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Malheureusement de nos jours certains s'empressent de déclarer mécréants des gens qui professent La illaha Illa Allah et qui se tournent vers la qiblah 5 fois par jour (ahl al qiblah) et ce, sur un simple constat oculaire, des actes ambigües, sur des sujets que nos anciens ont toujours classé dans le domaine du fiqh (halâl/harâm) et non pas dans la sphère de la 'aqida (kufr/imân!)


Voici donc un excellent article du mufti d'Egypte Alî Goma'a qui est de l'avis de l'interdiction de circuler autour des tombes, mais qui explique la différence entre l’idolâtrie




At-Tawassoul (user d'un moyen pour se rapprocher d'Allah)
et sa différence avec le chirk (l'association à Allah)

Chaykh 'Alî Gomaa (mufti d'Egypte)
Traduit par l'équipe d'Aslama.com



Il est nécessaire d’avancer trois principes dont il faut tenir compte lorsque l’on parle de cette question et des questions similaires.



Premièrement :


Le principe dans les actes qui émanent du Musulman est qu’ils soient interprétés d’une façon qui ne s’oppose pas avec le principe du monothéisme, il ne nous est pas permis de nous empresser d’accuser [ce musulman] de mécréance ou d’idolâtrie, car son islam est une preuve très forte pour nous forcer à ne pas interpréter ses actes par ce qui implique la mécréance.

Ceci est une règle générale qui incombe à tout Musulman.


L’Imam Malik, l’Imam de Médine, qu’Allah le comble de sa miséricorde, exprime cela en ces termes : « Quiconque commet un acte pouvant signifier la mécréance sous 99 angles de vue et pouvant être conforme à la foi sous un seul, nous devons le considérer comme conforme à la foi »

Donnons pour cela un exemple de parole et un autre d’acte.


Le Musulman croit que le Christ (paix et salutations sur lui) ressuscite les morts par la permission d’Allah et qu’il n’est pas capable de faire cela de lui-même, mais par la force qu’Allah lui octroie.



Cependant le Chrétien croit qu’il ressuscite les morts, mais croit que ceci a lieu par une force propre au Christ, et qu’il est Dieu ou le fils de Dieu ou l’une des hypostases de la divinité comme ils croient.

A la lumière de ceci si nous entendons un Musulman dire : je crois que le Christ ressuscite les morts, et que la même parole soit dite par un Chrétien, nous ne devons pas penser que le Musulman se soit christianisé à cause de cette parole, mais nous devons la comprendre dans le sens qui convient à son appartenance à l’Islam et à la croyance du monothéisme.

Le Musulman croit également que l’adoration ne peut être destinée qu’à Dieu Seul, alors que l’idolâtre croit en la permission de destiner l’adoration à autre que Dieu le très Haut.



Donc si nous voyons un Musulman [commettre un acte ou prononcer une parole] susceptible d'être interprété comme une adoration ou autre, il est nécessaire d'interpréter son acte de façon conforme à sa foi en tant que Musulman, car celui dont le pacte avec l’Islam (la double attestation : croire qu’il n’y a de dieu qu’Allah, et que Muhammed est son messager) est prouvé avec certitude, il ne peut lui être enlevé sur la base du doute et la supposition.

C’est pour cette raison que quand le compagnon Mouâd Ibn Jabal s’est prosterné devant le Prophète (selon ce que rapporte Ibn Majah et authentifié par Ibn Hibban) le Prophète lui a interdit de faire cela, mais il n’a pas qualifié son acte d’idolâtrie ou de mécréance.

Il va sans dire que Mouâd, alors qu’il est le plus savant de cette nation au sujet du licite et l’illicite, n’ignorais pas que la prosternation est une adoration, et que l’adoration ne peut être destinée à autre qu’Allah.

Mais comme la prosternation peut vouloir dire aussi autre chose que l’adoration de celui vers qui on se prosterne, il n’est donc pas permis ni de l’interpréter comme une adoration quand elle émane d’un Musulman ni de le déclarer mécréant d’aucune façon.

