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Luma’ fi Qawa’id Ahl al-Sunna wa al-Jama’a
Par l’imam al Haramayn : Abu l-Ma’ali al Juwayni
لمع الأدلة في قواعد أهل السنة والجماعة - الجويني أبو المعالي

aslama.com




Biographie de l’auteur par le commentateur des Waraqat : al Hattabi




C'est le Cheikh, l'Imam, le chef des Châfi'ites, l'un des personnages les plus en vue de sontemps, auteur d'ouvrages utiles Abû'l Ma'ali Abdal-Malik, fils du Cheikh Abu Mohammad Abdallah b. Yûsuf b. Muhammad al-Jûayni, un des plus grands districts dépendant de Nisapour.

Son sur-nom est Dhayâ Ad-dîn (lumière de la religion)

Il naquit au mois de muharram de l'année 419 (1028 JC) et mourut à Bechteghal, bourgade dépendant de Nishapour, dans la nuit du lundi au mardi 25 rabi’ second de l'année 478 (1086 J.C).

Il demeura dans le voisinage de la Mecque et de Medine pendant quatre années, qu'il consacra à l'étude et à donner des consultations juridiques.

C'est pourquoi on le surnomma « l'Imam des Lieux Saints » (Imam al Haramayn).

Il devint le chef du corps des savants à Nishapour, et la Médersa Nizamiyya fut construite à son intention. Il est l'auteur de nombreux ouvrages originaux.

Qu'Allah le couvre de sa miséricorde, et fasse rejaillir sur nous les faveurs particulières dont il jouissait auprès de Lui ! Amin.

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Au nom de Dieu clément et miséricordieux.

Louange à Dieu qui sait tout, lui qui est le créateur plein de sagesse; lui à qui on doit attribuer l'éternité; lui que, dans sa transcendance, il est impossible de décrire, comme un être dont le néant est possible.

Que les bénédictions divines soient sur le Prophète, sur celui qui, par la clarté de ses signes, a détruit l'erreur et rendu manifeste la vérité.




Vous m'avez demandé — que le Dieu puissant et Majestueux vous guide — de vous rappeler les preuves lumineuses qui soutiennent les articles de foi des gens de la Sunna et de la communauté. J'ai alors choisi de demander au Dieu très haut qu'il vous aide et vous donne satisfaction, c'est de lui qu'on implore le secours, c'est en Lui qu'on se confie.




Question : l'apparition temporelle du monde



Il faut d'abord présenter les expressions, visant à rassembler d'importantes significations en des termes concis, sur lesquelles les théologiens (muwahiddun) se sont par convention mis d'accord.


Ils ont ainsi employé absolument le mot « monde » pour signifier tout existant qui n'est pas Dieu.


Le monde se divise en substances et accidents.



La substance est tout ce qui a un volume, on dit aussi: c'est ce qui est localisé, ou ce qui reçoit les accidents.


L'accident c'est l'entité subsistant par la substance comme les couleurs, les saveurs et les odeurs; les savoirs, les pouvoirs et les vouloirs, apparus dans le temps, et leurs contraires; la vie et la mort.



La contingence des substances est fondée sur les principes suivants: existence des accidents; apparition temporelle des accidents; impossibilité pour une substance d'être dépouillée de tout accident; impossibilité d'une série de contingents qui ne s'arrête pas à un premier; nécessité, pour un être qui n'est pas antérieur à ce qui est apparu dans le temps, d'être lui-même apparu dans le temps.



Premier principe

Un groupe d'athées a nié l'existence des accidents prétendant que seules les substances existent. Mais voici la preuve de l'existence des accidents: quand nous voyons une substance en repos puis en mouvement, nous saisissons nécessairement une différence entre les deux états; or une différence n'a effectivement lieu qu'entre deux entités, car une chose ne peut s'opposer à elle-même. Il est donc clair que la différence se ramène à celle des accidents ajoutés à la substance.

De plus la plupart des accidents sont saisissables d'une manière nécessaire; en effet lorsque des douleurs surviennent chez l'homme doué de raison et que la maladie le surprend, ou bien quand les plaisirs le prennent, quand les passions le dominent, ou quand il saisit des connaissances, alors il a d'emblée la certitude de la nouveauté de ces entités.






Le deuxième principe

Est l'apparition temporelle des accidents. La preuve en est que, nous voyons des accidents contraires se succéder dans le même suppôt. Nous sommes alors, certains que les plus récents sont apparus dans le temps; quant à ceux qui les précèdent, nous savons bien aussi qu'ils sont apparus dans le temps du fait de leur disparition, car si l'on établissait qu'ils n'ont pas eu de commencement leur disparition serait impossible.


Le troisième principe

Consiste à montrer l'impossibilité pour les substances d'être dépouillées de tout accident. La preuve en est que les substances, liées à la localisation, ne peuvent être pensées que rassemblées ou séparées; et nous savons même nécessairement qu'elles ne peuvent être que rassemblées ou séparées. Cela oblige à dire qu'il est impossible, pour les substances, d'être sans ces déterminations de rassemblement et de séparation. De même nous savons d'emblée l'impossibilité pour les substances d'être dépouillées de qualifications telles que le mouvement et le repos, le rapport actif à un suppôt, la disparition locale, ou le transport d'un lieu dans un autre, tout cela rend manifeste l'impossibilité pour les substances d'être dépouillées des accidents.



Le quatrième principe

Consiste à rendre manifeste l'impossibilité, pour les êtres apparus dans le temps, d'une série qui ne s'arrête pas à un premier. La preuve en est que les révolutions des sphères célestes se succèdent ainsi : chaque révolution survient à la suite de la disparition de celle qui la précède. Or si, avant la révolution dans laquelle nous nous trouvons, avaient disparues une série illimitée de révolutions en nombre infini, cela aurait abouti à des révolutions qui ne finissent pas. En effet ce qui n'est ni limité par un nombre, ni contraint par un terme, on ne peut pas en établir rationnellement la disparition, ni en vérifier la fin.

