez" (57 :4). S'ils prennent ce dernier selon son sens apparent également, alors ils annulent le sens apparent qu'ils affirment concernant Son établissement sur le Trône, et ils proclament également le déshonneur de leur croyance aux yeux de toute personne raisonnable ; cependant, s'ils le comprennent comme se rapportant au fait qu'Il nous cerne de par Sa science, alors ils ont appliqué le ta'wil, et il ne nous est plus interdit de faire la même chose en interprétant Son établissement comme "le fait de soumettre" (qahara) et "de régner sur" (ghalaba), comme cela est autorisé par la langue arabe… D'ailleurs, l'istiwa' dans le sens d'istiqrar, ou d'installation, présuppose un état antérieur de perturbation, et croire ceci est de la mécréance (kufr)…

S'ils disent : Pourquoi ne laissez-vous pas passer le verset selon son sens apparent sans l'interpréter, et ne dîtes-vous pas seulement qu'il fait partie des mutashabihat dont la signification est connue que d'Allah ? Nous disons : Si l'interpellateur veut laisser passer istiwa' selon le sens apparent qu'il suggère généralement, qui est l'établissement physique, alors un tel sens nous conduit à l'anthropomorphisme, et si cela est avéré comme étant explicitement impossible, alors le sens apparent cesse… dans quel cas ce n'est pas [une interprétation] forcée de comprendre le verset correctement et raisonnablement selon les demandes de la Loi divine et de l'obligation d'éviter le ta'wil, à moins qu'il existe un risque qu'en résulte de mauvaises croyances. » [12]

L'imam Abu Hamid al-Ghazali (m. 505) dit presque la même chose que Abu Mansur al-Baghdadi dans la section de l'Ihya' sur les qawa`id wa `aqa'id (les principes et les doctrines), et quelque chose lié à cela dans l'Iljam que nous avons déjà cité.

• Le gammairien al-Raghib (m. 507) dit : « L'expression istawa `ala a le sens de istila' (détenir la maîtrise sur quelque chose), comme dans le verset du Qur'an : "al-rahmanu `ala al-`arsh istawa"… Cela signifie que tout est semblable par rapport à Lui d'une telle façon qu'aucune chose n'est plus proche de Lui qu'une autre chose, puisqu'il n'est pas comme les corps qui occupent un endroit à l'exclusion d'un autre endroit. » [13]

• L'imam Fakhr al-Din al-Razi (m. 606) dit dans son al-Tafsir al-kabir dans le commentaire du verset 19:93 : « Puisqu'il est affirmé par ce verset que "tous ceux dans les cieux et la terre doivent venir à Allah en tant qu'esclaves", et puisqu'il est obligatoire qu'Allah soit exalté au dessus de pouvoir être un esclave, il est donc impossible pour Lui d'être dans un endroit ou dans une direction, ou sur le Trône ou la Chaise. »

• L'imam Abu Mansur Ibn `Asakir (m. 620) dit dans sa `Aqida : « Il ne doit pas être dit : "Quand était Il ?", ou "Où était Il ?", ou "Comment allait Il ?". Il existe sans endroit. »

• L'imam Ibn al-Jawzi (m. 597) a dit : « Celui qui dit : Il est établi sur le Trône "en personne" (bi dhatihi), a détourné le sens du verset vers celui de la perception sensorielle. Une telle personne ne doit pas négliger que le principe est établi par l'intellect, par lequel nous sommes venus à connaître Allah, et Lui avons catégoriquement attribué la pré-éternité. »

Il dit plus loin, en réfutation de ceux parmi ses pairs hanbalites qui ont sombré dans l'anthropomorphisme : « Si vous aviez dit : "Nous ne faisons que lire ces hadiths et nous restons silencieux", personne ne vous aurait condamnés. Ce qui est honteux c’est que vous les interprétiez littéralement. N’introduisez pas dans le madhhab de cet homme droit parmi les premiers musulmans [Ahmad ibn Hanbal] ce qui n'en fait pas partie. Vous avez revêtu ce madhhab d’une disgrâce honteuse, à tel point qu’on ne peut presque plus dire "hanbalite" si ce n'est dans le sens d'anthropomorphiste. »

