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Débat entre Shaykh al-Bouti
et un adepte de la non-conformité aux 4 écoles sunnites

Recopié du livre: La non-conformité aux quatre doctrines : la plus dangereuse hérésie qui menace la Loi Divine
par notre frère Bilâl


Voici la retranscription d'un débat entre le noble Shaykh Mohammed Sa'id Ramadhan al-Bouti , et un homme adepte de la non-conformité aux quatre écoles de droits sunnites.

Ce débat est rapporté dans le livre de Shaykh Sa'id Ramadhan al-Bouti : اللامذهبية أخطر بدعة تهدد الشريعة الإسلامية = "La non-conformité aux quatre doctrines : La plus dangereuse hérésie qui menace la Loi Divine".



Début de citation :

"Ce chapitre pourrait être le plus important que tous les autres de la présente thèse ! Cette importance ne réside pas dans le fait que le lecteur va trouver dans les prochaines pages des nouveaux aspects et critères scientifiques car le lecteurs a dû faire jusqu'ici le tour du problème, mais dans le fait qu'il va découvrir des aspects du fanatisme
qu'il ne trouvera jamais chez aucun autres être humain censé !
Ceux-là (les adeptes de la non conformité aux quatre doctrines) nous accusent de fanatisme pour la simple raison que nous n'acceptons pas de nous détourner de la Vérité qui se fonde sur mille et une preuves. On va voir comment ils s'enferment eux-mêmes dans les cages du fanatisme, même s'il faut pour y arriver appeler au secours de l'idiotie, voire à celui de la folie ! Ce qu'on va lire ici n'est pas le fruit de notre imagination ni une reconstitution des faits : chaque mot y est authentique et nous avons même dit au frère avec qui nous avons eu cet entretien, au moment où il a commencé à dévier complétement : "Nous citerons vos propos si vous restez sur vos positions".

Dieu sait que nous ne l'avons dit que dans le but de le pousser à réfléchir, à mieux peser ses mots ! Mais cet effort est resté vain et il nous a même été répondu : "Vous n'avez qu'à publier ce que vous voulez, car je ne le crains pas".

Nous allons éviter de révéler le nom de cet personne et qu'il suffise au lecteur de savoir que cette personne fait partie de ceux qui connaissent la doctrine de la non-conformité aux quatre Doctrines Authentiques, non de ceux qui l'apprennent. Malgré tout, on ne peut pas nier qu'il est un jeune homme vertueux, à part cette tache qui
a sali sa pensée en l'amenant au bas-fond de cet océan du fanatisme étrange ! Il m'est venu en compagnie d'un groupe de bons jeunes gens soucieux de quêter la vérité à travers toutes les idées qu'ils puissent en avoir.

Nous avons commencé le dialogue lorsque je lui ai posé la question :

- "En quoi votre méthode consiste t-elle pour comprendre les prescriptions de Dieu ? Les extrayez-vous vous-même du Coran et de la Sunnah ou plutôt vous référez-vous aux Maîtres de l'Ijtihad ?"

- Le jeune homme : " Je passe en revue ce que disent les Imâms et leurs arguments légaux (Dalil) et je me fonde sur leurs idées les plus proches des arguments légaux que je découvre dans le Coran et la Sunna".

- Je dis : "Si vous avez de côté, depuis six mois, cinq mille francs d'économie ; ouis vus décidez de les sortir pour acheter une certaine marchandise afin de faire fructifier cet argent. A quel moment, donc, devrez-vous payer la Zakât de ce commerce, dans six mois ou dans un an
?"


- Il dit : "Le sens de votre question m'amène à penser qu'on est censer payer la Zakât sur l'argent gagné dans tel ou tel commerce?"

- Je dis : " Je ne fais que vous poser la question, ce qu'il me faudrait par contre, c'est me répondre comme vous le souhaitez : de mémoire ou en recourant à tous ces ouvrages que vous avez devant vous, qu'ils soient des Tafsir, des recueils de aHadith ou ceux des Imâms Mujtahid !

- Il réfléchit pendant un moment puis il dit : "Mon frère, il s'agit d'une question de religion et ceci n'est pas une chose facile à laquelle on peut répondre de mémoire. Il est indispensable, pour le faire, de chercher, lire, étudier, et tout ceci demande du temps. Et nous sommes là pour traiter d'un autre sujet.