Mais comme les révolutions antérieures à la dernière ont pris fin, cela indique que leur nombre est fini; puisque ces révolutions ont pris fin, c'est que leur série s'achève à un premier de série. Nous imposons cette preuve et nous fixons cette voie pour l'ensemble des êtres qui se succèdent; comme sont les enfants et les parents, les graines et les semences, etc.

Ces prémisses étant établies, on fonde sur elles l'impossibilité, pour les substances, d'exister sans une de ces entités apparues dans le temps dont la série se rattache à un premier.

Or ce qui n'existe pas sans des entités apparues dans le temps ne leur est pas antérieur, et ce qui n'existe pas antérieurement à ce qui est apparu dans le temps est lui-même apparu dans le temps. Il faut nécessairement admettre (cette dernière conclusion) sans avoir besoin de réflexion ni d'observations attentives.
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Chapitre qui établit la connaissance de l'Artisan (divin).





On a établi (l'existence) des êtres apparus dans le temps; or ces êtres ont une existence possible, car on peut supposer leur existence, et aussi bien, à la place de leur existence, leur persistance dans le néant. Si donc ces êtres sont spécifiés par une existence (seulement) possible, ils ont besoin d'un être qui les spécifie.




Ensuite cet être qui spécifie, il est impossible que ce soit une puissance naturelle comme le pensent les partisans du déterminisme physique. En effet la puissance naturelle pour ceux qui en établissent l'existence n'est pas douée d'une liberté de choix, mais elle pose nécessairement ses effets, dès que sont levés les obstacles et que cessent les empêchements.



Si cette puissance naturelle est éternelle, il s'ensuit que ses effets le sont aussi. Or il est clair que le monde est apparu dans le temps. Mais si cette puissance naturelle est apparue dans le temps c'est qu'elle a eu besoin d'un être qui la fasse apparaître dans le temps, et il faudra redire pour cet être ce qu'on a dit pour elle et ce raisonnement conduira à établir une série, qui ne s'arrête pas à un premier, d'êtres apparus dans le temps; or on a montré la fausseté d'une telle conclusion.



Il est donc clair que l'être qui spécifie le monde est un artisan doué de liberté de choix et de pouvoir.
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Chapitre [établissant l’Existence de l’Artisan]




L'artisan (du monde) est doué d'une existence et d'une essence éternelles; aucun commencement à son existence, aucun début à son éternité.

En voici la preuve: si l'artisan était apparu dans le temps, il aurait, au même titre que tous les êtres apparus dans le temps, besoin d'un autre être qui le fasse apparaître, puis il s'ensuivrait pour cet être ce qui s'ensuit pour lui, et de chaînon en chaînon on serait entraîné à parler d'une série, qui ne s'arrête pas à un premier, d'êtres apparus dans le temps.

Or nous avons déjà dit et montré que cela était impossible.
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Chapitre [établissant la Vie, la Science et le Pouvoir, du Créateur]



Le créateur, louange à lui, est vivant, connaissant tous les connaissables, ayant pouvoir sur tout le domaine du pouvoir.

Notre raison en effet sait bien d'emblée que des actions ne peuvent être produites par celui qui en est incapable; de même tout homme intelligent a la certitude que des actions bien faites, ayant lieu selon les meilleurs arrangements et selon l'ordre le plus parfait, ne peuvent provenir que d'un être connaissant ces actions.

En effet déclarer possible la production, par celui qui ne connaît pas l'écriture, d'une ligne d'écriture rangée dans un ordre, c'est sortir des limites de l'intelligible et entrer dans les errements de l'ignorance.

S'il est manifeste maintenant que l'artisan du monde est pouvant et sachant, alors nous savons nécessairement qu'il est vivant.

Il est en effet impossible d'attribuer le savoir et le pouvoir à un mort ou à un être inanimé; déclarer que cela est possible c'est s'entêter de manière irritante.
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Chapitre [établissant la Volonté d’Allah]





L'artisan du monde est, selon les gens de la vérité, voulant.




Al-Ka`bi a nié que Dieu soit réellement voulant. Voici ce qu'il a prétendu: quand on décrit Dieu comme voulant les actions des hommes, ce qu'on veut dire c'est qu'il les ordonne; et quand on le décrit comme voulant ses propres actions, on veut dire qu'il les crée et les fait être. Il a prétendu aussi que dire de Dieu qu'il connaît le moment où les êtres, avec les attributs particuliers à chacun, apparaissent, dispense de rattacher ces êtres à la volonté (divine).



Cela est faux; si en effet le fait que Dieu est sachant dispensait de lui attribuer la volonté, il dispenserait aussi de lui attribuer le pouvoir. Or al-Ka`bi est d'accord avec nous pour dire que les actions des êtres produits dans le temps ont besoin de la volonté de ces êtres.
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Chapitre [établissant l’Unicité de l’Artisan]



L'artisan du monde, selon les gens de la vérité, est unique — un être est véritablement unique quand il n'est pas divisible.

Voici la preuve de l'unicité divine: supposons deux dieux, et supposons-leur deux buts contraires, déclarons comme possible que la volonté de l'un des dieux soit orientée vers l'un de ces buts et la volonté du second vers l'autre.

L'accomplissement des deux volontés est impossible, comme il est impossible qu'aucune des deux ne s'accomplisse, car deux contraires ne peuvent ni exister tous les deux ensemble ni ne pas exister tous les deux ensemble.

Si par contre la volonté de l'un des deux s'accomplit, le deuxième sera vaincu et contraint de faire ce qu'il ne veut pas.