« [...] Ils disent alors : "Nous les prenons selon leur sens apparent". Comme c'est étonnant ! Quel est " le sens apparent" de ce que seul Allah connait ? Le "sens apparent" de istiwa' est-il autre que s'asseoir ? Et "le sens apparent" de nuzul est-il autre que le déplacement ? »

« [...] Ils ont dit : Il est établi sur le Trône "en personne" (bi dhatihi). Mais cette addition n'est pas rapportée de quiconque ! C'est seulement ce qu'ils ont compris avec leurs sens, à savoir, qu'on n'est pas établi autrement qu'avec sa propre personne » [14]

• On a demandé à l'imam al-`Izz ibn `Abd al-Salam (m. 660) dans ses Fatawa : « Que dîtes-vous au sujet de la parole d'Ibn Abi Zayd al-Qayrawani al-Maliki (m. 386) : "Allah est au-dessus de Son trône exalté en personne (bi dhatihi), et Il est partout avec Sa science" : Est-ce qu'une telle affirmation attribue une direction à Allah ou pas ? Et celui qui a une telle croyance est-il déclaré mécréant (kafir) ou non ? »

Il a répondu : « Le sens apparent de ce que Ibn Abi Zayd a dit attribut une direction à Allah, car il a fait une distinction entre le fait pour Allah d'être sur le Trône et le fait d'être avec Sa création. Quant à la deuxième question : la position la plus correcte est que celui qui professe la croyance en la direction d'Allah n'est pas déclaré mécréant, car les savants de l'Islam n'ont fait sortir de telles personnes hors de l'Islam, plutôt, ils ont prononcé la permission de ce qu'ils héritent des musulmans et de leur enterrement dans les cimetierres musulmans, l'inviolabilité de leur sang et de leur propriété, et l'obligation de prier sur leurs dépouilles. Le même est vrai de tous les innovateurs : les gens n'ont jamais cessé de leur appliquer les jugements qui s'appliquent aux musulmans. Ne prêtez aucune attention à ce que les gens du commun disent au sujet de leur mécréance. » [15]

L'imam al-Nawawi (m. 676) a dit dans Sharh al-muhadhdhab : « Il est dit : Nous croyons que le Tout-Miséricordieux est établi au-dessus du Trône, et nous ne savons pas la réalité de sa signification ni ce que ceci signifie (la na`lamu haqiqata mi`na dhalika wa al-murada bihi), tandis que nous croyons dans le même temps que "il n'y a rien tel que Lui" et qu'Il est exalté loin au-dessus de la plus élevée des choses créées. C'est la voie des Salaf ou au moins de leur grande majorité, et c'est la méthode la plus sûre car on n'est pas obligé de faire des recherches sur de tels sujets. » [16]

L'imam Ibn al-Hammam al-Hanafi (m. 681) a dit dans al-Musayara: « Il est obligatoire de croire qu'Allah est établi sur le Trône tout en niant toute similarité avec la création. Quant à dire que son établissement (istiwa') est une conquête (istila'), ceci est permis mais non obligatoire puisqu'il n'y a aucune preuve pour ce sens spécifiquement… Cependant, si l'on craint que les gens du commun ne comprennent pas istiwa sans concevoir le contact et d'autres caractéristiques corporelles, ou s'ils ne nient pas ces dernières, alors il n'y a aucun mal à diriger leur compréhension vers istila', car son utilisation et son sens sont établis pour istiwa' dans la langue par l'énonciation du poète : "Bishr a conquis (istawa `ala) l'Irak" et "quand nous les avons dominé et les avons conquis (istawayna `alayhim)". »[17]

• La parole du Shaykh `Abd al-Ghani al-Nabulusi (m. 1143) qui a déjà été citée : « Celui qui croit qu'Allah imprègne les cieux et la terre, ou qu'Il est un corps s'asseyant sur Son Trône, est un mécréant, même si il pense qu'il est musulman. »