A ce propos, le Hafidh Al Dhahabi dit : « Ne vois-tu pas que les compagnons, dans leur excès d'amour pour le Prophète , lui ont demandé : « Ne devrions nous pas nous prosterner devant toi ? » et il leur a répondu que non. Et s'il leur avait permis, ils se seraient prosternés devant lui comme un témoignage de révérence et de respect, et non comme une marque d'adoration, tout comme les frères du prophète Yusuf se sont prosternés devant Yusuf. De même, la prosternation du musulman devant la tombe du prophète est avec l'intention de la glorification et de la révérence. Il ne peut en aucun cas être taxé de mécréance pour cette raison, mais il est désobéissant. Qu'il sache que cela est interdit. Il en est de même de la prière en direction de la tombe ». (Mouâjam El Chouyoukh, page 56).

Ne pas tenir compte de ce principe était la conduite des Kharijites.


Ibn Omar explique que l’égarement s’est introduit par cette porte dans leurs esprits, il dit : « ils se sont élancés vers des versets qui étaient révélés au sujet des mécréants et les ont appliqué aux croyants »
Boukhari le rapporte dans son Sahih avec une chaîne de transmission suspendue (mouâlaq, Hadith dont il a été retiré de la chaîne un transmetteur ou plus qui se suivent) qui est complétée par Ibn Jarir El Tabari dans Tahdib El Athar avec une chaîne authentique.



Deuxièmement :

Il y’a une grande différence et un grand fossé entre l’entremise et l’idolâtrie, car l’entremise est instituée par la législation Divine, dans la parole d’Allah :



Ô les croyants ! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent !
(Sourate al Ma’ida; verset 35)


Allah qu’il soit glorifié a aussi complimenté ceux qui cherchent l’entremise dans leurs invocations d’Allah, Il dit :


Ceux qu'ils invoquent, cherchent [eux-mêmes], à qui mieux, le moyen de se rapprocher le plus de leur Seigneur. Ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment. Le châtiment de ton Seigneur est vraiment redouté.
(Sourate al Isra’a, verset 57)


L’entremise (el Wassila) dans la langue Arabe, c’est le rang, le lien, la proximité et le rapprochement, la somme de ces sens est le fait de se rapprocher d’Allah par tout ce qu’Il a institué –Gloire à Lui-, entre dans ceci le fait de glorifier et honorer ce qu’Allah a honoré comme lieux, moments, personnes et situations.

Le Musulman par exemple s’efforce de prier dans la sainte Mosquée de la Mecque, et de faire des invocations près de la tombe du Prophète , glorifiant ce qu’Allah a honoré comme endroits. Le Musulman s’efforce également de veiller la nuit du Destin (une nuit dans les dix derniers jours du Ramadan) et que son invocation coïncide avec l’heure des invocations exaucées le jour du vendredi ainsi que lors du dernier tiers de la nuit, pour glorifier ce qu’Allah a honoré comme moments. Il s’approche également d’Allah par l’amour des Prophètes et des vertueux, pour glorifier ce qu’Allah a honoré comme personnes. Il s’évertue aussi à faire des invocations au cours d’un voyage ou à la tombée de la pluie, pour glorifier ce qu’Allah a honoré comme situations… et ainsi de suite, tout ceci entre dans la parole du Très Haut :


Voilà [ce qui est prescrit]. Et quiconque exalte les injonctions sacrées d'Allah, s'inspire en effet de la piété des cœurs
(Sourate al Hajj - verset 32).

Par contre, l’idolâtrie veut dire vouer à un autre qu’Allah une chose parmi les différents types d’adorations d’une manière qui ne devrait se faire que pour Allah le Très Haut, même si c’est avec la volonté de se rapprocher d’Allah, comme Il le dit dans le saint Coran :



… Tandis que ceux qui prennent des protecteurs en dehors de Lui (disent) : «Nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent davantage d'Allah
(Sourate al Zoumar, verset 3)


On a précisé « d’une manière qui ne devrait se faire que pour Allah le Très Haut » pour exclure tout ce qui diffère de l’adoration dans son fond, même s’il l’a rejoint en apparence dans la dénomination.


L’invocation peut-être une adoration de l’invoqué comme dans ce verset :

Ce ne sont que des femelles qu'ils invoquent, en dehors de Lui.
(Sourate al Nissa’a, verset 117)


tout comme elle peut ne pas l’être :


Ne considérez pas l’appel du messager comme un appel que vous vous adresseriez les uns aux autres…
(Sourate al Nour, verset 63).



