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La femme en islam et sa place dans la société islamique



I- La femme dans les civilisations et les religions anciennes

Si l'on porte un regard attentif sur la place de la femme dans les civilisations et les religions antérieures à l'islam, on constatera que l'islam se distingue par l'estime qu'il réserve à la femme. Si on compare les pratiques et les comportements observés à l'égard de la femme dans les civilisations et les religions anciennes aux pratiques et à l'attitude de l'Islam vis-à-vis de la femme, on rendra justice à l'islam en rétablissant toute la vérité sur la question, si tant est que le but recherché soit la vérité.
A travers l'histoire, la femme a essuyé une grande injustice. Elle a été dépourvue de ses droits les plus élémentaires et fut souvent considérée comme inférieure à l'homme autant sur le plan physique que moral.
Ainsi, les civilisations sumérienne, assyrienne et babylonienne réduisaient la place et le rôle de la femme à la portion congrue. Le Code de Hammourabi, par exemple, a poussé l'injustice jusqu'à la rendre responsable des péchés qu'elle ne commet pas alors que l'homme, selon ce même code, n'était pas condamné à mort pour le meurtre d'une femme(1).
La religion de Manu, elle, réduisait la femme à un bien transmissible par héritage. Elle n'avait pas droit à l'instruction et son rôle se limitait à procurer du plaisir aux hommes(2).
Pire, la vie de la femme prenait fin à la mort de son époux car la tradition voulait qu'elle fût brûlée avec lui sur le même bûcher.(3)
Quant à la civilisation chinoise, elle considérait la femme comme un signe de malheur et de mauvaise fortune. Elle était cloitrée chez elle et ne pouvait porter son regard sur personne.(4)
Chez les Grecs, la femme était considérée comme un être impur(5).
Le poète Hésiode dit qu'elle est «dotée d'un cerveau de chien et de beaucoup de ruse»(6)
Le grand orateur Demostène, lui, parlait des femmes en ces termes : «nous prenons les prostituées pour le plaisir, les amantes pour la santé quotidienne de nos corps et les épouses pour la procréation»(7)
Les Romains, eux, ont longtemps considéré la femme comme un animal crasseux. Les temples lui étaient interdits et, de ce point de vue, le paradis aussi. Selon eux, sa féminité est la cause même de son incapacité juridique.(8)
Selon la Torah, c'est Eve qui est derrière la tentation d'Adam. Dans la Genèse (III, 12) on peut lire : «La femme que tu as mise auprès de moi m'a donné de l'arbre, et j'en ai mangé»(9). La femme faisait partie des biens de son époux et devait, de ce fait, céder ses droits humains et matériels.
Les Israélites donnaient leurs femmes en offrande en les immolant par le feu pour rentrer dans les grâces de Molok. Ainsi dans Jérémie 32, il est dit : «Et ils ont construit des hauts-lieux consacrés à Baal dans la vallée de Ben-Hinnom, pour brûler leurs fils et leurs filles en l'honneur de Molok ; c'est là une abomination que je n'avais pas ordonnée» (10)
Les Arabes de la période antéislamique répugnaient tellement à avoir des filles qu'ils les enterraient vivantes. Dieu dit : «Et lorsqu'on annonce à l'un d'eux une fille, son visage s'assombrit et une rage profonde [l'envahit]. Il se cache des gens, à cause du malheur qu'on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l'enfouira-t-il dans la terre ? Combien est mauvais leur jugement !»(11)
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(1) Histoire des civilisations du monde, Vol I, Dar Awaidet, Beyrouth.
(2) Will Durant, Histoire de la civilisation, Vol I, pp. 178-179. Edition arabe, trad. Dr Zaki Najib Mahmoud, Beyrouth, Tunis, 1988.
(3) Ibid.
(4) Monique Piettre, la condition féminine à travers les âges, France Empire, 1974, trad. en arabe par Henriette Aboudi, Dar Tali’a, Beyrouth, 1979, p.54.
(5) Ibid.
(6) Will Durant, Histoire de la civilisation, Vol I, pp. 188.
(7) Ibid, vol II, 2ème partie, p.144.
(8) Monique Piettre, op. cit.