Déclarer impossible que les deux dieux s'opposent sur le plan de la volonté est impossible. Il est en effet impossible que l'existence de l'un d'eux avec ses attributs empêche l'autre de vouloir ce qui, si on le supposait seul, serait pensable pour sa volonté.

Mais celui qui est impuissant est déchu du rang de la divinité. C'est là le contenu de la parole du Dieu puissant et très haut :

S'il y avait dans (les cieux et la terre) plusieurs divinités autre que Dieu (les cieux et la terre) seraient corrompus (Coran, 21/22)


ce qui veut dire que, dans le cas où l'on supposerait deux êtres doués d'un pouvoir parfait, leurs décrets se contrediraient.
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Chapitre [établissant l’éternité de la Volonté du Créateur]



Les mu`tazilites de Basra ont prétendu que le Créateur très haut voulait avec une volonté apparue dans le temps, mais qui ne subsisterait pas dans un suppôt.

Mais ce qu'ils ont dit est faux. En effet si ce qui apparaît dans le temps a besoin d'une volonté (pour apparaître),

et si cette volonté est apparue dans le temps, elle aussi a besoin d'une autre volonté pour apparaître, et cela aboutit à établir une suite sans fin de volontés.

Ces doctrines étant fausses, il ne reste plus qu'à s'en tenir fermement à ce que soutiennent les gens de la vérité: le Créateur puissant et majestueux veut avec une volonté éternelle et sans commencement.
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Chapitre [établissant l’Ouï, la Vue et la Parole pour l’Artisan]





L'artisan du monde est audiant, voyant et parlant. En effet on a établi qu'il était vivant, or le vivant a nécessairement comme qualification l'ouïe, la vue et la parole, ou leurs contraires.



Mais le contraire de ces attributs sont des déficiences et le Seigneur puissant et majestueux est exempt de tout ce qui marque une déficience.
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Chapitre [établissant la Subsistance du Seigneur et la nécessité de Son Existence]



Le Seigneur tout-puissant est subsistant et son existence est nécessaire.

En effet l'éternité de Dieu a été établie par ce que nous avons dit plus haut, or il est impossible que ce qui est sans commencement soit réduit au néant. Les hommes doués de raison sont d'accord là-dessus.

C'est cela qui est clairement exposé quand on dit que Dieu est subsistant, doué d'une existence perpétuelle.
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Chapitre [établissant l’éternité de Ses Attributs de Science, Pouvoir et Vie]



L'éternel, louange à lui, est sachant par un savoir éternel, pouvant par un pouvoir éternel, vivant par une vie éternelle.



Les mu`tazilites ont prétendu que le Créateur était vivant, sachant et pouvant par lui-même et qu'il n'avait ni savoir, ni pouvoir, ni vie.



Or il est rationnellement établi que ce par quoi on connaît le connaissable c'est le savoir; si donc le Créateur, louange à lui, connaît le connaissable par lui-même, c'est lui-même qui est le savoir — toute liaison à un objet de connaissance qui consiste à cerner cet objet étant savoir de cet objet.



Ensuite les mu`tazilites ont étendu arbitrairement leur jugement aux autres attributs du Seigneur et ont prétendu qu'il était vivant, sachant, pouvant par lui-même et qu'il était voulant par une volonté apparue dans le temps.



Mais si on renverse ce qu'ils disent pour prétendre que Dieu est sachant par un savoir apparu dans le temps et voulant
par lui-même, ils ne trouveront pas de distinction (valable) entre ce qu'ils croient et ce à quoi on les accule.



En effet s'ils disent: si le Créateur était voulant à cause de son essence, il serait voulant tout ce qui peut être voulu; de là même manière que sachant à cause de son essence il sait tout ce qui peut être su — en effet tout ce qui est connaissable est connu de lui.



Nous dirons cela est faux selon votre doctrine et vos croyances corrompues au sujet du fait que le Créateur très haut est pouvant: le savoir pour vous est en effet un attribut de l'essence, or vous prétendez que l'être pouvant de Dieu porte seulement sur certains objets de pouvoir, et qu'on n'attribue pas au Seigneur de pouvoir sur les objets du pouvoir humain.



Des textes du livre du Dieu très haut exposent clairement et établissent l'existence des attributs. Ainsi cette parole du Dieu très haut:



Aucune femelle ne porte ni ne met bas sans qu'il en ait le savoir (Coran, 41/47).



Dieu très haut a dit en se glorifiant lui-même :



C'est lui qui donne leur part aux hommes, c'est lui qui a la force (Coran, 51/58).




Cette force, c'est le pouvoir, de l'avis unanime des commentateurs.
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Chapitre [sur la Parole sans début du Créateur]






Nous avons rappelé que le Créateur très haut était parlant, sache que sa parole est éternelle et sans commencement.



Les mu`tazilites, les najjerites, les zaydites, les imâmites et les kharijjites ont prétendu que la parole du Créateur très haut était apparue dans le temps.



Des groupes de ces gens se sont interdit d'employer absolument l'expression : la parole de Dieu est créée, ils l'ont alors qualifiée de: apparue, ou produite dans le temps; puis les derniers des mu`tazilites ont employé absolument l'expression : la parole de Dieu est créée.


