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Chapitre 1 de la Risâla

Ibn Abî Zayd Al-Qirâwânî al-Mâlikî
(né en 310 H mort en 386 H)




Ce que les langues doivent prononcer et les cœurs doivent croire, dans la religion :


Relatif aux devoirs religieux de caractère obligatoire (wâjib umûr ad-diyâna) et consistant en propositions que la bouche doit exprimer et auxquelles le coeur doit croire.

Parmi ces devoirs est la croyance, que le coeur doit contenir et la bouche proclamer, selon laquelle on confesse qu’Allah est un Dieu unique, qu’il n’y en a point d’autre, qu’Il n’a point de pareil, point d’égal, point de fils ni de père, point de compagne et point d’associé; qu’Il n’a point de commencement ni de fin; que l’essence de Ses attributs échappe à la description des hommes; que les esprits humains ne peuvent L’embrasser.

Ceux qui réfléchissent tirent un enseignement (des leçons) de Ses signes (ayât); ils ne peuvent connaître Son essence(dhâtihi) (et ne méditent point sur la nature de son essence), et ne peuvent non plus embrasser une partie de Sa science que dans la mesure où Il le permet.

Son Trône (kursî), s’étend sur les Cieux et sur la Terre et Il n’a point de peine à les conserver, étant Le Sublime et l’Immense, le Savant et l’Informé de toutes choses, l’Ordonnateur et le Tout Puissant, l’Entendant et le Voyant, l’Elevé et le Grand; qu’Il est établit sur Son Trône (‘arsh) glorieux; qu’Il est en tous lieux avec Sa science (ancienne et infiniment vaste);


[Il a créé le Lieu en étant présent (éternellement) avant le Lieu et n’ayant point besoin du Lieu ni d’aucune autre chose qu’Il a créée...]

Qu’Il a crée l’homme; qu’Il sait à quelles tentations est exposée l’âme humaine puisqu’Il est infiniment près de Sa créature [et qu’Il est plus près du serviteur que sa veine jugulaire] , qu’aucune feuille ne tombe sans qu’Il la connaisse; qu’il n’est point de graine dans le sein ténébreux de la terre, point de végétal ni de minéral qui ne soient inscrits dans un Livre manifeste;

Qu’Il siège (établissement, istiwâ) sur le Trône, que Sa puissance s’étend à tout Son royaume; qu’à Lui appartiennent les noms les plus beaux (al-asmâ’ al-husnâ) et les sublimes attributs (as-sifât al’ulâ sifât); qu’Il n’a jamais cessé d’être avec tous Ses attributs et tous Ses Noms; qu’Il est trop haut (sublime) pour que Ses attributs aient été créés et Ces noms inventés;

Qu’Il a parlé à Moïse avec Son verbe qui est un attribut de Son essence et non un objet de Sa création; qu’Il S’est manifesté sur le Mont [Sinaï] qui, frappé par Sa Majesté, a été nivelé au sol; que le Coran est la parole d’Allah, non point créée et donc périssable, ni attribut d’une chose créée et par suite voué à la disparition.

Il faut croire à la prédestination (al-qadar) du mal comme du bien; de ce qui est douceur, comme de ce qui est amertume. Tout cela résulte d’un arrêt d’Allah, notre Seigneur. C’est Lui qui partage souverainement toutes choses et elles n’arrivent que comme Il l’a décidé. Il a connaissance de toute chose avant qu’elle ne soit et elle n’est que dans la mesure où Il la conçoit. Ses serviteurs ne prononcent point de parole et ne font point d’acte qu’Il n’ait décidé et dont Il n’ait eu antérieurement connaissance. Ne connaît-il point ceux qu’Il a créés, Lui qui est le Subtil et le Très informé ?


Dans Sa justice, Il égare qui Il veut et Il l’abandonne. Par Sa grâce, Il dirige qui Il veut dans la bonne voie et Il l’assiste. Ainsi chacun est amené à ce que la science et la prédestination divines lui ont réservé de bonheur et de malheur.

La glorieuse transcendance d’Allah s’oppose à ce qu’il y ait dans Son royaume quelque chose qu’Il ne veut pas ou quelqu’un qui puisse se passer de Lui, ou un créateur d’une chose quelle qu’elle soit, hormis Lui, le Seigneur de ses créatures, le Maître de leurs actes, celui qui détermine leurs mouvements et le terme de leur vie et qui leur a envoyé des prophètes afin que ceux-ci engagent, par leur témoignage, la responsabilité des hommes [devant Dieu ].

Il faut croire qu’il a clos la série des prophètes, et mis un terme à leur mission d’avertisseurs, Avec Mohammad (qu’Allah répande sur lui Ses bénédictions et lui accorde Son salut), et qu’Il a fait de lui le dernier des Envoyés pour annoncer la bonne nouvelle, pour avertir, pour appeler à la religion d’Allah, conformément à Son ordre, et tel qu’un lumineux flambeau.