L'imam Al-Dhahabi (m. 748) a désavoué le terme "en personne" (bi dhatihi) : « Il n'y a aucun besoin de cette expression, et elle perturbe l'âme. » [18]

L'imam Ibn Hajar (m. 852) a également rejeté l'affirmation qu'Allah est sur le trône "en personne" (bi dhatihi) comme tout aussi absurde que de dire qu'Il est partout : « Certains des Mu`tazila ont affirmé qu'Allah était partout sur la base du hadith "Si l'un d'entre vous se tient en prière, qu'il ne crache pas devant lui car Allah est devant lui". C'est de l'ignorance évidente, car le hadith dit ensuite qu'il devrait cracher sous son pied, ce qui infirme leur principe. Le hadith constitue également une réfutation de ceux qui disent qu'Allah est sur le Trône "en personne". » [19]

• Même Sulayman ibn `Abd Allah ibn Muhammad ibn `Abd al-Wahhab (m. 1817), le petit fils du fondateur du salafisme/wahhabisme, a déclaré mécréant quiconque utilise le terme "en personne" concernant l'attribution d'un endroit à Allah, que cela soit un seul endroit ou un nombre illimité d'endroits : « Celui qui croit ou dit : "Allah est en personne (bi dhatihi) dans tous les endroits, ou dans un endroit", il est mécréant (kafir). Il est obligatoire de déclarer qu'Allah est distinct de Sa création, établi au-dessus de son trône sans modalité ou similarité ou analogie possible. Allah était et il n'y avait aucun endroit, puis Il a créé l'endroit et Il est exalté de la même manière qu'Il l'était avant qu'il n'ait créé l'endroit. » [20]



Notes :



1. Ibn Hajar, Fath al-bari 13:406-407 (Beyrouth ed. 1989).

2. In al-Yafi`i, Marham al-`ilal al-mu`dila, ed. E. Denison Ross (Calcutta : Société Asiatique du Bengal, 1910) p. 245.

3. Abu Hanifa, Wasiyyat al-imam al-a`zam Abu Hanifa, ed. Fu'ad `Ali Rida (Beyrouth : Maktabat al-Jamahir, 1970) p. 10.

4. Abu Hanifa, Kitab al-fiqh al-akbar bi sharh al-Qari (Le Caire: Dar al-kutub al-`arabiyya al-kubra, 1327/1909) p. 16; cf. al-Maturidi, Sharh al-Fiqh al-akbar in Majmu`at rasa'il (Hyderabad : Matba`at majlis da'irat al-Ma`arif al-Nizamiyya, 1321/1903).

5. Ibn Abi Zayd al-Qayrawani, al-Jami` fi al-sunan wa al-adab wa al-maghazi wa al-tarikh, ed. M. Abu al-Ajfan & `Uthman Battikh (Beyrouth : Mu'assasat al-risala ; Tunis: al-maktaba al-`atiqa, 1402/1982) p. 123.

6. al-Shafi`i, al-Fiqh al-akbar p. 17.

7. al-Baghdadi, Usul al-Din p. 112-113.

8. al-Baghdadi, Usul al-Din p. 113.

9. Tafsir al-Tabari 1:192.

10. al-Baghdadi, Usul al-Din p. 112-113.

11. al-Baghdadi, al-Farq bayn al-firaq (Beyrouth : dar al-kutub al-`ilmiyya, n.d.) p. 256.

12. Imam al-Haramayn dans le livre de al-Yafi`i, Marham al-`ilal p. 245.

13. al-Sayyid al-Zabidi, Taj al-`arus, s.v. s-w-y.

14. Ibn al-Jawzi, Daf` shubah al-tashbih p. 102, 104, 127-128.

15. al-`Izz ibn `Abd al-Salam, Fatawa p. 151, 153.

16. al-Nawawi, al-Majmu` 1:25.