La preuve que la parole de Dieu n'a pas de commencement est la suivante : tous sont unanimes pour dire que Dieu est parlant à l'aide d'une parole; si donc cette parole était apparue dans le temps, il faudrait qu'elle subsiste ou bien dans l'essence du Créateur très haut, ou bien dans un corps, ou bien qu'elle subsiste sans suppôt. Il est faux, d'abord que cette parole subsiste en Dieu, il est en effet impossible que ce qui est apparu dans le temps subsiste dans l'essence du Créateur très haut, car ce qui est apparu dans le temps ne subsiste que dans ce qui est lui-même apparu dans le temps. Par ailleurs, si cette parole subsistait dans un corps, celui qui proférerait cette parole serait ce corps. Enfin il est faux de dire que cette parole subsiste sans suppôt, car la parole est un accident comme les autres, et les accidents ne peuvent subsister par eux-mêmes; le dire possible pour une catégorie d'accidents, c'est le dire possible pour toutes les autres.
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Chapitre [sur la Parole Divine]




La parole véritable dans notre monde c'est le discours de l'âme et c'est ce discours que désignent les expressions établies par convention, et aussi, à l'occasion, les lignes d'écriture, les symboles et les signes; toutes choses qui sont des indices de la parole subsistant dans l'âme, c'est pourquoi al-Ahtal a dit:



« La parole est dans le cœur et la langue a été faite pour signifier cette parole ».




Un autre témoignage de cette doctrine se trouve dans le livre du Dieu puissant et majestueux; quand Dieu très haut dit à propos des hypocrites :



Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent nous témoignons que tu es l'envoyé de Dieu... (Coran, 63/1).



Or nous savons bien que Dieu très haut n'a pas traité les hypocrites de menteurs à cause des termes qu'ils ont prononcés, mais à cause de ce que recèlent leurs consciences.



(Autre témoignage) la parole de Dieu, louange à lui :



Et ils disent en leur âme... (Coran, 58/8).



Si donc il est établi que, ce qui est subsistant dans l'âme, c'est cela la parole, et non pas les lettres mises en ordre, ni les sons discontinus venant des points d'articulations des lettres, alors il est certain, pour l'homme doué de raison, que la parole sans commencement n'est pas non plus des lettres et des sons, pas plus que des airs ou des mélodies.



En effet les lettres se succèdent et s'ordonnent entre elles, et on dit certaines d'entre elles après certaines autres, or tout ce qui est précédé par quelque autre chose est apparu dans le temps.
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Chapitre [sur la lecture du Coran]




La parole du Créateur, puissant est son nom, est réellement lue par la langue des lecteurs, conservée dans le cœur de ceux qui la savent, inscrite sur les feuillets du Coran.

La lecture c'est le son produit par les lecteurs et leur mélodie, c'est une action que l'on ordonne ou que l'on défend; celui qui est chargé de cette action en est récompensé et celui qui la délaisse peut en être puni. Mais la parole du Dieu très haut c'est ce qui est connu, et compris à partir de la lecture.

Savoir par cœur le Coran est un attribut de celui qui sait par cœur, et ce qu'il sait c'est la parole du Dieu très haut; l'écriture consiste en caractères rangés et en figures bigarrées et tout cela est apparu dans le temps, mais ce que l'on comprend en lisant cette écriture c'est la parole du Dieu très haut.

De même le nom du Dieu très haut est mentionné, connu, écrit, mais il est autre que la mention, le savoir ou l'écriture.
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Chapitre [sur ce qui est impossible au sujet du Créateur]



Ce qu'il est impossible d'attribuer au Créateur très haut.



Ce qu'il faut en dire dans l'ensemble est que tout ce qui indique l'apparition temporelle ou une déficience, le Seigneur en est exempt. On montre cela en des paragraphes qui comportent des développements.

D'abord Dieu très haut est exempt de toute spécification spatiale et de toute qualification apparue dans le temps; il n'est pas localisé dans des pays, ni limité dans des contrées, il est trop grand pour admettre des limites ou des mesures.

En voici la preuve : tout être qui est spécifié par l'espace qu'il occupe est lié à cet espace, il est donc limité et admet d'être rapproché ou séparé des autres substances.



Or tout ce qui admet d'être uni à autre chose, ou séparé d'autre chose, admet toujours ces spécifications et ce qui n'existe jamais sans ces spécifications est apparu dans le temps.



Maintenant qu'il est établi que le Créateur est exempt de toute limitation et de toute spécification spatiale, à partir de ce point, s'établit ce qui suit : Dieu est trop grand pour être spécifié par un lieu ou par la proximité des corps célestes ou terrestres.

Si maintenant on nous interroge sur cette parole du Dieu très haut : Le miséricordieux se tient en majesté sur le trône (Coran, 20, 5), cela veut signifier la puissance victorieuse et la sublimité.



Dans le même sens les Arabes disent de quelqu'un qu'il s'est installé sur un royaume, quand il domine sur lui et que le royaume lui est soumis.

Le poète a dit :


« Bishr s'est installé sur l'Irak sans l'aide du glaive et sans verser le sang ».
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Chapitre [sur l’exemption du Seigneur de toute contingence]




Le Seigneur tout-puissant est exempt de tout ce qui apparaît dans le temps. Les gens des différentes religions sont en accord sur ce point.

Mais un groupe issu du Sijjistàn et nommé Karrâmiya s'est opposé à l'accord unanime de la communauté.



Ils ont prétendu que ce qui apparaît dans le temps survient dans l'essence du Créateur, c'est là textuellement la doctrine des Zoroastriens.

Voici la preuve de l'impossibilité, pour ce qui apparaît dans le temps, de subsister dans l'essence du Créateur : si cela a subsisté en lui il n'en a jamais été exempt.

Or ce qui n'est pas sans ce qui apparaît dans le temps est lui-même apparu dans le temps.
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Chapitre [sur la Prédestination]




Tout ce qui apparaît dans le temps est voulu par Dieu très haut, l'utile comme le nuisible, le bien comme le mal. Les mu`tazilites et ceux des gens de passion qui les suivent ont prétendu que les actes d'obéissance qui sont obligatoires ou recommandés sont voulus par Dieu très haut, qu'ils soient ou non effectivement posés, tandis que les actes de désobéissances et les turpitudes sont posés alors que Dieu ne veut pas qu'ils le soient, et malgré cette opposition de la volonté divine. Quant à ce qui est permis et ce qui n'entre pas dans les devoirs imposés, comme les actions des bêtes et celles des fous, cela n'est ni voulu ni non voulu par Dieu.