Il faut croire qu’Allah a révélé à Son Prophète Son Livre plein de sagesse; que, par lui, Il a expliqué Sa religion bien établie, a dirigé les hommes dans la voie droite;

Que l’heure [de la résurrection générale ] arrivera inéluctablement; qu’Allah ressuscitera les morts et qu’ils redeviendront tels qu’Il les avait créées ; qu’Allah dont la gloire soit proclamée, a décidé de multiplier, pour Ses serviteurs croyants, le mérite de leurs bonnes actions (hasanât), d’être indulgent pour leurs fautes graves (kabâ’ir) s’ils s’en repentent, de pardonner entièrement leurs pêchés véniels (saghâir) s’ils s’abstiennent des pêchés capitaux; que ceux qui ne se repentent point des fautes les plus graves sont abandonnés à Sa discrétion, car Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés, mais Il pardonne à qui Il veut des manquements moins graves; que ceux [des croyants] qu’Il aura punis de Son feu, Il les en fera sortir en raison de leur foi (îmân), et les fera entrer dans son Paradis (Janna) en raison de cette même foi, car il est écrit dans le Saint Coran : ' Quiconque fait un atome de bien en verra [ la récompense] ' ; que, sur l’intercession du Prophète (que Dieu répande sur lui Ses bénédictions et lui accorde le salut) sortiront de l’enfer ceux d’entre sa nation qui auront commis des péchés capitaux;

Que Dieu dont la gloire soit proclamée, a créé le Paradis et l’a réservé comme éternelle demeure pour Ses fidèles et leur a fait la grâce d’y contempler Son auguste Face. C’est de ce Paradis qu’il précipita sur la Terre Adam, Son Prophète et lieutenant (khalifâ), en vertu d’un arrêt de Sa prédestination éternelle; qu’Il a créé l’Enfer, l’a réservé comme éternelle demeure à ceux qui ne croient point en Lui et qui s’écartent de la voie droite quand il s’agit de Ses signes, de Ses Livres et de Ses prophètes, et les a privé de Sa contemplation;

Qu’Allah (qu’Il soit béni et exalté) viendra au jour de la résurrection (yawm al-qiyâma), accompagné des anges rangés [ en cohortes], pour inspecter les nations (umam) et leur faire rendre leurs comptes, les châtier et les récompenser; que les balances seront [alors] disposées pour peser les actions des hommes; que ceux dont les oeuvres pies seront prépondérantes seront les triomphateurs; que les hommes recevront les feuillets où sont inscrites leurs actions; que ceux qui recevront leur livre de la main droite seront traités avec indulgence dans le règlement des comptes; tandis que ceux qui le recevront de derrière leur dos, seront brûlés dans l’enfer (sa’îr) que le çirât’ existe réellement; que son franchissement par les hommes est fonction de leurs oeuvres. En effet, les uns se sauvent de l’enfer (Jahannam) en luttant de vitesse sur ce pont (sirat’), les autres y sont précipités par le poids de leurs fautes.

Il faut croire au bassin (h’awd’) du Prophète [1] (que Dieu répande sur lui Ses bénédictions et lui accorde le salut) où se rendra sa nation (umma) et qui apaisera la soif de ceux qui y auront bu. En seront écartés ceux qui auront été apostats ou hérétiques.

Il faut croire que la foi consiste en paroles, en dévotion (ikhlâs) du coeur et en actes des membres; qu’elle augmente ou diminue en proportion des oeuvres (‘amâl), celles-ci pouvant être imparfaites ou au contraire servir à intensifier la foi; que l’expression orale de la foi n’est parfaite que quand elle s’accompagne d’actes (‘amâl) [des membres]; qu’aucune parole et aucun acte ne valent que par l’intention (niya) [quand celle-ci est requise] [2] que paroles, actes et intentions ne valent que si elles sont conformes à la Sunna;

Que le péché (dhanb) ne suffit point à rendre les Musulmans infidèles (kâfir )[3] que les martyrs (chuhadâ) sont vivants auprès de leur Seigneur qui les pourvoit de bienfaits.

Que les âmes des croyants fidèles demeurent et sont dans la béatitude jusqu’au jour ou les croyants sont ressuscités; que les âmes des réprouvés sont tourmentées jusqu’au jour de la résurrection; que les croyants seront mis à l’épreuve [par les anges Munkar et Nakir] dans leurs tombeaux et subiront un interrogatoire; que Dieu affermira ceux qui ont cru dans la parole ferme ici-bas comme dans l’autre monde ; que toutes les créatures ont des gardiens (h’afadh’a) qui enregistrent leur actions et que rien n’en échappe à la science de leur Seigneur; que l’ange de la mort prend possession des âmes par l’ordre de son Seigneur.

Il faut croire que la meilleure génération (qarn) est celle qui a vu l’Envoyé d’Allah (qu’Allah répande sur lui Ses bénédictions et lui accorde le salut) et a cru en lui, puis celle qui l’a suivie, puis encore la suivante; que les meilleurs compagnons [du Prophète] sont les Califes bien guidés (râchidoûn) et bien dirigés, Aboû Bakr, ‘Umar, ‘Uthman et ‘Ali (que Dieu les agrées tous!); qu’il ne faut parler des compagnons (du Prophète) que très élogieusement, qu’il faut se taire sur ce qui les a divisés; qu’ils ont plus de droit que quiconque à ce qu’on cherche pour eux les meilleures échappatoires [à la médisance] et à ce qu’on ait d’eux la meilleure opinion.

On doit obéir aux Imams (chefs) des musulmans, tant à ceux qui sont chargés de les gouverner qu’à leurs savants (‘ulamâ‘). On doit suivre les vertueux anciens (as-salaf as-sâlih’), s’en inspirer en tout et demander le pardon de Dieu pour eux. On doit éviter les disputes de mauvaise foi et les controverse [de parti pris] en matière de religion et l’on doit s’abstenir des oeuvres des novateurs (muh’dith ).

Que Dieu répande Ses bénédictions sur notre Seigneur Mohammad, Son Prophète, sur sa famille, ses épouses et sa postérité et qu’Il leur accorde généreusement le salut!


Notes :


[1]Ce bassin serait alimenté par deux canalisations venant du Paradis et serait confié à la garde de ‘Ali ibn Abi Tâlib. Les croyants s’y abreuveraient avant de rendre leurs comptes à Dieu et de passer sur le çirat’.
[2] Car il y a des actes et des paroles pour la validité desquels l’intention n’est pas nécessaire : la restitution des objets volés, par exemple ou les ‘adât…
[3] Contrairement à la doctrine des Khârijites…








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