(9) Genèse, 3.
(10) Jérémie, 32.
(11) An-nahl, 58-59.

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II- La position de l'islam vis-à-vis de la femme
Le Coran est venu corriger la déviation intellectuelle et comportementale qui a marqué la conception de la femme chez les civilisations et les religions anciennes. Le Coran a définitivement consacré son humanité :
Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse (12).
Le Coran a institué son égalité avec l'homme en responsabilité :
Toute âme est l'otage de ce qu'elle a acquis (13).
Il ne la rend pas responsable de la tentation d'Adam car Dieu a interdit à tous, à Adam comme à Eve, d'approcher l'arbre. Dieu dit dans le Coran :
Et n'approchez pas l'arbre que voici (14)
C'est Satan qui les a tous deux dévoyés du droit chemin :
Satan mit en œuvre ses suggestions (15)

Satan les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient (16).
Et Adam et Eve se sont repentis pour que Dieu expie leur acte :
Tous deux dirent : «Ô notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants (17).
C'est ainsi que le Coran a institué la parité originelle de la femme et de l'homme et tout ce qui s'ensuit en termes de droits et d'obligations.
L'homme et la femme ne peuvent se distinguer que par les bonnes actions qu'ils accomplissent. La femme, selon le Coran, n'est pas un accessoire que l'homme utiliserait selon son bon vouloir mais un être doté d'une personnalité et d'une identité propres.
Dieu a permis à la femme tout ce qu'Il a permis l'homme et lui a interdit tout ce qu'Il a interdit à l'homme.
En effet, la femme n'est plus considérée comme le suppôt du Diable ni un objet de tentation. Elle est tenue par les mêmes responsabilités que l'homme sauf lorsque sa constitution physique ne le permettrait pas.
Elle avait le droit à une vie digne, c’est-à-dire le droit à l'enseignement, l'éducation, la propriété, la disposition de ses biens, le mariage, l'éducation des enfants, l'héritage, le travail, un statut social. De fait, il n'est pas de vie monacale en islam et l'islam ne préconise pas le retrait de la vie sociale.
En outre, pour l'islam, obéissance et respect sont dus au père comme à la mère.
Dieu dit :
Et Nous avons enjoint à l'homme de la bonté envers ses père et mère : sa mère l'a péniblement porté et en a péniblement accouché ; et sa gestation et sevrage durant trente mois ; puis quand il atteint ses pleines forces et atteint quarante ans, il dit : «Ô Seigneur ! Inspire-moi pour que je rende grâce au bienfait dont Tu m'as comblé ainsi qu'à mes père et mère… (18),

Ton Dieu a décrété : «n'adorez que Lui ; et (marquez) de la bonté envers les père et mère»(19)et «Ne leur dis point : «Fi!» et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses (20).
L'islam exige, par ailleurs, de réserver le même traitement à l'homme et à la femme sans discrimination aucune.
Aussi, l'homme n'est-il pas supérieur à la femme car la continuité de la vie humaine serait impossible n'eût été la femme. C'est pour cette raison que l'islam incite à la célébration de la naissance des filles comme des garçons par une fête où un nom lui est donnée.
En revanche, l'islam s'est inscrit en faux contre cette fâcheuse tendance à croire que la naissance d'une fille constitue un mauvais présage au point de l'enterrer vivante, comme cela se pratiquait chez certains peuples de Chine, d'Inde et de la Péninsule arabique.
L'islam oblige la famille et la société à dispenser éducation et instruction à l'homme comme à la femme.
Un hadith dit : « La quête du savoir est une obligation pour tout musulman» (21).
De même que l'islam exige que les parents assurent la prise en charge matérielle de leurs enfants, de même qu'il les incite à veiller à leur développement intellectuel et moral, c'est-à-dire à leur garantir un enseignement et une éducation afin de leur permettre une intégration sociale normale. Ainsi, le père est tenu responsable d'éduquer ses enfants, qu'ils soient garçons ou filles.
Or, l'enseignement comprend d’une part, l'instruction religieuse et d’autre part, l’instruction générale qui aide l'individu à s'intégrer dans la société afin de gagner sa vie et préserver sa dignité.