La demande peut-être une adoration à qui elle est adressé :

Demandez à Allah de Sa grâce.
(Sourate al Nissa’a, verset 32)

et elle peut ne pas l’être :

Pour le mendiant et le déshérité
(Sourate al Maârij, verset 25).


La demande d’aide et de secours peut être une adoration de celui dont on implore l’aide et le secours :

C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours
(Sourate al Fatiha, verset 5)

Moïse dit à son peuple : «Demandez aide auprès d'Allah et soyez patients…
(Sourate El Aâraf ; V128)


et peut ne pas l’être :

Et cherchez secours dans l'endurance et la Salat…
(Sourate al Baqara, verset 45)



Et l’amour peut être une adoration de l’aimé et peut ne pas l’être, comme a réuni le Messager tout cela dans sa parole :

« Aimez Allah pour ses grâces qu’Il vous dispense, aimez moi par l’amour d’Allah et aimez les gens de ma famille par mon amour ». Rapporté par El Tirmidhi et authentifié par El Hakim. Et ainsi de suite.

Ceci veut dire que l’idolâtrie n’a lieu en fait que dans une glorification des choses qui va de paire avec la glorification d’Allah le Très Haut.

Comme Il le dit dans le Coran :

…ne Lui cherchez donc pas des égaux, alors que vous savez (tout cela)
(Sourate al Baqara, verset 22)

ou encore :

Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d'Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or les croyants sont les plus ardents en l'amour d'Allah
(Sourate al Baqara, verset 165)



Ainsi, ceci clarifie pour nous la séparation et la différence entre l’entremise et l’idolâtrie.

En effet, dans l’entremise, on glorifie ce qu’Allah a honoré, ce qui veut dire qu’elle (l’entremise) est une glorification par Allah, et la glorification par Allah est une glorification d’Allah, comme le dit Allah le Très Haut :


Voilà [ce qui est prescrit]. Et quiconque exalte les injonctions sacrées d'Allah, s'inspire en effet de la piété des cœurs
(Sourate al Hajj, verset 32)


Tandis que l’idolâtrie est une glorification avec Allah ou en dehors d’Allah, c’est pour cela que la prosternation des Anges face à Adam relevait de la foi et du monothéisme alors que la prosternation des idolâtres face à leurs statues était de la mécréance et de l’idolâtrie, alors que le bénéficiaire de la prosternation dans les deux cas était une créature.

Mais comme la prosternation des Anges face à Adam (paix et salutations sur lui) était une glorification de ce qu’Allah a honoré comme l’a ordonné Allah, cette prosternation était un moyen (wassila) institué dont l’auteur mérite la récompense.

Et comme la prosternation des idolâtres face à leurs statues était une glorification comme la glorification d’Allah, alors elle était une idolâtrie blâmable dont l’auteur mérite le châtiment.

C’est sur ce principe qu’un groupe parmi les hommes de science s’est basé pour la permission de jurer par ce qui est glorifié et exalté dans la législation Divine, comme dire par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), par l’Islam, par la Kaaba.

Parmi ceux qui ont dit ça l’Imam Ahmed dans l’un de ses deux avis où il a permis de jurer par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), justifiant cela par le fait que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) est l’une des deux parties de l’attestation de foi sans laquelle l’attestation ne peut-être complète.

Ceci car il n’y a aucune comparaison avec Allah, mais plutôt sa glorification (au Prophète) par l’honneur qu’Allah lui a accordé.

Ce groupe parmi les hommes de science a considéré les Hadiths sur l’interdiction de jurer par autre qu’Allah comme concernant les serments qui contiennent une comparaison qui met l’objet du serment au même rang qu’Allah.

Cependant la majorité voit l’interdiction de cela considérant que la portée de l’interdiction dans les Hadiths est générale.



Troisièmement :

Il y a également une autre différence entre le fait qu’une chose soit une cause et le croire être créateur et capable d’influence par lui-même, tout comme nous avons illustré ceci dans le premier principe, avec l’exemple du Musulman qui croit que le Christ –sur lui la grâce et la paix- est une cause de création par la permission d’Allah, en opposition avec la croyance du Chrétien qui croit que le Christ fait cela par lui-même.

