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L’alignement des rangs en prière
doctrine-malikite.fr





Question : As-Salamou 3alaykoum, dans l'école Mâlikite, comment l'alignement des rangs s'effectue ? (J'avais entendu dire que dans le madhab, on ne se collait pas les pieds avec le voisin...)



Réponse :

Le fait de se mettre en rang serré est demandé dans la prière (ne pas aisser de failles, aligner les épaules, s'aligner sur le rang pour que le rang soit le plus droit possible).

Ceci pour les 4 écoles

Éviter (makrûh) les poteaux qui séparent physiquement les fidèles (sauf si la mosquée est étroite ou s'il y a trop de monde).

Dans notre école, le fidèle peut marcher (maximum de deux rangs : sans compter celui où il était ni celui où il va être) pour aller compléter une faille dans un rang : (il ne le fera que quant il est en position debout ou inclinée) : réf : Al-Fiqh 'alâ al-madhâhib al-arba'a tome I page 225.

Le fait que les musulmans soit en rang aligné et serré montre une cohésion, une fraternité et un amour.

L'Imam et les fidèles sont invités à veiller au bon alignement des rangs et à leur rectitude; le Prophète (salut et bénédiction sur lui) se tournait vers les gens et leur disait:

'Serrez les rangs et alignez vous bien'.

'L'alignement des rangs est le complément de la Prière'.

'Egalisez vos rangs; si vous ne le faites pas, Dieu éveillera la discorde parmi vous'.

'Il n'y a point de pas qui soit autant rétribué par Dieu que celui fait pour combler un vide(une faille) dans un rang'.


Ce que vous dites concernant le fait de ne pas coller les pieds est vrai pour l'ensemble des 4 écoles.

D'ailleurs l'imam Ibn Hajar al Asqalani écrit dans son Fath al Bari (commentaire du recueil de Boukhari) qu'il n'y aucune divergence chez les Salafs : la personne qui prie en groupe n'écarte pas plus les pieds que lorsqu'elle prie seule, ce qui va à l'encontre des pratiques prônées par les réformateurs.


Selon l'école Malikite, la distance entre les pieds de celui qui prie ne doit pas dépasser la largeur de ses hanches environ.

Selon l'école Hanafite, la distance doit être de préférence de moins d'une main de large.

Selon l'école Chafi'ite, la distance doit être d'une main de large, pas plus.

Selon l'école Hanbalite, l'écart entre les pieds doit être réduit, sans que les pieds ne se touchent.


Il y a donc consensus unanime : les pieds ne doivent pas être trop écartés.


L'opinion selon laquelle il est recommandé (voire obligatoire) pour le priant de joindre ses pieds à ceux de ses compagnons n'apparaît pas (a priori) chez les anciens.

Les savants du passé ne parlaient que de joindre les épaules, en se basant sur plusieurs hadiths authentiques bien connus.

Donc, d'où vient l'idée de joindre les pieds ?

Il semble que cela provienne d'une mauvaise compréhension d'un propos de Nu'man Ibn Bashir qui rapporte qu'il a vu un homme 'coller son épaule, son genou et sa cheville avec celui de son compagnon'.


L'interprétation traditionnelle de cette parole est qu'elle est plus symbolique que littérale.

D'une part, il quasiment impossible de prier cheville contre cheville (surtout s'il y a une différence de taille ou de corpulence) et encore moins genou contre genou (voire cou contre cou dans une des versions du hadith (!!!)).

Le propos de Nu'man ibn Bashir met l'accent sur le fait d'aligner les chevilles dans un même axe, ce qui est d'ailleurs difficile si les pieds (en réalité les orteils) se touchent.