Il comprend également toutes les sciences qui sont utiles à la société dans laquelle il vit. De plus, l'islam a accordé de l'importance à la préservation de la femme et à sa protection contre toutes les formes de délinquance et de dépravation.
C'est pour cette raison que l'islam incite la femme à ne pas afficher ses charmes sauf ceux qui sont visibles ; il lui interdit de se retrouver seule avec un homme afin de prévenir toute forme de tentation et préserver ainsi son honneur et sa place dans la société.
De surcroît, l'islam encourage la femme à s’instruire et ne lui interdit aucune transaction sociale ou commerciale. L'islam prescrit le mariage de la femme et exalte les joies de la maternité car ce sont le gage de la continuité de l’espèce humaine. En somme, l'islam conçoit la femme comme le noyau de la famille et partant, un élément déterminant dans l'évolution des sociétés.
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(12) An-nissa', 1.
(13) Al-mudatir, 38.
(14) Al-a'râf, 19.
(15) Al-a'râf, 20.
(16) Al-baqara, 36.
(17) Al A'râf, 23.
(18) Al-Ahqaf, 15.
(19) Al-Israa, 23.
(20) Al-Israa, 23.
(21) Le Sahih de Muslim.
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III- Le mariage


L'être humain a toujours été habité par l'idée de l'éternité, de la continuité et fut toujours angoissé par l'idée de la mort.
Or, l'islam a su satisfaire cet instinct humain en rendant l’homme responsable de sa vie ici-bas et comptable de ses actes dans l'au-delà. Aussi, l'homme est-il éternel en ce que son existence ne prend pas fin avec sa mort.
Quant à sa continuité, elle se réalise à travers la procréation. L'homme donne ainsi naissance à une progéniture qui poursuit son œuvre et hérite mutatis mutandis de ses spécificités morales et physiques. La progéniture porte son patrimoine génétique mais aussi ses qualités morales, notamment les bonnes œuvres qu'il aura accomplies et que la société lui reconnaîtrait.
Un hadith dit : «Quand un homme meurt, ses actes prennent fin, sauf trois : une charité perpétuelle, ou une connaissance profitable aux gens, ou encore un fils pieux qui prie pour lui» (22).
L'islam est donc venu confirmer que le mariage est un lien légitime et sacré entre un homme et une femme afin d’organiser les relations entre eux sans verser dans l'idéalisme ou le sentimentalisme. En effet, la religion musulmane est un ensemble de principes et de dispositions qui sont justifiés par les exigences de la vie réelle.
Si bien qu'il faut les accepter car ils visent l'intérêt de l'ensemble de la société. Les règles qui contrarient les sentiments ne sont mises en application qu'en cas d'extrême nécessité.
De fait, la relation maritale est un pacte sérieux qui ne pourra être viable qu'en préservant la dignité de la femme et en lui réservant un bon traitement ; Dieu dit :
Et comportez-vous convenablement envers elles (23),

Et ne cherchez pas à leur nuire en les contraignant à vivre à l'étroit (24).
Dans un hadith, il est dit : « Le meilleur d'entre vous et celui qui est bon envers les siens » (25) et dans un autre hadith : « Le meilleur d'entre vous et celui qui est bon envers les siens et je suis bon envers les miens. Seul un individu généreux se comporte généreusement avec une femme et seul un garnement est capable de les mépriser» (26).
Si l'islam a autorisé avec réserve la polygamie et le divorce, il n'a pas manqué de les soumettre à des conditions bien précises.
Le principe fondamental est l'intérêt familial après satisfaction et consultation mutuelles :
Si le père et la mère s'entendent pour un sevrage, après consultation réciproque et mutuel consentement, nulle faute à leur charge (27).
En effet, la consultation (choura) en islam est comme la consultation en justice ; elle est le fondement de toute organisation islamique et un moyen d'éviter l'injustice et la tyrannie dans les lois sur la famille et sur la loi en général.
Si l'une des finalités de la charia est de préserver la religion, l'être, la progéniture, les biens et l'esprit, le divorce, lui est de nature à préserver la troisième finalité à savoir la progéniture.