Si nous voyons donc un Musulman qui demande ou cherche de l’aide ou espère une utilité ou une nuisance auprès d’autre qu’Allah, il nous faut absolument considérer ce qui émane de lui dans le sens de la recherche de la causalité et non dans le sens de l’influence ou de la création, à cause de ce qu’on sait de la croyance de tout Musulman que l’utilité et la nuisance propres sont du ressort d’Allah Seul, et qu’il y’a parmi les créatures certaines qui peuvent nuire ou être utile par la permission d’Allah.

Reste après cela la discussion sur la véracité du fait que telle créature est vraiment une cause ou ne l’est pas.

Si ces trois principes se décident et se confirment, il nous est alors obligatoire de les garder à l’esprit lorsque l’on parle du statut de tourner autour des tombes si on sait que l’on parle d’actes émanant de Musulmans, que ces Musulmans visitent ces mausolées et ces tombes par croyance en la piété de leurs habitants et leur proximité d’Allah, que la visite des tombes est une bonne œuvre par laquelle le Musulman se rapproche et demande l’entremise à Allah l’exalté, que la discussion relève plutôt de ce qui émane de certains Musulmans, sa permission ou non, et que dans certains de leurs actes il y’a divergence parmi les savants, et que pour d’autres il s’agit d’erreurs purs au sujets desquels il n’y a pas de divergence.


Si nous savons tout cela, il se distingue à nous de façon claire qu’il n’y a pas de place pour l’idolâtrie et la mécréance dans le jugement des actes de ces Musulmans
, ni de prés ni de loin.

Il n’y a plutôt que la divergence sur certains moyens et l’erreur pour d’autres, sans que rien de ceci ne nécessite la déclaration de mécréance de celui dont l’islam est prouvé de façon certaine.


En passant en revue les paroles des gens de science sur le statut de tourner autour des tombes, nous constatons qu’elles vont de l’interdit au déconseillé, cela veut dire qu’il y a parmi ces gens certains qui voient en cela un moyen interdit pour lequel l’auteur se rendcoupable de péché, et d’autres qui voient qu’il est préférable au Musulman de délaisser cet acte, mais s’il le fait il n’aura pas de sanction.


L’avis qui déconseille cet acte est l’avis retenu chez les Hanbalites, comme mentionné dans « kichaf el Qina’ê » de leur savant « El Bahouti », et l’avis de l’interdiction est celui de la majorité des savants et c’est celui de cette fatwa.


Par contre mêler l’idolâtrie et la mécréance à cette affaire n’a aucune légitimité, sauf dans l’hypothèse où celui qui tourne autour de la tombe adore celui qui est dans la tombe ou croit qu’il peut nuire ou être utile par lui-même, ou s’il croit que tourner autour d’une tombe est une adoration instauré par Allah tout comme la circumambulation autour de la Kaâba…


Toutes ces hypothèses, les gens de science répugnent à les supposer pour les actes du Musulman comme on l’a vu précédemment
, car l’hypothèse évoquée dans la question est à propos du Musulman qui tourne autour d’une tombe et rien d’autre.

Et il n’est pas permis aux Musulmans d’occuper leur temps avec ce genre de questions faisant d’elles des affaires semblables à des batailles rangées, et ce sera une cause de fissure des rangs et un gaspillage des efforts, cela nous occupera au dépens de la construction de notre société et l’unité de notre nation.


Nous demandons à Allah, le Très Haut de rassembler les cœurs des Musulmans autour du Coran et de la Sunna, de la bonne compréhension de la religion et de la connaissance, et de ce que souhaite Allah de ses créatures. Amine



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Cet article est paru dans le journal Koweitien « El Watan », en date du lundi 21/08/2006
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Fatwa en arabe :




الوطن تنشر رأي مفتي مصر في الوسيلة والطواف بالقبور رداً على اسئلة من كويتيين
د. علي جمعة: فرق كبير وبون شاسع ما بين الوسيلة والشرك فالوسيلة مأمور بها شرعاً