- J'ai ainsi renoncé à cette question et suis passé à une autre : " Bien, est-ce que chaque musulman doit absolument passer en revue les arguments des Imâms, puis en retirer les plus adéquats par rapport au Coran et à la Sunnah ?"

- "Oui"

- "Ce qui veut dire que tout le monde posséde la capacité de faire l'Ijtihad au même titre que les Imâms des quatre doctrines, voire une aptitude plus étendue et plus profonde puisque celui qui est en mesure de juger les réflexions des Imâms ou les évaluer en faisant le rapport entre celles-ci d'un coté et le Coran et la Sunnah de l'autre doit sans doute être plus savant que tous."

- Il dit : "En réalité les gens se divisent en trois catégories : "Imitateur (muqallid), suiveur (muttabi') et mujtahid. Celui qui est capable de comparer les Doctrines les unes avec les autres en sélectionnant ce qui est le plus proche du Coran n'est qu'un suiveur, et ceci est le niveau intermédiaire entre l'imitation et l'Ijtihad.

- Je répondis : " Quel est le devoir de l'Imitateur?"

- "D'imiter parmi les Mujtahid ceux qui sont en accord sur telle et telle chose."

- "Serais-ce problématique si l'on imite strictement l'un d'entre eux de façon permanente" ? (suivre une école).

- "Oui, cela est illicite", me répondit-il.

- "Quel en est l'argument légal ?"

- "L'argument est qu'il se conforme à quelque chose à laquelle Dieu ne l'a pas obligé à se conformer".

- "Selon quelle riwaya (variante de récitation) lisez vous le Coran ?"

- "Selon celle de Hafs."

- "Vous y conformez-vous tout le temps ou utilisez-vous celle-ci un jour et celle-là un autre jour ?"

- "Je m'y conforme tout le temps".

- "Pourquoi vous y conformez-vous tout le temps alors que Dieu n'a exigé de vous que de lire le Coran comme on l'a hérité du Prophète 'alayhi salatu wassalam, c'est à dire en alternance ?"

- " Parce que je n'ai pas eu l'opportunité d'apprendre les autres lectures du Coran et c'est la seule qui me soit accessible".

- Je répondis alors : " Celui qui a appris la Jurisprudence selon l'école Shafi'ite n'a pas, lui aussi, eu l'opportunité d'apprendre celle des autres écoles, et il ne lui a pas été possible de s'initier aux prescriptions de sa religion que par le biais de cet Imâm.Si après tout cela, vous croyez qu'il faut exiger du musulman qu'il connaissent tous les Ijtihad des Imâms et s'y conformer à tous en même temps, vous devriez exiger de vous-même d'apprendre toutes les lectures du Coran afin que vous puissiez les utiliser toutes. Car puisque vous donner l'excuse de ne pas pouvoir le faire, vous devriez, en principe, accorder le même genre d'excuse à l'imitateur. En tout cas, je me demande d'où vous avez eu l'idée que celui-ci doit absolument passer d'une façon constante d'une école à une autre, sachant que Dieu ne le lui a pas imposé : Dieu ne lui a ordonné de se conformer de façon permanente à une doctrine donnée, ni d'en changer continuellement !"

- Il me dit : " Ce qui est illicite c'est la conformité à une seule école tout en croyant au sens fort que Dieu le lui a ordonné".

- Je lui dis : "C'est une autre chose, et nul doute que vous avez raison sur ce point, mais sera t-il problématique du point de vue de la Loi s'il prend l'initiative de se conformer à suivre un Mujtahid précis tout en sachant que Dieu ne lui a pas imposé ? "


- "Non, ce ne l'est pas".

- "Mais votre livre de référence, celui que vous portez en ce moment fait mention du contraire de ce que vous venez de dire ; il y est écrit que ceci est illicite. Il affirme même, dans certains endroits, que toute personne qui se conforme à suivre de façon permanente un seul Imâm doit être considéré comme dénégateur".

- "Où avez-vous lu cela" Et le jeune homme commence à feuilleter le livre en question en méditant ce à quoi l'auteur voulait venir en disant au bout d'un moment : " Plutôt quiconque se conforme de manière permanente à une seule doctrine dans toutes les questions qu'il peut rencontrer est dans l'erreur et n'est qu'un fanatique qui imite de façon aveugle et il fait partie de ceux qu'on doit ranger normalement parmi ceux qui ont fait schisme en s'en rendant coupable" ... il commente ensuite le passage : " La conformité est renvoyé ici au fait de se conformer à tous en croyant que ceci est une obligation religieuse car il s'agit ici d'un phrase elliptique !"