Mais si nous démontrons que le Seigneur très haut crée tout ce qui apparaît dans le temps, il s'établit alors qu'il veut ce qu'il crée et cherche à produire ce qu'il invente. Nous disons de plus, et la raison oblige à le dire, que l'impuissance de la volonté et le non-accomplissement de ce qu'elle veut sont les indices les plus sûrs qui marquent la déficience d'un être et sa qualification d'être incapable et impuissant.



Si quelqu'un est désigné pour la royauté et n'accomplit pas ce qu'il veut, chez les gens de son royaume, on le considère comme un faible qui dilapide ce qui lui est confié. Et si cela discrédite celui qui est désigné pour la royauté, comment est-il possible de l'attribuer au Roi des rois et au Seigneur des seigneurs.

Et s'ils disent : le Seigneur très haut a le pouvoir de ramener ses serviteurs à l'obéissance par force et de faire apparaître un signe devant lequel la nuque des puissants demeurerait soumise.

Nous répondrons : à partir de vos principes corrompus, il est impossible que Dieu oblige les créatures à des actes d'obéissance et les contraigne à faire le bien, et que cela il ne le veut pas de leur part; mais ce qu'il veut, c'est une foi libre; de telle sorte que ce qu'il veut il n'a pas le pouvoir de l'accomplir et que ce qu'il a le pouvoir d'accomplir, il ne le veut pas. Or les anciens de la communauté musulmane, comme les modernes, sont d'accord pour admettre un principe que ne peut nier quiconque se rattache à l'Islam: ce que Dieu veut existe, et ce qu'il ne veut pas n'existe pas.

D'ailleurs les versets qui témoignent en faveur des gens de la vérité ne se comptent pas, ainsi cette parole du Dieu très haut : Si Dieu avait voulu il les aurait rassemblés sur la voie droite (Coran, 6/35); et celle-ci : Si nous faisions descendre vers eux des anges... (Coran, 7/111).

Mais s'ils tirent argument de la parole du Dieu très haut : Il n'aime pas, pour ses serviteurs, l'infidélité (Coran, 39/7), nous dirons : Dieu très haut a voulu dire qu'il n'aime pas cela pour ses serviteurs, pour ceux qui sont disposés à lui obéir et qui sont fidèles à le servir.

Ainsi en est-il pour la parole de Dieu : Une source où boivent les serviteurs de Dieu (Coran, 76/6), ces serviteurs sont les amis de Dieu, les pieux. Ainsi, ceux pour lesquels Dieu n'aime pas l'infidélité ne sont pas infidèles.

Et peut-être tirent-ils argument de la parole de Dieu très haut: Ceux qui sont infidèles diront... (Coran, 6/148). La preuve qu'ils en tirent est la suivante: le Seigneur très haut a reproché aux infidèles de dire que si Dieu avait voulu ils ne seraient pas devenus infidèles.

La réponse est que Dieu leur a reproché cette parole uniquement parce qu'ils ont dit cela en se moquant, parce qu'ils ont douté de la vérité et récusé la preuve de Dieu. La preuve en est la fin du verset: Dis : Avez-vous la connaissance...
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Chapitre [sur la vision d’Allah le Très Haut]




La doctrine des gens de la vérité c'est que Dieu très haut est visible et qu'il sera possible, pour ceux qui le regardent, de le voir de leurs yeux. Les mu`tazilites ont prétendu qu'il était impossible que Dieu soit vu, et la plupart d'entre eux ont été jusqu'à affirmé que Dieu ne se voit pas lui-même.


La preuve rationnelle de la possibilité de voir Dieu, c'est que Dieu très haut existe, et que tout ce qui existe peut être vu. En effet, en ce monde, nous voyons les substances et les couleurs, or si la substance était vue, du fait qu'elle est substance, il s'ensuivrait nécessairement que l'on ne verrait pas la couleur; et si la couleur était vue, du fait qu'elle est couleur, il s'ensuivrait nécessairement que l'on ne verrait pas la substance. Tandis que si les deux sont vus à cause de leur existence il s'ensuit nécessairement que tout existant est visible.


Et s'ils disent : ce que l'on voit est vu parce qu'il est apparu dans le temps, or le Seigneur puissant et majestueux est par essence éternel et sans commencement; on répondra: cela vous obligerait à dire qu'il est possible de voir les saveurs, les odeurs, les savoirs etc., alors que ce sont des choses qui selon vous apparaissent dans le temps mais ne sont pas visibles.


De plus les êtres apparus dans le temps supposent un néant antérieur, or ce néant qui précède-t-on ne peut pas le voir. Et puisque la vérification ne se fait que sur l'existence, cela démontre que tout existant est visible.

Ce qui prouve aussi la possibilité de la vision, c'est qu'elle sera un jour une promesse de Dieu vérifiée et une parole devenue réalité : En ce jour-là les visages brillants regarderont vers leur Seigneur (Coran, 75/22-23).



Or le mot nazar, s'il est accompagné d'un complément avec la préposition il a, signifie textuellement vision.



Si maintenant ils nous opposent la parole de Dieu très haut: Les regards ne le saisissent pas alors que lui saisit les regards (Coran 6/103).





Nous dirons, parmi nos compagnons il en est qui disent: Dieu très haut est vu mais non saisi, car la saisie d'une chose suppose qu'on la cerne et qu'on en perçoive les limites; or le Seigneur est exempt de toute limite.


Et s'ils nous opposent la parole du Dieu très haut, quand il répondit à Moïse — sur lui la paix : Tu ne me verras pas (Coran, 7/143), prétendant que la négation j exige une négation qui vaut pour l'éternité, nous dirons: ce verset est une des preuves les plus claires de la possibilité de la vision de Dieu.