17. Ibn al-Hammam, al-Musayara fi `ilm al-kalam wa al-`aqa'id al-tawhidiyya al-munjiya fi al-akhira (Le Caire : al-matba`a al-hamawiyya, 1348/1929)p. 18.

18. al-Dhahabi, Siyar a`lam al-nubala' 19:607.

19. Ibn Hajar, Fath al-bari (ed. 1989) 1:669.

20. Sulayman ibn `Abd Allah b. Muhammad b. `Abd al-Wahhab, al-Tawdih `an tawhid al-khallaq fi jawab ahl al-`Iraq (1319/1901) p. 34. nouvelle ed. al-Riyad, Dar tibah, 1984
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Al Istiwâ - Par les Imâms Al Ûshî & Al Qârî

at-tawhid.net



Al Imâm 'Alî Al Qârî Al Hanafî a dit :

« 'Alî Al °Ûshî a dit [1] :


« Le Seigneur du trône est au-dessus du trône (wa Rabb ul 'arshi fawqal 'arshi lâkin)
Sans localisation et sans contact (bi lâ wasf it tamakkuni wa at tisâli) »


« Le Seigneur du Trône » est Le Créateur et Le Possesseur du Trône. L'association [de ces deux termes] est similaire à celles ci : « Seigneur de la Demeure » ou bien encore « Seigneur de Jibrîl ». Le trône est la plus grande chose de la création et celui-ci englobe la totalité [de la création].


Et Allâh (qu'Il soit exalté) a dit : Ar Rahmân 'alal 'arsh istawâ [Sûrah 20 - Âyah 5].


Le madh-hab des Khalaf consiste à expliquer l'istiwâ comme l'isti'lâ (la domination, la prééminence), et la position adoptée par les Salaf est de ne pas l'expliquer du tout ('adamatu at ta°wîl). Ils préféraient y croire comme cela avait été révélé, que ceci était transcendant et inqualifiable (tanzîh), en niant toute similitude [à l'égard des créatures] (tashbîh), en laissant l'affaire (tafwîd) à Allâh et à Sa connaissance concernant sa signification, comme l'a dit l'Imâm Mâlik : « Al Istiwâ n'est pas inconnu, le comment n'est pas concevable, y croire est un devoir, et poser la question à ce sujet est une innovation. »


Il y a aussi l'opinion de notre Imâm Ul A'zam (Abû Hanîfah) concernant l'istiwâ et tout les versets ambigus et ahâdîth dans lequels sont mentionnés quelques Attributs parmi tant d'autres tel Yad,Wajh, 'Ayn. Le terme « sur - fawq » est utilisé comme [dans] : C'est Lui qui est Le Dominateur Suprême sur Ses serviteurs [Sûrah 6 – Âyah 18], ou : Ils craignent leur Seigneur, au-dessus d'eux [Sûrah 16 – Âyah 50].



Nos prédécesseurs n'expliquaient pas les mot « sur » ou « au-dessus » par « grandeur » ou par « exaltation » contrairement à ce qu'on fait les savants qui sont venus après.

L'auteur [du poème] a remplacé par un synonyme le mot utilisé dans le Qur°ân pour qu'il soit conforme au mètre poétique et il a ainsi clarifié par cela la position [à adopter] en disant dans le distique suivant : « Au-dessus ne signifie pas « prendre possession ou toucher » ». Cela ne signifie [également] pas le fait de se reposer ou le fait d'arriver quelque part, car ces descriptions sont inconcevables concernant Allâh (qu'Il soit exalté).