Le mariage n'est pas une relation juridique qui ne vise que la procréation mais il est conçu pour la stabilité, la quiétude, l'entente et l'affection.
Dieu dit à ce propos :
Elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles (28).
Or, ce vêtement c'est la métaphore de l'harmonie conjugale :
L'union la plus intime vous est associée l'un à l'autre (29)
C'est ainsi que l'harmonie est le ciment familial et la femme le noyau de la famille et dans ce contexte, le mariage représente la continuité de l'humanité sur terre.
Si cela s'avère impossible pour le mari, la femme peut soit assumer sa situation soit se séparer d'avec son époux dans les règles de la charia. Si, en revanche, l'époux ne peut avoir de progéniture de son épouse, il peut soit assumer sa situation avec patience soit prendre une deuxième épouse, soit divorcer.
Ces situations sont régentées par des règles bien précises que les lois religieuses antérieures à l'islam n'offraient pas et que les lois ultérieures n'avaient pas encore instituées.
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(22). Ibn Maja.
(23) An-Nissae, 19.
(24) At-Talaq, 6.
(25) Al-sunan, de Darâmi.
(26) Al Jami'a As-saghir de Soyouti.
(27) Al Baqara, 233.
(28) Al Baqara, 187.
(29) An-Nissae, 21.
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IV- La maternité


En islam, le mariage n'est pas une finalité en soi mais un moyen pour fonder une famille sur des bases saines.
La famille est, en effet, le premier pilier d'une société, tant et si bien que ce pilier doit être fondé sur des relations solides. La maternité est, de ce fait, le ciment qui renforce la famille.
Mais au-delà de la procréation, la maternité signifie l'attention et les soins permanents qui accompagnent la croissance des enfants. A cet effet, l'islam a prévu des conditions bien précises qui président au choix de l'épouse et aux conditions du mariage.
La maternité est une fonction fondamentale dans la vie de la femme. Elle ressemble à un arbre qui ne vaut que par les fruits qu'il porte. La maternité qui suppose allaitement, soins, éducation et enseignement contribue à la construction d'une société saine.
Eu égard au caractère sacré de la maternité, l'islam a conféré à la femme une place de choix dans la société et l'a suffisamment armée pour s'atteler à sa fonction naturelle.
L'islam n'a pas obligé la femme à travailler à l'extérieur de son foyer et a chargé, en revanche, l'homme de subvenir aux besoins de la famille.
Mais cela ne signifie pas que l'homme est investi de tous les pouvoirs envers la femme.
La prise en charge ne signifie pas l'autorité mais la responsabilité de s'acquitter du devoir de paternité.
Or, étant donné que l'homme est responsable de la gestion matérielle, sa part de l'héritage est plus importante afin de sauvegarder l'équilibre des deux pôles de la famille.
Par conséquent, aucune femme n'a plus le droit de négliger ses enfants.
Elle doit, au contraire, leur prodiguer une bonne éducation en les guidant vers le droit chemin. Plus elle s'occupe de ses enfants plus ses relations avec ceux-ci deviennent bonnes. Ainsi, lorsqu'elle aura achevé leur éducation, elle aura amplement mérité que ses enfants prennent à leur tour soin d'elle, comme le stipulent le Coran et le hadith.
La femme ne pourra mener à bien sa mission éternelle (la mission de la maternité) que si la société lui témoigne sa reconnaissance et son estime en lui donnant ses droits et en déterminant ses responsabilités en tant qu'élément productif dans la société.
A cet égard, l'islam n'a nullement négligé cet aspect, il a même abordé cette question dans le détail, en se fondant sur des bases équitables qui prennent en compte sa sensibilité morale et ses caractéristiques biologiques (cycle menstruel, allaitement…)
Les commandements islamiques prennent ainsi en considération sa constitution physique et morale.
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V- Les droits de la femme


En islam, la femme a pleinement le droit de disposer de ses biens ; elle a le droit d’en jouir sans intermédiaire et le droit d'ester en justice son époux ou une tierce personne.
La justice tient compte de son témoignage, qu'il soit individuel ou combiné à un autre, en fonction du contexte. Sa fatwa (avis juridique), son jugement et son avis sont valables. Plus encore, la part d'héritage qui lui revient a été déterminée de manière précise.