En effet si cette vision était impossible, celui qui y croirait serait un infidèle dans l'égarement.



Et comment pourrait-il croire à ce qu'il est impossible de dire de Dieu, celui que Dieu a choisi pour sa mission, qu'il a mis de côté pour être son prophète, à qui il a spécialement donné de faire des prodiges, à qui il a fait l'honneur de lui parler, dont il a fait le meilleur des hommes de son temps, et qu'il a confirmé par des preuves venues de lui. Il est possible, pour les prophètes, d'avoir des doutes sur une chose qui se rattache au monde caché, mais non pas pour ce qui se rattache à la description du Créateur puissant et élevé.



Il faut donc interpréter le verset ainsi: ce que Moïse — sur lui la paix — a cru possible, l'est effectivement; mais il a pensé que Dieu allait l'exaucer tout de suite en cela qu'il croyait possible. Le refus, dans la réponse, porte sur ce qui a été demandé, or ce que Moïse — sur lui la paix — a demandé c'était de voir Dieu à l'instant même, et le refus renvoie à cela, car la réponse est conforme au propos du discours.
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Chapitre [sur les actes des hommes]



L'homme n'agit pas par contrainte, mais il a un pouvoir sur ses actions et il se les approprie. La preuve en est que l'homme doué de raison fait une différence entre le tremblement de sa main et le mouvement volontaire qu'il lui imprime. Dire que l'homme s'approprie ses actes, c'est dire qu'il a pouvoir sur eux, même si ce pouvoir n'a pas d'influence sur la production de son objet. L'iktisab revient à cette différence que l'on constate entre ce qui a lieu volontairement et ce qui a lieu involontairement, et ce, même si la volonté n'influe pas sur son objet.
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Chapitre [sur le fait que rien ne s’impose à Dieu]




Rien n'est obligatoire pour le Dieu très haut; le bienfait qu'il donne est une faveur de sa part et la punition qu'il impose est justice. Pour l'homme, est obligatoire ce à quoi Dieu l'oblige; on ne peut, à partir de la seule raison, conclure au caractère obligatoire d'une chose, mais tous les commandements qui se rattachent aux devoirs imposés sont reçus des sentences de la loi religieuse et des injonctions de la révélation.

Voici la preuve que Dieu n'est obligé à rien: ce qui est véritablement obligatoire c'est ce dont l'abandon mérite le blâme; or le Seigneur très haut ne peut être exposé à cela.

Cela devient clair (quand on considère) que, pour les mu`tazilites, les actes d'obéissance des sujets de la loi religieuse s'imposent comme une reconnaissance nécessaire envers Dieu très haut à cause de ses bienfaits. Or si les actes d'obéissance sont obligatoires, en compensation des dons de Dieu, il est alors impossible que celui qui accomplit ce devoir obligatoire mérite une récompense.



En effet s'il était possible que l'homme mérite, pour l'accomplissement du devoir, une compensation, il serait possible aussi que le Seigneur très haut mérite, pour ses dons, une reconnaissance, même si ceux-ci sont mérités.
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Chapitre [sur la mission des Prophètes]



Il revient à Dieu d'envoyer des apôtres et des prophètes pour prêcher et avertir. Les barahima ont nié la prophétie et refusé la possibilité de l'envoi des apôtres; ils ont dit: si les apôtres sont venus apporter ce que la raison peut saisir, leur mission a été inutile, et on trouverait dans les sentences de la raison de quoi être dispensé de tout le reste.



Mais si ce que les apôtres sont venus apporter n'est pas saisissable par la raison, on ne peut accepter ce qui s'oppose à elle. Nous dirons: la loi religieuse guide vers ce qui n'est pas saisissable par la pure raison, et parfois même elle transmet des affirmations que la raison oblige à contredire.



Si dans l'envoi des apôtres il n'y a ni impossibilité ni invraisemblance, le juger possible est obligatoire.
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Chapitre [sur les miracles des Prophètes]




C'est seulement par les miracles qu'est établie la sincérité de qui se dit prophète. Les miracles sont des actions de Dieu qui brisent le cours habituel et apparent des choses et qui sont conformes à ce que le prophète avait dit de lui et au défi qu'il avait lancé; en même temps, ceux que le prophète défie sont incapables de produire des actions semblables.

La manière dont les miracles prouvent la sincérité du prophète est la suivante: ils tiennent la même place que l'approbation pour la parole.

Une comparaison peut en être donnée dans notre monde: supposons un roi qui se présente aux hommes et leur permette d'entrer chez lui. Après les honneurs rendus, chacun ayant pris place, voici que quelqu'un dans la foule se lève et dit :

« Je suis l'envoyé du roi auprès de vous, et je le dis au vu et au su du roi; le signe qui confirmera que je suis bien son envoyé auprès de vous c'est que le roi, dérogeant à son habitude, va se lever puis s'asseoir à ma demande ».

Puis il dit au roi : « Ô roi approuvez-moi en vous levant et en vous asseyant. »

Si le roi fait ce qui lui est demandé, cette action tient la place d'une approbation verbale.
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Chapitre [sur le miracle du Coran]






La preuve que notre prophète — que la bénédiction de Dieu soit sur lui — est bien un prophète, ce sont les miracles. Tout d'abord le Coran avec tous les aspects qui le rendent inimitable : éloquence spécifique d'un style scandé. On ne retrouve cela nulle part dans le style des Arabes, alors que Muhammad a défié ces mêmes Arabes de lui opposer une seule sourate; rappelant que, s’ils l’avaient fait, sa prétention à la prophétie aurait été annihilée, et qu'il aurait cessé de s'opposer à eux. Ils ont en effet essayé pendant vingt et quelques années d'opposer quelque chose au Coran, mais sans y parvenir; or ces Arabes étaient les plus éloquents des disputeurs et les plus diserts des orateurs.