Ce vers est aussi une réfutation des karrâmiyyah et des mujassimah [2] qui attribuent une direction à Allâh (qu'Il soit exalté), ces mêmes karrâmiyyah attribuent la direction de l'élévation à Allâh sans qu'il prennent possession du trône (istiqrâr). Et les mujassîmâ, qui sont les hashwiyyah, insistent sur le fait qu'Allâh en prendrait possession en citant le verset et en le prenant de manière littérale, bien qu'ils n'aient aucune preuve afin de prouver cela [3]. En effet « istawâ » a beaucoup de significations, et parmi ses significations on trouve le fait de s'emparer d'une chose (la maîtriser), le fait de dominer, le fait de contrôler (al isti'ila), tout comme le poète a dit :


« Bishr s'est établit sur l'Irâq (qad istawâ Bishrun 'alal 'Irâqi)

Sans avoir fait couler le sang ni utilisé l'épée (min ghayri sayfin wa damin mihrâqi) »


De même Allâh a dit : Et quand il eut atteint sa maturité et sa plein formation, Nous lui donnâmes la faculté de juger et une science. C'est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants. [Sûrah 28 – Âyah 14], ici, « istawâ » est utilisé dans le sens de compléter et de perfectionner (tammam, kamal).

Allâh a dit aussi : Et il fut dit : « Ô terre, absorbe ton eau ! Et toi, ciel, cesse [de pleuvoir] ! ». L'eau baissa alors, l'ordre fut exécuté, et l'arche s'installa (istawat) sur le Jûdi, et il fut dit : « Que disparaissent les gens pervers ! [Sûrah 11 – Âyah 44], dans ce cas présent, cela (al istawâ) signifie s'installer (istiqrâr).


C'est pour cela qu'on ne peut utiliser ceci comme une preuve irréfutable alors qu'il est possible de trouver beaucoup de significations différentes à ce terme.

Si quelqu'un demande : « Pourquoi ces versets ambigus ont-ils été révélés ? », je réponds : cela montre l'incapacité et la faiblesse de la création ainsi que la compréhension limitée de la Parole de leur Seigneur, et afin de prouver leur degré de servitude et de foi.

C'est ainsi que le plus savant parmi eux disait : « Nous avons foi [en tout ce qui a été révélé], tout ceci provient de notre Seigneur. »

Ils laissaient la signification à Allâh (tafwîd) et croyaient en la signification voulue par Allâh sans essayer de comprendre la signification elle-même, ceci est la plus grande perfection qu'un serviteur puisse atteindre. C'est aussi la position choisie par nos prédécesseurs (as salaf).

Ils se détournaient de la description ou de l'explication quant à la signification des versets ambigus. Cependant les savants parmi les Khalaf ont choisi d'expliquer ces versets sans insister ou être catégorique dessus (au sujet de leur signification), ils affirmaient que c'était l'un des sens voulu par Le Seigneur (qu'Il soit glorifié).

La servitude est de loin plus solide que l'adoration, car la servitude comporte le fait d'être agrée avec ce que le Seigneur fait et l'adoration consiste à faire ce qui pourrait être agréer par Le Seigneur. Sans aucun doute, l'agrément d'Allâh est plus grand que les faits et gestes. De plus, abandonner la recherche de l'agrément est de l'apostasie, mais abandonner les actes est de la désobéissance et de la perversion. Par conséquent, il y a une fin à l'adoration, et il n y a pas d'adoration dans l'au-delà, cependant il n'y a pas de fin à la servitude, et ceci dans les deux mondes.

Et il est clair comme le cristal que le madh-hab des Salaf est le plus saint et le plus intelligent tandis que le madh-hab des Khalaf est le plus approprié [à notre époque]. »



Fin de citation.



Source : Daw Ul Ma'âlî de l'Imâm 'Alî Al Qârî Al Hanafî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).


Notes :

[1] Dans Bad' Ul Amâlî.

[2] Les karrâmiyyah sont les adeptes de l'innovateur 'Abdu Llâh Ibn Karrâm qui fut l'un des grands anthtropomorphistes de la période des Salaf. Les mujassimâ sont d'autres anthropomorphistes qui divergent sur certains détails avec 'Abdu Llâh Ibn Karrâm, la branche majoritaire de cette secte était : al hashwiyyah, composée dans une écrasante majorité d'anthropomorphistes hanbalites ; citons parmi eux Al Barbahârî, Al Khallâl ou encore Ibn Taymiyyah.