- Je dis : " Comment peut-on trouver qu'on a affaire à ce vouloir-dire" pourquoi n'envisagez-vous pas la possibilité qu'il puisse s'agir d'une erreur de jugement de la part de l'auteur?"

- L'homme insiste en répétant qu'il s'agit d'un phrase elliptique et en affirmant que l'auteur n'a fait aucune erreur à ce propos !

- Je lui dis alors : Mais la phrase, si l'on admet le sens que vous en retirez n'aura aucune valeur et ne concernera personne car tout musulman sait que suivre une seule école parmi les quatre authentiques ne constitue pas en soi une obligation provenant de la Loi, et tout musulman qui se conforme de façon permanente à une seule doctrine ne le fait que suite à un choix personnel."

- "Pardon ? J'ai entendu tant de personnes et certains connaisseurs en science sacrée dire qu'il faut, du point de vue de la Loi, se conformer de façon permanente à une seule doctrine dans la mesure où il n'est pas autorisé de faire la transition de l'une à l'autre."

- "Citez moi un seul nom d'un seul musulman parmi les gens du communs ou parmi les savants qui ait dit cela?"

- Il réfléchit pendant un moment sans dire un mot en ayant du mal à admettre que j'avais raison , puis me dit qu'il pensait que beaucoup de gens considèrent illicite le passage d'une école à une autre.

- Je le repris en lui demandant : " De nos jours, vous ne réussissez à trouver personne qui y croit : il est vrai qu'à la fin de l'époque ottomane, il y avait certains qui trouvaient grossier la passage de l'école hanafite vers une autre. Et il est incontestable que cette que cette attitude - si cette information est juste- complétement frivole, voire aveuglement fanatique." Puis je lui demande : "Sur quoi vous êtes vous fondé pour justifier la dissociation entre l'Imitateur et le Suiveur ? La différence est-elle purement languistique ou idiomatique ?"

- "Plutôt idiomatique."

- Je lui ai alors proposé de consulter tous les manuels de langue afin qu'il essaie d'y trouver un argument linguistique valable ici, mais c'était sans résultat ! Je lui dis alors : "Abu Bakr, radhiAllahu anhu a répondu ainsi à ce bédouin de l'Arabie lorsque celui-ci a contesté la décision concernant la somme d'argent qui lui avait été donnée par les musulmans : 'Si les immigrés (Muhajirrin) s'y consentent, vous n'aurez qu'à vous y conformer'. Il revient à dire qu'il a utilisé "la conformité" dans le sens d'accepter la décision de la majorité sans avoir le droit de chercher plus loin, ni de réfléchir sur la décision ou de rediscuter quoi que ce soit."

- "N'ai-je pas le droit d'introduire un nouveau terme?" me répondit-il

- "Si, mais votre terme ne change en rien la réalité des choses? Car celui que vous désignez comme Suiveur ne peut être en soi un expert en matière d'argument scriptuaire et dans les modalités qui permettent d'en déduire les dispositions légales qui s'imposent, ce qui revient à dire qu'il est imitateur, même si dans certains cas, il peut s'identifier à l'un et à l'autre à la fois : Imitateur dans un domaine où il est incompétent et Mujtahid dans d'autres domaines. Il en ressort qu'il s'agira toujours d'une dichotomie dont les deux aspects à priori bien définis pr la Loi et connus de tous."


- " Le suiveur est celui qui est en mesure, après avoir comparé les différents points doctrinaux à travers leurs arguments scripturaires et leurs argumentations, de faire pencher la balance d'un coté ou de l'autre, ce qui représente un niveau plus élevé par rapport à la simple imitation".

- "Si vous signifier par "comparer" évaluer les points doctrinaux les uns par rapport aux autres en fonction du degré de rigueur dans l'argumentation des unes et des autres, ceci représente le grade le plus élevé dans le domaine de l'Ijtihad. Pouvez-vous assumer une telle tâche vous-même ?"

- "Je le fais dans la mesure du possible" me dit-il.