ادلى مفتي جمهورية مصر العربية د. علي جمعة بدلوه في الجدل الدائر الذي نشرت »الوطن« اطرافه في صفحاتها حول عدد من القضايا الاسلامية التي تحاور حولها الامين العام للامانة العامة للاوقاف د. محمد عبدالغفار الشريف، وعضو هيئة كبار العلماء بالمملكة العربية السعودية الشيخ صالح بن فوزان الفوزان، فضلاً عن التعقيب الذي نشرته »الوطن« كذلك بقلم فيصل بن قزاز الجاسم، جاءت آراء مفتي مصر جواباً عن سؤال سابق قدمه في طلب لدار الافتاء المصرية عبر الفاكس محمد الفهد، وبسام الهارون، واحمد النصف، واحمد العبيد، وعبدالرحمن الكندري مقيداً برقم 1113 لسنة .2006
وفيما يلي نص الرد الذي قدمه د. جمعة على السؤال، تنشره »الوطن« لاتصاله بهذا الحوار الاسلامي حول القضية مثار الخلاف.
(الحمد لله وحده والصلاة والسلام على من لانبي بعده سيدنا محمد رسول الله وعلى آله وصحبه ومن تبعه بإحسان الى يوم الدين).. اطلعنا على الطلب الوارد الينا عبر الفاكس من الاساتذة محمد الفهد وبسام الهارون واحمد النصف واحمد العبيد وعبدالرحمن الكندري ـ المقيد برقم 1113 لسنة 2006م والمتضمن ما يأتي:
نشرت مقابلة عندنا في الكويت في جريدة الرأي بتاريخ 20 من مارس 2006م، الموافق 20 من صفر الخير 1427هـ مع احد شيوخنا الافاضل وكان فترة من الزمن عميداً لكلية الشريعة في جامعة الكويت وورد فيها من اجابته على سؤال وجه اليه حول الشرك: اما الطواف بالقبور فغير مشروع عند كل علماء المسلمين بمن فيهم الصوفية، واختلفوا هل هو حرام ام مكروه، لم يقل احد بأنه شرك الا بعض المعدودين على الاصابع ممن ينتسب الى العلم، فثارت ضجة في مقالات عديدة كتبها بعضهم من اساتذة الشريعة وغيرهم، تهاجم هذا الكلام وتشنع على صاحبه بل وتتهمه بالترويج للشرك، ولما كانت لكم في قلوبنا منزلة ولقولكم اجلال اردنا ان تقولوا كلمة الحق في بيان حكم الله في هذه المسألة علها ان تضع حداً لهذا الاختلاف الذي كان له اثر غير حميد.