Mais malgré tout, l’islam est de temps à autre, victime de campagnes hostiles qui le condamnent hâtivement sans chercher à le connaître en profondeur.
En fait de témoignage par exemple, celui d'une seule femme est suffisant mais dans certains cas il est nécessaire de recueillir le témoignage de deux femmes contre celui d'un seul homme. Ceci dit, les critiques assénées à l'islam à ce sujet ne sont pas recevables par les experts en droit et en sociologie.
En effet, le fait que la charia ne valide pas le témoignage de la femme dans certains cas n’est pas lié à la question du sexe.
La charia a arrêté les cas où la femme et l'homme doivent apporter leur témoignage.
De même que la charia ne compte pas uniquement sur le seul témoignage de l'homme concernant certaines spécificités de la femme, de même qu'il ne valide pas le témoignage de la femme seule dans les condamnations graves (hudûd) vu que la sensibilité de la femme pourrait l'empêcher d'être objective dans les affaires graves comme l'homicide par exemple.
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VI- Les droits civiques et politiques


La femme musulmane participe à toutes les activités de la société. Elle a le droit d'exercer toutes les professions dont elle est capable sans distinction entre elle et l'homme.
L'islam préconise seulement la protection de son honneur et de sa dignité en la maintenant éloignée de la dépravation et du relâchement des mœurs. En consacrant à la femme un espace professionnel, la société islamique respecte sa vocation originelle.
L’islam qui prône l'égalité n’a jamais construit une mosquée strictement pour les hommes et une autre strictement pour les femmes mais il a prévu au sein de la même mosquée un espace pour les hommes et un autre pour les femmes. Le principe est de faciliter les choses et non de les compliquer.
La femme a le droit d'accéder aux différentes fonctions administratives à l'exception de l'imamat suprême et de la magistrature, conformément à l'avis répandu chez l'ensemble des docteurs de la Loi musulmane.
La règle sur la fonction de magistrature constitue toutefois matière à débats chez certains grands faqih comme Tabari, Ibn Al Qâsim et Ibn Hazm.
Il est d'autres docteurs qui ne tranchent pas définitivement sur l'interdiction et de l'imamat suprême et de la magistrature de la femme. En somme, l'avis sur cette question doit s'adapter aux intérêts suprêmes de la Oumma
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VI- La contribution scientifique de la femme


A travers son histoire, la femme musulmane a apporté une grande contribution au mouvement scientifique, intellectuel et littéraire.
Ainsi, des milliers de femmes ont brillé dans plusieurs disciplines scientifiques et culturelles.
Si bien qu'Al Hafid Ibn Hajar a retracé dans son livre Al Isâba fi Tamyiz Assahaba (l'avis pertinent dans la distinction entre les compagnons du Prophète ) la biographie de mille cinq cent quarante trois femmes, dont des docteurs de la loi, des oratrices et des femmes de lettres.
Al imam al-Nawawi, dans son livre intitulé Tahdîb al asmâe wa loughât, Al Khatîb Al-Baghdâdi dans son livre Târîkh Baghdâd (l'histoire de Baghdad) et Al Sakhaoui dans son ourvrage Ad- daw'e allami' li ahli al qarn attasi' (les lumières du 9ème siècle) et Omar Réda Kahala dans son Mou'ajam a'alâm annisa'e, (dictionnaire des femmes célèbres) et bien d'autres biographes ont consacré des ouvrages aux femmes ayant brillé dans le domaine du fiqh, de l'exégèse, des lettres et de la poésie.
Depuis l'époque du prophète , la femme a toujours fait montre d'un désir de s'instruire, d'aller à la quête du savoir et d'exceller dans les disciplines qu'elles pratiquait.
Aïcha, mère des croyants, était connue pour son érudition en matière de Coran, de sciences de la religion, de poésie et d'histoire. Hicham Ibn Urua raconte, d'après son père, l'épisode suivant : « Jamais je n'ai vu personne de plus instruit en matière de fiqh, de médecine ou de poésie que Aïcha ».