- "Je suis au courant que vous avez fait une Fatwa qui consiste à considérer la répudiation par trois fois sans intervalle comme une seule. Avant d'émettre une telle Fatwa, vous êtes-vous référez aux positions doctrinales des quatre Imâms à ce sujet en comparant les unes avec les autres afin d'être en mesure de faire votre fatwa tout en prenant en considération leurs réflexions en la matière ? .. 'Uwaymir al-'Ajlani, lorsqu'il était en présence du Prophète 'alayhi salatu wassalam a prononcé par trois fois la répudiation après avoir accusé sa femme d'adultère. 'Ajlani a dit ensuite : "Ô Messager d'Allah, je ne peux la garder comme épouse ; je serai dans l'erreur si je le faisais puisque j'ai prononcé par trois fois." .. Que savez-vous de la valeur de ce hadith par rapport à cette question et dans quelle mesure nous révèle t-il la Doctrine de la masse des croyants ou par exemple celle d'Ibn Taymiyya ?"

- "Je ne connais pas ce hadith."

- "Comment donc, avez-vous pris l'initiative de faire une Fatwa dans ce domaine en contredisant ce à quoi sont parvenus unanimement les quatre écoles, et sans que vous examiniez leurs argumentations respectives, leurs points forts et leurs points faibles ? .. Vous voilà donc en train d'abandonner le principe de vous vous êtes imposé vous-même, celui qui a pour vocation de redéfinir le fait de suivre (al-'Ittiba) selon votre propre idiome !"

- "Je n'avais pas à ce moment là les références qu'il fallait afin de pouvoir passer en revue les argumentations légales des quatre Imâm."

- " Qu'est ce qui vous a donc pousser à vous précipiter et à faire une Fatwa en contredisant ainsi l'ensemble des musulmans alors que vous ne saviez rien de leurs argumentations sur ce sujet ?"

- "Que pourrais-je faire autrement et quelqu'un est venu me poser une question à ce propos alors je n'avais pas tout ce qu'il me fallait comme ouvrages de références."

- "Vous auriez du vous contenter de dire, comme le faisaient tous les savants et les Imâms de jadis dans de telles situations : "Je ne sais pas". Sinon, vous auriez pu lui transmettre tout simplement ce qu'en disent les quatre Imams et ce qu'en pensent les autres qui ne s'accordent pas avec ceux-là sur ce point précis, et sans faire une Fatwa en vertu des extrapolations des uns et des autres. Vous auriez pu le faire, voir vous auriez dû le faire, car le problème posé ne vous concerné pas directement. S'il en avait été ainsi en réalité, vous auriez été forcé d'y chercher une issue d'une façon ou d'une autre. Mais opter pour une Fatwa qui contredit le consensus des quatre Imâms sans avoir pris la peine de d'avoir recours à
leurs argumentations légales, comme vous l'avouez vous-même et en vous bornant tout simplement à votre intuition religieuse, ce n'est que l'apogée du fanatisme religieux dont vous nous accuser".


- "Je me suis référé aux conclusions des quatres Imâms, celles qui sont expliquées par al-Shawkânî, dans Subul al-Salam et dans Fiqh as-Sunnah de Sayyid Sabiq".

- " Ces livres recensent à ce sujets les extrapolations des protagonistes des quatre Imâms, des livres qui voient le problème d'un seul point de vue ; acceptez-vous de donner un jugement après avoir écouté uniquement l'un des deux protagonistes, ses propres témoignages et ceux de ses proches ?

- "Je ne vois pas où se situe le coté blâmable dans mon attitude ; tout ce que j'avais à faire c'était faire une Fatwa à la personne qui me l'a demandé, et c'est à cela que ma compréhension du problème m'a permis de parvenir."

- " Vous avez dit que vous êtes tout simplement qu'un suiveur et il vaux mieux pour nous tous de s'identifier à cette définition. De plus, vous avez interprété l'action de suivre comme le fait de passer en revue toutes les réflexions des Imâms, en étudier les argumentations pour pouvoir opter par la suite pour celle de la doctrine la plus proche de l'argumentation authentique. Mais le fait d'agir comme vous l'avez fait n'est pas du tout conforme à votre principe de départ. Car vous savez très bien que les quatre Imâms s'accordent sur le fait que prononcer la formule de répudiation par trois fois doit être considéré comme un divorce définitif, comme vous savez très bien également qu'ils ont argumentés le problème d'un point de vue de la Loi et que vous n'avez pas pris la peine de consulter. Malgré tout cela vous avez fait abstraction de leurs consensus et vous vous êtes dirigés vers l'opinion qui vous plaisait le plus. Etiez-vous préalablement sûr à ce moment là que leurs argumentions étaient réfutables ?"

