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Le verset du Coran où Maryam (Marie)
est nommée "Soeur de Aaron"
maison-islam.com




Ceci est une réponse aux personne interrogatives ayant soulevé cette "anomalie", aux dires propagés par ignorance par les ennemis de l'Islam voulant discréditer notre religion, et aux prêcheur d'autres religion voulant attirer vers leurs religion les musulmans en leur insuffluant des doutes les "prétendus erreurs du Coran".


Notemment une vidéo de Yanis Chourouch qui débattait avec Ahmed Deedat qui avait prononcé des mots (la citation n'est pas exacte seule le sens est visé) : "Le Coran parle de Marie soeur de Aaron alors que la Bible dit que le Aaron le frère de Moise avait une soeur appelée Marie.
La est la preuve que Mouhamed a confondue la Marie, mère de Jésus et la Marie, soeurs de Aaron et Moise"




Voici donc l'explication à cela :



Question : Dans la Bible il est dit que les Prophètes Moïse et Aaron avaient une sœur nommée Marie (Exode 2/1-8). Etrangement, dans le Coran, il est dit de la Vierge Marie, la mère de Jésus : "O sœur d'Aaron".
Dans la Bible il est dit que le père de Moïse, de Aaron et de cette Marie dont nous venons de parler se nommait Amram (Exode 6/20).
Etrangement, dans le Coran, le père de la Vierge Marie est nommé "Amram".
N'y a-t-il pas eu confusion dans le Coran entre Marie sœur de Moïse et de Aaron, et Marie mère de Jésus ?










Réponse :

Pour ce qui est du prénom du père de Marie mère de Jésus :



Le Coran nomme effectivement le père de Marie mère de Jésus : "Amram" (en arabe : "'Imrân") : on y lit ainsi :



Et Marie fille de Amram…
(Coran 66/12) ;



dans le même ordre d'idées, le Coran parle de la mère de Marie (que les sources chrétiennes nomment "Anne") comme


la femme de Amram
(Coran 3/35).


Ce qu'il ne faut cependant pas oublier, c'est que, dans les sources musulmanes, le père de Moïse – qui est aussi le père de Aaron et de Marie sœur de Moïse et de Aaron – est, lui aussi, nommé clairement : "fils de Amram" : le Prophète Muhammad (sur lui la paix) a dit : "Lors du voyage nocturne, je suis passé près de Moïse fils d'Amram…" (rapporté par Muslim, n° 165).

Les sources musulmanes assument donc que deux personnages différents portent le même prénom, sans que l'on prenne l'un pour l'autre.


Ce qui s'est passé c'est qu'un personnage du nom de Amram a eu l'honneur d'être le père des prophètes Moïse et Aaron ainsi que d'une fille nommée Marie.



Longtemps après, un père et une mère ont nommé leur fils "Amram" ; celui-ci, devenu adulte, et / ou sa femme Anne (si lui était alors déjà mort) ont nommé la fille qu'ils ont eue : "Marie" ; leur objectif était probablement de perpétuer la ressemblance des prénoms avec la famille de Moïse.



Difficilement croyable ? Non, pas du tout.

Voyez vous-même : j'ai un ami d'enfance, musulman réunionnais (et comme moi d'origine indienne), à qui son père a donné comme prénom Zacariyya (forme arabe de "Zacharie") ; il a eu récemment un fils ; devinez comment il l'a nommé ? Yahyâ (forme arabe de "Jean"), histoire de perpétuer la ressemblance généalogique avec Zacharie de Abia (qui pour les musulmans est un prophète) et son fils Jean (celui que les chrétiens nomment le Baptiste) !


Il y a un autre musulman qui a été nommé à sa naissance "Ibrâhîm" (forme arabe de "Abraham") par ses parents ; ce Ibrâhîm, devenu adulte, s'est marié et a eu un premier fils, il l'a nommé... Ismâ'îl (forme arabe de "Ismaël") ; il a eu ensuite un second fils, il l'a nommé... vous avez deviné, Is'hâq (forme arabe de "Isaac").

Je ne sais pas si celui-ci, quand il aura un fils, l'appellera 'Îssû (forme arabe de "Esaü"), ou plutôt Ya'qûb (forme arabe de "Jacob"), puisque Esaü, le fils aîné de Isaac, n'est pas très connu des musulmans, mais il y a des chances...