D'autres femmes comme Fatima fille de Hussein, fils de Ali, était l'une des femmes les plus savantes, les plus intelligentes et les plus pieuses de son temps, si bien que Ibn Ishâq et Ibn Hicham l'ont prise comme référence pour rédiger la biographie autorisée du Prophète .
Citons également Noufissa fille d'Al Hassan, fils de Zayd fils de Ali, qui assistait aux conférences de l'imam Malik à Médine.
Elle était connue pour son grand savoir et sa rectitude.
Lors de son séjour en Egypte, elle a créé une espèce de cercle académique qui attirait les plus grands savants de l'époque, notamment l'imam Al Châfi'i qui se concertait avec elle en matière de fiqh et de sciences de la religion.
Ces consultations se sont poursuivies jusqu'à la mort de ce grand maître.
Citons aussi parmi ces femmes savantes, Zaynab fille de Abass, originaire de Bagdad, qui faisait partie de l'aréopage des ulémas de l'époque ; c’était une habituée des cercles de savoir tenus par Ibn Taymia.
Chahda fille d'Al Abari, elle, était une agrégée des sciences du hadith ; plusieurs ulémas de la stature d'Ibn Al Jaouzi et d'Ibn Qudama l'ont eue comme professeur.
Oum Habiba Al Isbahaniya avait pour disciple le cheikh Al Moundiri qui a obtenu le titre de «alem» après avoir suivi ses cours. Fatima fille de Mohammad Al Samarkandi a tenu son savoir de plusieurs grandes sommités du fiqh, comme elle a, à son tour, transmis son savoir à plusieurs étudiants. Elle a exercé le métier d'enseignante et écrit de nombreux ouvrages sur le fiqh et le hadith. Il lui arrivait même de signaler à son époux Cheikh Ala'e Al Kassani, l'auteur d'Al Bada'i, ses erreurs en matière de fiqh.
Quant à Fatima fille d'Ahmed Ibn Yahiya, c’était une savante qui élaborait des règles de fiqh et était souvent consultée par son mari Al Imam Al Moutahar lorsque celui-ci préparait les cours qu’il dispensait à ses étudiants.
Au Maghreb, Fatima Al Fihriya Oum Al Banîn construisit la mosquée Al Qarawiyine à Fès au IIIème siècle de l'hégire. Cette moquée a aussitôt fait office d'université, la première du genre dans le monde islamique, voire dans le monde entier.
Fatima Al Fihriya était une savante mais aussi une bienfaitrice, tout comme sa sœur Mariam qui, elle, a construit la mosquée Al Andalous à Fès.
L'Andalousie a également connu plusieurs femmes savantes, notamment Oum Al Hassan, fille de Souleïman. Elle aurait tenu sa science d'un rapporteur de hadith originaire d'Andalousie répondant au nom de Baqi Ibn Moukhlid qui lui a transmis sa science aussi bien oralement qu'à travers ses écrits.
Elle a accompli son pèlerinage à la Mecque et fit la rencontre de savants du Hijaz qui lui ont transmis fiqh et hadith avant de retourner en Andalousie. Elle a fait un deuxième pèlerinage et mourut à la Mecque.
Le Maghreb comptait également parmi ses femmes savantes, Asmaa fille d'Assad fils d'Al Furat, qui a tenu son savoir de son père, ami des deux grands imams Abu Hanîfa et Malik Ibn Anass. Elle s'est rendue célèbre par le rapport des hadiths et du fiqh selon l'école hanafite.
Citons aussi Khadija fille de l'imam Sahnoun. Le grand imam Al Qadi 'Iyyad dit d'elle dans son ouvrage intitulé : Tartîb al madârik wa takrîb al masâlik li maarifati a'alâmi madhabi mâlik (les grands noms du rite malékite) : «Khadija fut connue pour sa sagesse, sa science et sa piété. Les femmes la consultaient sur les questions de la religion et elle leur servait d'exemple».
Ibn Hazm, dans son célèbre ouvrage traduit en plusieurs langues : Tawq al-hamâma fi al ulfati wa al alâf (connu en français sous le titre le collier de la colombe) rapporte que les femmes d'Andalousie exerçaient des professions aussi diverses que la médecine, l'enseignement, le tissage et la confection. Ce grand auteur n'a pas manqué de signaler qu'enfant, il a eu des femmes comme professeurs.