الجواب

ينبغي ان نقدم اصولاً ثلاثة تجب مراعاتها عند الكلام في هذه المسألة واشباهها:
أولاً: الاصل في الافعال التي تصدر من المسلم ان تحمل على الاوجه التي لا تتعارض مع اصل التوحيد، ولا يجوز ان نبادر برميه بالكفر او الشرك، فإن اسلامه قرينة قوية توجب علينا الا نحمل افعاله على ما يقتضي الكفر، وتلك قاعدة عامة ينبغي على المسلمين، وقد عبر الامام مالك امام دار الهجرة رحمه الله تعالى عن ذلك بقوله: »من صدر عنه ما يحتمل الكفر من تسعة وتسعين وجهاً ويحتمل الايمان من وجه نحمل امره على الايمان«، ولنضرب لذلك مثلاً قوياً وآخر فعلياً.
فالمسلم يعتقد ان المسيح عليه السلام يحيي الموتى ولكن بإذن الله، وهو غير قادر على ذلك بنفسه وانما بقوة الله له، والنصراني يعتقد انه يحيي الموتى، ولكنه يعتقد ان ذلك بقوة ذاتية، وانه هو الله، او ابن الله، او احد اقانيم كما يعتقدون، وعلى هذا فإذا سمعنا مسلماً موحداً يقول: »انا اعتقد ان المسيح يحيي الموتى« ـ ونفس تلك المقالة قالها آخر مسيحي ـ فلا ينبغي ان نظن ان المسلم تنصر بهذه الكلمة، بل نحملها على المعنى اللائق بانتسابه للاسلام ولعقيدة التوحيد.
والمسلم يعتقد ايضا ان العبادة لا يجوز صرفها الا لله وحده، والمشرك يعتقد جواز صرفها لغير الله تعالى، فاذا رأينا مسلما يصدر منه لغير الله ما يحتمل العبادة وغيرها وجب حمل فعله على مايناسب اعتقاده كمسلم، لان من ثبت له عقد الاسلام بيقين لم يزل عنه بالشك والاحتمال. ولذلك لما سجد معاذ بن جبل رضي الله عنه للنبي صلى الله عليه وآله وسلم ـ فيما رواه ابن ماجه وصححه ابن حبانـ نهاه النبي صلى الله عليه وآله وسلم عن ذلك، ولكنه لم يصف فعله هذا بالشرك او الكفر، وبدهي ان معاذا رضي الله عنه ـ وهو اعلم الامة بالحلال والحرامـ لم يكن يجهل ان السجود عبادة وان العبادة لا يجوز صرفها لغير الله ، ولكن لما كان السجود يحتمل وجها آخر غير عبادة المسجود له لم يجز حمله على العبادة اذا صدر من المسلم او تكفيره بحال، وفي ذلك يقول الحافظ الذهبي:»الا ترى الصحابة من فرط حبهم للنبي صلى الله عليه وآله وسلم قالوا:الا نسجد لك؟ فقال ؟لا . فلو اذن لهم لسجدوا له سجود إجلال وتوقير لا سجود عبادة، كماقد سجد اخوة يوسف عليه السلام ليوسف. وكذلك القول في سجود المسلم لقبر النبي صلى الله عليه وآله وسلم على سبيل التعظيم والتبجيل لا يكفر به اصلا. بل يكون عاصيا، فليعرف ان هذا منهي عنه وكذلك الصلاة الى القبر« اهـ من معجم الشيوخ : ص .56
والإخلال بهذا الاصل الاصيل هو مسلك الخوارج، حيث وضح ابن عمر رضي الله عنهما ان هذا هو مدخل ضلالتهم فقال: إنهم انطلقوا إلى آيات نزلت في الكفار فجعلوها على المؤمنين« علقه البخاري في صحيحه ووصله ابن جرير الطبري في »تهذيب الآثار« بسند صحيح.
ثانيا: هناك فارق كبير وبون شاسع ما بين الوسيلة والشرك. فالوسيلة مأمور بها شرعا في قوله تعالى:( يأيها الذين آمنوا اتقوا الله وابتغوا إليه الوسيلة وجاهدوا في سبيله لعلكم تفلحون)(المائدة:35)، واثنى سبحانه على من يتوسلون إليه في دعائهم فقال:(اولئك الذين يدعون يبتغون إلى ربهم الوسيلة أيهم اقرب ويرجون رحمته ويخافون عذابه إن عذاب ربك كان محذورا)(الإسراء:57). والوسيلة في اللغة: المنزلة، والوصلة، والقربة، فجماع معناها هو : التقرب الى اله تعالى بكل ما شرعه سبحانه ويدخل في ذلك تعظيم كل ما عظمه الله تعالى من الامكنة والازمنة والاشخاص والاحوال، فيسعى المسلم مثلا للصلاة في المسجد الحرام والدعاء عند قبر المصطفى صلى الله عليه وآله وسلم والملتزم تعظيما لما عظمه الله سبحانه وتعالى من الاماكن، ويتحرى قيام ليلة القدر والدعاء في ساعة الاجابة يوم الجمعة وفي ثلث الليل الأخير تعظيما لما عظمه الله من الأزمنة، ويتقرب الى الله تعالى بحب الانبياء والصالحين تعظيما لمن عظمه الله من الاشخاص. ويتحرى الدعاء حال السفر وعند نزول الغيث وغير ذلك تعظيما لما عظمه الله من الاحوال.. وهكذا وكل ذلك داخل في قوله تعالى :(ذلك ومن يعظم شعائر الله فانها من تقوى القلوب«(الحج:32).
