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La calligraphie arabe
abal.qasim.over-blog.com



C'est uniquement sous forme manuscrite que le Saint Coran, transmis et copié en langue et écriture arabes, traversa les siècles, une fois fixé officiellement. Transcrivant la Parole divine, l'écriture arabe, peu développée avant la Révélation, connut avec l'expansion de l'islam, un développement extraordinaire ; jouissant d'une forte dimension symbolique, la calligraphie s'imposa pour magnifier Dieu.


L'art de l'écriture ne s'exerça pas seulement dans la copie des livres. Des albums de pièces calligraphiées, les muraqqa', connurent un grand succès en Turquie, en Iran et en Inde. Ils rassemblaient des œuvres choisies, signées par des maîtres différents ou des morceaux spécialement créés pour la circonstance. Les pièces calligraphiées rectangulaires, collées au centre d'un support en carton aux marges décorées, étaient rattachées les unes aux autres en accordéon par un mince ruban et reliées entre deux couvertures rigides.

Dans un cadre vert ou orangé moucheté d'or, se détachent en caractères thuluth quelques-uns des noms de Dieu.






"Muhammad" paix et salut sur lui

Calligraphie en miroir du nom du Prophète paix et salut sur lui. XVIIIe siècle


C'est en Turquie que se développèrent les calligraphies qui, avec inventivité, déclinent les noms de Dieu ou de son Prophète en miroir ou en compositions zoomorphes, végétales ou en forme d'objet. Différents animaux, lions, oiseaux, chevaux peuvent être représentés par l'agencement des lettres.











Les 99 Noms de Dieu











"Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux"









"J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et j'atteste que Muhammad est le messager de Dieu."











"Ô Prophète! Nous t'avons envoyé [ pour être ] témoin, annonciateur, avertisseur, appelant ( les gens ) à Allah, par Sa permission; et comme une lampe éclairante." (Sourate Al-Ahzab, versets 45-46)












"Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux"
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Les styles calligraphiques



Dès l'origine, l'écriture de l'arabe prend, selon les siècles et les régions, des formes variées. Les écritures anciennes, de forme anguleuse, hijâzî puis coufiques, répandues dans l'ensemble du monde arabo-musulman laissent la place au Xe siècle à des graphies cursives, différentes à l'est et à l'ouest du califat.

Le coufique n'est plus utilisé alors qu'à des fins ornementales dans les titres.

Le maghribî est employé en Occident musulman jusqu'au XXe siècle tandis que le naskhî en Orient régne en maître jusqu'à aujourd'hui.

Des calligraphes renommés comme Yaqût al-Musta'simî définissent six styles canoniques d'écriture dont le naskhî, le thuluth, le muhaqqaq, le rayhânî et le tawqî'.

Persans et Ottomans développent de nouveaux styles comme le nasta'liq ou le bihârî en Inde, plus adaptés aux particularismes de leurs langues.



Ces styles possèdent chacun leurs particularités.

Ainsi, le naskhî, l'un des premiers à se développer, se caractérise par sa lisibilité, son équilibre et sa rapidité d'exécution ; il devient la graphie la plus répandue de l'ensemble du monde arabe, à l'exception du Maghreb et d'al-Andalus, où se différencie une forme spécifique, plus arrondie, le maghribî.

Le muhaqqaq apparaît ensuite et connaît une grande faveur pour la copie du Coran, particulièrement sous les Mamelouks : ses faibles courbes sous les lignes lui impriment un élan vers la gauche et beaucoup d'élégance.

Le thuluth, version plus large et élaborée du naskhî, a des formes arrondies et un mouvement souple et rythmé qui convient tout particulièrement aux titres.

Le rayhânî ressemble aux précédents tout en accentuant certains côtés comme la finesse et l'horizontalité sous la ligne. Le riqâ' et le tawqî' enfin, proches du thuluth, sont des écritures de documents administratifs peu représentées dans les manuscrits.







Écriture hijâzi








Écriture coufique









Écriture coufique ornementale







Écriture maghrébine







Écriture naskhi







Écriture muhaqqaq







Écriture tawqî'








Écriture rayhânî











Écriture thuluth










Écriture Nasta'lîq










Écriture bihârî

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Les instruments du calligraphe

Copistes et calligraphes occupent une place importante dans la société arabo-musulmane.

La calligraphie, art toujours vivant, nécessitait plusieurs types d'instruments.

On écrivait avec un calame fait d'un roseau coupé en biseau dont la pointe devait être taillée régulièrement car elle s'usait très vite. Chaque style d'écriture exigeait un calame approprié. Les outils du scribe pouvaient être rangés dans des écritoires dont il exista au cours des siècles différentes variantes.

Symbole du pouvoir politique et administratif, elles étaient utilisées chez les Mamelouks et les Persans par les secrétaires d'administration. Celle-ci, œuvre d'un artisan nommé 'Abdallâh, est richement ornée d'un décor de chasseurs sur la face externe et de vers à caractère ésotérique célébrant l'écriture sur la face interne ; outre un grand compartiment pour les calames, le couteau, la règle ou la spatule à remuer l'encre, elle contient deux orifices circulaires, l'un pour le sable servant à sécher l'encre, l'autre pour la colle à amidon destinée à sceller les messages.

Le compartiment de droite était réservé à l'encrier fait en terre ou en verre. De nombreuses recettes existaient pour fabriquer l'encre, les unes reposaient sur l'ajout de sels métalliques à des éléments tannins - souvent de la noix de galle -, les autres sur du noir de fumée ; on les liait d'ordinaire avec de la gomme arabique.




Encrier à trois bacs

Iran, XVe siècle
Alliage de cuivre coulé, décor gravé incrusté d'or et d'argent
Musée du Louvre, département des Arts de l'Islam, MAO 318






Canif

Turquie, XIXe siècle
Acier incrusté d'or, ivoire
Musée du Louvre, département des Arts de l'Islam, MAO 1241









Écritoire aux cavaliers chasseurs


Égypte, 1304-1305
Alliage de cuivre martelé incrusté d'argent regravé d'or et de pâte noire
Musée du Louvre, département des Arts de l'Islam, OA 3621








Scène d'apprentissage
Helâli (Hérat, Afghanistan, en 1529-1530)
Châh va darvich (Le roi et le derviche)

[Tabriz] (Iran), vers 1540-1545
Papier, 39 f., 20,5 x 13,5 cm

Cette scène d'enseignement évoque de manière très vivante les usages liés au livre et à l'écriture. La position traditionnelle pour le calligraphe est d'être assis par terre : on écrit directement sur ses genoux ou sur une table basse. Au premier plan, un homme polit le papier à l'aide d'un polissoir pour le rendre plus lisse et brillant et permettre au calame de glisser facilement. Les livres sont posés selon l'usage sur des lutrins de bois en X qui épousent la forme des manuscrits.

Ce manuscrit persan, dû au poète Helâli, né à Astarâbâd, décrit l'amitié passionnée éprouvée par un derviche pauvre pour un jeune roi. La miniature montre l'instant où il aperçoit le jeune homme pour la première fois, en train d'apprendre l'alphabet.
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