Quand cela se passe aujourd'hui chez des musulmans dont les ancêtres sont d'anciens hindous convertis à l'islam, est-il étonnant que, chez les Fils d'Israël, on ait cherché à reproduire les successions de noms qui existaient chez ses ancêtres étant des prophètes et des pieux ?

Le Prophète Muhammad n'a-t-il pas dit que les Fils d'Israël "se donnaient comme noms ceux des prophètes et des pieux ayant vécu avant eux" (rapporté par Muslim, n° 2135, At-Tirmidhî, n° 3155) ?

Qu'y a-t-il donc d'étonnant en l'existence d'une Marie fille de Amram quelques douze cents ans après une autre Marie fille de Amram ?


Reste que dans la Bible le père de Marie mère de Jésus n'est pas nommé "Amram". Mais il n'y a là non plus rien de très étonnant : ce n'est pas la seule différence apparaissant entre les noms de personnages entre le texte blibique et le texte coranique : le Coran nomme le père de Abraham "Azar", alors que la Bible dit qu'il s'appelait "Tèrah".

Hamza Boubakeur écrit : "Le fait le plus étonnant c'est que les anciennes sources chrétiennes ne nous fournissent presque aucune information substantielle sur la généalogie de la Vierge. (…) Les sources chrétiennes orthodoxes donnent cependant quelques renseignements. La tradition arménienne donne comme père à la Vierge : Joachim (Ev. De l'Enfance, II, 2). Sur la Vierge, la tradition musulmane est autrement copieuse et elle est la seule à donner la généalogie d'Anne (Hanna), mère de la Vierge et grand-mère de Jésus. Son père était Fakudh b. Kathîl, son époux, 'Imrân b. Yashihim, descendait de Salomon, fils de David (Tab., III, 235)."


Puis Hamza Boubakeur écrit que certains non-musulmans ont "longtemps cru qu'il y avait dans le Coran une confusion entre le premier et le second 'Imrân et par conséquent entre (…) Marie [sœur de Moïse] et la Vierge. Pourtant nulle part dans le Texte sacré et ses commentaires on ne trouve trace de cette prétendue confusion. Des auteurs comme Ibn Khaldûn connaissent 'Imrân b. Mathân [le mari de Anne] sous le nom de Joachim (cf. 'Ibar, II, 144)" (Le Coran, traduction et commentaire, tome 1 p. 191).


Ailleurs Hamza Boubakeur cite textuellement ce passage des 'Ibar de Ibn Khaldûn ; il écrit : "Un auteur comme Ibn Khaldûn, qui s'étend longuement sur la généalogie de la Vierge, dit : "Il est dit dans la révélation coranique : "Marie fille d'Imrân". Mais qu'on sache que le mot 'Imrân a comme sens en hébreu Yû'aquim" [= Joachim]" (Ibid., tome 1 p. 953).





Pour ce qui est maintenant de l'interpellation "O sœur de Aaron" s'adressant à Marie la mère de Jésus :



La question que vous m'avez adressée à ce sujet avait en fait été posée au Prophète lui-même : al-Mughîra ibn Shu'ba raconte :


"Le Prophète (sur lui la paix) m'envoya à Nadjran [Yémen]. Là-bas on me dit : "Vous récitez ce passage : "O Sœur de Aaron" [Coran 19/28] ; pourtant, entre l'époque de Moïse et celle de Jésus il y a eu le temps que chacun connaît !"



Je n'ai pas su quoi leur répondre. Lorsque je rentrai (à Médine), je questionnai le Prophète à ce sujet. Il me dit : "Tu les aurais informés qu'ils se donnaient comme noms ceux des prophètes et des pieux ayant vécu avant eux."" (rapporté par Muslim, n° 2135, at-Tirmidhî, n° 3155, Ahmad, n° 17491).


A la lumière de cette parole du Prophète, plusieurs interprétations ont vu le jour chez des savants musulmans quant à l'interpellation "O sœur de Aaron" mentionnée dans le Coran :


A) Soit il s'agit d'un autre Aaron que le frère de Moïse ; dans ce cas le Hadîth peut être compris comme signifiant que les Fils d'Israël donnaient à leurs enfants des prénoms de prophètes et de pieux prédécesseurs, et qu'à l'époque de Marie mère de Jésus, il y avait un homme à qui ses parents avaient donné le prénom "Aaron" :

A.a) soit cet homme était de la même famille que Marie mais sans avoir un lien de parenté direct avec elle (at-Tabarî : "nussibat ilâ rajulin min qawmihâ") ;

A.b) soit il n'était pas de la même famille que Marie mais était connu pour sa piété (Ibn Kathîr : "nussibat ilâ rajulin sâlihin kâna fîhim, ismuhû Hârûn, fa kânat tata'assâ bihî fiz-zahâda wal-'ibâda").