Un autre point qui montre les aspects du' Coran qui le rendent inimitable, c'est le fait qu'il comporte des histoires des anciens, alors que l'on doit tenir fermement que le prophète — que la bénédiction de Dieu soit sur lui — était illettré, ne sachant ni lire ni écrire, et que durant toute sa vie on ne le trouve jamais s'adonnant à l'étude des livres des anciens; il ne lui arriva pas non plus d'être placé dans une situation propice à l'étude des livres.

De plus le Coran comporte des événements cachés se rattachant au futur, qui se sont passés comme l'annonçait le Coran. L'envoyé de Dieu — la bénédiction de Dieu soit sur lui --- a fait d'autres signes et d'autres miracles en plus du Coran. Ainsi il a fendu la lune, il a fait parler les pierres à la louange de Dieu, il a rendu la parole aux muets, il a fait sourdre l'eau à travers ses doigts etc.
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Chapitre [sur ce qui est transmit et la raison saine]




Tout ce que la raison déclare possible et que la loi religieuse transmet, il est obligatoire de le juger bien établi; ainsi, le châtiment de la tombe, l'interrogatoire de Munkar et Nakir, le retour de l'esprit dans le cadavre mis en terre; ainsi le pont, la balance, la vasque, l'intercession pour les pécheurs, tout cela est réel. Le paradis et l'enfer sont deux créatures, créées dès maintenant.

Dieu très haut a dit : Et un jardin dont la largeur est celle des cieux et de la terre (Coran, 3/133 et 57/21).
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Chapitre [sur la succession des Califes]





L'imam des musulmans et le prince des croyants après l'en¬voyé de Dieu — les bénédictions de Dieu soient sur lui — est Abû Bakr le juste — Dieu soit satisfait de lui; ensuite ce fut `Umar, puis `Utmàn, puis `Ali — Dieu soit satisfait d'eux. L'envoyé de Dieu — les bénédictions de Dieu soient sur lui — n'a pas donné de texte écrit en faveur de l'imamat de `Ali et de sa prise du pouvoir.



En effet s'il l'avait fait, cela aurait été évident pour tous, de la même manière que toute affaire de grande importance se fait connaître. Et s'il est établi que l'imamat n'a été fondé sur des textes écrits pour aucun des imâms, cela démontre qu'il est fondé sur le libre choix.



Ainsi les musulmans se sont mis d'accord pour donner l'imamat à Abn Bakr et tous lui ont obéi, de même il en fut ainsi au temps de `Umar de `Utmân et de `Ali — Dieu soit satisfait d'eux.



Quant à Mu`âwiya, même s'il a combattu `Ali, il ne niait pas qu'il fut imâm, et ne se disait pas imâm lui-même, il voulait seulement rechercher les assassins de `Utmân; il pensait qu'il avait raison alors qu'il avait tort. `Ali lui — Dieu soit satisfait de lui — tenait fermement la vérité.
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Chapitre [sur la hiérarchie des califes dans la vertu]




L'ordre de succession des califes dans la fonction d'imâm fait apparaître leur hiérarchie dans la vertu. Le meilleur des hommes après l'envoyé de Dieu — les bénédictions de Dieu soient sur lui — c'est Abù Bakr, puis `Umar, puis `Utmàn, puis 'Ali — que Dieu soit satisfait d'eux. En effet les musulmans n'ont mis en avant aucun d'entre eux, guidés par leurs passions, ils l'ont fait seulement quand ils croyaient qu'il était le meilleur et le plus apte à l'imamat.
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Chapitre [sur l’imamat]



N'est apte à l'imamat que celui chez qui sont réunies un certain nombre de conditions :

La première qu'il soit quraishite; en effet l'envoyé de Dieu — que les bénédictions de Dieu soient sur lui — a dit: « Les imâms viennent de Quraish » (IBN HANBAL, Musnad, III, p. 129).

La deuxième c'est qu'il fasse un effort personnel pour trouver des solutions en droit religieux.

La troisième qu'il soit doué de forces physiques et intellectuelles suffisantes, qu'il soit ferme pour la conduite des affaires et leur direction, qu'il ait le sens de la présidence et du gouvernement de la communauté, qu'il soit de condition libre, scrupuleux en religion.


Toutes ces conditions existaient chez les successeurs de l'envoyé de Dieu — les bénédictions de Dieu soient sur lui. Lui-même a dit : « Il y aura des califes après moi durant trente années puis il y aura un royaume » (IBN HANBAL, Musnad, V, p. 221), et le temps des califes a eu cette durée.
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En arabe :
islamport.com





بسم الله الرحمن الرحيم
وبه ثقتي وهو حسبي وكفى
الحمد لله العليم القاهر الحكيم الذي وجب له القدم واستحال في تعاليه تجويز العدم والصلاة على النبي مبيد الباطل وموضح الحق بواضحات الدلائل هذا وقد استدعيتم أرشدكم الله عز و جل ذكر لمع من الأدلة في قواعد عقائد أهل السنة والجماعة فاستخرت الله تعالى في إسعافكم بمناكم والله المستعان وعليه التكلان