[3] C'est-à-dire qu'ils n'ont aucune preuve issue du Qur°ân, de la Sunnah ou à partir d'un consensus des savants, mentionnant le fait que le verset qu'ils citent est interprétable par le fait qu'Allâh prendrait possession du trône. Personne n'a dit cela avant eux et cette croyance constitue une grave innovation.
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Al Istiwa
Par le Chaykh Yahyâ an-Ninowi


Le Muhaddith syrien sheikh Mohammad ibn Yahya an-Ninowi (élève du sheikh marocain 'Abdullah al-Ghumari) a dit dans son commentaire de la 'aqida tahawiyya page 123-124 :


L'imam al-Bayhaqi (radiyallahu anhu) dans son livre al-Mutaqad a rapporté que lorsque l'on demandait aux savants des trois 1ères générations de musulmans, comment comprendre les Mutashabihat (versets ambigus), ils disaient :

« Acceptez-les comme ils sont parvenus sans leur appliquer un comment. »
Sans leur appliquer un comment, signifie qu'Allah est exempt de l'attribution du fait de s'asseoir, de se reposer, de se déplacer, d'avoir des membres, des organes, etc.

Cela ne signifie pas que son Istiwa' au-dessus du trône ('Arsh) ait un comment dont nous sommes ignorants.

Au contraire, les savants ont totalement nié qu'un comment puisse être appliqué à Allah.

Ainsi la parole de ceux qui disent : « Allah se tient sur le trône mais ne savons-nous pas comment » est rejetée et mène au blasphème.

Il en est de même de la parole que beaucoup de gens ont faussement attribuée à l'Imam Malik selon laquelle il aurait dit « l'istiwa' est connu et le comment est inconnu ».

Cette parole ne peut d'aucune façon être attribuée à l'Imam Malik et est sans fondement. On affirme au sujet de l'imam Malik ibn Anas (radiyallahu anhu) dans ce que l'imam al-Bayhaqi a rapporté avec une chaîne authentique par la voie de 'Abdullah ibn Wahb, que nous étions chez Malik quand un homme est entré et a dit :

« Ô Abu 'Abdillah, al-rahmanu 'ala al-'arsh istawa, comment s'est-Il Istawa ? »

Malik a baissé la tête avec effarement puis a ensuite relevé sa tête et a dit :

« 'ala al-'Arsh Istawa comme Il se l'est attribué, il n'est pas valable de dire comment, et comment ne s'applique pas à Lui ».

Malik a ensuite dit : « Je vois que tu es un innovateur, faîtes le sortir. »

De plus, l'Imam al-Hafiz Ibn Hajar al-Asqalani (radiyallahu anhu) a rapporté dans son livre de grande valeur sharh sahih al-Bukhari que la mère des croyants Ummu Salama, l'épouse du Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit (NdT : commentaire d'Ibn Hajar entre crochets) : «l'Istiwa' n'est pas inconnu [parce qu'il est mentionné dans le livre d'Allah] ; al-kayf (le comment) est inconcevable [parce que le fait de l'appliquer [à Allah] est impossible]. »

Par conséquent, il est important de prendre garde aux divers livres qui prétendent adhérer à la Sunna ou aux trois 1ères générations de musulmans (les salafis/wahhabites), et même à certaines traductions du Qur'an, parce que dans de nombreux cas ils contiennent une interprétation erronée du Qur'an et de la Sunna, propageant leur croyance corrompue parmi les musulmans.

Les Mushabbiha dépensent de nombreuses ressources afin de tromper les musulmans et d'injecter leurs philosophies malsaines consistant à faire ressembler Allah à Ses créatures, en Lui attribuant une lumière, une main, des mains, des yeux, un tibia, un pied, des doigts, un visage, le fait d'être assis, un endroit, une direction, etc.

En islam, sache fermement qu'Allah (ta'ala) est exempt de toute l'imperfection et est au-dessus du fait que celles-ci lui soient attribuées.
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