Tamîma, fille du sultan almoravide Youssef Ibn Tachafine, comptait parmi les femmes les plus brillantes en sciences, tout comme Oum Amr Ibn Zohr, sœur du célèbre médecin Abu Bakr Ibn Zohr, qui était, elle, excellente en médecine théorique et pratique.
Le Maghreb comptait aussi Bayram, fille de Ahmed Al Diroutiya qui était une grande spécialiste des lectures du Coran ; elle a eu le privilège de lire le Coran à Bayt Al Maqdis devant les grands cheikhs et était connue pour avoir mémorisé plusieurs textes de référence.
Jusqu'au début du XIXème siècle, la ville de Fès a connu Al Aliya fille du savant At-tayib Ibn Kirân. Elle enseignait la logique à la mosquée Al andalous en consacrant des séances aux femmes et d'autres aux hommes. Le même phénomène existait aussi en Egypte, en Syrie, en Mésopotamie, en Perse, en Turquie, en Tranxianie et en Inde. Ainsi, le savant Abu Al Hassan Ali Al Hassani An-nadawi raconte que des femmes brillantes de sa famille lui avaient enseigné les sciences juridiques musulmanes et la littérature. Ses sœurs aussi ont eu une importante contribution à la littérature de leur époque.
A l'époque moderne, plusieurs femmes musulmanes se sont distinguées par leur excellence dans les domaines des sciences, de la littérature, du droit, de la médecine, de l'administration et bien d'autres champs du savoir. Certaines ont même atteint un très haut niveau dans leur domaine de spécialité.
A cet égard, les universités du monde islamique reçoivent toujours des enseignantes brillantes dans les différentes disciplines dont certaines ont eu des contributions notoires dans le domaine de la recherche scientifique.
L'histoire islamique est témoin des brillantes contributions de la femme aux différents champs de la science et du savoir alors que dans les autres sociétés, à la même époque, la contribution de la femme à l'activité intellectuelle n’a pas été aussi remarquable.
Ces vérités historiques nous rendent fiers de l'immense apport de la femme musulmane à la civilisation arabo-islamique et nous incite à favoriser davantage l'accès de la femme aux domaines des sciences et du savoir.
Cela lui permettra de tirer parti de ses atouts et de ses compétences afin de soutenir le développement global dans nos sociétés islamiques, en s'appuyant sur les valeurs de l'islam et en s'adaptant aux exigences du développement socio-culturel du monde moderne. La femme musulmane sera ainsi en mesure de renouer avec le grand rôle qu'elle a remarquablement joué, à travers l'histoire de la civilisation arabo-islamique.
C'est assurément l'un des grands défis auquel nous devons faire face car le monde islamique entend réaliser un développement scientifique global qui met à contribution ses hommes tout autant que ses femmes. Pour ce faire, on doit rester attaché aux constantes islamiques pérennes tout en s'ouvrant sur l'époque actuelle et en s'adaptant à ses changements. Les sociétés islamiques auront ainsi devant elles un avenir plus radieux et plus prospère.
C'était là un aperçu général sur la place de la femme en islam. Les situations peuvent différer d'un pays musulman à un autre, voire d'une ville à une autre. Mais cette différence s'explique par la réalité dictée par les us et coutumes, les circonstances de telle ou telle société. Le plus important c'est de comprendre le point de vue de l'islam sur la femme et la place qu'elle occupe dans la société islamique, à travers les textes de droit musulman, l'interprétation de ces textes et les exemples puisés dans l'histoire des musulmans.
Il est de notoriété publique que l'islam a, à travers l'histoire, assimilé des peuples et des nations qui avaient des coutumes différentes. Il est tout aussi vrai que plusieurs régions du monde islamique ont fait l'objet d'agressions externes, de colonisation, d'invasion culturelle et d'occupation.
D'autres régions ont subi les affres du sous-développement et de la régression.
C'est pour cela que plusieurs pratiques musulmanes d'aujourd'hui, dont celles liées à la situation de la femme, sont imprégnées de cet héritage aux différents aspects et aux différentes couleurs.

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