1 - العالم وحدوثه
الأصل في حدوث العالم ووجود الصانع
اعلموا وفقكم الله أن الأولى تقديم عبارات اصطلح الموحدون عليها ابتغاء منهم لجمع المعاني الكثيرة في الألفاظ الوجيزة فما أطلقوه العالم فإن قيل ما العالم ولم سمي العالم عالما قلنا العالم عند سلف الأمة عبارة عن كل موجود سوى الله تعالى وعند خلف الأمة عبارة عن الجوهر والأعراض فأما قوله لم سمي العالم عالما
فأما العالم فمشتق من العلم والعلامة وإنما سمي العلم علما لأنه أمارة منصوبة على وجود صاحب العلم فكذلك العالم بجواهره وأعراضه وأجزائه وأبعاضه دلالة دالة على وجود الرب سبحانه وتعالى فإن قيل ما حد الجوهر وما حقيقة العرض قلنا الجوهر قد ذكرت له حدودا شتى غير أنا نقتصر على ثلاثة منها فنقول الجوهر المتحيز
وقيل الجوهر ماله حجم وقيل الجوهر ما يقبل العرض فأما العرض فقد قيل ما يقوم بالجوهر وقيل ما يطرأ على الجواهر كالألوان والطعوم والروائح والعلوم والقدر والإرادات الحادثة وأضدادها والحياة والموت وقيل العرض ما يستحيل عليه البقاء ثم أعلم أن الموجود ينقسم إلى قديم وحادث فالقديم هو الموجود الذي لا أول لوجوده
والحادث هو الموجود الذي له أول فإن قيل ما الدليل على حدوث العالم قلنا الدليل عليه أن أجرام العالم وأجسامها لا تخلو عن الأعراض الحادثة وما لا يخلو عن الحادث حادث




السؤال على هذا الكلام من أربعة أوجه

الأول لا نسلم ثبوت الأعراض ولئن سلمنا ثبوت الأعراض فلا نسلم حدوثها ولئن سلمنا حدوثها فلا نسلم استحالة لو الجوهر عن هذه الأعراض الحادثة والرابع لم قلت إن ما لا يخلو عن الحادث حادث أما السؤال الأول إنكار ثبوت الأعراض الدليل على ثبوت الأعراض أن العاقل إذا رأى جوهرا ساكنا ثم رآه متحركا فقد أدرك التفرقة الضرورية 118 وبين هاتين الحالتين وتلك التفرقة لا تخلو إما أن ترجع إلى ذات الجوهر أو إلى معنى زائد على الجوهر استحال أن يقال ترجع التفرقة إلى ذات الجوهر لأن الجوهر في الحالتين متحد والشيء لا يخالف نفسه فلا يقع الافتراق إلا بين ذاتين فصح ووضح بذلك أن التفرقة راجعة إلى معنى زائد على الجوهر وذلك هو لعرض الذي ادعيناه

والسؤال الثاني منع حدوث الأعراض

والدليل على حدوث الأعراض أنا نرى الأعراض المتضادة تتعاقب على محالها فنستيقن حدوث الطارئ منها من حيث وجدت ونعلم حدوث السابق منها من حيث عدمت إذ لو كانت قديمة لاستحال عدمها لأن القدم ينافي العدم وإن ما ثبت له القدم استحال عليه العدم والدليل على استحالة تعري الجواهر عن الأعراض أن الجواهر شاغلة للأحياز والجواهر الشاغلة للأحياز غير مجتمعة ولا مفترقة بحال بل باضطرار يعلم أنها لا تخلو عن كونها مجتمعة أو مفترقة وذلك يقضي باستحالة خلوها عن الاجتماع والافتراق وكذلك نعلم ببديهة العقول استحالة تعري الأجرام عن الاتصاف بالتحرك والسكون واللبث في المحال والزوال والانتقال وكل ذلك يوضح استحالة تعري الجواهر عن الأعراض والدليل على استحالة حوادث لا أول لها أن حقيقة الحادث ماله أول وإذن كان حقيقة كل حادث أن يكون له أول فبان كثرة الحوادث لا تخرج عن حقيقتها فيكون للكل أول وهذا كالجوهر فإن حقيقة الجوهر كونه متحيزا فبالكثرة لا يخرج عن حقيقته ويكون الكل متحيزا فكذلك ههنا إذا ثبتت الأعراض وثبت حدوثها وثبت استحالة تعري الجواهر عنها وبطل قول الدهري بأن الحوادث لا أول لها فيترتب على ذلك أن الجواهر لا تسبق الأعراض الحادثة وما لا يسبق الحادث حادث على الاضطرار من غير حاجة إلى نظر وافتكار والدليل على أن العالم له صانع أنه قد صح حدوث العالم بالدلالة التي ذكرناها والحادث جائز الوجود إذا يجوز تقدير وجوده بدلا عن عدمه ويجوز تقدير عدمه بدلا عن وجوده فلما اختص بالوجود الممكن دلا عن العدم الجائز افتقر إلى مخصص وهو الصانع تعالى ويستحيل أن يكون مخصص العالم طبيعة كما صار إليه الطائعيون ويستحيل أن يكون علة موجبة كما صار إليه الأوائل لأن تلك الطبيعة لا تخلو إما أن تكون قديمة أو حادثة فإن كانت قديمة لزم قدم آثارها فإن الطبيعة عند مثبتها لا اختيار لها وهي موجبة آثارها عند ارتفاع الموانع وقد صح حدوثها وإن كانت الطبيعة حادثة افتقرت إلى طبيعة أخرى ثم الكلام في تلك الطبيعة كالكلام في تلك الطبيعة كالكلام في هذه الطبيعة وينساق هذا القول إلى إثبات حوادث لا أول لها وقد تبين بطلان ذلك فوضح بذلك أن مخصص العالم صانع مختار موصوف بالاقتدار والاختيار





2- الله وصفاته
11 - ظ فصل
صانع العالم أزلي الوجود قديم الذات لا مفتتح لوجوده ولا مبتدأ لثبوته والدليل عليه أنه تعالى لو كان حادثا لشارك الحوادث في الافتقار إلى محدث ثم الكلام في محدثه ينزل منزلة الكلام فيه ويتسلسل القول ويؤدي ذلك إلى إثبات حوادث لا أول لها وقد سبق بطلان ذلك


(a suivre...) (10)
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