Selon cette interprétation, quand on voulut reprocher à Marie le fait qu'elle avait eu un enfant sans être mariée, on l'interpella en utilisant la figure de style "O sœur de Aaron", voulant lui dire : "O toi qui dis être sur la même voie que Aaron, ce contemporain respecté pour sa piété, comment as-tu pu faire chose pareille ?"



B) Soit il s'agit du Aaron frère de Moïse et contemporain de Ramsès II ; dans ce cas...

B.a) Le Hadîth signifie que les Fils d'Israël s'interpellaient (ce peut être le sens du terme employé dans le Hadîth : "yussammûna") par des noms de prophètes et de pieux ayant vécu avant eux. Selon cette interprétation, on rappela à Marie que toute sa famille portait les prénoms de la famille de Moïse : "O toi en qui nous avions de l'estime et que nous comparions jusqu'à présent à la sœur d'Aaron, dont tu portes d'ailleurs le prénom, comment as-tu pu faire chose pareille ?"

L'entourage de Marie voyait donc en elle et les siens une famille comparable à celle de Marie fille de Amram et sœur de Moïse et de Aaron, et ce non seulement dans la piété mais aussi dans les prénoms.


B.b) Ou bien le Hadîth peut être compris comme parlant de Marie : c'est d'elle que le Prophète parlait lorsqu'il dit que les Fils d'Israël se nommaient selon les noms de leurs ancêtres : c'est donc elle qui fut nommée selon le nom d'une pieuse parmi ses lointains parents, afin de reproduire, eu égard au fait que son père se nommait Amram, la succession des noms qui existaient chez les lointains ancêtres.

Dans ce cas, "sœur de Aaron" est à comprendre comme signifiant "ô descendante de Aaron".
Luc relate que Elisabeth, la mère de Jean, descendait de Aaron (Evangile selon Luc 1/5) et qu'elle était une parente de Marie (Ibid. 1/36).
Or, dans la langue arabe, "sœur de Untel" et "frère de Untel" ne désignent pas systématiquement "la fille et le garçon ayant le même père ou la même mère que Untel" : il arrive que ces termes désignent : "le descendant – fille ou garçon – de Untel lui-même" ; un exemple présent dans un autre verset du Coran : "Et cite le frère de Aad, lorsqu'il avertit son peuple… " (Coran).

Il s'agit du prophète Hûd ; or Hûd n'est absolument pas le frère de sang de Aad, mais son descendant : Aad est en fait son ancêtre ; pourtant Hûd a été nommé ici "frère de Aad". Ibn Kathîr cite de même cette expression arabe : on interpelle le Qurayshite en disant : "O frère de Quraysh !", le Tamimite en disant : "O frère de Tamîm" (Tafsîr Ibn Kathîr). Ce serait donc la même chose dans le verset "O sœur de Aaron" : quand on voulut reprocher à Marie le fait qu'elle avait eu un enfant sans être mariée, on l'interpella en utilisant la figure de style "O sœur de Aaron", voulant lui dire : "O toi qui descends du pieux Aaron, dont les descendants sont attachés au service de l'Oratoire sacré, comment as-tu pu faire chose pareille ?"


Personnellement c'est cette explication B.b que je préfère. Wallâhu A'lam.


Je n'ai personnellement pas trouvé d'avis chez les savants musulmans voyant dans le verset 19/28 une allusion à l'existence d'un frère de sang – au sens français du terme – de Marie mère de Jésus, et qui se serait prénommé "Aaron". Si de tels avis existent, je prie les frères et sœurs compétents de m'en informer.


Quelle que soit celle de ces interprétations que l'on retient, ce que ce Hadîth du Prophète prouve c'est que il n'y a pas, dans les textes des sources de l'islam, confusion entre Marie mère du Messie Jésus, et Marie sœur de Moïse le contemporain de Ramsès II.


Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux)
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