Au final, cette pratique nuit à l'harmonie de la prière, en particulier au moment de la prosternation, à la concentration de ceux qui prient et gêne la réalisation du commandement prophétique de serrer les rangs en joignant les épaules.
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Serrer les pieds pendant la prière en commun
Extrait du I'lâ-us Sunan
[*] (Tome 4 page 336)
Du grand Muhaddith Zhafar Ahmad Al 'Othmânî at-Tahânawî

Traduit par le frère abdulHakim
pour aslama.com

Anas rapporte : "Le Prophète a dit : "Formez vos rangs, car je vous vois certes derrière mon dos." Et chacun d'entre nous collait son épaule à celle de son voisin, et son pied à celui de son voisin." [Rapporté par al Bukhârî.]

Al Hâfizh [Ibn Hajar al 'Asqalânî] a dit dans le Fath [ul Bârî] (tome 2 page 176), al Ismâ'îlî l'a rapporté de la version de Mu'ammar selon Humayd avec ces mots :

Anas a dit : Alors j'ai vu chacun d'entre nous... etc.

Et Mu'ammar a ajouté dans sa version : Si j'avais fais cela avec l'un d'entre eux aujourd'hui il se serait enfuit [ou détourné] comme une mule rebelle."

Fin de citation.




Explications
Pour sa parole : "Anas rapporte... etc",

Je dis :

Un groupe à notre époque a pris ce hadith au sens littéral et tu les vois coller leurs pieds à ceux de leurs voisins dans le rang, et il continuent cette gêne jusqu'à la fin de la prière. Il est clair qu'il y a une énorme difficulté dans le fait de coller les pieds aux pieds avec le fait de coller les épaules aux épaules et les genoux aux genoux, surtout si l'on reste ainsi jusqu'à la fin de la prière comme on peut le voir. Quant à la gêne, elle est écartée [rejetée] par les Textes. Surtout que coller tous ces organes est impossible si les prieurs sont de tailles différentes. Le sens voulu ici est donc plutôt le fait qu'ils [les organes] doivent être alignés.

Al Hâfizh [Ibn Hajar al Asqalani] a dit dans le Fath [ul Bâri] sous la parole d'al Bukhârî : "Chapitre sur le fait de coller l'épaule à l'épaule et le pied au pied dans le rang" : le sens est ici d'exagérer [d'amplifier] sur le fait d'aligner les rangs et de remplir les vides. Fin de citation. (2/176)

Aussi, il est dit dans 'Awn-ul Ma'bûd sur l'explication du hadith de Ibn 'Omar : Sa parole "et alignez vos épaules", signifie mettez les épaules sur la même ligne, de sorte que l'épaule de chaque prieur soit à côté de celle de l'autre et dans la même direction. Ainsi les épaules, les cous et les pieds sont dans une même direction [alignés]." Fin de citation. (1/251)

Le Cheikh a dit : Si l'on prenait le sens véritable de coller les pieds, alors ceci ne serait que pour le temps de l'Iqâma pour la formation du rang. Car le fait de demander de coller ces organes est un moyen pour acquérir un rang droit, et il n'y a pas de preuve dans le hadith qui montre qu'il faille rester ainsi après l'entrée dans la prière. Celui qui prétend le contraire qu'il apporte sa preuve. Fin de citation.


Je dis :

La parole de Anas : "Chacun d'entre nous collait", et sa parole : "Alors j'ai vu chacun d'entre nous qui collait" montrent que la pratique citée l'était à l'époque du Prophète et que cette pratique n'existait plus après, comme il est clair d'après la version de Mu'ammar : "Si j'avais fais cela avec l'un d'entre eux aujourd'hui il se serait détourné comme une mule rebelle."

Si cette pratique était une sunna parmi les sunan de la prière, les Compagnons ne l'auraient pas délaissés, et personne ne les aurait fui.

Le juste est donc comme nous l'avons dis : Ceci était une amplification [éxageration dans les termes] pour la rectitude des rangées lors de l'Iqâma et non après lors de l'entrée en prière. Comprends ceci.

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[*] I'lâ-us Sunan est un livre traitant des ahadith utilisés par le madhhab hanafite
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