- "Non mais je ne les ai pas consulté car je n'avais pas les ouvrages de référence entre les mains"

- "Pourquoi n'avez-vous pas eu recours à un peu de patience ? Pourquoi vous-êtres vous précipité alors que Dieu ne l'a pas exigé de vous ? ... Le fait que vous ne soyez pas arrêté sur les argumentations de la majorité des Docteurs de la Loi constitue t-il en soi un argumentation suffisante pour soutenir celle d'Ibn Taymiyya ? Le fanatisme dont vous nous accusez est-il autre chose que cela ?"

- "J'ai trouvé dans les ouvrages qui m'étaient disponibles des argumentations convaincantes ; Dieu n'a exigé de moi de faire plus que cela".

- "Si le musulman, en lisant tel ou tel ouvrage, tombe sur une quelconque argumentation, est-ce que ceci est une raison suffisante qui justifie le fait d'abandonner toutes les Doctrines qui contredisent ce à quoi sa perception des choses l'a amené parce qu'il n'avait pas pris la peine de s'arrêter sur les argumentations de celles-ci ?"


- "Ceci doit lui suffire"

- " Un jeune homme qui commence à pratiquer la religion sans avoir eu l'opportunité de s'y instruire ; en lisant la Parole de Dieu : "A Dieu l'Orient et l'Occident, où que vous vous tourniez, là est donc le visage de Dieu" et en conclut qu'il peut se diriger, lors de la prière vers n'importe quelle direction comme pourraient l'inspirer les termes du verset dans leur littéralité. Cependant, il avait eu auparavant l'occasion d'être au courant que les quatre Imâms sont unanimes sur la nécessité de se dirigé vers la Ka'aba en vertu de nombreuses argumentations qu'il n'a pas eu l'occasion de consulter soi même. Que doit-il faire donc : Suivre sa propre conviction qui est fondée sur sa propre interprétation du verset en question ou suivre les Imâms qui sont unanimes sur le contraire ?"

- " Il doit plutôt suivre sa propre conviction."

- " S'il observe la prière en se dirigeant vers le coté Est par exemple ;
sa prière sera t-elle pour autant conforme et authentique ?"


- " Oui, car il est censé normalement suivre sa propre conviction."

- " Supposons que sa propre conviction que ce n'est pas un problème, religieusement parlant, de faire l'adultère avec la femme de son voisin, de consommer de l'alcool et de s'approprier les biens des autres sans aucun droit ; Dieu lui rend t-il cela licite en vertu de sa conviction personnelle ?"

- Un moment de silence, puis il reprend : " De toute façon, l'exemple que vous donnez n'est qu'une image fictive qui ne peut en réalité se réaliser".

- "Ce n'est pas du tout fictif ; ce qui se passe de semblable à cet exemple est très fréquent. N'importe quel jeune homme qui ne s'y connait pas en matière de science Coranique ou de Traditions prophétiques, s'il se contente de se fier à la littéralité des signes linguistiques qui composent ce verset, comprendrait les choses de la même façon : à savoir qu'il est conforme de se mettre dans n'importe quelle direction bien qu'il voit tout le temps les autres se diriger exclusivement vers la Ka'aba...quelque chose de tout à fait possible à imaginer, et quelque chose qui peut tout à fait arriver aussi longtemps qu'il est parmi les musulmans qui ignorent tout de l'Islam. De toute façon, vous avez jugé cet exemple qu'il soit réel ou fictif, de manière non fictive étant donné que vous considérez la conviction personnelle comme le seul arbitre dans tous les cas ; ce qui contredit votre classement des gens en trois catégories : ceux qui imitent, ceux qui suivent et les Mujtahid."

- "Il devait plutôt faire des recherches...N'a t-il pas eu l'occasion de lire un autre hadith ou un autre verset?"

- "Il n'avait pas à sa portée les références bibliographiques pour effectuer une telle recherche exactement comme c'était votre cas lorsque vous aviez fait cette Fatwa à propos de la répudiation. Il n'a pas eu non plus l'occasion de connaitre un autre verset que celui-là qui soit en rapport avec cette question de direction dans la prière. Insistez-vous à dire qu'il doive suivre sa conviction personnelle et faire abstraction du consensus des Imâms sur ce sujet ?"

- " Oui, s'il ne lui est pas possible de poursuivre la recherche, il sera excusé et il n'a qu'à se fonder sur ce à quoi sa recherche l'a guidé."