اما الشرك فهو صرف شيء من انواع العبادة لغير الله على الوجه الذي لا ينبغي الا لله تعالى، حتى لو كان ذلك بغرض التقرب الى الله كما قال تعالى:( والذين اتخذوا من دونه اولياء مانعبدهم إلا ليقربونا إلى الله زلفى) (الزمر: 3) وانما قلنا »على الوجه الذي لا ينبغي الا لله تعالى« لاخراج كل ما خالف العبادة في مسماها وان وافقها في ظاهر اسمها، فالدعاء قد يكون عبادة للمدعو (ان يدعون من دونه إلا إناثا) (النساء: 117) وقد لا يكون (لا تجعلوا دعاء الرسول بينكم كدعاء بعضكم بعضا) (النور: 63) والسؤال قد يكون عبادة للمسؤول (واسئلوا الله من فضله) (النور: 23)، وقد لا يكون »(للسائل والمحروم) (المعارج: 25) والاستعانة قد تكون عبادة للمستعان به (إياك نعبد وإياك نستعين) (الفاتحة: 5)، (قال موسى لقومه استعينوا بالله واصبروا) (الاعراف: 128) وقد لا تكون (واستعينوا بالصبر والصلاة) (البقرة: 45)، والحب قد يكون عبادة للمحبوب وقد لا يكون كما جمع النبي صلى الله عليه وآله وسلم ذلك في قوله: »احبوا الله لما يغذوكم من نعمه، واحبوني بحب الله، واحبوا اهل بيتي لحبي« رواه الترمذي وصححه الحاكم.. وهكذا، اي ان الشرك انما يكون في التعظيم الذي هو كتعظيم الله تعالى كما قال تعالى: (فلا تجعلوا لله اندادا وانتم تعلمون) (البقرة: 22) وكما قال سبحانه: (ومن الناس من يتخذ من دون الله اندادا تحبونهم كحب الله والذين امنوا اشدّ حبا لله) (البقرة: 165).
وبذلك يتبين لنا فصل ما بين الوسيلة والشرك، فالوسيلة »نعظم فيها ما عظمه الله، اي انها تعظيم بالله والتعظيم بالله تعظيم لله كما قال عزوجل: (ذلك ومن يعظم شعائر الله فإنها من تقوى القلوب) (الحج: 32)، اما »الشرك« فهو تعظيم مع الله او تعظيم من دون الله، ولذلك كان سجود الملائكة لادم عليه السلام ايمانا وتوحيدا وكان سجود المشركين للاوثان كفرا وشركا مع كون المسجود له في الحالتين مخلوقا، لكن لما كان سجود الملائكة لادم عليه السلام تعظيما لما عظمه الله كما امر الله كان وسيلة مشروعة يستحق فاعلها الثواب، ولما كان سجود المشركين للاصنام تعظيما كتعظيم الله كان شركا مذموما يستحق فاعله العقاب.
وعلى هذا الاصل في الفرق بين الوسيلة والشرك بنى جماعة من اهل العلم قولهم بجوار الحلف بما هو معظم في الشرع. النبي صلى الله عليه و آله وسلم، والاسلام و الكعبة ومنهم الامام احمد رحمه الله تعالى في احد قوليه، حيث اجاز الحلف بالنبي صلى الله عليه وآله وسلم معللا ذلك بانه صلى الله عليه وآله وسلم احد ركني الشهادة التي لا تتم الا به، وذلك لانه لا وجه فيه للمضاهاة بالله تعالى بل تعظيمه بتعظيم الله له، وحمل هؤلاء احاديث النهي عن الحلف بغير الله على ما كان من ذلك متضمنا للمضاهاة بالله بينما يرى جمهور العلماء المنع من ذلك اخذا بظاهر عموم النهي عن الحلف بغير الله.
وفي بيان مأخذ الاولين وترجيحه يقول بن المنذر رحمه الله تعالى: »اختلف اهل العلم في معنى النهي عن الحلف بغير الله، فقالت طائفة: هو خاص بالايمان التي كان اهل الجاهلية يحلفون لغير الله تعالى كاللات والعزى والاباء، فهذه يأثم الحالف بها ولا كفارة فيها، واما ما كان يؤول الى تعظيم الله كقوله: وحق النبي، والاسلام والحج والعمرة والهدي والصدقة والعتق ونحوها مما يراد به تعظيم الله والقرابة اليه فليس داخلا في النهي، وممن قال بذلك ابوعبيد وطائفة ممن لقيناه واحتجوا بما جاء عن الصحابة من ايجابهم على الحالف بالعتق والهدي، والصدقة ما أوجبوه مع كونهم رأوا النهي المذكور، فدل على ان ذلك عندهم ليس على عمومه، اذ لو كان عاما لنهوا عن ذلك ولم يوجبوا فيه شيئا«. اهـ