- "Je vous citerai dans ma prochaine publication, ce qui vous dites et si grave et étonnant".

- "Citez ce que vous voulez car je ne le crains pas et je ne vous crains pas".

- "Comment me craindriez-vous, alors que vous ne craigniez pas Dieu, lorsque vous contrevenez à ce qu'IL dit : " Demandez donc conseil au gens du Rappel, si vous ne le savez pas".

- " Mon frère, ces Imâms ne sont pas infaillibles alors que le verset qui a été utilisé comme appui l'est car c'est la Parole de l'Infaillible, comment peut-on faire abstraction de ce qui est infaillible et suivre à tous prix ce qui ne l'est pas ?"

- Je dis alors : " Ecoutez donc bien : L'infaillible est le sens véritable voulu par Dieu lorsqu'IL dit : "A Dieu l'orient et l'occident...", et non pas le sens que ce jeune homme en a retiré à cause de sa connaissance presque inexistante de la culture de l'Islam, de ses prescriptions et de la nature du Coran. La comparaison qui était le centre de mon interrogation est entre deux compréhensions, celle du jeune homme ignare et celle des Imâms Mujtahids, lesquels ne sont pas toutes les deux infaillible, mais l'une est fondée sur une extrême ignorance et l'autre sur une extrême connaissance en matière de recherche et de rigueur scientifique."

- "Dieu ne l'a pas obligé à aller plus loin que là où son effort en la matière l'a amené".

- "Répondez moi à cette question : " Un enfant malade qui souffre de quelques inflammations. Tous les médecins de la région l'ont examiné et décidé de lui prescrire un certain traitement en mettant son père en garde contre le risque de lui donner quelque chose à base de pénicilline. Ils lui ont même dit que s'il le fait, il mettra en danger de mort son enfant...Mais le père savait, grâce à ce qu'il avait lu dans quelques magazines scientifiques que la pénicilline est bénéfique pour les inflammations. Chemin faisant, il décide de se fonder sur ses propres connaissances en rejetant les propos des médecins, car il ne savait pas suite à quelle argumentation ils avaient pris cette décision. Ce qui l'a amené à se fier à sa conviction personnelle et à donner à l'enfant le médicament à base de pénicilline, et l'âme de l'enfant est aussitôt revenue vers le Miséricordieux. Ce père devra t-il être jugé en
considérant son acte comme un péché ou non ?"


- L'homme réfléchit un peu puis dit : "Ceci n'est pas comme cela".

- Je dis : "Les deux cas sont parfaitement et incontestablement identiques : Ce père a entendu parler de l'unanimité des médecins et celui-là de l'unanimité des Imâms, mais le premier s'est fondé sur un seul texte lu dans un magazine médical à l'exclusion de ce qui peut exister d'autres, et le second s'est fondé sur un seul texte lu dans le Livre de Dieu à l'exclusion de tous les autre. Dans les deux cas, ils se sont servis de leur conviction personnelle !"

- "Mon frère, le Coran est une lumière fulgurante...et cette lumière à travers ses signes et ses preuves est-elle similaire à n'importe quelle parole ?"

- La lumière du Coran se reflètent-elle sur l'esprit de n'importe quel lecteur-spectateur ? En d'autres termes, est ce que n'importe quel lecteur a la perception nécessaire qui lui permette de recevoir cette lumière telle que Dieu le veut ? Quelle différence sera t-il alors entre les gens du Rappel (les savants) et les autres si les uns et les autres puisent dans une même source de lumière ?
Les deux exemples sont parfaitement identiques, et il me faudrait encore une réponse : la personne dans les deux cas doit-elle suivre sa conviction personnelle ou plutôt suivre et imiter les enseignements des spécialistes ?


- "L'essentiel est plutôt la conviction personnelle".

- "On voit qu'il s'est servi de sa conviction personnelle, ce qui a provoqué la mort de l'enfant ; est-il fautif du point de vue légal et juridique ?"

- L'homme dit en toute clarté : " Non il ne l'est pas".

- Je dis : "Qu'on close le débat sur ces derniers mots que vous venez de prononcer, lesquels ont coupé court à toute possibilité de rapprochement entre nos deux points de vues. Et qu'il vous suffise, en donnant cette réponse étonnante, de savoir que vous venez de contredire le consensus doctrinal de toute la communauté musulmane...Par Dieu, il n'y aura jamais un sens au fanatisme odieux, si ce n'est celui que vous représentez vous-mêmes."
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