نقلا عن فتح الباري للحافظ ابن حجر (535/11).
فاذا ما حصل خلاف بعد ذلك في بعض انواع الوسيلة كالتوسل بالصالحين والدعاء عند قبورهم مثلا او حصل خطأ فيها من بعض المسلمين فيما لم يشرع كونه وسيلة كالسجود للقبر او الطواف به، فانه لا يجوز ان ننقل هذا الخطأ او ذلك الخلاف من دائرة الوسيلة الى دائرة الشرك والكفر، لأننا نكون بذلك قد خلطنا بين الامور وجعلنا التعظيم بالله كالتعظيم مع الله، والله تعالى يقول: (أفنجعل المسلمين كالمجرمين، ما لكم كيف تحكمون) (القلم: 36ـ35).
ثالثا: ان هناك فارقا ايضا ما بين كون الشيء سببا واعتقاده خالقا ومؤثرا بنفسه، تماما كما مثلنا في الاصل الاول من اعتقاد المسلم ان المسيح عليه السلام سبب في الخلق باذن الله في مقابلة اعتقاد النصراني انه يفعل ذلك بنفسه، فاذا رأينا مسلما يطلب او يسأل او يستعين او يرجو نفعا او ضرا من غير الله فانه يجب علينا قطعا ان نحمل ما يصدر منه على ابتغاء السببية لا على التأثير والخلق، لما نعمله من اعتقاد كل مسلم ان النفع والضر الذاتيين انما هما بيد الله وحده، وان هناك من المخلوقات ما ينفع او يضر باذن الله، ويبقى الكلام بعد ذلك في صحة كون هذا المخلوق او ذلك سببا من عدمه.
اذا ما تقررت هذه الاصول الثلاثة فانه يجب علينا استحضارها في الكلام على حكم الطواف بالقبور، فاذا علمنا اننا نتكلم في افعال تصدر من مسلمين، وان هؤلاء المسلمين يزورون هذه الاضرحة والقبور اعتقادا منهم بصلاح اهلها وقربهم من الله تعالى، وان زيارة القبور عمل صالح يتقرب ويتوسل به المسلم الى الله تعالى، وان الكلام انما هو في جواز بعض ما يصدر من هؤلاء المسلمين من عدمه، وان في بعض افعالهم خلافا بين العلماء وفي بعضها خطأ محضا لا خلاف فيه ـ اذا علمنا ذلك كله فانه يتبين لنا بجلاء انه لا مدخل للشرك ولا للكفر في الحكم على افعال هؤلاء المسلمين في قليل ولا كثير او من قبيل او دبير، بل ما ثم الا الخلاف في بعض الوسائل والخطأ المحض في بعضها الآخر من غير ان يستوجب شيئا من ذلك تكفيرا لمن ثبت اسلامه بيقين.
وباستعراض اقوال اهل العلم في حكم الطواف بالقبور نراها دائرة بين الحرمة والكراهة، اي ان منهم من يرى في الطواف وسيلة محرمة يأثم فاعلها، ومنهم من يرى انه يستحب للمسلم تركه ولكنه ان فعله فلا عقاب عليه، والقول بالكراهة هو المعتمد عند السادة الحنابلة ـ كما في »كشاف القناع« لخاتمة محققيهم العلامة البهوتي ـ والقول بالتحريم هو مذهب جمهور العلماء، وهو الذي عليه الفتوى.
اما اقحام الشرك والكفر في هذه المسألة فلا وجه له، اللهم الا على افتراض ان الطائف يعبد من في القبر، او يعتقد انه يجلب الضر او النفع بذاته، او يعتقد بأن الطواف بالقبر عبادة شرعها الله تعالى كما شرع الطواف بالبيت.. وكلها احتمالات ينأى اهل العلم عن حمل فعل المسلم عليها كما سبق، لأن فرض المسألة في المسلم الذي يطوف بالقبر لا في غير ذلك.
ولا يجوز للمسلمين ان يشغلوا انفسهم بمثل هذه المسائل ويجعلوها قضايا يحمل بعضهم فيها سيف الكلام على صاحبه، فيكون جهاد في غير وغى، ويكون ذلك سببا في تفريق الصفوف وبعثرة الجهود ويشغلنا عن بناء مجتمعاتنا ووحدة أمتنا، نسأل الله تعالى ان يجمع قلوب المسلمين على الكتاب والسنة وحسن التفهم للدين ومعرفة مراد الله تعالى من خلقه، آمين

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